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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 22:15

retraitesLe gouvernement et les partis politiques français ont raison de vouloir s'attaquer au problème des retraites [l'image ci-contre provient d'ici]. Seulement ils ne peuvent pas le résoudre parce que les uns comme les autres ne posent pas la bonne question. Ils ne peuvent donc pas donner la bonne réponse.

 

En effet les uns comme les autres veulent sauver le système de retraites par répartition. Or ce système est condamné à mort par la démographie et la longévité.

 

L'INSEE, l'Institut national de la statistique et des études économiques, publie un tableau qui montre que, posé en ces termes, le problème des retraites ne peut pas être résolu ici :

      

 Cotisants, retraités et rapport démographique du régime général 

         
      Effectifs en millions (1)  
  Cotisants Retraités (2) Rapport démographique (3)  
1975 13.0 4.1 3.14  
1976 13.2 4.4 3.02  
1977 13.4 4.5 2.95  
1978 13.4 4.7 2.83  
1979 13.4 4.8 2.77  
1980 13.4 5.0 2.68  
1981 13.2 5.1 2.58  
1982 12.9 5.2 2.50  
1983 12.9 5.3 2.44  
1984 13.0 5.6 2.34  
1985 12.9 5.9 2.21  
1986 12.8 6.2 2.08  
1987 12.8 6.4 1.99  
1988 12.9 6.7 1.93  
1989 13.4 7.0 1.91  
1990 13.7 7.3 1.88  
1991 13.7 7.6 1.79  
1992 14.1 7.9 1.77  
1993 13.7 8.2 1.66  
1994 13.8 8.5 1.62  
1995 14.1 8.8 1.61  
1996 14.0 9.0 1.56  
1997 14.1 9.2 1.54  
1998 14.5 9.4 1.54  
1999 14.9 9.6 1.56  
2000 15.4 (*) 9.7 1.59  
2001 15.8 9.8 1.61  
2002 16.5 10.0 1.65  
2003 16.5 10.2 1.62  
2004 16.5 10.4 1.58  
2005 16.6 10.7 1.55  
2006 16.8 11.1 1.51  
2007 17.1 11.5 1.49  
2008 (p) 17.3 11.9 1.45  
* : rupture de série en 2000 suite au non dénombrement des comptes anticipés.
p : données provisoires.      

 

La diminution du rapport démographique, cotisants sur retraités, provient du fait que les naissances varient  peu (minimum de 711'000 à maximum  de 805'000) entre 1975 à 2008 :

  

1975 745.1      
1976 720.4      
1977 744.7      
1978 737.1      
1979 757.4      
1980 800.4      
1981 805.5      
1982 797.2      
1983 748.5      
1984 759.9      
1985 768.4      
1986 778.5      
1987 767.8      
1988 771.3      
1989 765.5      
1990 762.4      
1991 759.1      
1992 743.7      
1993 711.6      
1994 711.0      
1995 729.6      
1996 734.3      
1997 726.8      
1998 738.1      
1999 744.8      
2000 774.8      
2001 770.9      
2002 761.6      
2003 (r) 761.5      
2004 767.8      
2005 774.4      
2006 796.9      
2007 786.0      
2008 796.0      
2009 793.4      

r : donnée révisée.  

     

Champ : enfants nés vivants en France métropolitaine, territoire au 31 décembre

 2009.

Source : Insee, état civil.      

 

Et que, sur la même période, l'espérance de vie à la naissance a augmenté continûment et qu'elle est passée de 70 à 80 ans ici.

 

Pour sauver le système des retraites par répartition il faudrait par conséquent augmenter régulièrement l'âge légal de la retraite, et l'âge de la retraite à taux plein sans condition de durée d'assurance, de même que la durée de cotisation.

 

Dans ces conditions il apparaît que la majorité, à l'Assemblée nationale et au Sénat, a voté des demi-mesures, qui, pourtant, ne sont même pas acceptées par l'opinion :

 - l'âge légal de la retraite reculé de 60 à 62 ans

- la retraite à taux plein à cet âge légal pour une durée d'assurance de 41 ans et un trimestre en 2013 et de 41,5 ans en 2018

- l'âge de la retraite à taux plein sans condition de durée d'assurance reculé de 65 à 67 ans

- la mise à contribution des hauts revenus et des revenus du capital

 

Il apparaît que l'opposition socialiste propose des solutions qui sont encore plus à côté de la plaque :

- le maintien de l'âge légal de la retraite à 60 ans

- la mise à forte contribution des revenus du capital

 

Toutes deux, majorité et opposition, prétendent en plus vouloir tenir compte de la pénibilité au travail...

