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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 08:45

Christoph-Blocher-6.01.11.jpgHier, lors d'une conférence de presse tenue à Rorschach, en Thurgovie, Christoph Blocher, l'homme par qui le scandale des transactions de devises effectuées en 2011 par la famille Hildebrand a été révélé, a apporté des précisions sur le rôle qu'il a joué dans la désormais affaire Hildebrand.

  

Comment Christoph Blocher a-t-il été informé de ces transactions ?

  

Selon le vice-président de l'UDC, ce sont plusieurs avocats qui l'auraient informé. Ces avocats auraient eux-mêmes été en liaison avec plusieurs informateurs de plusieurs banques :

  

"Je sais qu'il existe plusieurs informateurs et plusieurs banques sont concernées. Mais je ne connais pas les informateurs." ici [d'où provient la photo]

  

Il a assuré ceux qui l'ont informé qu'il ne donnerait aucun nom (nous connaissons, par la presse, le nom de l'un d'entre eux, Hermann Lei, député UDC au Grand Conseil de Thurgovie).

  

Pourquoi Christoph Blocher a-t-il mis plus d'un mois pour informer la présidente de la Confédération, Micheline Calmy-Rey ?

  

En fait il ne l'a pas rencontrée que le 15 décembre 2011, mais deux fois auparavant, la première le 5 décembre 2011 :

  

"J'ai été moi-même informé de manière fiable le 3 décembre seulement par plusieurs avocats. Auparavant, ce n’était que des informations vagues et anonymes." ici

  

Comment se fait-il que Christoph Blocher qui a demandé que le secret bancaire soit inscrit dans la Constitution fédérale accepte de se servir d'informations qui violeraient ce secret ?

  

Selon Le Temps de ce jour  ici :

  

"[Christoph Blocher] a [...] averti les avocats avec qui il a eu des contacts que si leurs informateurs avaient violé le secret bancaire, ils devraient être punis."

  

Christoph Blocher a-t-il remis un document à Micheline Calmy-Rey lors d'une de leurs rencontres ?

  

Le porte-parole du Conseil fédéral, André Simonazzi, prétend qu'il a montré à la présidente un document, "une copie de mauvaise qualité" ici. Christoph Blocher répond :

 

"Je ne donnerai aucune information sur la manière dont j’ai transmis ce que je savais au Conseil fédéral."

 

Il ajoute :

 

"Je n'ai laissé aucun document au Conseil fédéral".

 

La journaliste du Temps, Catherine Cossy, commente son article intitulé en toute objectivité "Christoph Blocher livre sa vérité obstinée sur l'affaire" :

 

"Le tribun joue sur les mots."

 

En fait les propos de Christoph Blocher sont cohérents et précis et ils ne contredisent pas ceux d'André Simonazzi. Le tribun, comme elle l'appelle, s'en tient à sa position de réserve.

 

Après les révélations faites le 1er janvier 2012 par deux journaux alémaniques du dimanche sur son rôle dans l'affaire Hildebrand, vraisemblablement à partir de fuites en provenance de proches de Philipp, Christoph Blocher s'indigne :

 

"Tout à coup, ce n’était plus une affaire Hildebrand, mais une affaire Blocher."

 

De fait les médias helvétiques qui sont plutôt indulgents avec le "maladroit" Philipp Hildebrand parlent maintenant de l'affaire Blocher-Hildebrand, voire de l'affaire Blocher tout court.

 

A juste titre Pascal Décaillet, sur son blog, le 5 janvier 2012, avant la conférence de presse de Philipp Hidebrand, remet les choses à l'endroit ici :

 

"Depuis que l'affaire a éclaté, dans nos médias, que voit-on, qu'entend-on ? Qu'il y aurait en Suisse un immonde personnage. Et que ce dernier ne serait pas M. Hildebrand, mais un conseiller national nommé Christoph Blocher. Parce que révélant l'affaire, il aurait trahi un "secret de fonction".

 

[...] Personne, ou si peu, ne se pose la question suivante : entre la « violation » du secret de fonction, et un président de Banque nationale qui aurait profité de ses informations pour spéculer sur des monnaies, où se situe l'échelle de gravité ? Réponse : de façon écrasante, elle se situe à la charge de M. Hildebrand."

 

Comme l'écrit le même Pascal Décaillet, après la conférence de presse de Philipp Hildebrand ici :

 

"L'affaire n'est évidemment pas finie"

 

Francis Richard

 

Articles précédents sur l'affaire Hildebrand :

 

Affaire Hildebrand: rien de nouveau après les explications de Philipp du 5 janvier 2012

Affaire Hildebrand: même si rien n'est irrégulier, est-ce bien moral ? du 4 janvier 2012

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commentaires

Ben Palmer 07/01/2012 22:45


Comme le souligne Francis Richard, ce n'est pas une question de montants. Dans le cas de la BNS, il s'agit d'un seul gagnant et son gain était assuré d'avance.


Dans le cas du Forex, il s'agit de dizaine de millions(?) de participants qui se partage le gâteau en prenant un risque et en misant sur la chance. Pour chaque individu ou institution qui gagne,
il y a d'autres qui perdent. Il s'agit d'un jeu de somme nulle et seulement ceux qui participent peuvent perdre ou gagner.


Si jamais l'Euro devrait voir de meilleures jours, la BNS participera à ce jeux pour éponger ses pertes.

Francis Richard 07/01/2012 23:33



Parfaitement exact...



Achille Tendon 07/01/2012 12:06


Pour calmer les uns et les autres, il serait bon de rappeler ce qu'est la spéculation dans le domaine des devises: le forex (pour foreign exchange) en tant que marché connaît un chiffre
d'affaires JOURNALIER qui se situe entre 4000 et 4500 MILLIARDS (!) de $ US !!!


Aller chipoter pour les montants allégués, c'est vouloir trasnformer un agneau en loup !


Et parler éthique en l'occurrence ne saurait dissiper la nette impression d'un réglement de compte !!!

Francis Richard 07/01/2012 12:28



Le problème ne se pose pas en termes de montants mais de principes.


 


L'impression est peut-être trompeuse. Je ne fais pas de procès d'intentions.



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  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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