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8 juillet 2009 3 08 /07 /juillet /2009 23:00
Le 14 mai dernier, Uli Windisch, [photo ci-contre tirée du site de l'Université de Genève ici], professeur de sociologie à l'Université de Genève, Unige, écrit un article dans le Nouvelliste en tant qu'invité du journal valaisan [ voir mon article Uli Windisch, sociologue, a dit la vérité, il doit être exécuté ]. Il commet ce jour-là deux erreurs impardonnables aux yeux de la gauche, qui cherchera dès lors à avoir sa peau :

- il s'en prend au socialisme de la démagogie et des bas instincts
- il signe ès qualité, c'est-à-dire Uli Windisch, professeur en sociologie, communication et médias de l'Université de Genève

Dans mon article lié plus haut je cite abondamment l'article incriminé et explique que la lecture qui en est faite, ici ou là, est partielle et partiale, volontairement ou non, que l'auteur n'a en somme fait que dire la vérité. Seulement toute vérité n'est pas bonne à dire, surtout quand elle consiste à mettre le nez des socialistes de tout poil dans leurs cacas nauséabonds.

Uli Windisch  a en effet dénoncé dans son article la volonté fanatique des socialistes de vouloir changer l'homme bon gré, mal gré, pour son plus grand bien, avec pour aboutissement logique l'instauration de totalitarismes, qui, au XXème siècle, ont pris les deux formes achevées, et cousines, du nazisme et du communisme, caractérisés par l'extermination des Autres. Puis le professeur de l'Université de Genève s'en est pris aux outrances verbales envers la Suisse du socialiste Peer Steinbrück, le ministre allemand des finances, et a fait la démonstration de ce que cela donnerait si on lui répondait sur le même ton.    

Les propos d'Uli Windisch vont être qualifiés d'excessifs par Bernard Morard, le doyen de la Faculté des sciences économiques et sociales de l'Unige. Christian Levrat, président du Parti socialiste suisse, va demander au Conseiller d'Etat socialiste Charles Beer, en charge de l'Instruction publique de la République genevoise, et au recteur de l'Unige, Jean-Dominique Vassali, de prendre position. Ce dernier va obtempérer, en dépit de ses dénégations, en saisissant de l'affaire le Comité de déontologie et d'éthique, fraîchement constitué.

La sanction, dévoilée avant-hier soir par la RSR (ici), est tombée, près de deux mois après la publication de l'article :

Dans une lettre reçue hier à son domicile, le professeur Ueli Windisch a reçu l'avis du rectorat de l'Université de Genève concernant ses propos provocateurs dans le quotidien "Le Nouvelliste" du 14 mai dernier. Une information originale de la rédaction genevoise de la RSR.


La chronique était notamment signée de son titre de professeur en sociologie. Cette référence et les propos n'ont pas vraiment plu au rectorat. Si l'Université de Genève reconnaît la liberté d'expression au spécialiste des médias, elle lui demande désormais de ne plus enfreindre "le principe de vérité et de responsabilité" quand il engage "le nom et la crédibilité de l'Université de Genève".


Philippe Barraud écrit hier sur son site, Commentaires.com (ici) :

Uli Windisch, professeur de sociologie à l'Université de Genève, ne devra plus utiliser son titre lorsqu'il signe des articles polémiques dans la presse. C'est une sorte de punition molle, une sanction ad personam puisque, sauf erreur, elle est sans précédent dans l'histoire de l'institution genevoise.

Philippe Barraud trouve que :  

C'est surtout une mesure absurde. Par définition, une personne qui s'exprime publiquement le fait es qualité, et c'est en général pour cela qu'elle est appelée à le faire par les rédactions.

