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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 18:00

offres d'emploiLe taux de chômage n'a cessé au cours des derniers mois de baisser en Suisse : 3.8% en janvier 2011, 3.6% en février, 3.4% en mars, 3.1% en avril, 2.9% en mai, 2.8% en juin [la photo provient d'ici].

 

Certes les différentes régions de la Suisse ne sont pas logées à la même enseigne. Le taux de chômage le plus élevé se trouve à Genève (5.8%) et le moins élevé dans les cantons dits primitifs (0.7%). Mais le taux est en baisse partout.

A cette exception helvétique, taux de chômage bas et en diminution, il y a plusieurs raisons :

- l'économie est plus libérale que dans les autres pays dits riches
- la résiliation d'un contrat de travail y est plus facile
- l'indemnisation du chômage y est de plus courte durée et y répond à des critères plus étroits
- il n'existe pas de salaire minimum

Dans mon récent article sur le franc fort ici j'ai souligné que l'endettement en Suisse était beaucoup plus bas que dans les autres pays dits riches, qui vivent sans exception, au-dessus de leurs moyens et ne sont pas près de rembourser leurs dettes, sinon en monnaie de singe, pour la bonne raison qu'ils ne génèrent que des déficits budgétaires, le mot même de bénéfice budgétaire leur étant complètement étranger, depuis des décennies. D'autre part il n'y a pas eu en Suisse de plan de relance significatif. Or on sait que les plans de relance sont non seulement inutiles mais nuisibles...

La résiliation d'un contrat de travail est plus facile en Suisse. Certes il ne faut pas que la résiliation soit abusive ou qu'elle soit faite en temps inopportun . Il est abusif de mettre fin aux rapports de travail pour un motif lié à l'âge, la couleur de peau, la religion, l'appartenance à un parti ou à syndicat. Il ne faut pas non plus le faire pendant une période de protection : maladie, accident, maternité, service militaire, protection civile, service civil ou aide à l'étranger.

En dehors de ces cas, si le motif est professionnel, la résiliation n'est conditionnée que par l'observation d'un délai-congé, l'équivalent du préavis français, court, au maximum de trois mois pour la fin d'un mois, et la procédure est toute simple: on peut convoquer la personne et envoyer la lettre de résiliation le même jour ou la lui remettre en mains propres. Seule la résiliation sur le champ doit être utilisée avec précaution. Le licenciement collectif répond par ailleurs à des règles un peu plus lourdes mais sans comparaison avec celles prévues par les autres législations des pays riches.

Il résulte de cette résiliation facilitée du contrat de travail que les employeurs n'hésitent pas à embaucher quand ils ont besoin de main-d'oeuvre. Ils savent qu'ils pourront alléger leurs effectifs si nécessaire. Cette fluidité du marché du travail est bénéfique aussi bien pour les employeurs que pour les employés qui restent beaucoup moins longtemps au chômage qu'ailleurs. 

En outre il n'y a pas de manière générale de versement d'indemnité de départ - équivalente à l'indemnité de licenciement française -  qui grève le coût d'un licenciement et peut même le rendre insupportable financièrement. Ce versement n'est obligatoire qu’en cas de départ d’un salarié de plus de 50 ans, après au moins 20 années de service. Encore ce droit peut-il être minoré par les prestations de l’institution de prévoyance pour le personnel, c'est-à-dire par le fait que l'entreprise cotise - ce qui est souvent le cas - davantage que ce qui est prévu par la Loi sur la Prévoyance professionnelle, LPP. 
 

Toujours est-il que le but des dernières restrictions à l'octroi d'indemnités est d'équilibrer le régime d'assurance chômage, toujours cette volonté de finances saines, caractéristique de la mentalité suisse. Les cotisations sont payées paritairement et représentent, depuis le 1er janvier 2011, 2.2% des salaires bruts jusqu'à 126'000 francs de salaire annuel et 1% sur les salaires annuels de la tranche qui va de 126'000 francs à 315'000 francs. Ces dispositions récentes ont été approuvées largement par le peuple suisse le 26 septembre 2010...

 

Enfin, pour bénéficier de l'assurance-chômage, il faut avoir cotisé au moins 6 mois au cours des deux dernières années (au cours des 12 mois en cas de chômage répété) et le droit est au maximum de 150 indemnités en-dessous de 50 ans, de 250 indemnités jusqu'à 60 ans et de 400 indemnités au-delà de 60 ans. Il n'est pas confortable de rester au chômage et les incitations ne manquent pas de rechercher un emploi.

