Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
31 décembre 2018 1 31 /12 /décembre /2018 20:45
Chienne de vie magnifique, de Christophe Gaillard

Ceci n'est pas une sottie, aurait dit Magritte. Mais c'en est une... puisqu'elle permet à Christophe Gaillard de tout dire et de le dire sur tous les tons...

 

Même dans une sottie, cependant, il est nécessaire de se donner un cadre. Alors le cadre est une pension de la rue Tournefort à Paris, à la fin du siècle passé:

 

On y entre par une porte bâtarde, surmontée d'un écriteau sur lequel est écrit: Maison-Bouvier, et dessous: Pension bourgeoise des deux sexes et autres. Chiens bienvenus.

 

Les chiens sont tellement bienvenus qu'ils y sont des personnages à part entière et les humains des deux sexes et autres y ont des patronymes très canins.

 

(La couverture de l'ouvrage représente d'ailleurs un détail du Chien de Francisco Goya)

 

La concierge, madame Berset, a deux chiens, un berger allemand à long poil brun, Russo, et une jeune caniche noire, Lola.

 

Au premier, madame Bouvier en a un, Bernie (un dévoreur de livres), et la belle et désirable mademoiselle Virginie Le Braque (qui a du chien), en a un également, Charlus, un danois.

 

Au second, Henri Lépagnol en a un, qui tient du fox-terrier et de bien d'autres races, mais Horace Levriller, étudiant en troisième année de médecine, lui, est le seul à ne pas en avoir.

 

Quand Horace ne promène pas Bernie, c'est Clodo qui s'en charge: Claude-Étienne Leterrier a lui-même un chien, Giscard, une boule de poils sans espèce particulière.

 

Il s'en passe des choses dans cette sottie savoureuse qui tient les promesses de son prologue: on s'y balade en bus, à pied, en courant; on y assiste à deux enterrements; on participe à un colloque... de chiens, etc.

 

Cela donne l'occasion à l'auteur sinon de tout dire, du moins de dire beaucoup, et sur tous les tons: on y passe par exemple du sourire à l'affliction et de la farce au recueillement...

 

Les divers récits et tons ne sont pas exclusifs de profondeur. Et l'oxymore du titre, Chienne de vie magnifique, illustre bien la contradiction inhérente à l'humaine condition.

 

Il n'est donc pas étonnant que les chiens en leur colloque  se posent cette question qui les tourmente:

 

Pourquoi les hommes, qui nous appellent leurs plus fidèles amis, se servent-ils de notre nom pour vouer aux gémonies leurs ennemis les plus acharnés?

 

Francis Richard

 

Chienne de vie magnifique, Christophe Gaillard, 244 pages, Éditions de l'Aire

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
  • Contact

Profil

  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.

Références

Recherche

Pages

Liens