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Il y a tout juste un an, le 13 mars 2009, le Conseil fédéral donnait un coup qui pourrait être fatal au secret bancaire [l'image
ci-contre provient d'ici]. Il abandonnait sans livrer bataille la distinction
entre évasion fiscale - ou soustraction fiscale - et fraude fiscale pour les étrangers et les non-résidents. A l'époque je parlais ici de double trahison, à l'égard des étrangers et des non-résidents qui avaient confiance en la Suisse, à l'égard des Suisses et
des résidents dont le tour viendrait à coup sûr."Pour le groupe socialiste, la Suisse doit absolument entrer en matière avec l'Union européenne (UE) sur la question de l'échange automatique d'informations. C'est le prix à payer pour négocier un délai transitoire ainsi qu'un accord sur les services qui garantisse le libre accès au marché européen aux entreprises de notre pays.
Indépendamment des pourparlers avec l'UE, les banques doivent être obligées
d'accueillir uniquement des sommes que leurs clients auront déclarées au fisc. Concrètement, comme c'est déjà le cas en cas de soupçon de blanchiment d'argent, les banques devraient avertir les
autorités compétentes si elles subodorent que les sommes qui leur sont confiées proviennent de l'évasion fiscale."
Qu'en est-il aujourd'hui des autres partis politiques d'importance, ceux qui sont représentés au Conseil fédéral, c'est-à-dire des grands partis "bourgeois" ?
Le Parti démocrate-chrétien, PDC, s'est résigné ici à accepter les standards de l'OCDE. Mais pour lui il n'est pas question d'aller au-delà :
"Pour les clients bancaires dont le domicile ou le siège est en Suisse il convient que le secret bancaire, y compris la différence confirmée entre la fraude
fiscale donnant lieu à une poursuite pénale et la soustraction fiscale sanctionnée par le droit administratif, soit gardé en l'état".
Le Parti libéral-radical, PLR, semble traversé par des courants contraires. Le 8 mars 2010 il présente la stratégie
suivante lors d'une conférence de presse ici :
"Le comité directeur du PLR propose aux délégués les trois axes suivants qui sont intimement liés:
Cette stratégie n'est pas du goût de tout le monde. C'est ce qui ressort d'un communiqué de l'ATS du 11 mars 2010 publié par Le
Matin ici :
"La nouvelle stratégie financière des Libéraux- Radicaux (PLR) va nourrir un débat entre les président cantonaux du parti jeudi après-midi à Berne [11 mars 2010].
L'unanimité n'est pas acquise car les sections genevoise et zurichoise y sont opposées."
La réunion du 11 mars de la Conférence des présidents cantonaux du parti se solde finalement par la poursuite des débats sur le sujet jusqu'à la tenue de la réunion des
délégués du 24 avril prochain ici.
L'Union démocratique du centre, UDC, est pour le statu quo d'avant le 13 mars 2009. Extrait de son communiqué du 9 mars
2010 ici :
"Le groupe parlementaire UDC a débattu aujourd'hui du secret
protégeant les clients des banques et de la place financière suisse. Il s'est prononcé à l'unanimité pour la sauvegarde du secret bancaire. Le groupe UDC insiste en outre sur le maintien de la
distinction entre soustraction fiscale et fraude fiscale. Il rejette catégoriquement ladite stratégie de l'argent propre suggérée ces derniers jours par le PS, le PLR et quelques conseillers
fédéraux. Les nouveaux accords de double imposition avec divers pays n'ont pas non plus son aval, car ils violent la règle de la double incrimination, principe important du point de vue de l'Etat
de droit."
L'UDC est le seul parti qui défend bec et ongles la sphère privée et qui donc fait passer en premier l'impératif moral [voir mon article A lire : "Le secret bancaire : un impératif moral" de Jan Krepelka ] avant même la sauvegarde de la place financière suisse, autrement
dit le principe avant l'économie.
Toujours est-il que l'"unanimité" des partis politiques suisses fait plaisir à voir... Elle est le reflet de la cacophonie qui règne au sommet de l'Etat, au Conseil fédéral, et
que je soulignais récemment [voir mon article Secret bancaire: des
Conseillers fédéraux contre, tout contre ... ].
Cette "unanimité" augure mal de la résistance que la Suisse va être en mesure d'opposer à la rapacité de ses voisins dénués de scrupules. En effet
ces pays, qui sont devenus des enfers fiscaux, n'hésitent pas à employer tous les moyens, notamment à se servir de données volées pour lancer leurs polices fiscales aux trousses de
leurs évadés du fisc. Ce qui rappelle les heures les plus sombres du XXe siècle...
Francis Richard
PS
Au sujet de données bancaires volées, l'affaire HSBC n'est pas éclaircie par le nième entretien qu'Hervé Falciani a accordé à la presse, en
l'occurrence au Matin Dimanche ici, pour se justifier et
éviter de se retrouver derrière les barreaux :
"Je n'ai pas volé de données. D'ailleurs, je ne suis poursuivi que pour «intrusion et tentative d'intrusion frauduleuse dans un système de base de données». Ce que
je réfute d'ailleurs. Le simple fait que l'on puisse retrouver, après investigations techniques, des dizaines de milliers de données dans mon ordinateur, alors que je ne suis qu'informaticien,
pas financier, démontre que les systèmes informatiques et la sécurité de HSBC sont déficients"
En somme des milliers de données bancaires se seraient retrouvées sur son ordinateur par inadvertance...
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