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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 22:30

L'euroIl est pathétique de voir les dirigeants des Etats européens se débattre au milieu des calamités dont ils sont responsables de par les politiques publiques qu'ils ont menées. 

 

Pour s'en sortir ils vont, selon le principe de Poncins, corriger ces calamités par d'autres calamités :

 

"Une calamité d'origine publique conduit toujours à une autre calamité pour soi-disant corriger la première."

 

Pour relancer leurs économies, ils ont tous, peu ou prou,  creusé les déficits, par là même augmenté les dettes, alors que leurs Etats vivaient déjà au-dessus de leurs moyens. La croissance ne se fait pas en s'endettant mais en épargnant avant d'investir. Du coup, ils ont empiré la situation... en favorisant de mauvais investissements et en empêchant l'épargne privée de se constituer. 

 

Ils n'auraient pas pu se livrer à cette fuite en avant sans création monétaire artificielle. Les réglementations monétaire et financière l'ont permise. Comme le rappelle Alex Korbel dans un article publié le 13 octobre 2011 sur 24hGold ici:

 

"La banque centrale européenne (BCE), via les banques centrales nationales, rachète les obligations d'Etat aux banques privées en échange de leur refinancement, sans faire de différence significative entre obligations d'Etats endettés ou trop endettés."

 

Quand un ménage s'endette pour conserver son train de vie parce qu'il vit au-dessus de ses moyens, au bout du compte, qui arrive très vite, il ne lui reste plus qu'une solution, tout vendre, à bas prix, pour rembourser les dettes accumulées avant que rembourser ne soit plus possible.

 

Quand la vente de tous ses biens ne suffit pas, le ménage doit rembourser le solde pendant des années, sans parler des intérêts. Il ne peut pas émettre d'obligations que son banquier pourra revendre à une banque centrale. Ce qui est moral pour un Etat ne l'est pas pour un particulier...

 

Quand une entreprise dépose le bilan, si elle a de véritables perspectives de redressement, les créanciers plutôt que de tout perdre accepteront de réduire leurs créances, mais pendant le temps du redressement ils la feront payer au cul du camion, pour éviter de perdre davantage.

 

Un des volets du plan européen pour éviter que la Grèce ne fasse défaut - qu'en termes délicats ces choses-là sont dites - est l'abandon par les banques européennes de la moitié de leurs créances sur l'Etat grec. C'est mieux que de tout perdre. Mais la Grèce a-t-elle de réelles perspectives de redressement ?

 

La réduction de la dette publique grecque n'est certes pas négligeable - elle correspond à 100 milliards d'euros sur 350 milliards - mais cette dette publique ne pourra être ramenée à 120% du PIB - en 2020 ! - qu'après recapitalisation des banques grecques (30 milliards) et privatisations d'entreprises publiques grecques (15 à 28 milliards de recettes) et à condition, dit-on, qu'elle connaisse une croissance de 3,5% par an. On peut rêver...  

 

Pour que les banques européennes supportent le choc de leurs pertes assurées, l'objectif est de les recapitaliser de telle sorte qu'elles atteignent un ratio de fonds propres de 9%. Tout dépend bien évidemment de la définition de ce ratio... Elles se font fortes d'y parvenir grâce à des fonds privés. On peut parier qu'elles n'y parviendront pas et que l'argent public viendra une nouvelle fois à leur rescousse...

 

A propos d'argent public il n'est bien sûr pas question que les créances publiques d'autres pays sur la Grèce, que celles du FMI ou que les obligations grecques rachetées par la BCE subissent le même sort que les créances des banques privées, réduites de moitié. Au contraire la seconde tranche d'aide à la Grèce, annoncée en juillet dernier, est maintenant connue. Elle sera de 130 milliards d'euros [voir ici d'où provient la photo]...

 

Comme les Etats européens sont tous plus ou moins en mauvaise posture, pour prévenir le défaut de l'un d'entre eux, le Fonds européen de stabilité financière pourra lui racheter de la dette, s'il le demande. Sa capacité d'intervention était de 440 milliards d'euros, elle pourra désormais aller jusqu'à 1000 milliards. Sera-ce suffisant ? Au fait, c'est bien beau, mais qui lui prêtera ? Suivez mon regard du côté de la Chine et du FMI...

 

La flotille européenne prend eau de toutes parts... La Grèce n'est qu'une petite embarcation qui risque d'échouer, juste un peu plus tard que prévu ... En attendant, à qui le tour d'être sauvé ?

 

Francis Richard    

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Published by Francis Richard - dans Economie
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commentaires

Libéralisateur 28/10/2011 12:12



Merci Francis pour cet excellent article.


Mais pourquoi fallait-il faire entrer la Grèce dans l'Euro ? Qu'est-ce que cela apportait au reste de l'UE ? Au grec cela leur a fournit des liquidités qui leur ont permis de continuer à garder
le même modèle économique. Alors que maintenant nous savons tous qu'ils ont menti pour en faire partie et qu'ils sont incapables de changer de modèle sans faire faillite, quel intérêt avons-nous
à leur donner de l'argent et les garder dans l'euro ? Aucun sauf une défiance létale pour l'euro ? Mais qui croit encore en l'euro ? Les citoyens des pays endettés vont-ils encore longtemps
accepter de payer pour cette "fuite en avant" ? 


Alors maintenant qu'il faut aller chercher les milliards, c'est auprès des chinois que nous allons le faire. Bien sur au détriment de nos choix économiques. Alors ces semaines ci, le gouvernement
français nous fait prendre les vessies pour des lanternes. Nous venons de perdre notre leadership européen au profit de l'Allemagne et des milliers de délocalisations au bénéfice de la Chine.
Toujours cette fuite en avant. Devant une telle gabegie nos politiciens sont irresponsables. 


Les sanctions en démocratie ne sont pas la prison même si les résultats de mauvaises décisions conduisent certains au suicide. Seulement le risque de perdre sa voiture avec chauffeur et de ne pas
être ré-élu. Il faudra donc revoir nos lois pour sanctionner l'incompétence.


 



Francis Richard 28/10/2011 12:40



Merci pour ce commentaire avec lequel je suis en parfait accord.


 


Fallait-il seulement créer l'euro ?



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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), je travaille dans les ressources humaines et m'intéresse aux arts et lettres.
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