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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 19:45

Le bal des hypocrites BanonTristane Banon vient de renoncer aujourd'hui à déposer plainte avec constitution de partie civile contre DSK. Elle estime que son statut de victime a été "reconnu a minima".

 

Selon le point de vue du Procureur général de la République française, DSK a reconnu des faits, tels que la tentative d'embrasser la romancière, qui peuvent être qualifiés d'agression sexuelle.

 

Seulement les délits d'agression sexuelle sont prescrits au bout de 3 ans et ne peuvent donc plus être poursuivis. D'où le classement sans suite de la plainte pour tentative de viol, qui, elle, n'a pas été reconnue faute de preuves.

 

C'était en effet la parole de Tristane Banon contre celle de DSK... En fait, depuis le début, il y a 8 ans, la parole de l'un vaut plus que celle de l'autre et cela continue...

 

 Le livre de Tristane Banon, Le bal des hypocrites, publié ces jours-ci Au diable vauvert ici, est bien sûr lié à cette affaire. Il est donc impossible d'en faire abstraction quand on le lit. 

 

Ce livre cependant est surtout le témoignage d'une jeune femme qui souffre terriblement de ne pas avoir été crue, d'avoir été considérée comme une affabulatrice, et qui, au moment où elle écrit, faute d'être en état de parler, hébétée, décide de prendre la plume, parce que cela devient vital pour elle.

 

Huit ans après des faits qui ont bouleversé sa vie, le fer a été remué une fois de plus dans la plaie de l'auteur pendant six longues semaines, depuis l'arrestation, le 15 mai, de l'homme-babouin - le nom de DSK n'apparaît jamais dans le livre -, après la révélation au grand jour de sa récidive à New-York, jusqu'à sa libération le 1er juillet suivant.

 

Pendant cet intervalle de temps l'auteur va recevoir des centaines de messages électroniques et téléphoniques, et va être harcelée par une multitude de journalistes en mal de copie et de notoriété, au point d'en perdre le sommeil.

 

Qui sont ces hypocrites qui mènent le bal pendant ces six semaines, temps volé une nouvelle fois à sa vie, pendant lequel elle est contrainte de se cacher pour préserver sa sphère privée et son intégrité ?

 

Il y a tous ceux et toutes celles qui, à l'époque, lui ont conseillé de porter plainte et qui aujourd'hui font profil pas, parce qu'il faut serrer les rangs et que l'ambition les dévore.

 

Il y a tous ceux et toutes celles qui se sont tus à l'époque et qui lui reprochent aujourd'hui de ne pas avoir porté plainte, car cela aurait empêché que d'autres femmes subissent le même sort. 

 

Il y a tous ceux et toutes celles qui, à l'époque, l'ont dissuadé de porter plainte contre cet homme dangereux, mais assis sur un trône, et qui aujourd'hui la poussent à le faire en tentant de lui donner mauvaise conscience si elle ne le fait pas.

 

Etc. 

 

Pourtant :

 

"L'absence de plainte n'est pas une preuve de l'innocence de l'agresseur".

 

Ne pas porter plainte ne signifie pas non plus que la victime ment...

 

Il y a ceux qui ne veulent pas voir que la vie sentimentale de l'auteur, devenue chaos, a été bouleversée après sa collision avec l'homme-babouin, et la traitent de catin, alors qu'avant elle était une jeune femme rangée, du genre "bonnet de nuit, fidèle, trop fidèle, pas drôle, trop sage", "vie casée avant l'heure" :

 

"Puis il y a eu l'accident, le trois tonnes qui percute mes certitudes, l'homme qui devient méchant. C'est celle d'après ça qu'ils appellent catin, celle qui apprendra à dissocier le corps de l'esprit, car c'est le seul moyen de s'en remettre, peut-être, de supporter en tout cas."

Jean de la Fontaine avait raison qui disait :

 

 "Selon que vous serez puissant ou misérable,

Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir."

 

Ce n'est donc pas à la faveur de la justice humaine que la vérité peut sortir de son puits. On ne peut en retrouver des accents que dans des livres tels que celui que vient d'écrire Tristane Banon, à laquelle il faut reconnaître un beau brin de plume que la souffrance lui a certainement permis de davantage aiguiser.

