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Comme les peuples votent mal, on ne leur demande plus leur avis. Ainsi la France a-t-elle adopté le Traité de Lisbonne par voix parlementaire, plutôt
que par référendum. Dieu sait que je n'ai jamais été un fervent admirateur de Jacques Chirac, mais il avait certainement plus de cran - ou plus de naïveté - que
Nicolas Sarkozy. Finalement il n'y a que le peuple irlandais à qui l'on aura demandé, son avis, à deux reprises.
La première fois le peuple irlandais a rejeté ce traité (voir mon article du 13 juin 2008 Le non irlandais aux eurocrates est un oui aux libertés ). Mais on sait, depuis Jean de Lafontaine, qu'il est difficile de refuser de porter le collier du chien pour préférer la liberté
du loup quand vous êtes affamé, et quand l'on vous propose une gamelle toute chaude pour acheter votre vote. Le 2 octobre dernier le peuple irlandais a donc renoncé à être héroïque et
s'est résigné à courber l'échine.
J'ai raconté ici ce que pensait Vladimir Boukovsky, le dissident russe, de l'Union européenne (voir mon article Le dissident russe Vladimir Boukovsky à l'Université d'Aix-en-Provence ). Dans un livre percutant, paru il y a quatre ans aux
Editions du Rocher, intitulé L'Union européenne, une nouvelle URSS?, il montrait les similitudes terribles qui existent entre l'Union européenne et l'Union
soviétique. Sur ce thème dissident, il a fait un brillant exposé, le 25 août de cette année, dans le cadre de l'Université d'été de la Nouvelle Economie, à
Aix-en-Provence.
L'avant-veille, à Aix-en-Provence toujours, le 23 août, lors du dîner inaugural de la même Université d'été de la Nouvelle Economie, Vaclav Klaus [photo ci-dessus prise
par votre serviteur avec son téléphone mobile, sur laquelle on peut voir le président de la République tchèque dédicacer son livre Planète bleue en péril vert, que j'ai recensé ici le 20 juillet dernier], faisait un exposé sur le danger que font planer les
environnementalistes sur les libertés, en rendant l'homme responsable, sans preuves indubitables, du "réchauffement climatique".
Ces deux hommes, venus de l'Est, qui ont subi le joug communiste, savent de quoi ils parlent quand il s'agit de libertés. Ces deux hommes, du même
âge, l'un est né en 1941, l'autre en 1942, savent, depuis Soljénitsysne, qu'un homme seul est capable d'ébranler les régimes les plus totalitaires, qu'ils
se présentent sous une forme hard ou sous une forme soft. Ces deux hommes, véritables dissidents, dans un monde de plus en plus asservissant et orwellien, n'ont pas peur des
pressions que des eurocrates liberticides sont prêts à exercer sur eux pour les faire plier.
Aujourd'hui le Traité de Lisbonne est sur le point d'être adopté. Si l'on excepte les recours constitutionnels, pendants dans quelques pays européens, le
léviathan eurocratique a été approuvé formellement par les élites conformistes et serviles des 27 pays de l'Union européenne, y compris par celle de la République
tchèque. Il ne manque qu'une signature, celle de Vaclav Klaus, qui refuse de l'apposer. Que Nicolas Sarkozy, le népotique, le démocrate modèle, qualifie ce
refus d'inadmissible (ici) est une preuve que Vaclav Klaus est bien un homme
debout, et d'une tout autre moralité.
Cet homme seul, cet homme debout, dressé contre des pays puissants et menaçants, comme jadis David contre Goliath, n'est pas du genre à se laisser intimider pour autant. A le
considérer ainsi, dernier rempart des libertés face à l'oppression eurocratique, les vers de Victor Hugo, parus dans
Les Châtiments me semblent de circonstance, et je le vois bien les scander haut et fort :
J'accepte l'âpre exil, n'eût-il ni fin ni terme,
Sans chercher à savoir et sans considérer
Si quelqu'un a plié qu'on aurait cru plus ferme,
Et si plusieurs s'en vont qui devraient demeurer.
Si l'on n'est plus que mille, eh bien, j'en suis ! Si même
Ils ne sont plus que cent, je brave encor Sylla ;
S'il en demeure dix, je serai le dixième ;
Et s'il n'en reste qu'un, je serai celui-là !
Ici l'âpre exil est celui dans lequel les commissaires du peuple européens essaient de l'envoyer en lui faisant bien sentir sa
solitude médiatique, et Sylla est ce système totalitaire qu'il ose braver encor.