 

L'une et l'autre font des hypothèses surréalistes pour parvenir à sauver ce fichu système :

- il faut qu'on améliore l'accès à l'emploi des seniors

- il faut qu'on diminue le chômage

- il faut qu'on augmente la croissance

 

Les éternels "faut qu'on" qui n'ont d'égal que les fameux "n'y a qu'à"...

 

Dans mon article du 20 décembre 2008, Une arnaque signée Madoff: l'AVS, retraite par répartition helvétique,  je citais la définition que Vincent Bénard donnait, sous forme de question, d'un système de retraites par répartition, analogue à une chaîne de Ponzi, dont Madoff s'est servi pour arnaquer ses clients :

 

"Un système où on promet à ceux qui cotisent un retour sur cotisation intenable à terme, qui ne tient que par la grâce de l'expansion démographique, où l'argent des derniers arrivants sert à payer la promesse faite aux premiers, et dont les prestations ont été plusieurs fois revues à la bais(s)e, cela ne vous rappelle rien ? "

 

Quand on apprend par un sondage, réalisé par CSA ici, que 69% des Français approuvent le mouvement de grèves et de manifs d'aujourd'hui, on peut sérieusement se demander s'ils ne sont pas fous ces Gaulois.

 

Compte tenu de ce fort courant de sympathie, je me demande si un grand nombre n'est pas si fou que cela, qu'il réalise qu'il s'est fait arnaqué d'importance et qu'il veut montrer son mécontentement au gouvernement et au parlement pour cette entourloupe sans fin.

 

Ce qui me le fait penser c'est un autre sondage, réalisé cette fois par l'IFOP ici, pour le compte de l'IREF ici.

 

A la question :

 

"Dans le système actuel des retraites par répartition, si vous êtes en activité, vos cotisations sont entièrement utilisées pour payer les pensions des retraités actuels. Si vous aviez la possibilité de mettre une partie de ces cotisations retraites dans un compte épargne retraite personnel par capitalisation le feriez-vous ?"

 

Les sondés répondent oui à 82%... et les moins de 35 ans oui à 87%...

 

Francis Richard

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Published by Francis Richard - dans Economie
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commentaires

danibod 14/10/2010 15:50



A suggestions simplistes simples questions : Et si le PIB baisse ? Et si la
compétitivité n'est pas en constante amélioration ?


Réponse : depuis 1948 (début des retraites) cela n’est jamais arrivé, ni pour le PIB, ni pour la compétitivité. Alors avec
des si … on mettrait Genève en bouteille.


 


De plus il n'y aurait pas de revenus du travail du tout si du travail n'était pas fourni
par ceux qui risquent leur capital...


Réponse : FAUX, ceux qui soit disant risquent leur capital crient au secours quand ils voient leur ruine arrivée, et c’est
l’argent public qui doit les sauver.  De plus ce capital a été volé aux revenus du travail, quand il ne leur est pas tombé tout cuit dans le
berceau.


 


Quant à la guerre des classes, n'est-ce pas un tantinet ringard ?


Réponse :  OUI c’est ringard, mais c’est le capital qui a déclaré la guerre aux
travailleurs, pas le contraire. Depuis plus de 30 ans les travailleurs (salariés, paysans, indépendants) sont en position d’agressés par des financiers corrompus, tricheurs, exploiteurs,
utilisant les paradis fiscaux, favorisant le moins disant social. Devrons nous nous contenter d’un bol de riz par jour pour avoir l’honneur de les servir ?



Francis Richard 14/10/2010 21:13



Le PIB est une grandeur macro-économique contestable et contestée, manipulable et manipulée, dont l'élaboration est de surcroît coûteuse, à laquelle vous ne devriez donc pas trop vous fier.
Si vous aviez toutefois la tentation de l'utiliser, souvenez-vous que rarement on vous donnera les chiffres corrigés de l'inflation... 


 


La compétitivité ne peut augmenter que grâce aux investissements productifs, lesquels ne sont possibles que par accumulation de capital, ce dont vous ne semblez pas être conscient. La mise en
oeuvre de l'innovation nécessite beaucoup d'argent qui ne peut provenir que des bénéfices engendrés par l'activité économique, sur lesquels l'Etat fait main basse de plus en plus.


 


Mes simples questions n'étaient en fait que de simples boutades que vous avez pris un peu trop au sérieux. Et je le regrette. En réalité les salaires ne peuvent être déterminés qu'en
fonction du marché d'une part et qu'en fonction des coûts qu'ils représentent pour l'entreprise d'autre part. Aucune entreprise ne peut les considérer autrement sans se mettre en péril.


