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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 22:45

L-amour-est-un-crime-parfait.jpgPour être honnête je préfère le théâtre au cinéma. Aussi me faut-il souvent de mauvaises raisons pour me glisser sur un fauteuil dans une salle obscure.

 

De mauvaises raisons? Par exemple, aller voir un film parce qu'il a été tourné dans le canton de Vaud où j'habite, et parce qu'il est tiré d'un livre, Incidences, de Philippe Djian...

 

Le film des frères Larrieu a en effet été tourné sur les hauteurs vaudoises, à Lausanne et au Rolex Learning Center qui est le joyau architectural de l'EPFL d'aujourd'hui. Qui n'a plus rien à voir avec l'école sur les bancs desquels j'ai usé mes fonds de pantalon...

 

Marc (Mathieu Amalric) est professeur de littérature à l'université de Lausanne. C'est un homme mûr, séduisant, dont les étudiantes sont littéralement, et littérairement, coiffées.

 

Un soir, Marc emmène chez lui l'une d'entre elles, Barbara. Il habite un chalet isolé et enneigé, avec sa soeur, Marianne (Karin Viard), avec laquelle il entretient une relation plus que complice, incestueuse. Marc n'a pas besoin d'enseigner à Barbara l'art d'aimer. Elle fait ça très bien d'elle-même. Il faut dire que, de nos jours, dans ce domaine au moins, la valeur n'attend pas le nombre des années...

 

Après cette partie de jambes en l'air dans le nid d'aigle de Marc, Barbara disparaît. Nul ne sait ce qu'il est advenu d'elle. Marc ne semble pas le savoir plus qu'un autre. Pourtant, un jeune inspecteur (Damien Dorsaz) s'intéresse à ses faits et gestes, de manière discrète, très helvétique. Mais, cela ne va guère loin, en apparence.

 

Plus troublante est l'apparition de la jeune belle-mère de Barbara, Anna (Maïwenn). Cette jeune et séduisante personne ne supporte pas bien la solitude: son mari est en mission en Afrique et, maintenant, elle se retrouve seule depuis que sa belle-fille a disparu.

 

Un courant électrique passe entre Anna, en manque d'affection, et Marc. Et ils se retrouvent dans les bras l'un de l'autre à combler leurs grands moments de solitude.

 

Une jeune étudiante de Marc, Annie (Sara Forestier), fille d'un mafieux très influent, le harcèle. Tant bien que mal il repousse ses assauts répétés. Comme elle n'arrive pas à ses fins, Annie se plaint. Et Marc perdrait son job, sans l'intervention de sa soeur Marianne, qui travaille à la bibliothèque de l'université et dont Richard (Denis Podalydès), le supérieur de Marc, est un peu plus qu'entiché.

 

Par touches successives - le scénario est plein de zones d'ombre, savamment entretenues -, le spectateur est convaincu, sans preuves absolues, de la culpabilité de Marc dans la disparition de Barbara. Aussi la question n'est-elle pas de savoir s'il est coupable ou non, mais s'il se fera prendre.

 

La fin réserve d'ailleurs une surprise qui explique le titre du film, clin d'oeil, sans rapport réel cependant, avec un certain film d'Alfred Hitchcock, où il est question de faille. L'amour peut en définitive s'avérer être un crime parfait, puisqu'irréparable...

 

Quoi qu'il en soit, L'amour est un crime parfait est servi par une brillante et convaincante distribution.

 

Plus particulièrement Karin Viard campe une femme on ne peut plus sensuelle et jalouse, Sara Forestier une étudiante allumeuse et chaude, Maïwenn une femme mystérieuse et amoureuse.

 

Mathieu Amalric incarne un personnage à la fois très séduisant et très inquiétant, ce qui semble être chez lui une seconde nature, qu'accentue un regard perdu et exorbité.

 

Aussi est-ce bien une impression mêlée de séduction et d'inquiétude, que l'on emporte après avoir vu ce film, où les décors de fin d'hiver soufflent eux aussi le chaud et le froid.

 

Francis Richard

 

Ce film sort le 22 janvier en Suisse romande.

 

 

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Published by Francis Richard - dans Cinéma
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  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), je travaille dans les ressources humaines et m'intéresse aux arts et lettres.
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