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21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 23:55
La Starteupe, de Philippe Cohen, au Théâtre Cité-Bleue, à Genève

Philippe Cohen a écrit avec La Starteupe une satire sur les entreprises qui démarrent et dont le patron et les employés parlent un franglais ridicule pour se donner un genre, dynamique. Le titre, avec son orthographe qui aurait plu à un Jacques Perret, lui, donne le ton de cette comédie innovante.

 

Les collaborateurs de Up, La Start-Up, tablettes en main, franchissent plusieurs portes (les comédiens les miment): à codes, à reconnaissance veineuse ou oculaire... Ils viennent, convoqués par leur CEO, Guy (Philippe Cohen), pour lui faire part de leurs innovations mises en oeuvre sous la direction de Lydia (Jade Amstel).

 

Philippe Cohen est accompagné de sa secrétaire, Estelle (Marie-Stéphane Fidanza), qui, inévitable cliché, est sa maîtresse , et dont il a fait sa DRH, illustrant le principe de Peter... Etienne (Gaspard Boesch) et Thibaud (Julien Opoix), vantent leurs produits qui devraient booster les ventes, grâce à une bonne com.

 

Les rapports entre collaborateurs ne sont guère amènes. Thibaud essaie toujours de tirer la couverture à lui sur le dos d'Etienne. Lydia rappelle à tous deux qui est la cheffe. Et Basile (Mirko Verdesca) est l'inévitable stagiaire à qui tout le monde refile la patate chaude en dernier ressort.

 

Chaque semaine cette fine équipe, patron inclus, participe à un séminaire de régression: il s'agit pour eux de retrouver l'enfant qui est en eux. Le gourou du stage (Gaspard Boesch) n'imagine certainement pas dans ses rêves que ce stage puisse réussir aussi bien: Guy retombe en toute petite enfance...

 

A partir de là la starteupe part complètement en vrille. Ce n'est pourtant pas le moment. En effet elle a besoin de cash pour se développer et Guy doit recevoir Miranda (Jade Amstel), qui est à la tête d'un fonds souverain asiatique, pour lui demander d'investir dans les innovations de sa boîte...

 

A ce propos les innovations de la boîte en question sont dignes du concours Lépine: un airbag intégral, un drône d'appartement, du mobilier virtuel (qu'on ne voit pas, mais dans lequel on se cogne...), une poignée de jouvence (qui, en étant tournée, étire les peaux...), un sérum d'immortalité etc.

 

Ce soir, le public rit, mais peut-être pas autant qu'il le devrait. Est-ce parce qu'il vient du froid (heureusement qu'il y a le réchauffement climatique, parce que la météo...)? Parce que le côté pantalonnade l'emporte sur les répliques? Ou parce que cette fiction est trop proche de sa réalité?

 

Dans leurs costumes conçus par Marion Schmid, les comédiens ne sont pas en cause: ils sont performants dans la mise en scène de Philippe Cohen, aidé par Arthur Arbez (qui joue aussi le rôle d'un caricatural laborantin d'Europe de l'Est), sur des musiques de Manuel Cohen et sous des lumières de David Manson.

 

Francis Richard

 

Prochaines représentations:

Du 25 janvier 2016 au 4 février 2016

Les mercredis et vendredis à 20 heures

Les jeudis et samedis à 19 heures

 

Adresse:

Théâtre Cité-Bleue

46, avenue de Miremont

1206 Genève

 

Réservation:

http://www.theatre-confiture.ch/

Philippe Cohen, Marie-Stéphane Fidanza, Jade Amstel, Julien Opoix, Gaspard Boesch, Arthur Arbez et Mirko Verdesca

Philippe Cohen, Marie-Stéphane Fidanza, Jade Amstel, Julien Opoix, Gaspard Boesch, Arthur Arbez et Mirko Verdesca

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Published by Francis Richard - dans Théâtre
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Débéogueur 28/01/2017 06:46

De très, très longue date, je n'avais assisté à un spectacle aussi affligeant. Un succession de sketches ennuyeux et décousus, de poncifs éculés, sans humour et mal joués. Si cela avait été un film, un très court-métrage aurait suffi. Car, finalement, ce spectacle n'est pas drôle, mais surtout, très, très long, surtout vers la fin.

Francis Richard 28/01/2017 07:47

S'il n'en reste qu'un...

Anne 24/01/2017 12:01

Les goûts et les couleurs... Nous y étions vendredi et les rires ne fusaient pas. Deux personnes sont même parties avant la fin. Je suis restée par politesse. J'ajoute que je suis en général très bon public. Ce qui m'a le plus amusée: les tablettes tactiles!

Anne 23/01/2017 14:53

Cher Monsieur Cohen,
Avez-vous vu votre pièce? Quelle déception. A aucun moment je n'ai eu ne serait-ce que l'esquisse d'un sourire. Je suis navrée de vous dire que vous êtes complètement passé à côté de votre sujet et que nous nous sommes ennuyés comme rarement. C'est grand dommage car le sujet aurait pu être traité de manière à faire rire tout en critiquant les aspects caricaturaux de notre époque 2.0, mais là tout tombe à plat, et lourdement.

Francis Richard 23/01/2017 21:05

Vous êtes bien sévère. Pour ma part, j'ai ri à plusieurs reprises. Et ce n'est pas parce que je suis bon public... Mais il est vrai que le soir où j'ai vu la pièce, samedi dernier, le public manquait d'entrain.
Cela m'est déjà arrivé, à Paris, il y a quelques années, au Théâtre de la Gaieté. Fabrice Lucchini y disait l'arrivée à New-York telle que la raconte Céline dans "Le voyage au bout de la nuit". C'est pourtant un passage drôle du livre. Eh bien les spectateurs, ce soir-là, ne riaient pas, mystérieusement.
Au sortir de la pièce, je m'en suis entretenu avec un passant, dans la rue de la Gaieté. Dissimulé sous une capuche, derrière des lunettes, c'était Fabrice Lucchini... qui ne s'expliquait pas non plus cette apathie du public...

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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), je travaille dans les ressources humaines et m'intéresse aux arts et lettres.
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