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16 juillet 2009 4 16 /07 /juillet /2009 22:45
Peu avant Noël de l'an passé, on apprenait que le SECO (Secrétariat d'Etat à l'économie) avait décidé de ne plus tolérer que huit stations-service [photo tirée du Nouvelliste ici ] du canton de Zürich ouvrent leurs shops 24 heures sur 24. Six mois tout juste leur étaient donnés pour transformer leurs installations ou fermer boutique la nuit.

Le responsable de cette décision était Serge Gaillard, Directeur du travail du SECO (ici) depuis le 1er février 2007, après avoir été secrétaire de l'Union syndicale suisse pendant près de 15 ans. Un fervent défenseur de la liberté individuelle...

Du coup le "paragraphe rouillé" 2009 lui a été décerné par la Communauté d'intérêts Priorité-Liberté (ici). Ce prix - allusion aux innombrables paragraphes inutiles de la législation helvétique - récompense une personnalité liberticide, qui s'est particulièrement distinguée par des réglementations ou des interdictions insensées.

La Communauté d'intérêts Priorité- Liberté est une association créée en 2006, qui comprend aujourd'hui 2'000 membres, en provenance de l'UDC [Union démocratique du centre], du PLR [Parti libéral-radical] et du PDC [Parti démocrate-chrétien], et dont le but principal est de défendre la liberté individuelle.

Il est intéressant de noter en quoi consiste précisément cette décision du SECO. Il s'agit ni plus ni moins que d'interdire la vente de produits alimentaires, de boissons et d'autres produits utiles au ménage, entre 1 heure et 5 heures du matin dans les shops de stations-service. Dans le même intervalle de temps le SECO autorise que du café et des petites collations y soient servis, et bien évidemment qu'il soit possible de se ravitailler en carburant. Cherchez l'erreur ... 

Par quel tour de passe-passe peut-on, au même endroit, interdire une chose et en autoriser une autre? La vente d'alimentation et la restauration ne dépendent pas de la même législation : la première relève de la loi sur le travail, la seconde de la loi sur la gastronomie. Le SECO vient de faire la preuve qu'il est capable de faire ce genre de distinction typiquement bureaucratique et, sans vergogne, de menacer des emplois.

Le 19 mars dernier, Christian Lüscher, Conseiller national PLR, interpellait le Conseil fédéral à ce sujet. Le 13 mai, ce dernier répondait qu'il ne voulait pas revenir sur cette décision et qu'il n'avait pas l'intention dans un avenir proche d'assouplir le travail de nuit et du dimanche. Il ajoutait :

Dans l'espèce on ne saurait démontrer qu'il existe effectivement et de manière générale un besoin particulier de consommation dans les magasins de stations-service entre 1 heure et 5 heures du matin, qui justifierait que l'on s'écarte du régime de l'autorisation.

Le même jour Priorité-Liberté lançait une pétition (ici) : 24 h de qualité de vie - oui à des shops ouverts dans les stations-service. En huit semaines cette pétition, soutenue par 43 parlementaires, recueillait 26'825 signatures et Priorité-Liberté tenait une conférence de presse ... ce 14 juillet (ici) . Les 2'000 membres de l'association, aidés des Jeunes UDC, des Jeunes Libéraux-Radicaux, de collaborateurs de plusieurs shops de stations-service, des membres du groupe Facebook correspondant, avaient obtenu ce magnifique résultat.

Même s'il s'agit en l'occurence d'un besoin local, il est inadmissible que des bureaucrates cherchent à compliquer la tâche des entrepreneurs par leurs décisions tortueuses.

Le Conseil fédéral se ridiculise quand il prétend qu'il n'existe pas de besoin particulier, puisque justement le besoin est particulier. Comme le rappelait Christian Lüscher lors de la conférence de presse d'avant-hier :

Des agents de police, chauffeurs de taxi, travailleurs en équipe et bien d'autres personnes sont contents de pouvoir faire de petits achats en dehors des heures d'ouverture usuelles.

S'il n'y avait pas de besoin, il n'y aurait pas de clients et aucun entrepreneur ne s'entêterait à garder commerce ouvert ...Et la protection des travailleurs a bon dos puisque personne ne s'offusque que des collations ou du carburant soient servis par du personnel qui, lui, est bel et bien autorisé à le faire au cours des mêmes heures.

Cette histoire est emblématique des tracasseries administratives qui entravent le bon fonctionnement de l'économie. Elle est d'ailleurs destinée à prendre des proportions de plus en plus grandes. Car Priorité-Liberté et ses alliés sont bien déterminés à ne pas en rester là. 

La réponse du Conseil fédéral à son interpellation ne l'ayant pas satisfait, Christian Lüscher a déposé une initiative parlementaire (ici) réclamant une modification de la loi sur le travail... Des représentants du PLR, du PDC et de l'UDC ont déposé une question au Grand Conseil du canton de Zurich et les chefs des groupes parlementaires PLR, PDC et UDC ont déposé un postulat auprès du gouvernement de la ville de Zurich.

A suivre ...

Francis Richard

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Published by Francis Richard - dans Suisse
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Jérôme Hennet 17/07/2009 20:24

Entièrement d'accord avec vous ! Cette mesure est symptomatique d'une gauche qui veut s'en tenir à des principes juste pour les principes... Au détriment de toute logique et de tout bon sens.

Francis Richard 18/07/2009 07:50



Merci beaucoup pour votre message !

Cette histoire illustre le fait que la gauche ne sait pas faire la distinction entre réglementer - où il faut tordre le cou à la réalité - et appliquer des règles de bonne conduite
élaborées par et sur le terrain.

Il va de soi que la gauche est à l'aise quand il s'agit de réglementer, pour le plus grand bien, croit-elle, des réglementés. A ce moment-là elle s'attache davantage à la lettre qu'à
l'esprit. Ce qui aboutit à un véritable déni de réalité.



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  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), je travaille dans les ressources humaines et m'intéresse aux arts et lettres.
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