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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 22:55
Journal décalé de mai: une conférence de Pierre Bessard sur l'anarchie libérale

18 mai 2016

 

Pierre Bessard, directeur de l'Institut Libéral, est l'invité de l'Association des étudiants de l'Unige pour l'étude de la philosophie libérale, à Uni-Mail, à Genève.

 

Le thème de sa conférence est: L'anarchie libérale: plus qu'une utopie?

 

Dans le débat public, dès que l'on parle d'anarchie, on entend chaos, règne de la violence, émeutes, trafic routier en Inde... Bref c'est un mot qui est inutilisable parce que connoté désordre.

 

Dans le débat intellectuel, en philosophie, il n'en est pas de même, l'anarchie suppose l'existence d'un ordre, d'une reconnaissance du droit, sans monopole de la force, sans autorité basée sur la contrainte.

 

L'anarchie n'est pas synonyme d'anomie, c'est-à-dire d'absence de règles. De même convient-il de distinguer la liberté, qui équivaut à faire ce que l'on est en droit de faire, de la licence, qui équivaut à faire n'importe quoi; de faire la différence entre le droit  et une législation arbitraire.

 

Dédramatiser la notion d'anarchie

 

Il faut d'autant plus dédramatiser la notion d'anarchie qu'elle est omniprésente dans la vie quotidienne: nous sommes libres de choisir notre profession ou notre partenaire, d'avoir des enfants, de créer une entreprise, de voter ou de nous abstenir etc.

 

Il n'existe pas de gestion centrale de notre vie. Nous nous passons de l'État dans la plupart des actes de notre vie.

 

Ainsi une économie libre est largement anarchique et largement harmonieuse. A contrario, plus une économie est réprimée, plus il existe de marché noir et de contrebande

 

Ainsi toute prohibition faite à des adultes consentants, qu'il s'agisse de drogues, de pornographie ou de prostitution, est incompatible avec une société libre, à condition bien sûr que ces adultes ne nuisent pas à autrui ni à ses biens.

 

L'éthique libérale

 

L'éthique libérale repose sur le principe de la propriété de soi, c'est-à-dire de l'existence de la personne et de son libre arbitre. Ce qui revient à respecter les autres et à respecter la propriété des autres. Ainsi les libéraux ont-ils été à l'avant-poste de l'abolition de l'esclavage.

 

Les gouvernants ne sont pas au-dessus du droit. Ils ont pour devoir de protéger et de garantir le droit.

 

L'État contrevenant

 

Avec l'impôt, l'État est le plus grand contrevenant au droit de propriété qui soit:

 

Tout impôt inutile est un vol, un vol d'autant plus odieux qu'il s'exécute avec les solennités de la loi. Benjamin Constant

 

Dans les sociétés modernes, la spoliation par l'impôt s'exerce à une grande échelle. Frédéric Bastiat

 

Ayn Rand suggère un impôt volontaire pour le financement des fonctions régaliennes.

 

L'imposition est sur un pied d'égalité avec les travaux forcés. Robert Nozick

 

L’impôt est un vol, purement et simplement, même si ce vol est commis à un niveau colossal, auquel les criminels ordinaires n’oseraient prétendre. Murray Rothbard

Pierre Bessard, directeur de l'Institut Libéral

Pierre Bessard, directeur de l'Institut Libéral

Les autres atteintes au droit par l'État

 

L'État contrevient également au droit de propriété avec

 

- les assurances sociales, qui ne sont pas des assurances,

- l'AVS, qui est une redistribution basée sur un système de Ponzi (elle avait été rejetée par 60% des voix du peuple suisse en 1931...),

- l'épargne forcée de la prévoyance professionnelle,

- le service militaire obligatoire (Milton Friedman était opposé à la conscription),

- l'école publique qui est au service des intérêts de l'État, c'est-à-dire du légalisme, du conformisme et de la formation de contribuables inoffensifs (Denis de Rougemont),

- le financement de médias audiovisuels par une taxe (recouvrée par Billag en Suisse).

 

La gouvernance

 

L'État est-il indispensable pour l'exercice des fonctions régaliennes, armée, police et justice, c'est-à-dire pour que les règles de bonne conduite soient observées et pour que les conflits soient réglés?

 

Pour que la gouvernance privée ne dégénère en gouvernance publique, la solution est la propriété. Ainsi dans une communauté privée de propriétaires, ces derniers réclament-ils des comptes précis.

 

Si gouvernance publique, tout de même, il y a, il existe au moins, en Suisse, deux limites à son pouvoir discrétionnaire: le frein à l'endettement et les recours référendaires.

 

Quoi qu'il en soit, si État il y a, son rôle doit rester subsidiaire.

 

L'État n'est pas indispensable

 

La culture morale est la première source de sécurité en Suisse: dans bien des cas, elle permet de se passer de l'État et évite la corruption (elle se retrouve d'ailleurs dans les pratiques de paiement). La Suisse se caractérise en effet par un degré très élevé de moralité, par une culture de l'intégrité.

 

Il faut savoir que s'il y a 5'000 policiers, il y a en Suisse romande 7'000 agents de sécurité privés...

 

La justice privée joue un rôle majeur en Suisse avec les tribunaux d'arbitrage:

- dans les conflits boursiers,

- dans l'économie immobilière,

- dans le sport,

- dans le commerce international etc.

 

Cette justice privée a pour caractéristique de résoudre les conflits:

- dans des délais courts,

- dans la discrétion,

- à moindre coût,

- en substituant la réparation des dommages à l'emprisonnement.

 

Conclusion

 

A défaut de pouvoir tout privatiser, comment limiter l'État?

- en propageant une culture morale, une culture libérale,

- en agissant au niveau sectoriel (initiative No Billag),

- en introduisant le plus de concurrence possible dans la gestion publique,

- en privilégiant les micro-états et les villes libres aux grandes structures telles que l'Union européenne ou le G20,

- en cantonnant l'État dans des fonctions subsidiaires,

- en développant le scepticisme envers l'État, qui a une forte propension à multiplier les lois et, donc, à se croire nécessaire...

 

Francis Richard

 

Publication commune avec lesobservateurs.ch

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Published by Francis Richard - dans Rencontres libérales
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  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), je travaille dans les ressources humaines et m'intéresse aux arts et lettres.
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