 

Il n'empêche que la vérité ne suffit pas à réparer tous les dommages, même si elle permet de se reconstruire un peu :

 

"L'état de victime est un état irréversible. Une victime lavée de tout soupçon restera à jamais une victime, jamais plus elle ne sera un être humain comme les autres."

 

Francis Richard

 

PS du 23 octobre 2011 :

 

Il semble que DSK ait reconnu plus qu'une tentative d'embrasser Tristane Banon, repoussée par elle. Il faut dire qu'une telle tentative peut difficilement être qualifiée d'agression sexuelle.

 

Ce que dit Tristane Banon le 21 octobre 2011 lors de La Matinale de Canal+ remet les choses à l'endroit :

 

http://www.canalplus.fr/c-infos-documentaires/pid3353-c-la-matinale.html?vid=531255

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Published by Francis Richard - dans Lectures d'aujourd'hui
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LMDM 20/10/2011 14:28



Une fois n'est pas coutume, je ne suis pas d'accord avec vous. 8 ans après comment connaître les FAITS, la VERITE ? Quels sont-ils ? Je n'en sais rien. De prime abord faire mine d'embrasser
quelqu'un, fut-ce une fille, est un geste de tendresse et ne peut en aucun cas être qualifié ex abrupto "d'agression" encore moins ... "sexuelle" ! La bouche n'est pas un sexe ! La joue non plus
!... De toutes façons, ayant de refuser de porter plainte à l'époque elle perd toute espèce de droit à le faire 8 ans après et bien trop tard même en termes judiciaires. Je ne l'ai jamais crue
une seconde depuis 4 mois... Et j'encourage tout le monde à revoir le film avec Pierre FRESNAY : "L'homme aux clefs d'Or". Par contre je suis obligé de constater que si même DSK n'est en aucun
cas un pervers ou un violeur, il est quand même sacrément porté, trop, sur la chose pour assumer une haute charge. Peut-être est-il la victime d'une circoncision au huitième jour qui serait
suivant certains savants juifs la cause d'une souffrance permanente à cet égard !? Dans ce cas c'est un malade qu'il faut soigner ?...



Francis Richard 20/10/2011 14:43



Je crois que vous êtes bien naïf. L'agresseur n'a reconnu que ce geste. Cela ne veut pas dire qu'il n'ait pas fait bien pire. Il a seulement reconnu ce que ses avocats avisés lui ont demandé de
reconnaître pour se sortir d'affaire.


 


Vous oubliez aussi le contexte d'il y a 8 ans. L'agresseur sexuel était alors intouchable, juché qu'il était sur un trône. Une plainte aurait eu encore moins de chances d'aboutir qu'aujourd'hui
et pourtant elle se serait située plus proche des faits...



Catoneo 20/10/2011 12:36



L'affaire Banon met mal à l'aise. Le juge nous a convaincu qu'il y avait eu agression sexuelle, il y a huit ans. Par chance pour la plaignante, elle ne fut pas violée, ni tabassée, juste
bousculée par un homme politique en rut auquel elle échappa sans dommages.
Je ne vois pas le motif de l'assignation huit ans plus tard, même si j'entends les raisons de ce retard. Et tout me laisse penser que l'assignation est fondée sur un protocole de rédemption
psychologique de l'ego antérieur. Ce n'est pas le rôle de la Justice. Il y a des services hospitaliers pour cela ou des analystes de ville.
La construction d'une personnalité passe par des ruptures d'ego tout au long de la vie, les fameux accidents. Que Mlle Banon les trouvent indus voire insupportables ne nous regarde pas.


Or la Justice qu'elle saisi est par essence publique. On frise la téléréalité.



Francis Richard 20/10/2011 14:38



Je vous rappelle que Madame Banon a déposé plainte pour tentative de viol, mais qu'elle n'a pas été en mesure d'en apporter la preuve, l'agresseur n'ayant pas reconnu les faits.


 


Les tentatives de viol sont prescrites au bout de 10 ans. Madame Banon était donc tout à fait en droit de déposer plainte pour ce chef. L'assignation n'était pas fondée sur une
rédemption de son ego comme vous le dites.


 


Le procureur n'a retenu que l'agression sexuelle et a abandonné les poursuites, les faits étant dans ce cas-là prescrits au bout de 3 ans.


 


Madame Banon ne veut pas aller au civil considérant que cette reconnaissance de l'agression sexuelle lui suffit.   



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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), je travaille dans les ressources humaines et m'intéresse aux arts et lettres.
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