Dernier atout pour le marché de l'emploi en Suisse : il n'y a pas de salaire minimum. Il y a un an l'Union syndicale suisse a toutefois décidé de lancer une initiative pour un salaire minimum et de priver la Suisse de cet atout majeur en matière d'emploi. Dans un article consacré à cette fausse bonne idée j'écrivais le 17 mai 2010 ici :

Avec un salaire minimum légal il est interdit à un salarié de travailler à un salaire inférieur, même s'il préfère travailler que pointer au chômage. Il n'a pas le choix. De même il est interdit à un employeur de verser un salaire inférieur au minimum légal. S'il n'a pas les moyens de s'offrir les services d'un salarié au salaire minimum, il sera contraint de renoncer à l'employer tout court ou l'emploiera clandestinement...

 

L'exemple de la France devrait pourtant faire réfléchir. En effet le salaire minimum légal s'est traduit par deux effets pervers : le chômage et l'égalisation par le bas des salaires."

Cette initiative aboutira certainement - elle a jusqu'au 25 juin 2012 pour obtenir les 100'000 signatures requises. De plus, la population est, selon les sondages actuels, très favorable à cette introduction. Ce serait pourtant bien dommageable...

Francis Richard

L'internaute peut écouter ici sur le site de Radio Silence mon émission sur le même thème.

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Published by Francis Richard - dans Suisse
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commentaires

Guillaume 16/12/2012 22:48


La solution au chômage est l'assurance. En suisse ils viennent de lancer l'assurance complémentaire chômage We Club, l'assuré reçoit 100 % de son dernier salaire si il est licencié. Ca serait une
initiative heureuse pour les autres pays à mon avis.

Francis Richard 17/12/2012 06:51



Du moment que l'assurance est privée et choisie librement par ceux qui y souscrivent, cela ne peut être qu'une bonne initiative.



Ben Palmer 27/07/2011 12:08



Si les salariés du marché domestique doivent toujours être prioritaires sur le marché de l' emploi, il serait simplement logique de rendre
l'achat de produits indigènes (y compris l'alimentation) obligatoirement
prioritaire.


L'effet positif de cette mesure serait bénéfique à nous tous : on verrait fleurir des producteurs de PC, d'iPod et iPad ainsi que de voitures,
vêtements et chaussures sur notre sol. Le plein emploi serait assuré, faudrait juste adapter le salaire minimum vers le haut ....



Francis Richard 27/07/2011 12:11



Merci pour ce commentaire malicieux ...



Fernand CORTES de CONQUILLA 26/07/2011 19:34



La formation professionnelle initiale et continue assurée par les entreprises et reconnue par toutes les entreprises a pour objet de veiller à
l' adéquation des salariés aux besoins des entreprises.


Les salariés du marché domestique doivent toujours être prioritaires sur le amrché de l' emploi: c' est un principe de justice sociale! Ces
règles dépendent uniquement du simple bon sens, de la justice. Aux entreprises d' être aussi responsables!


Certes... mais on sait que ces centrales syndicales sont aussi le bras armé de l' étranger!  Donc il faut les éliminer comme tous les
traîtres!



Francis Richard 26/07/2011 19:45



La formation professionnelle initiale et continue française a peut-être pour objet de veiller à l'adéquation des salariés aux besoins des entreprises, mais c'est un voeu
pieux, qui n'est pas forcément atteint. Aujourd'hui elle est en concurrence avec des formations étrangères qui sont souvent mieux adaptées. 


 


Désolé mais je ne vois pas pourquoi les salariés du marché domestique seraient prioritaires. Ils doivent seulement se montrer meilleurs que les autres pour occuper les emplois offerts sur le
marché domestique.


 


Quant aux centrales syndicales, encore une fois, ce n'est pas par la violence qu'elles disparaîtront mais tout simplement parce qu'elles ne seront plus sous perfusion de l'Etat.