 


Si un salaire représente pour une entreprise un coût trop élevé pour une tâche déterminée, elle renoncera tout simplement à cette tâche. Si au contraire elle décide
de faire faire à ses employés des tâches à perte, de manière répétitive et conséquente, elle ira droit à la faillite.


 


C'est d'ailleurs un des effets pervers du salaire minimum. En France on préfère payer chichement un chômeur, en-dessous bien souvent du salaire minimum, que d'accepter que la personne
travaille pour un salaire inférieur à un salaire déterminé arbitrairement par l'Etat.  


 


Cela dit, contrairement à ce que vous semblez croire, le niveau de vie a tout de même considérablement augmenté en France au cours des dernières décennies en dépit des
redistributions faites par l'Etat. Sans ces dernières il aurait augmenté bien davantage et ne régresserait pas singulièrement aujourd'hui.


 


C'est en fait l'Etat qui confisque la plus grosse part des revenus du travail. Il suffit de voir que sur un revenu du travail complet, l'Etat français, sous une forme ou une autre, en
ponctionne plus de la moitié (le salaire net correspond en effet à moins de la moitié du salaire brut augmenté de la totalité des charges employeur), sans compter que l'Etat prélève
encore des impôts et taxes sur ce salaire net, tels que la TVA ou l'impôt sur le revenu.


 


Au lieu de vous en prendre à ceux qui créent des emplois, vous devriez vous en prendre à ceux qui les détruisent par l'impôt, les taxes ou les arnaques telles que les retraites par répartition,
tout cela pour aboutir à un endettement pharamineux: beau résultat !


 


Les seules entreprises françaises qui s'en sortent bien font leurs bénéfices à l'étranger où elles échappent à une fiscalité et à des charges confiscatoires (le plus terrible est que ces
prélèvements ne bénéficient même pas vraiment à ceux auxquels ils sont en principe destinés). Demandez-vous pourquoi ces entreprises bénéficiaires ne peuvent plus l'être en France
au lieu de leur déclarer la guerre. 


 


Vous avez tort d'opposer le capital aux travailleurs. Dans les PME qui représentent toujours en France la plus grosse part des emplois, les patrons, détenteurs du capital de leurs
entreprises, sont aussi des travailleurs, autant, sinon plus, que leurs employés...


 


Quant à ceux des patrons qui crient à l'aide de l'Etat, toutes tailles confondues, ils ne font que vivre, comme d'autres parasites, du système étatique, et sont la honte de leurs
professions. Avec pour seule excuse que c'est l'Etat qui contribue à les mettre à quia...



danibod 13/10/2010 22:12



Pour résoudre le problème de la survie de la retraite par répartition, il suffirait que les salaires (donc les cotisations) aient suivi la hausse du PIB et soient indexés sur l'amélioration
constante de la compétitivité. Hors c'est le contraire qui se passe sous la poussée de la guerre des classes menée par les actionnaires, les fonds de pensions, les banques, les spéculateurs.


Il ne reste plus qu'à prendre l'argent à ceux qui ont spolié les revenus du travail en taxant les revenus de placement financiers. 



Francis Richard 13/10/2010 23:03



A suggestions simplistes simples questions : Et si le PIB baisse ? Et si la compétitivité n'est pas en constante amélioration ?


 


De plus il n'y aurait pas de revenus du travail du tout si du travail n'était pas fourni par ceux qui risquent leur capital...


 


Quant à la guerre des classes, n'est-ce pas un tantinet ringard ?



Ben Palmer 13/10/2010 09:31



Le paradoxe français (mais pas uniquement français) :


Ils revendiquent du travail pour tous, le plein emploi.


Une fois qu'ils ont du travail, il revendiquent moins de travail (horaires hebdomadaires réduits, plus de vacances, age de la retraite avancé)


Et ils revendiquent être généreusement payés non seulement pendant les années actives, mais au-delà jusqu'à la fin de leur vie, sans devoir faire des économies eux-mêmes.


Oui, le travail est pénible, mais ne pas avoir du travail est encore plus pénible. Tout ça est la faute aux employeurs.


J'imagine un monde sans travail. On pourrait profiter du temps ainsi libéré pour faire ... quoi? Planter des patates, moudre le blé, traire les vaches, fabriquer des parpaings, construire sa
maison.


Le pénibilité du travail n'est rien à côté de la pénibilité de la vie ...



Francis Richard 13/10/2010 10:06



Vous avez parfaitement raison. En tous points. Et vous le dites avec humour, ce qui ne gâte rien...



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  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), je travaille dans les ressources humaines et m'intéresse aux arts et lettres.
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