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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 23:55
Histoire des impôts improbables, de Jean-François Nimsgern

Histoire des impôts improbables, tel est le titre du livre de Jean-François Nimsgern.

 

Les impôts, dont l'auteur raconte les petites histoires (le pluriel est de mise), étaient en principe improbables, c'est-à-dire qu'ils avaient peu de chances de voir le jour. Et pourtant ils ont existé. Comme quoi le pire, s'il n'est jamais sûr, peut très bien survenir... grâce à l'imagination fertile des spoliateurs disposant d'un pouvoir.

 

L'auteur parcourt le temps (depuis l'Empire romain jusqu'au XXe siècle) et l'espace (du continent européen au continent asiatique) et les impôts, qui sont la face légale de la spoliation (L'impôt, c'est le vol, disait même Murray Rothbard), existent bel et bien: il les a rencontrés en tous temps, en tous lieux.

 

Plutôt que de les classer par ordre chronologique, l'auteur les a classés par thèmes. Les gens peuvent donc être:

 

- taxés pour avoir le droit de ne pas être tués: ces impôts mafieux sont pratiqués par les Danois en Angleterre aux Xe et XIe siècles et repris à leur compte par Guillaume le Conquérant et successeurs qui n'y renoncent que 150 ans après le départ des Danois.

 

- taxés pour avoir le droit de ne pas être tués à la guerre: ces impôts permettent aux souverains anglais du XIIe siècle de payer des mercenaires pour remplacer au combat leurs chevaliers ne voulant pas se battre, qui finissent par se révolter au XIIIe et obtenir la Magna Carta.

 

Au passage l'auteur met fin à une légende tenace: Robin des Bois ne volait pas les riches pour donner aux pauvres, il s'en prenait au collecteur des impôts pour rendre au peuple l'argent qui lui avait été arraché de force.

 

- taxés sur leurs besoins essentiels:

. la liberté: l'affranchissement des esclaves est soumis à une taxe pendant tout l'Empire romain

. le droit de préserver sa pudeur: les femmes des castes inférieures dans l'Inde du XVIIIe siècle doivent acquitter une taxe pour avoir le droit de se couvrir la poitrine

. l'énergie: en Angleterre, au XVIIe siècle, les cheminées, les fours et les âtres sont taxés

. la collecte d'urine: pour raison d'hygiène, l'empereur Vespasien rend obligatoire l'usage des toilettes publiques, dont l'urine collectée est vendue aux teintureries.

 

A son fils Titus, qui trouve cette taxe répugnante, Vespasien lance une pièce d'or et lui demande s'il sent quelque chose: Devant la réponse négative de Titus, il lui répond: "Et pourtant elle vient de l'urine". L'anecdote donne naissance au proverbe latin Pecunia non olet, soit "L'argent n'a pas d'odeur".

 

- taxés sur le sel (produit de grande valeur parce qu'il conserve les aliments): dès l'Antiquité jusqu'au XXe siècle, en Chine, en France ou en Inde, suscitant nombre de révoltes.

 

Le sel, en raison de sa valeur, a même servi de moyen de paiement: Le salarium était la partie de la rémunération des troupes romaines payée en sel. Le mot donne ensuite l'actuel "salaire".

 

- taxés s'ils sont riches: plus particulièrement sur leurs signes extérieurs de richesse, tels que les colonnes et les portes (au début de l'Empire romain), les charrues (Danemark, XIIIe siècle), les fenêtres (Angleterre, du XVIIe au XIXe siècle), les perruques (Prusse et Angleterre, du XVIIIe au XIXe siècle), les portes et fenêtres (France, du XVIIIe au XXe siècle).

 

- taxés s'ils déplaisent (ils peuvent alors être solidairement responsables): les royalistes sous Cromwell, les immigrants chinois au Canada (du XVIIIe au XXe siècle), les Juifs un peu partout et en tous temps (Empire romain, Saint Empire Romain germanique, Russie, France etc.).

 

- taxés sur leurs comportements:

. le port de la barbe dans la Russie de Pierre le Grand

. le savon sous Cromwell (les riches se lavaient trop...)

. les cartes à jouer toujours sous Cromwell.