Il est possible toutefois d'apporter son soutien à Vaclav Klaus et de lui faire savoir qu'il n'est pas tout seul à résister à ces collaborateurs d'un nouvel ordre européen désincarné. Une
pétition a en effet été lancée dont voici le texte :
Cher Monsieur Klaus,
Le 2 octobre 2009, l’Irlande a voté « oui » au traité de Lisbonne après avoir été contraints de revoter à
la suite de son vote « non » de 2008.
Le traité de Lisbonne arrache effectivement leur souveraineté et leur indépendance aux États membres, en les
transformant en provinces de l’Etat-UE. Aussi bien la Constitution européenne que la manière dont celle-ci a été édifiée apportent la preuve du mépris total de l’UE et des eurocates à l’égard de
la démocratie et des peuples d’Europe.
Cependant, il demeure un tout petit fil d’espoir qui pourrait stopper le traité de Lisbonne. Cet espoir, c’est
vous, Vaclav Klaus, Président tchèque.
Vous avez à ce jour courageusement refusé de signer le traité de Lisbonne, malgré d’intenses pressions. Si vous
continuez de refuser de signer ce traité, vous pouvez retarder son entrée en vigueur jusqu’à ce que le parti conservateur britannique gagne les prochaines élections au printemps 2010. Quand sa
victoire sera acquise, le chef du parti conservateur, David Cameron, soumettra le traité de Lisbonne à référendum, où il a toutes les chances d’être rejeté par les Anglais.
Ainsi, si vous décidez de ne pas signer le traité, vous aurez rendu possible son rejet, une fois pour
toutes.
Nous nous rendons compte que vous serez soumis aux lourdes pressions de l’élite de l’UE et des eurocrates, mais comme vous avez fait preuve jusqu’ici d’une grande force de caractère, nous espérons que vous continuerez sur ce chemin de droiture. Des millions et des millions d’Européens ne veulent pas de ce traité ; c’est si vrai que des sondages montrent qu’une majorité d’Européens voteraient « non » s’ils en avaient l’occasion.
Si vous décidez de ne pas signer et de ne pas ratifier ce traité, vous entrerez dans l’histoire comme un homme
d’Etat extraordinairement courageux qui a sauvé l’Europe, ses peuples et ses nations, de l’Union européenne de plus en plus antidémocratique.
C’est pourquoi nous vous demandons humblement, et vous encourageons à faire ce qui est juste : ne pas signer le
traité de Lisbonne.
Avec tout notre soutien, et nos sincères salutations,
Les soussignés…
Cette lettre-pétition peut être signée (ici).
Francis Richard
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Les citoyens des nations signataires du traité de Lisbonne n'auront plus rien à dire. Le parlement européen n'a rien d'une institution démocratique. Il agit selon la devise: NOUS décidons de la pointure de VOS chaussures; ce qui est bon pour les pieds d'un polonais est aussi bon pour les pieds d'un espagnol; et si ce n'est pas la bonne pointure, ils n'ont qu'à faire avec, il n'y en aura pas d'autres.
Il y a un autre mouvement qui se trame, avec des buts similaires et qui risque non seulement de nous priver de notre droit d'autodétermination mais qui risque de nous priver de notre base économique. Un deuxième super-gouvernement qui va s'approprier un pouvoir inédit à ce jour. Je parle du traité qui sera présenté à Copenhague lors de la prochaine conférence sur le climat en décembre. Ce traité imposera une redistribution massive de fonds, sous la gérance d'un "World Government". Et comme dans le traité de Lisbonne on cherche en vain les termes "démocratie" ou "votation".
http://wattsupwiththat.com/2009/10/16/obama-poised-to-cede-us-sovereignty-in-copenhagen-claims-british-lord-monckton/
Pour ce faire il suffira bientôt de rassembler les divers éléments du puzzle, tels que l'Union européenne, le G20, la Conférence sur le climat, l'OTAN, l'ONU et ses différentes sous-organisations, etc. Ce sera bientôt aussi le règne généralisé de l'irresponsabilité collective.
Nous les Suisses avons encore la possibilité d'intervenir au niveau national en déposant des initiatives et en passant par des votations, comme p. ex. au sujet de l'adhésion à l'UE ou l'ONU. Mais c'est jouer la dernière carte. Une fois membres, nous avons cédé la pile de cartes à un autre joueur qui joue à notre place; pas moyen de reprendre la main ni d'intervenir dans la stratégie de jeu. Par contre, c'est toujours nous qui versons la mise sans pouvoir récupérer les gains.
Pour prendre un exemple ridicule mais réel: l'UE avait décidé que les pommes mal formées et tachetées ne doivent pas être vendues (loi révisée entretemps). Une décision tellement aberrante n'aurait eu aucune chance de passer dans une votation populaire. Elle allait à l'encontre de toute logique et des principes d'un marché libre qui part de l'idée qu'il y a une marché là ou offre et demande se rencontrent.