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8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 19:45

Lundi dernier, 4 mai 2009, Amin Maalouf, invité par 24 Heures et Payot Librairie ( ici ), a fait une conférence sur Le Dérèglement du monde, titre de son dernier livre, suivi d'un débat, modéré, comme on dit maintenant, par Jacques Poget, ancien rédacteur en chef de 24 Heures ( ici ).

La salle était comble, et acquise à l'écrivain libanais, dans sa quasi totalité. Il faut dire qu'il est éminemment sympathique, et que je reconnais avoir pris beaucoup de plaisir, en son temps, à lire Léon l'Africain et Les Jardins de lumière.

Amin Maalouf se présente comme un rêveur éveillé. Il a raconté à son auditoire que cela pouvait lui jouer des tours. Il lui est ainsi arrivé d'emboutir avec la sienne la voiture qui le précédait ... parce qu'il pensait à autre chose.

Après l'avoir entendu, je crois, sans avoir lu son essai sur le dérèglement du monde,  qu'Amin Maalouf est  meilleur romancier qu'essayiste. Quand il dit :

J'observe le monde avec fascination et avec inquiétude. Je pense que le monde est déréglé.


les raisons de son inquiétude ne sont malheureusement pas toutes fondées, ce qui nuit à sa démonstration. Ainsi impute-t-il, entre autres, le dérèglement du monde à un système capitaliste sans garde-fou et qui serait entré dans le mur, qui aurait poussé la logique du marché jusqu'au bout

Après la chute du mur de Berlin l'équilibre des deux blocs aurait été rompu et le système capitaliste, qui a gagné, n'aurait pas su gérer les conséquences économiques et écologiques qui lui sont inhérentes. Car, selon Amin Maalouf, le dérèglement du monde, si dérèglement il y a, ne serait pas seulement un dérèglement économique, mais aussi un dérèglement climatique lié à l'activité humaine.

Amin Maalouf n'est ni économiste, ni scientifique. Et c'est bien où le bât blesse, même s'il fait preuve d'une grande curiosité. Ce n'est pas parce que l'ensemble des media et des Etats occidentaux privilégient des explications subjectives à la crise économique et aux changements climatiques actuels qu'ils ont raison. Sur ce blog j'ai montré que ces explications communément admises étaient contestables. 

Dans Le Temps de ce jour ( ici ), Jan Krepelka, collaborateur scientifique de L'Institut Constant de Rebecque ici ),que j'ai eu l'occasion de citer à propos du secret bancaire (voir mon article A lire : "Le secret bancaire : un impératif moral" de Jan Krepelka ) rappelle que le libéralisme n'est pas coupable de la crise économique actuelle.

Cette conformiste mise en accusation du libéralisme repose sur des conceptions erronées du libéralisme et du profit. En fait :

Le libéralisme n'implique en aucun cas l'absence de règles, mais au contraire un respect accru de principes universels. Le libéralisme est une philosophie du droit qui prône des règles bien précises : le respect du droit de propriété, et par conséquent l'interdiction de toutes les formes d'agression contre une personne ou ses biens, que ce soient les agressions physiques, le vol ou la fraude.

et

Le profit est avant tout une notion psychologique - si une personne troque un certain bien contre un autre, les deux personnes réalisent un profit, puisqu'elles sont plus satisfaites qu'auparavant, alors que la quantité de biens physiques n'a pas changé.

Tout le monde recherche le profit, mais il y a une grande différence entre cette recherche du profit dans un système de marché libre :

(Elle) s'(y) fait en répondant au mieux aux besoins des autres.

et dans un système étatisé où :

(Elle) passe par la corruption, la quête de privilèges et de faveurs, l'élimination légale de la concurrence.

Ce qui brouille les cartes, c'est que nos économies sont mixtes et que, du coup, c'est la loi du plus fort qui règne :

 

Les grandes entreprises sont les plus à même d'obtenir des faveurs et des protections de l'Etat.

Amin Maalouf parle de dérèglement du climat lié à l'activité humaine. C'est ce que veulent nous faire croire les Etats via leurs scientifiques stipendiés du GIEC. De plus en plus de scientifiques prennent leur distance avec cette explication (voir mes articles Dissidence : la Conférence internationale sur le Changement climatique , Existe-t-il un plan B en cas de refroidissement climatique ? , Mort du climatologue dissident Marcel Leroux , La note discordante de Jacques Lévy sur le réchauffement ).   
  

Aussi Amin Maalouf est-il beaucoup plus crédible quand il parle d'un domaine qu'il connaît mieux, le domaine moral. Il a raison de dire que la crise est une crise morale, qu'il ne faut pas tout investir dans la consommation matérielle, qu'il faut aussi rechercher l'épanouissement intellectuel et spirituel. Il a raison également de dire qu'il faut connaître les autres plus en profondeur et ne pas rester dans les habitudes d'incuriosité. Disant cela il devrait se rendre compte que les principes universels, les valeurs comme il dit, ne se trouvent pas où il pense, et notamment pas chez un Obama par exemple, qui est tout prêt à les bafouer, même s'il adopte une posture qui peut laisser croire le contraire.

Pour Amin Maalouf connaître les autres plus en profondeur passe par l'apprentissage de langues qui sont à la fois facteurs d'identité et moyens de communication. Car l'une des clés pour résoudre la crise morale est, comme il l'a fait lui-même, d'assumer l'identité de son pays d'adoption sans rompre pour autant avec son pays d'origine.

En disant cela, Amin Maalouf touche en moi une corde sensible, puisque, sur ce blog, je me propose de défendre  les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays, dont ma Flandre, belge, natale.

Francis Richard  

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  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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