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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 20:30
Allons, tout n'est pas perdu. Même pas le paradis ... quand bien même il ne serait que fiscal.

Le Conseil national, comme il fallait s'en douter, n'est pas revenu aujourd'hui sur les dispositions de sauvetage de l'UBS prises le 16 octobre dernier. Il faut dire que, si ce sauvetage est pour le moins contestable - il favorise la plus grande banque helvétique au détriment des autres, de plus avec de l'argent public, ce qui ne peut être que néfaste -, il aurait été improbable que le législatif revienne sur une décision de l'exécutif prise dans l'urgence, il y a maintenant près de deux mois (voir mon article Comme les autres: le Conseil fédéral veut intervenir pour sauver l'UBS ). Le débat venait bien trop tard. C'est bien ce que je supputais le 29 octobre quand j'analysais les propositions de contreparties "socialistes" du PS en la matière (voir mon article Sauvetage de l'UBS : plus interventionniste que le PS suisse tu meurs ).

24 Heures nous raconte toutefois qu'il s'en est fallu de peu que l'assemblée ne contraigne les bénéficiaires de bonus de l'UBS à les rendre ( ici ) :  sur cette proposition d'un député socialiste, Werner Marti, - ce qui n'étonnera pas - les voix se sont partagées en deux, 90 pour et 90 contre. La voix prépondérante de la nouvelle présidente du National, Chiara Simoneschi, PDC (démocrate-chrétienne) tessinoise, a fait pencher la balance en faveur du refus. Et c'est tant mieux : il n'aurait pas été conforme au respect du droit de propriété qu'une telle proposition parlementaire aboutisse, qui plus est rétroactivement, même si les dits bonus devraient être spontanément restitués par leurs bénéficaires ... s'ils avaient un tant soit peu le sens de leurs responsabilités.

L'UBS sera-t-elle pour autant sauvée ? Si l'on en croit Le Matin du 2 décembre ( ici ) les deux grandes banques suisses, Crédit suisse et UBS, s'apprêtent à "dégraisser en masse". En fait elles continueraient de "dégraisser", puisque, d'après l'infographie du quotidien lausannois, elles se seraient séparées depuis un an de 2'450 et 9'000 personnes, respectivement, et s'apprêteraient à supprimer prochainement, à elles deux, 6'000 autres postes de travail. Si le Crédit suisse n'a pas reçu d'aide de l'Etat et qu'il enregistre une perte au 3ème trimestre de 3 milliards de francs, il est somme toute de saine gestion qu'il cherche à réduire ses coûts. Pour ce qui est de l'UBS, force est de constater que le sauvetage ne semble pas empêcher sa dégringolade. L'annonce même du sauvetage a eu un effet désastreux auprès de la clientèle helvétique, qui quitte petit à petit le navire, avant qu'il ne sombre.

Au milieu de toutes ces mauvaises nouvelles, ce sauvetage a tout de même du bon. Récemment on a vu que des  ministres français et allemand s'en étaient pris à la Suisse, la traitant de paradis fiscal (voir mon article La Suisse, paradis fiscal ? Si seulement... ), ce qui est, dans notre monde qui marche sur la tête, la pire des injures pour un pays digne de ce nom. Or où les fameux "crédits toxiques" de l'UBS, évalués à 54 milliards de dollars, et pris en charge par la BNS (Banque nationale suisse) - qui a dû emprunter une somme équivalente à la Fed -, devaient-ils été placés initialement ? Aux îles Caïman, qui ne sont pas réputées pour être des enfers fiscaux. Où vont être gérés les 6 milliards de dollars que la Confédération a apportés pour recapitaliser l'UBS ? A Jersey ( ici ), dans la filiale locale de l'UBS. Pourquoi ? Pour échapper à la fiscalité helvétique qui serait pourtant paradisiaque aux dires de personnalités compétentes ...

En fait tous les pays devraient être des paradis fiscaux ... et il faut croire que les peuples occidentaux sont bien manipulables puisqu'ils prennent des paradis pour des enfers et inversement.

Francis Richard 

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Published by Francis Richard - dans Suisse
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), je travaille dans les ressources humaines et m'intéresse aux arts et lettres.
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