Pour ma part, je conclurai par ces quelques remarques :

- Uli Windisch est suffisamment connu pour ne pas avoir besoin d'accoler son titre de professeur à son nom. C'est l'Université qui se prive de son rayonnement plutôt que l'inverse.
- Le rectorat n'a pas cédé aux demandes de la gauche qui voulait la peau du professeur, c'est-à-dire son interdiction professionnelle, et c'est l'essentiel. Cela aurait porté un sacré coup à la liberté académique.
- Par complaisance molle envers la gauche, le rectorat a tout de même voulu marquer le coup et a demandé au professeur de ne plus enfreindre le principe de vérité et de responsabilité, ce qu'il n'avait pourtant pas fait.
- L'Université de Genève se serait honorée en ne faisant aucune remontrance. Par là même elle aurait montré que la pluralité d'opinions existe bel et bien en son sein et qu'il n'est pas nécessaire d'être de gauche pour avoir le droit d'en porter un titre quelles que soient les circonstances.

Francis Richard

L'internaute peut écouter sur le site de Radio Silence ( ici ) mon émission sur le même thème.

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Published by Francis Richard - dans Suisse
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commentaires

Ben Palmer 10/07/2009 10:17

Vous avez raison en ce qui concerne le débat autour du climat: les mêmes méthodes. Quand on n'a plus d'arguments, on utilise des attaques ad hominem ou on sort l'argument du financement par des groupes à intérêts particuliers.

D'autres cas similaires:
http://pus.sagepub.com/cgi/content/abstract/14/1/5
http://tobaccoanalysis.blogspot.com/2005/12/rest-of-story-author-expelled-from.html

Francis Richard 10/07/2009 10:41


Merci pour les cas similaires que je me permets de rendre accessibles en liens :

http://pus.sagepub.com/cgi/content/abstract/14/1/5
http://tobaccoanalysis.blogspot.com/2005/12/rest-of-story-author-expelled-from.html


Ben Palmer 10/07/2009 09:27

Une université n'est pas un jardin d'enfants, elle devrait plutôt être un haut lieu de rencontre d'esprits pensants. Elle ne peut jouer son rôle que si elle permet le libre échange d'opinions, raisonnées bien sûr.
Il me semblerait que cette même université, sous son ancien directeur, était déjà tombé dans le piège du politiquement correct, il y quelques années. Sans vouloir être juge dans une triste affaire, je me permets de rappeller le cas du licenciement sous des prétextes plus que douteuses du Prof. Rylander. Malheureusement, le public était mal informé des faits réels, les médias ne jouent des fanfares que pour les "vainqueurs".

Industrial association, scientific integrity, and public opinion
http://www.tobaccoscience.se/industrial.htm

Francis Richard 10/07/2009 09:48



Quand l'affaire Rylander a eu lieu, je venais tout juste de retourner en Suisse et ne m'intéressais pas encore, comme aujourd'hui, à l'actualité du pays. C'est pourquoi je vous sais gré
d'avoir envoyé ce commentaire.

En lisant l'article que vous mentionnez (http://www.tobaccoscience.se/industrial.htm ) il m'est revenu à l'esprit que c'est le même
genre d'argument qui est employé pour tenter de discréditer des climatologues sceptiques sur l'origine humaine du réchauffement climatique : certains d'entre eux seraient à la solde de
compagnies pétrolières.

Au lieu de contester leurs travaux d'un point de vue scientifique, on le fait d'un point de vue politique. On est moins regardant quand des scientifiques mangent dans la main des Etats qui les
nourrissent...comme c'est le cas des fameux experts du GIEC.


Dans la non-affaire Windisch, comme vous pourrez le constater, les médias n'ont pas joué des fanfares : il ne fallait pas insister sur un dénouement somme toute peu glorieux ...



Ben Palmer 09/07/2009 23:54

"L'Université de Genève se serait honorée en ne faisant aucune remontrance."
J'irai plus loin : l'université (en minuscules !) se serait honorée en donnant tout son support à un de ses piliers scientifiques (c'est pour ça qu'il a été engagé, non ?).
Quand la politique et le politiquement correct se mèlent de la science et de la liberté d'opinion ...

Francis Richard 10/07/2009 08:37


Vous avez bien entendu raison. Mais vous demandez peut-être un peu trop aux autorités universitaires genevoises qui ont déjà dû ronger leur frein pour ne pas céder aux sollicitations de leurs amis
de gauche...et se sont contentées d'une simple remontrance épistolaire, que Philippe Barraud qualifie de "punition molle". 


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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), je travaille dans les ressources humaines et m'intéresse aux arts et lettres.
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