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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 08:15

Eric Bertinat UDC GenèveLundi prochain le député UDC Eric Bertinat déposera un projet de résolution devant le Grand Conseil genevois, qui commence, après la motion déposée au Conseil national par Dominique Baettig [voir mon article Les régions limitrophes de la Suisse rêvent d'y être rattachées... ], à faire couler pas mal d'encre.

 

Contrairement à ce que répètent bêtement les médias depuis hier ici et ici [d'où provient la photo ci-contre d'Eric Bertinat], il ne s'agit nullement d'annexer les régions limitrophes de la Suisse, mais de leur permettre, si elles le veulent, de se rattacher à la Suisse. Nuance. 

 

Le texte de la proposition de résolution et son titre sont clairs à ce sujet :  

 

"Intégrons à la Suisse les régions limitrophes qui en font la demande

 

Le GRAND CONSEIL de la République et canton de Genève considérant :

 

– que la Suisse s’est construite au fil des siècles par l’adhésion de nouveaux cantons ;

– que les habitants des régions limitrophes à notre pays sont victimes du manque d’intérêt de la classe politique nationale et européenne dont ils dépendent ;

– que les populations des agglomérations transfrontalières, telles qu’imaginées par l’UE, n’ont pas la possibilité de se prononcer démocratiquement sur les décisions dont elles font l’objet ;

– la volonté de plus d’autonomie des habitants des régions limitrophes vis-à-vis de l’Etat central et de l’UE ;

– l’attrait des populations des régions limitrophes pour notre système de démocratie directe ;

 

demande à l’Assemblée fédérale de revoir le cadre constitutionnel et légal pour permettre aux régions limitrophes de rejoindre la Confédération helvétique en qualité de nouveaux cantons si une majorité de leur population le demande."

 

Comme on le voit il ne s'agit nullement de rattacher contre leur gré les dites régions limitrophes à la Suisse, mais de leur laisser la possibilité d'y être rattachées. Le projet de résolution se base sur le consentement des peuples, ce qui n'est pas une notion couramment appliquée en France voisine. Et je suis gentil... 

 

Par exemple, ce n'est pas Eric Bertinat, député genevois, qui voudra rattacher un jour la Haute Savoie à la Suisse, mais celle-ci qui pourrait vouloir lui être rattachée. La nuance est de taille. Mais les médias font rarement dans la nuance...

 

L'intérêt de cette proposition de résolution est qu'elle constitue une véritable alternative à l'UE en perdition. En effet l'UE applique à l'envers le principe de subsidiarité dont elle se réclame, c'est-à-dire du haut vers le bas, et impose à tout le monde, sans discussion possible, ce qu'elle appelle l'acquis communautaire.

 

L'UE accuse un déficit démocratique abyssal. Elle n'a, par exemple, tenu aucun compte du référendum de 2005 en France, par lequel les Français disaient non au traité établissant une Constitution pour l'Europe. Ou plutôt si, elle a changé le nom du traité, qui est devenu le Traité de Lisbonne, modifié la police de caractère du texte et quelques détails sans importance, sous l'influence d'un certain ... Nicolas Sarkozy.

 

Le président du Grand Conseil genevois Guy Mettan ne s'est pas trompé sur le problème de fond que pose le projet de résolution d'Eric Bertinat. Il déclare en effet dans 20 Minutes :

 

"J’ai organisé les assises transfrontalières, dont le principe repose sur la coopération entre les deux pays et non sur l’annexion. Cette idée viendrait torpiller tout ce travail." 

 

Qu'il se rassure. Si les régions limitrophes deviennent des cantons, la coopération intercantonale se substituera avec bonheur à la coopération internationale et sera certainement facilitée.

 

Guy Mettan devrait se souvenir que la République de Genève n'est devenue un canton helvétique qu'en 1815, somme toute assez récemment. Est-ce bien charitable d'empêcher d'autres régions de profiter de la démocratie directe, du franc suisse, de l'indépendance et de la neutralité helvétiques ?

 

Francis Richard

 

L'internaute peut écouter  ici sur le site de Radio Silence mon émission sur le même thème.

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Published by Francis Richard - dans Suisse
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commentaires

Catoneo 02/09/2010 11:39



La belle idée !


La constitution française (enfin, celle qui est en vigueur ces temps-ci) proclame l'indivisibilité de la République. Pour faire plus simple, ce n'est pas demain que le Trséor Public va amputer
son assiette de recouvrement des départements frontaliers parmi les plus riches.


Dans un autre sens, si des négociations s'ouvraient sur le rattachement, vous assisteriez à une migration assez conséquente de Français (et d'autres aussi) vers ces futurs cantons, tant la
République française d'aujourd'hui, colonisée par une parasélite arrogante, sans morale et arriviste, repousse tout espoir d'amélioration. Sans la déclaration de banqueroute, nous ne repartirons
pas !



Francis Richard 02/09/2010 11:54



Vos remarques sont justes.


 


La République française est indivisible. C'est exact. Mais l'histoire montre qu'il n'est pas de situation irréversible, surtout quand le fruit est mûr...



Claude 28/08/2010 16:53



Je préférerais évidemment cette solution à la solution inverse (la Suisse dans l'UE) étant à la fois genevoise et haut-savoyarde. Mais ne rêvons pas. Au cours de son histoire, la France a surtout
conquis des territoires et quand elle en a perdu, c'était suite à une guerre.



Francis Richard 30/08/2010 15:43



Nous verrons bien...



MARTIN DESMARETZ de MAILLEBOIS 28/08/2010 09:56



J'ai bien aimé l'humour de votre conclusion ! Mais cela m'étonnerait que l'Etat français laisse partir aussi facilement des "érégions" entières de son "hexagone"... A mon avis, on va s'amuser et
le jeu révélera la dictature française encore plus clairement, ce qui ne sera déjà pas si mal !



Francis Richard 28/08/2010 10:34



On va effectivement bien s'amuser !



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  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), je travaille dans les ressources humaines et m'intéresse aux arts et lettres.
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