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30 mai 2008 5 30 /05 /mai /2008 19:34

Comment le pétrole pourrait-il baisser ? L’histoire montre que le prix du pétrole après avoir flambé redescend, en monnaie constante. Tout est affaire d’ajustement entre l’offre et la demande. Or aujourd’hui avec l’émergence de pays devenus gros consommateurs d’énergie la demande a augmenté tandis que l’offre restait stable pour des raisons à la fois technologiques et réglementaires. De plus le pétrole se négocie toujours en dollar. Il n’est donc pas étonnant non plus que le prix du pétrole ait pris l’ascenseur du fait de la faiblesse de la monnaie américaine. Mais ce dernier facteur de hausse ne se répercute pas dans la zone euro et en Suisse, dont les monnaies se sont appréciées par rapport au dollar.

 

Les écologistes de tous les pays voulaient naguère que les Etats taxent encore plus  les produits pétroliers pour réduire la consommation de pétrole et promouvoir des produits énergétiques de substitution. Inconséquents d’ailleurs ils combattaient le nucléaire qui est encore à l’heure actuelle le meilleur moyen, et le moins polluant, de produire de l’énergie. De fait la consommation de pétrole a diminué en partie grâce à cette rareté artificielle engendrée par les taxes, même si ces dernières ne sont pas aussi importantes que celles rêvées par les verts. Lesquels sont tout surpris que ce qu’ils cherchaient à obtenir par les taxes le soient maintenant par le marché.

 

Je vais devoir cependant doucher leur enthousiasme. Les écologistes aiment ce qui est durable. Ils vont être déçus. Pourquoi ? Parce que les raisons de la stagnation de l’offre ne sont pas celles qu’ils croient. Ils évoquent volontiers la perspective de l’épuisement des réserves de pétrole pour l’expliquer et jouent à se faire peur, et à faire peur, en évoquant le spectre du pic pétrolier à partir duquel la production de pétrole commencerait à baisser. Or ce ne sont pas les réserves pétrolières qui manquent mais c’est la production de pétrole qui est trop faible.

 

Dans « 24 Heures » du 23 mai Laurent Buschini fait à propos des réserves une prévision comme une autre qui s’avérera aussi fausse que les autres : « Avec 3000 à 4000 milliards de barils, il y a du pétrole pour plus de cent ans au rythme de consommation actuel (32 milliards de barils par an). Les compagnies pétrolières annoncent régulièrement de nouveaux gisements.» Pourquoi s’avérera-t-elle fausse, même si elle est beaucoup plus optimiste que les précédentes ? Parce que les limites des réserves pétrolières sont régulièrement repoussées à la date même où elles auraient dû être épuisées si les précédents Cassandre avaient vu juste.

 

Le prix du pétrole va-t-il continuer à monter ? Oui dans un premier temps parce que les coûts d’exploitation des nouveaux gisements seront d’abord plus élevés. Ils ne redescendront que lorsque les entrepreneurs auront trouvé des moyens de produire à meilleur compte. Encore faut-il que les moyens de ces innovations technologiques leur soient laissés. Quand les Etats prélèvent force taxes, sur le dos du consommateur par-dessus le marché, ils détournent inutilement une partie des marges qui devraient servir aux entrepreneurs pour produire du pétrole moins cher ou pour trouver des sources d’énergie plus avantageuses.

 

Francis Richard

 

 

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Published by Francis Richard - dans Economie
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), je travaille dans les ressources humaines et m'intéresse aux arts et lettres.
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