Partager l'article ! "Katyn", le film magistral de Wajda, qui n'est toujours pas diffusé en Suisse: Le Centre d'Animation Cinématographique Voltaire (ici), qui es ...
Le
Centre d'Animation Cinématographique Voltaire (ici), qui est une des associations culturelles de
la Maison des Arts du Grütli à Genève, s'est distingué hier soir à 19 heures. Devant un parterre de 150 à 200 personnes, Katyn, le film magistral d'Andrzej Wajda y a été projeté - merci aux
organisateurs ! - à l'occasion de la sortie du livre "Katyn et la Suisse", publié aux Editions Georg (ici).
François Naville, "directeur de l'Institut de
médecine légale du canton [de Genève] entre 1934 et 1960" [voir l'article de Sylvie Arsever dans Le Temps du 16 novembre 2009 ici], avait été appelé par les Allemands, en 1943, à enquêter sur le
massacre de Katyn, découvert par les Allemands, et avait conclu, éléments probants à l'appui, recueillis sur place, que ce massacre s'était produit au printemps
1940 et que les Soviétiques russes en étaient responsables.
En 1967, j'étais lycéen, à Henri IV, à Paris. Je venais de lire le livre
qu'Henri de Montfort avait consacré au Massacre de Katyn: crime russe ou crime allemand ? et où il faisait le point de toutes les connaissances de
l'époque sur le sujet. Il concluait qu'il s'agissait bien d'un crime russe. On ne savait pas, alors, que le bureau politique du Parti communiste russe avait donné l'ordre écrit, le 5 mars
1940, d'assassiner 25 700 responsables polonais, parmi lesquels les 4 400 officiers, retrouvés dans les fosses de Katyn, ce que l'ouverture des archives soviétiques devait nous apprendre
plus de 30 ans plus tard. Un de mes condisciples ne supportait pas que j'impute ce crime à ses chers camarades russes... et me traitait de tous les noms d'oiseaux que les communistes savent
proférer dans de telles circonstances.
Or, en voyant le film de Wajda, dont le père a péri à
Katyn, il est frappant de voir que les Polonais ne portent dans leur coeur pas davantage les communistes que les nazis, qui ont d'ailleurs commencé, ensemble, par se
partager les dépouilles de leur pays en 1940. Les Allemands ont fait prisonniers les soldats, les Russes les officiers. A un moment donné, deux de ces officiers parlent de la présence
des armées des deux régimes totalitaires sur le sol de la Pologne. L'un d'eux, Jerzy, qui ne veut pas perdre espoir, dit qu'"ils auront besoin de
nous". L'autre, Andrzej, lui répond par une question : "Lesquels ?".
Aujourd'hui la vérité historique n'est plus à établir. En se
basant sur le roman Post Mortem d'Andrzej Mularczyk, Andrzej Wajda a cherché à nous restituer une autre vérité, tout aussi importante, la vérité
humaine, qui ne peut se comprendre que par des destinées singulières, plus proches de nous. Trois familles ont ainsi vécu le drame de Katyn dans leur chair, en versant des larmes et
du sang, et n'ont jamais accepté le mensonge du crime allemand, que les autorités "populaires" polonaises voulaient leur imposer, au besoin par la violence, contre toute
vraisemblance.
Agniezska, la soeur d'un pilote, lieutenant mort à Katyn un
chapelet à la main, fait réaliser une pierre tombale où est inscrit 1940, comme année de son décès, ce qui lui vaut d'être emprisonnée par le régime communiste polonais pour avoir voulu
contester la vérité officielle, édictée par le grand frère russe. Sa soeur, qui dirige une école, ne croit pas que la Pologne puisse un jour redevenir libre. Elle s'accommode de la situation,
au contraire d'Agniezska, qui refuse de faire des concessions.
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