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31 décembre 2019 2 31 /12 /décembre /2019 23:00
Cinquante ans avant 2019, cet annus horribilis...

2019 aura été un annus horribilis à bien des égards, sur lesquels je ne m'appesantirai pas à l'exception d'un seul parce qu'il explique la plupart d'entre eux.

 

Personnellement j'ai fait retraite cet annus-là et ai connu peu de temps après un problème de santé qui persiste depuis six mois et m'invalide: je suis sujet sans raisons à des vertiges...

 

Et ce n'est pas une métaphore...

 

La France que j'aime connaît elle aussi un problème de santé qui persiste depuis des décennies et continue de l'invalider: le collectivisme... et l'individualisme néfaste qui va de pair avec lui...

 

Frédéric Bastiat l'avait diagnostiqué:

 

L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde.

 

Cette grande fiction est une triste réalité en France et la source d'innombrables calamités dont les dernières en date ne sont pas les moindres: la retraite universelle par répartition et la grève d'une minorité de nantis...

 

Il y a dix-neuf ans maintenant que les vers de Victor Hugo me trottent dans la tête. Il avait choisi l'exil à Jersey, j'ai préféré Lausanne, où ma vie s'est orientée par deux fois il y a cinquante ans:

 

J'accepte l'âpre exil, n'eût-il ni fin ni terme,

Sans chercher à savoir et sans considérer

Si quelqu'un a plié qu'on aurait cru plus ferme,

Et si plusieurs s'en vont qui devraient demeurer.

Cinquante ans avant 2019, cet annus horribilis...

Le 8 février 1969, lors d'une réunion littéraire à Lausanne, je fais la connaissance d'un philosophe, Alonso Diez, né en 1893 au Chili. Il habite au troisième étage du 27 des escaliers du Marché, où se trouve alors un bar à café, le Barbare, qui fait parler de lui...

 

En souvenir de cette rencontre, Alonso Diez m'offre un exemplaire de Lachès, le dialogue de Platon sur le courage dont il a établi en français une version personnelle à partir d'anciennes traductions.

 

N'étant guère platonicien, je suis pourtant séduit par ce texte parce que Socrate se garde de conclure et d'élucider cette énigme.

 

En épigraphe à ce livre édité par lui en 1958, Alonso Diez écrit:

 

Le courage n'est pas seulement le ressort de l'action droite, mais encore la source du savoir profond, sans lequel l'action ne saurait être droite, c'est-à-dire sage.

 

Et, dans sa postface, il écrit que le courage vrai est [...] à la fois savant et ignorant, lucide et aveugle, bien que la lucidité l'abolisse comme l'abolit l'aveuglement.

Cinquante ans avant 2019, cet annus horribilis...

Paul Valéry dit: Que de choses il faut ignorer pour agir.

 

A l'automne 1969, quand j'entre en première année de l'EPFL, École Polytechnique Fédérale de Lausanne, j'ignore encore tout de ce qui m'y attend, bien qu'ayant reçu un sévère avertissement: la conclusion du test psychologique auquel je viens de répondre me déclare inapte aux études que j'entreprends...  

 

De ce test je ne parle évidemment pas à mon père, pour qui je voue une grande admiration et que je ne veux pas décevoir. Je fais toujours de mon mieux pour honorer mes parents...

 

L'année précédente déjà, vu les notes obtenues à mon bac que j'ai passé à l'issue des événements (j'ai raté toutes les épreuves scientifiques et réussi toutes les littéraires), le président de l'EPUL, École Polytechnique de l'Université de Lausanne, Maurice Cosandey, ne m'admet qu'au CMS, Cours de Mathématiques Spéciales.

 

Quatre ans et quelque plus tard, je deviens Ingénieur Mécanicien avec les honneurs...

 

Aujourd'hui, avec le recul, je crois que j'ai alors fait preuve d'un courage vrai au sens où Alonso Diez employait l'expression et que ce ressort m'a animé tout au long de mon existence. Car c'est lui qui permet de surmonter les avanies.

 

Aussi de l'annus horribilis qui vient de s'écouler ne veux-je retenir que ces deux cinquantièmes anniversaires.

 

Retenir ce qui en vaut la peine de tout ce que j'aborde, que ce soit par exemple à la faveur de rencontres ou de lectures, n'est-ce pas finalement ce qui me guide en ce monde et m'évite de juger les autres tout en profitant des leçons qu'ils m'apportent?

 

De mes études scientifiques je retiens également ce que disait Socrate (cela me permet de discerner le soi-disant savant de celui qui l'est vraiment):

 

Tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien.

 

Francis Richard

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  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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