 

- taxés à 100%: Philippe IV le Bel, grand spoliateur devant l'Éternel, a confisqué les biens des Juifs, des banquiers et marchands lombards, des Templiers; Charles VII, ceux de Jacques Coeur; Louis XIV, ceux de Fouquet.

 

Aujourd'hui ce qui survit à l'épreuve du temps, ce sont l'impôt foncier, l'impôt sur la consommation, la fiscalité comportementale (pour tenter de modeler un citoyen idéal conforme [aux] lubies des politiciens - ou à leur idéologie, ce qui bien souvent revient au même).

 

Comme le dit Jean-François Nimsgern dans sa conclusion, et c'est la grande, et réjouissante, leçon de ces petites histoires qui en forment une plus grande: Le contribuable n'est pas condamné à être un mouton tondu. Il a souvent su faire preuve d'ingéniosité pour tenter de contourner une législation stupide, et lorsque l'abus était trop criant, n'a pas hésité à se révolter.

 

A cet égard l'histoire du reblochon, fromage détaxé, sur laquelle se termine le livre, est on ne peut plus savoureuse et montre qu'il est un authentique fromage fiscal, au sens littéral...

 

Francis Richard 

 

Histoire des impôts improbables, Jean-François Nimsgern, 88 pages Les belles lettres

 

Dans la même collection des Insoumis, dirigée par Patrick Smets:

 

Libérons-nous de Pascal Salin

Le silence de la loi de Cédric Parren

Prohibitions de François Monti

D'or et de papier de Benoît Malbranque

L'argent des autres d'Emmanuel Martin

Petit traité d'anti-écologie de H16

Self-sécurité  de Pierre-Olivier Drai

La loi du genre de Drieu Godefridi

Les rentiers de la gloire de Copeau

La faillite du climatisme du Oyster Club

La tyrannie de la redistribution de Thierry Afschrift

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Published by Francis Richard - dans Les insoumis
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commentaires

MARTIN DESMARETZ de MAILLEBOIS 23/11/2016 09:55

"- taxés à 100%: Philippe IV le Bel, grand spoliateur devant l'Éternel, a confisqué les biens des Juifs, des banquiers et marchands lombards, des Templiers; Charles VII, ceux de Jacques Coeur; Louis XIV, ceux de Fouquet."

Très intéressant dans son ensemble, votre résumé donne envie de lire ce livre même à ceux qui connaissent bien le sujet comme moi-même. J'ai appris une chose : alors que je savais pour les toilettes publiques de VESPASIEN connues comme instrument d'hygiène publique (il m'est arrivé, à Paris, d'utiliser une ou deux "vespasienne"), j'ignorais qu'il collectait l'urine pour la revendre aux tanneries...

Mais il y a erreurs grossières à l'alinéa entre guillemets ci-dessus.

Il est exact que Philippe IV dit "LE BEL" a inventé l'impôt annuellement reconduit sans lequel certains voient depuis longtemps le précurseur de l'IRPP annuel actuel, c'était toujours au motif, conforme aux lois fondamentales, de la guerre. Il est vrai qu'il inventa des conflits mineurs pour le justifier... MAIS, le trésor royal confié à la garde des Templiers dans leur donjon de Paris, considéré comme un vrai coffre-fort, fut récupéré avec du mal après seulement que l'Ordre Souverain fut supprimé par la Bulle du Pape. Il a aussi inventé l'impôt sur les grandes fortunes tous les dix ans ( La TAILLE ) qui frappait principalement les Juifs car les plus aptes à reconstituer une fortune dans ce laps de temps, mais pas seulement. En effet, St-LOUIS IX imposa la rouëlle de drap jaune de face et de dos aux usuriers car l'usure était contraire à la loi chrétienne qui interdit le prêt à intérêts, surtout excessifs. De ce fait, reprendre des fortunes obtenues par le péché d'usure était non seulement licite mais recommandé ! Le Roi redistribua au peuple cet argent en travaux d'intérêt général comme les égoûts de Paris, les noues pavées des rues, les villes nouvelles (BASTIDES) etc... Personnellement, je défends Philippe LE BEL à chaque fois qu'il est attaqué et notamment par tel "Chevalier" du St-Sépulcre dans la ligne des Templiers ! Cette fable des "Templiers-martyrs du Roi" a servi de base à toute la volonté durant 8 siècles d'aboutir à l'assassinat de LOUIS XVI... et à la révolution maçonnique.

