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14 septembre 2014 7 14 /09 /septembre /2014 11:45
Fever - A la vie à la mort, au Théâtre Le Poche, à Genève

Hier soir, c'était la première, à Genève, de Fever, la dernière pièce d'Attilio Sandro Palese, qu'il a lui-même mise en scène et qui dure 1h15. On notera que la chorégraphie est signée Caty Eybert et que Laure Mi Hyun Croset est conseillère littéraire de l'auteur pour cette pièce.

 

Ce spectacle - on l'aura compris: il ne s'agit pas seulement de théâtre mais de danse - est librement inspiré du film Saturday Night Fever, sorti fin 1977 aux Etats-Unis et au printemps 1978 en Europe, avec John Travolta et une musique composée par les Bee Gees, dont Night Fever, bien sûr.

 

Pendant une semaine, à la fin des années septante, une bande de jeunes ritals, qui travaillent ou qui vont à l'école, se prépare au concours de danse de la boîte disco de leur quartier de Brooklyn qui doit avoir lieu le samedi soir suivant.

 

Le décor, que l'on doit à José Manuel Rodriguez est sobre: un grillage comme il en existe pour entourer les terrains de basket, quelques ampoules (une rouge, une verte, une rangée de jaunes), des mini-gradins. En arrière-plan un écran sombre, sur lequel vont s'égrener les jours et s'afficher, en blanc sur noir, au fil du spectacle des citations en décalage avec l'action et la tournant en dérision avec humour.

 

Ils sont quatre garçons, habillés comme on l'est à l'époque (chemises à fleurs ou pas, mais ouvertes sur le torse, une croix au bout d'une chaîne, jeans moulants, blousons de cuir), les cheveux ni courts, ni longs, rejetés en arrière, comme John Travolta, et deux filles qui portent des chemisiers et des jupes relativement longues, mais qui peuvent être retroussées... Les costumes sont de Tania D'Ambrogio et les coiffures et maquillage de Sonia Geneux.

 

Bobby (Jérôme Denis), Vince (Blaise Granget), Tony (Nathan Heude) et Eugène (Bastien Semenzato) jouent au basket. Ils affrontent une équipe de ceux qu'ils appellent des négros et qui... leur mettent la pâtée. L'un d'eux, pour excuse, dit qu'ils ont des bras et des jambes plus longs, mais un autre reconnaît qu'ils ont vraiment la classe ces fichus négros...

 

La tension monte au cours de la semaine. Les répétitions pour le concours donnent lieu à des disputes. Il était prévu qu'Annette (Aurore Faivre) danse avec Tony, mais celui-ci lui a préféré Stéfanie (Julie-Kazuko Rahir). Pourquoi? Parce que Stéfanie aime la danse et qu'Annette ne fait qu'aimer Tony, lequel n'a ni sentiment, ni attirance pour elle, ce qu'il lui fait cruellement savoir.

 

A l'époque, dans ce quartier, que l'on qualifierait aujourd'hui de difficile, des bagarres éclatent. Les garçons, à l'exception de Tony, se réjouissent ainsi que Vince ait frappé à la tête et aux parties un gars qui le regardait débilement, mais justement il le regardait ainsi parce qu'il était réellement débile...

 

Aux propos violents entre eux ou à l'égard des autres, aux scènes macho à l'égard de la pauvre Annette, réduite à un objet sexuel, succèdent des moments d'abattement des membres de la bande, comme si leur désorientation dans la vie les désemparait complètement. La tension baisse alors d'un cran, mais demeure. Ils ne retrouvent de l'allant qu'avec la danse... et la chanson disco. La danse aussi adoucit les moeurs...

 

Un des grands moments du spectacle, c'est quand les membres de la bande se recueillent pour honorer la mémoire de l'un d'entre eux en vaporisant de la laque sur son ombre et sur leurs cheveux... Parce que c'est à la fois touchant et dérisoire. Parce que cela reflète l'ambiance générale du spectacle, tragique et comique successivement: les rires ne sont jamais absents.

 

Si la musique est là, bien souvent en sourdine, le texte reste fort, d'autant plus fort qu'il est débarrassé de toutes fioritures. L'alternance de moments de répit relatif, qui lui donne de la respiration, et de tension palpable fait de ce spectacle un puissant spectacle qui restitue fort bien toute une époque (grâce, notamment, au jeu des comédiens). Et cela ne peut laisser indifférent.

 

Francis Richard

 

Prochaines représentations, du 14 septembre au 3 octobre 2014:

 

Lundi, vendredi à 20h30

Mercredi, jeudi, samedi à 19h

Dimanche à 17h - mardi relâche

 

Adresse:

 

Théâtre Le Poche

Rue du Cheval-Blanc 7

1204 Genève

 

Réservations:

 

www.lepoche.ch

tél: 022 310 37 59

 

Fever se jouera du 7 au 17 octobre au Théâtre des Célestins, à Lyon.

 

La précédente pièce de l'auteur:

 

Nobody dies in dreamland (2014)

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Published by Francis Richard - dans Théâtre
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  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), je travaille dans les ressources humaines et m'intéresse aux arts et lettres.
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