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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 21:45

urneSoyons fous : imaginons que la démocratie directe existe en France. Je ne vous dis pas comment nous en sommes arrivés là. Ce ne peut être que par miracle, tant les Français ont du mal avec la démocratie, habitués qu'ils sont à faire "bon usage de la guerre civile", comme le faisait remarquer le regretté Jacques Marseille.

 

Le Gouvernement a donc fait voter par le Parlement français une réforme du système des retraites par répartition. Il tient en effet à ce que ce système qui est, selon lui, l'expression d'une solidarité intergénérationnelle, à laquelle il prétend que les Français sont attachés, soit sauvé.

 

Les mesures de sauvetage proposées par le Gouvernement sont les suivantes :

 

l'âge légal de la retraite est reculé de 60 à 62 ans

- la retraite est à taux plein à 62 ans pour une durée d'assurance de 41 ans et un trimestre en 2013 et de 41,5 ans en 2018

- l'âge de la retraite à taux plein sans condition de durée d'assurance est reculé de 65 à 67 ans

- les hauts revenus et les revenus du capital sont mis à contribution

 

Après plusieurs navettes entre l'Assemblée nationale et le Sénat, le texte définitif de la loi comportant ces mesures est adopté par le Parlement, en termes identiques, le mercredi 19 octobre 2010. C'est à partir de cette date que court le délai de 100 jours pour la récolte éventuelle de 500'000 signatures demandant que ce texte de loi, qui engage l'avenir des Français, soit soumis à référendum facultatif.

 

Cette disposition de la démocratie directe permet désormais à la France de faire l'économie de grèves qui paralysent inutilement et coûteusement le pays. La démocratie directe n'empêche pas ceux qui veulent manifester de le faire, mais ces derniers savent que le pouvoir dans une véritable démocratie ne réside pas dans la rue, ni même dans les sondages, mais dans les urnes [la photo ci-dessus provient d'ici : ne pas y voir malice...] et que c'est le peuple qui a le dernier mot.

 

Le 17 janvier 2011, l'opposition de gauche qui a mené campagne pour que la loi de réforme des retraites, dite loi Woerth, du nom de son géniteur, soit soumise à référendum, dépose 725'697 signatures demandant un référendum facultatif sur cet objet. Ces signatures sont contrôlées par le Ministère de l'Intérieur, qui déclare que plus des 500'000 signatures requises sont valides et qu'en conséquence un référendum aura lieu le 20 mars 2011. Ce jour-là la réforme des retraites, proposée par le Gouvernement et votée par le Parlement, est rejetée par le peuple par 62% des voix.

 

Parallèlement à cette réforme des retraites proposée par le gouvernement, un comité de personnalités libérales a lancé une initiative populaire le 25 septembre 2009. Cette initiative a pour objet de remplacer le système des retraites par répartition obligatoire par un système libre de constitution des retraites par capitalisation. Cette initiative prévoit des mesures transitoires pour passer d'un système à l'autre, qui sont largement inspirées d'une étude ici, publiée le 28 mai précédent par Pierre Bessard , délégué général de l'Institut Constant de Rebecque de Lausanne.

 

Cette initiative populaire a abouti le 22 mars 2011. Les initiants ont récolté plus du million de signatures nécessaires dans le délai de 18 mois prévu par la Constitution. La vérification des signatures a permis de confirmer l'aboutissement de l'initiative. La votation de cet objet a été agendée au 19 juin 2011. Après une campagne assez vive, le vote s'est révélé sans appel. Les Français dans leur grande sagesse, retrouvée avec la mise en place de la démocratie directe, ont approuvé par 71% la suppression du régime par répartition des retraites, dont l'origine remontait à la "Loi de répartition" du 15 mars 1941, promulguée par le Maréchal Pétain... soit 70 ans plus tôt. Une page de l'histoire de France était définitivement tournée...

 

Francis Richard

 

L'internaute peut écouter  ici sur le site de Radio Silence mon émission sur le même thème. 

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  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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