Charles VII ne confisqua pas mais fit pression sur Jacques COEUR pour qu'il paye les frais de l'Armée royale... En contrepartie de biens des avantages !

En ce qui concerne LOUIS XIV, Nicolas FOUQUET, fut jugé en toute équité par le tribunal pénal de droit commun habituel aux jugements systématiques des Ministres des Finances. Le fameux Conseiller d'Aguesseau a même répondu à LOUIS XIV qui lui demandait s'il ne pourrait pas abréger un peu l'extrême longueur du procès qui commençait à provoquer des pros et antis FOUQUET dans le Peuple, laissant entrevoir déjà ce qui allait arrivé plus tard avec l'affaire DREYFUS : " Sire, la Cour rend des Arrêts, pas des services " ! FOUQUET était indéniablement coupable de détournements de fonds dits "publics" massifs ! De même que DREYFUS fut indéniablement coupable de trahison selon les critères nationaux, les lois de la guerre et le Code militaire, même si les Juifs ont toujours joué l'équilibre des forces entre les nations pour leur profit géopolitique et financier à eux, comme les Oppenheimer et les Rosenberg avec la bombe atomique US donnée aux Soviétiques...

Voilà ce que je voulais préciser en résumé...

Francis Richard 23/11/2016 10:23

Je ne suis pas d'accord sur bien des points avec ce que vous dites. En résumé: légalité ne signifie pas légitimité. Malheureusement je n'ai pas le temps de vous répondre point par point... D'autres s'en chargeront, s'ils le souhaitent.

bernd.palmer 23/11/2016 01:05

Nimsgern: vrai nom ou pseudonyme de l'auteur? En allemand, "nimm's gern" veut dire "celui qui le prend volontiers". Une signification particulière dans le contexte.

Francis Richard 23/11/2016 15:04

Il n'y a pas d'histoire qui ne puisse être contestée... sauf dans les pays totalitaires.

MARTIN DESMARETZ de MAILLEBOIS 23/11/2016 14:45

Je me base sur les travaux de mes ancêtres, des meilleurs historiens, sur la totalité des fonds de documents historiques les plus certains. Je n'ai exprimé aucune opinion. Il ne s'agit donc pas d'être d'accord ou pas.

Les mémoires de Louis XIV ignorées du grand public, le livre "FACE aux COLBERT" qui en cite quelques extraits, le sens de l'honneur indiscutable d'un Charles DE BATZ D'ARTAGNAN de MONTESQUIOU, le livre indépassable de chez FAYARD et d'autres, sans parler de documents signés de LOUIS XIV en ma possession et d'autres membres de ma famille ou de relations dans divers Châteaux plus les archives républicaines peuplées de confiscations, fournissent et démontrent tout. Nicolas FOUQUET a bien dépensé des fonds dans des travaux - en toute propriété personnelle - qui relevaient de la puissance publique royale ou provinciale sans consultation ni autorisation des autorités. Imaginez que SOROS, le Roi d'arabie ou SACHS se mettent à acheter, réaliser des routes, autoroutes, châteaux, domaines privés, sans en informer même ni les régions ni l'Etat concernés en toute propriété juridique pour eux... et avec des impôts détournés de leur objet qu'ils auraient collectés légalement mais pris illégalement dans les caisses publiques ? Je pense que leurs arrestations et la confiscation de tout cela après jugement serait compris actuellement comme légaux et légitimes, non !? Cela c'est mon opinion...

Je ne fais que dire à toutes fins utiles les seuls faits. Malheureusement réécrits, détournés, falsifiés par l'histoire officielle sectaro-républicaine à seule fin de manipuler les gens depuis 400 ans. Noircir abusivement la Monarchie est un très grand sport républicain.

Francis Richard 23/11/2016 08:53

C'est son vrai nom. Pour autant que je le sache. C'est effectivement amusant dans le contexte...

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  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), je travaille dans les ressources humaines et m'intéresse aux arts et lettres.
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