Fernand CORTES de CONQUILLA 26/07/2011 15:34



Approuvant les deux premières séries de remarques, je réponds uniquement aux objections des dernières.
Dans un Etat de Droit, qui plus est en adéquation avec la Loi Naturelle, l' éducation n' est pas une activité régalienne si ce n' est dans la seule délivrance des diplômes après définition des
programmes et contrôle de leur application: c' est dire que l' éducation relève de l' initiative privée avec certains privilèges pour l' Eglise; de même, la formation professionnelle ne relève
pas davantage de la puissance publique mais de l' initiative privée et principalement des entreprises et de leurs fédérations professionnelles: tant pour la formation initiale que pour la
formation continue, ces formations devant être reconnues par l' ensemble des entreprises, à charge pour celles mieux-disantes de les compléter. Dans ces conditions, en raison de cette obligation
de formation incombant aux entreprises et s' imposant aux salariés, il y a une adéquation permanente des salariés aux emplois disponibles et donc la priorité aux indigènes est de droit et sans
aucun caractère exorbitant.
En ce qui concerne les délocalisations, ont été visées supra les délocalisations moins disantes en termes d' emplois et de conditions d' emplois visant à écarter les candidats à l' emploi du
marché domestique: il est normal qu' une entreprise refusant de recruter sur le marché domestique soit fortement pénalisée sur ce marché si elle délocalise; en situation de plein emploi sur le
marché domestique, aucune entreprise n' est pénalisée lorsqu' elle va conquérir des parts d emarché à l' étranger y compris en y ouvrant des établissements: rien ne s' oppose alors à ce que les
entreprises aillent réaliser des profits et des bénéfices à l' étranger. Au demeurant, en présence de chômeurs, une entreprise désirant délocaliser aurait le choix entre soit la fermeture du
marché domestique, soit de rémunérer 20 fois plus de chômeurs que de salariés recrutés à l' étranger aux conditions financières imposées par lesdits chômeurs avec un minimum à fixer par tranche
de ventes sur le marché domestique.
Pour ce qui est de l' échelle des salaires, elle est en effet quelque peu arbitraire mais elle est aussi pragmatique et expérimentale: dans un premier temps, une échelle inférieure 1000 me paraît
trop limitée et si elle est par trop supérieure elle serait exagérée voire injuste notamment en France; cependant, cette échelle pourrait être adaptée en fonction de la situation économique et
sociale et les salariés et les entreprises pourraient participer à cette adaptation lors de négociations générales et des négociations de branches professionnelles y compris lors de la conclusion
des contrats de travail.
Est-besoin de préciser que les centrales syndicales actuellement qualifiées de représentatives doivent être interdites et que les salariés doivent être représentés par des coordinations uniques
propres à chaque branche professionnelle?



Francis Richard 26/07/2011 18:42



Nous sommes en désaccord sur le rôle de l'Etat.


 


L'éducation et la formation ne sont effectivement pas des fonctions régaliennes, mais elles ne permettent pas forcément de parvenir à une adéquation permanente des emplois disponibles et je ne
vois pas pourquoi il y aurait priorité des emplois aux "indigènes", s'ils ne correspondent aux besoins des entreprises. C'est à elles seules de décider. Je suis pour la totale liberté de
contracter.


 


Ce n'est pas à l'Etat de fixer les règles et de dire quelles délocalisations sont bonnes ou quelles autres ne le sont pas et de pénaliser certaines entreprises en favorisant d'autres.


 


Quant aux centrales syndicales considérées comme représentatives en France, je ne suis pas d'avis qu'il faille les interdire, il suffit de ne plus les subventionner pour qu'elles disparaissent.



Fernand CORTES de CONQUILLA 26/07/2011 12:21



Je serai volontiers d' accord avec vous, Messieurs, en précisant toutefois:


- que les salaires doivent être librement négociés en fonction des tâches à accomplir et des compétences et niveaux des salariés


- qu' il ne saurait exister de discrimination positive en faveur d' arabo-afro-mahométans,


- que le recours à l' immigration est expresseement interdit tant qu' il susbsiste ne serait-ce qu' un seul chômeur dans le pays en cause... si
ce n' est à charge pour l' entreprise de rémunérer dix fois plus de chômeurs que de salariés recrutés à l' étranger aux conditions financières imposées par lesdits chômeurs,


- que les entreprises ne puissent recourir aux délocalisations tant qu' il subsiste un seul chômeur ou plus sous peine de se voir fermer le
marché domestique,


- une échelle de 1 à 1000 me paraît plus raisonnable afin de pouvoir retenir les talents et éviter la fraude institutionnalisée.



Francis Richard 26/07/2011 13:40



Si je suis d'accord avec vous sur les deux premiers points je ne puis l'être sur les suivants.


 


En effet les emplois disponibles ne peuvent pas toujours être assumés par des chômeurs "indigènes". Il n'y a pas forcément adéquation. 


 


D'autre part les délocalisations peuvent éviter la disparition d'entreprises. Il vaut encore mieux qu'elles survivent par ce moyen-là.


 


Enfin pourquoi une échelle de 1 à 1000 ? Pourquoi pas une échelle de 1 à 500 ou de 1 à 5000 ? C'est purement arbitraire.



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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), je travaille dans les ressources humaines et m'intéresse aux arts et lettres.
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