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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 03:00

SchaeubleAvec la crise financière les mots de morale et d’éthique fleurissaient naguère dans la bouche des dirigeants des pays occidentaux pour fustiger les banquiers dont ils avaient pourtant encouragé les turpitudes en les incitant à prêter, et par conséquent à ruiner, de futurs insolvables.

Il faut croire que ces mots de morale et d’éthique ne les étouffaient pas quand il s’agissait de les appliquer à leur propre cas. Car au fond d’eux-mêmes ils pensaient : « Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais ».

Un nouveau délateur ici – ce qui rappelle les heures les plus sombres de l’histoire européenne du XXème siècle – propose de vendre une nouvelle liste d’évadés du fisc, qui plus est, à l’Allemagne, qui a de fâcheux antécédents en matière de délation - quand elle occupait l'Europe - et qui ferait donc bien de s’abstenir désormais, pour ne pas trop faire jaser.

Seulement il faut dire que l’offre est alléchante : « Donnez-moi 2,5 millions d’euros » dit le tentateur, « et vous pourrez récupérer 50, 100, 200 fois la mise. 1 500 noms livrés en pâture au fisc allemand, c’est tout de même mieux que le loto, puisque c’est à coup sûr. Et puis… un moment de honte est vite passé ».

Au ministère allemand des finances Wolgang Schäuble [photo ci-dessus en provenance d’ici] a remplacé Peer Steinbrück en octobre dernier. Il est démocrate-chrétien, son prédécesseur était social-démocrate. On aurait pu penser qu’ils n’avaient que le mot de démocrate en commun. En réalité c’était un trait d’union pour défendre l’enfer fiscal qu’est devenue l’Allemagne.

Il y a deux ans Peer Steinbrück avait acquis – moyennant 5 millions d’euros – des données volées par un technicien à la banque du Lichtenstein qui l’employait. Wolgang Schäuble – aux dernières nouvelles, soutenu fermement par Angela Merkel - paiera moitié de ce prix l’achat de données volées à une ou plusieurs banques helvétiques.

L’expression « La fin justifie les moyens » est la caractéristique des pays totalitaires. Hitler et Marx, tous deux allemands, en ont fait d'ailleurs, à leur époque, un leitmotiv. Encouragés sans doute par la version allemande de l’expression, encore plus cynique que la française : «der Zweck heiligt die Mittel », la fin sanctifie le moyen, dont le gouvernement allemand actuel semble bien avoir fait sa devise.

En réalité l’Allemagne fait partie des mauvais élèves de l’économie ici. Ses dirigeants, trompés par l’illusion keynésienne et par la hantise politique de devoir faire quelque chose pour justifier leur existence, se sont crus obligés l’an passé – inutilement – de relancer l’économie à coups de milliards d’euros ici.

Comme l’Italie, le cancre des cancres ici , et la France, l’Allemagne a donc augmenté sa dette publique, déjà plus élevée que celle de la France à fin 2008, creusé un nouveau déficit public et vidé les caisses. On sait depuis Aristote que la nature a horreur du vide et que les ministres des finances itou. Il faut donc traquer l’argent où il se trouve et où il s’est réfugié pour échapper aux prélèvements confiscatoires : la Suisse.

La Suisse, comme je l’ai montré ici , sans être un premier de classe irréprochable, n’a rien à voir avec ces cancres peu soucieux des deniers de leurs concitoyens. Sans être non plus, hélas, et loin de là, un paradis fiscal, la Suisse a résisté à la tentation facile de se lancer dans cette fuite en avant qui consiste à augmenter inconsidérément les dépenses publiques … pour remuer du vent. Sa prospérité relative, qui résulte de cette prudence, en fait une proie d’autant plus tentante que ses dirigeants n’ont pas fait preuve ces derniers mois d’un courage patent pour affronter les Etats voyous qui entourent le pays.

Angela Merkel, qui ne vaut pas mieux que les autres dirigeants européens, a dit hier matin au Bundestag, en parlant de ces données volées, que «  si ces informations étaient pertinentes pour le fisc allemand, il devait en prendre possession » ici. Si c'était le cas, elle se rendrait pourtant coupable de recel.

J’imagine une scène digne d’un polar où des mafieux se rencontrent pour s’échanger came contre biffetons. Tandis que le dealer goûte un peu de poudre pour en tester la qualité, le directeur du fisc allemand, lui, se met à lécher un bout de listing, tiré d’un CD bourré d’octets, pour en vérifier toute la pertinence...

Hans-Rudolf Merz, le ministre des finances helvétiques, jure ses grands dieux que la Suisse n’accordera pas l’entraide judiciaire dans ces conditions ici. Que ces dieux-là l’entendent !

Francis Richard

Nous en sommes au

563e jour de privation de liberté pour Max Göldi et Rachid Hamdani (de droite à gauche), les deux otages suisses en Libye

goldi et hamdani

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Published by Francis Richard - dans Suisse
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commentaires

Le passant ordinaire 02/02/2010 19:02


Remettons l’église au milieu du visage et commençons par nous intéresser à l’appenzellois. Cet ahuris radical est responsable de la situation de faiblesse dans laquelle se trouve notre pays.

Pour y remédier un bon de bâton sur le crâne et le voilà parti pour des cieux meilleurs.

Nous avons besoin de très fortes personnalités au Conseil fédéral capable de tenir tête aux fachos européens et surtout de parler clair en mettant la pression sur les frontaliers français,
allemands et italiens et en cherchant des noises à ceux qui sont établis en Suisse : tracasseries fiscales, convocations auprès des autorités communales et cantonales pour un oui ou pour un non,
bref leur montrer que nous en avons marre d’être les dindons de la farce.

Habitant Genève, mon oncle n’emploie aucun frontalier ou européens domiciliés en Suisse car il ne désire point que les résultats de ses travaux ne soient vendus par ces mercenaires de l’emploi.

Quant à Hush Puppies*** alias Angela Merkel les bonnes vieilles méthodes de la Stasi refont surface.
***célèbre marque de chaussure américaine ayant comme emblème un chien aux oreilles pendantes.

Que peut faire la Suisse pour se défendre :
Mettre sur un pied un service d’espionnage et de contre-espionnage politique et industriel capable d’obtenir et de divulguer des renseignements sensibles sur les entreprises des 3 pays concernés,
obtenir sur les mœurs et la vie privée des hommes politiques européens, bref d’utiliser les mêmes méthodes qu’ils emploient.

Nous sommes en guerre économique alors il faut bouger, la meilleure défense étant toujours l’attaque.


Francis Richard 02/02/2010 21:16


Pour les internautes qui n'auraient pas identifié l'"ahuri radical" "appenzellois" il s'agit bien sûr d'Hans-Rudolf Merz.

Il y a effectivement beaucoup de moyens de rétorsion à portée de main de la Suisse. Encore faut-il, comme vous le soulignez, qu'il y ait volonté de les utiliser, c'est-à-dire que de très fortes
personnalités se trouvent au Conseil fédéral...


MARTIN DESMARETZ de MAILLEBOIS 02/02/2010 08:51


Alors ça ! C'est EXCELLENT ! Je ne fais pas mieux d'habitude avec l'humour qui va bien ! BRAVO ! Voilà ce qui s'appelle bien parler !


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  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), je travaille dans les ressources humaines et m'intéresse aux arts et lettres.
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