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20 mai 2020 3 20 /05 /mai /2020 17:00
Une philosophie pour vivre sur la Terre, d'Ayn Rand

Une philosophie pour vivre sur la Terre est un livre posthume d'Ayn Rand paru en 1982 sous le titre Philosophy: Who Needs it. Il s'agit d'un recueil de textes des années 1960, excepté le dernier qui est une intervention faite à West Point en 1974.

 

Ayn Rand a appelé sa philosophie l'objectivisme. Elle repose sur ce qui distingue l'homme des animaux, c'est-à-dire sur le fait qu'il est parmi les êtres vivants le seul qui soit doué de raison et capable d'effectuer une démarche d'abstraction à partir du réel.

 

 

L'épistémologie objectiviste

 

La raison de l'homme lui permet d'élaborer des concepts. C'est sa méthode spécifique d'acquisition du savoir. Il le fait avec des mots: Chaque mot que nous utilisons (à l'exception des noms propres) est un symbole qui désigne un concept.

 

L'homme développe sa conscience en trois étapes: celle des sensations, puis la perceptuelle et la conceptuelle: La conscience perceptuelle est, vis-à-vis de la connaissance, son arithmétique, alors que la conscience conceptuelle en est l'algèbre.

 

Le concept s'élabore en trois étapes également: d'abord la conscience des entités, ensuite celle des identités, enfin celle des unités: Un concept est le résultat de l'intégration mentale de deux unités ou plus possédant la ou les même(s) caractéristique(s) distinctes.

 

 

Les concepts sont objectifs

 

Les concepts sont objectifs:

- ils ne sont ni révélés ni inventés, mais conçus par la conscience en accord avec les faits de la réalité,

- ils sont l'intégration mentale de données factuelles enregistrées par l'homme,

- ils sont les produits d'une méthode cognitive de classification dont les processus doivent passer par l'homme, mais dont le contenu est dicté par la réalité.

 

Ce qui fonde l'objectivité, ce sont trois concepts axiomatiques primaires: l'existence, l'identité, la conscience. Ils sont reliés entre eux de la manière suivante: quelque chose existe dont je suis conscient; il me faut en découvrir l'identité.  

 

 

L'éthique, code de valeurs

 

Ayn Rand rappelle que

- l'éthique est un code de valeurs pour guider les choix et actions de l'homme, qui déterminent le but et le cours de sa vie;

- l'éthique est une nécessité objective et métaphysique de la survie de l'homme, et ce, non par la grâce d'une quelconque force surnaturelle ou de désirs irrationnels (les vôtres ou ceux des autres), mais par la grâce de la réalité et de la nature de la vie.

 

 

Dans l'éthique objectiviste

 

Dans l'éthique objectiviste, les valeurs sont la raison, l'intentionnalité et l'estime de soi; les vertus corollaires sont la rationalité, la productivité et la fierté: Si vous accomplissez ce qui est bon selon un code de valeurs rationnel, cela vous rendra nécessairement heureux.

 

Dans l'éthique objectiviste, le principe de l'échange est le seul principe éthique rationnel pour toutes les relations humaines, personnelles ou sociales, privées ou publiques, spirituelles ou matérielles.

 

Dans l'éthique objectiviste, aimer c'est valoriser: Seul un homme rationnellement égoïste, un homme qui a l'estime de soi, est capable d'amour parce qu'il est le seul homme capable d'avoir des valeurs fermes et cohérentes, sans compromis et avec intégrité.

 

 

Les Attila et les Sorciers

 

Ceux que Ayn Rand appelle les Attila et les Sorciers se sont de tous temps rebellés contre le pouvoir de la raison. Ces parasites lui opposent la force et la foi. Or, selon elle, il faut les rejeter tous deux parce qu'ils empêchent survie et création par la raison:

 

A toutes les périodes et dans toutes les sociétés il existe des hommes qui réfléchissent et travaillent, découvrant comment affronter l'existence, comment produire les valeurs intellectuelles et matérielles qui lui sont nécessaires.

 

Pour rejeter les Attila comme les Sorciers, parce que toujours à l'oeuvre, il faut adopter deux principes qui constituent une base minimale sur laquelle les individus dotés d'intégrité et de bonne volonté intellectuelles peuvent être d'accord:

- un principe épistémologique: les émotions ne sont pas des outils du savoir;

- un principe moral: personne n'a le droit de recourir le premier à la force physique.

 

 

Les droits individuels

 

Il n'existe qu'un seul droit fondamental: Le droit d'un homme à sa propre vie. Ce droit fondamental et la nature humaine sont la source de tous les droits individuels et le droit de propriété est le seul moyen qui en permette la réalisation.

 

Il n'y a pas d'autres droits que les droits individuels. Ayn Rand parle de redondance de l'expression. Tous les nouveaux droits, résultant d'une éthique altruiste-collectiviste, n'en sont pas puisqu'ils détruisent les droits individuels:

 

On ne peut concilier la poursuite du bonheur et le statut moral d'un animal sacrificiel.

 

A ce sujet Ayn Rand remarque que les Pères Fondateurs de l'Amérique parlaient du droit à la poursuite du bonheur, non du droit au bonheur.

 

 

Le donné métaphysique et le "construit" de l'homme

 

Ayn Rand définit le donné métaphysique comme tout phénomène naturel, c'est-à-dire tout événement qui survient sans que l'homme n'y soit pour rien. Et définit le "construit" de l'homme comme tout phénomène qui est le résultat de l'action humaine.

 

Ces définitions lui sont nécessaires pour interpréter un texte attribué (à tort) par les anglo-saxons à un théologien protestant, Reinhold Niebuhr, avec lequel elle est en complet désaccord, à l'exception de cette réflexion (en oubliant l'aspect formel de la prière): 

 

Que Dieu m'accorde la sérénité qui me permette d'accepter ce que je ne peux changer, le courage de changer ce que je peux modifier, et la sagesse de percevoir la différence.

 

En effet, elle la trouve profondément juste, dans sa concision et sa sagesse, car elle définit l'état d'esprit que tout homme rationnel doit s'efforcer d'atteindre et elle la commente en ces termes:

 

Pour ce qui concerne la nature, "accepter ce que je ne peux changer" signifie accepter le donné métaphysique; "changer ce que je suis en capacité de changer "signifie s'efforcer de recomposer le donné en se nourrissant de connaissances [...]; "être conscient de la différence" signifie comprendre qu'on ne peut se rebeller contre la nature, et lorsqu'on ne peut rien faire, il faut accepter la nature en toute sérénité.

 

 

"A la gloire de l'Homme"

 

Ce qui a inspiré mon oeuvre et dans quel but? Je peux répondre brièvement à ces deux questions en disant ceci: si une page de dédicace devait servir d'exergue à l'ensemble de mon oeuvre, elle contiendrait ces mots: A la gloire de l'Homme.

 

Francis Richard

 

Une philosophie pour vivre sur la Terre, Ayn Rand, 324 pages, Les Belles Lettres ( traduit de l'anglais par Michel Lemosse, Marc Meunier et Alain Laurent)

 

Livre précédemment chroniqué:

La vertu d'égoïsme

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  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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