Partager l'article ! "Sortir du nucléaire" versus "Emettre du CO2": L'année dernière le parlement suisse a décidé de sortir du nucléaire, deux mois après ... F ...
L'année dernière le parlement suisse a décidé de sortir du nucléaire, deux mois après ... Fukushima. L'émotion, sans doute. Cela dénotait un manque cruel
de réflexion et, surtout, un opportunisme politique néfaste.
Dans la dernière livraison - celle de décembre 2011 - de Reflex, une publication de l'EPFL ici, Benjamin Bollmann s'est entretenu sur le thème de "la Suisse après le nucléaire" avec Hans Björn Püttgen, qui est le "spécialiste incontournable des questions énergétiques en Suisse" et qui, depuis 2006, dirige l'Energy Center de l'EPFL.
Püttgen s'étonne de cette décision soudaine :
"En tant qu'ingénieur, j'ai l'habitude de procéder à l'analyse d'un problème avant de proposer un certain nombre de solutions et de prendre une décision. Dans ce cas la Suisse a pris une décision avant même de se demander comment elle allait procéder."
Quand j'étais petit et quand je m'emballais, mes parents me demandaient de ne pas mettre la charrue avant les boeufs...
Püttgen n'est pas un défenseur à tout crin du nucléaire, qui est une technologie chère et délicate, sans parler du problème des déchets, lequel n'est toujours pas résolu de façon satisfaisante, c'est le moins qu'on puisse dire. Mais il aurait fallu raison garder, et ne pas oublier non plus que cette technologie est très bien maîtrisée en Suisse. Aussi :
"Il s'agit désormais de planifier la sortie de manière raisonnée, à moyen et à long terme."
Si Püttgen pense que les énergies renouvelables pourraient couvrir les besoins helvétiques en électricité dans le dernier quart de ce siècle, peut-être avant, ce ne sera de toute façon pas avant 2050. Il faudra vraisemblablement un mix d'éolien - personne ne veut cependant d'éoliennes devant son nez -, de solaire et d'efficience énergétique, sans compter qu'il faudra résoudre les problèmes de stockage de ces énergies intermittentes.
Entre-temps le déséquilibre électrique se produira en Suisse dès 2020 avec la fermeture des premières centrales nucléaires et sera accru en 2040 avec la fermeture des deux dernières. Certes la demande électrique diminuera, mais ce sera progressif, et, de manière modérée, en tout cas jusqu'en 2030. Comme l'énergie hydraulique sera peu susceptible d'augmenter ...
Alors, que faire si les importations sont exclues du fait de la remise en cause probable du nucléaire en France et du déséquilibre créé en Allemagne, cette année déjà, par la fermeture de la moitié de ses centrales nucléaires, ce qui l'a contrainte à rouvrir des centrales au charbon désaffectées, avec un impact non négligeable en émissions de CO2 ?
"Comme solution intermédiaire, nous aurons de la peine à éviter la construction de quelques centrales à gaz. Ce n'est pas une solution idéale, mais elle est inévitable."
Quatre devraient suffire. Mais... Il y a un mais. Elles émettront beaucoup de CO2. Chacune émettra l'équivalent de ce qu'émettraient 250'000 voitures supplémentaires... Certes il existe des techniques de capture et de stockage du CO2, mais elles sont très chères... Quant aux techniques de recyclage transformant le CO2 en carburant synthétique et en produits chimiques, elles sont encore à l'étude à l'EPFL...
A vouloir éviter la peste des déchets nucléaires on ne fera probablement pas l'économie du choléra des émissions de CO2 ... C'était bien la peine !
Je croyais qu'il ne fallait jamais confondre vitesse et précipitation...
Francis Richard
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CERTES ! Réfléchir avant d'agir est un gage de réussite, faire le contraire une quasi-certitude d'échouer...
Je voudrais rappeler encore que la sortie du tout collectif est une nécessité absolue. Il faut doter le plus souvent possible les installations privées de sources d'énergies indépendantes. Il existe une quantité de moyens simples ou compliqués de tirer de l'énergie ou des effets recherchés sans énergie traditionnelle. par exemple: du froid d'un côté à -70°C et du chaud de l'autre avec un "tube de ranque" et voilà une armoire frigorifique fermée et une pièce chauffée ? De l'électricité à partir de panneaux solaires mais aussi de piles à combustibles ? A partir de groupes électrogènes à moteurs à eau hydrolisée sans aucune émission ou alors de l'eau et de l'oxygène !!! un générateur petit local à roue à aubes sur un ruisseau ou dans l'air, individuel ou collectif !? Etc... Bref, les moyens d'autonomie sont légions et je ne comprends pas que le gouvernement n'encourage pas immédiatement tout cela sur le principe et sur les actions ? La seule raison : il n'aurait plus de taxes à recueillir le pauvre cher Etat... Voilà donc la seule raison de la recherche constante dans le tout collectif !
C'est ainsi que l'énergie a été préférée à d'autres par les Etats qui savent ce qui est bon pour nous...
Surtout si l'on sait que de plus en plus de publications contestent le rôle du CO2 dans le supposé réchauffement climatique anthropique (voir le site de la pensée unique).
Cela dit, il semble qu'actuellement dans les pays démocratiques, les décisions se prennent trop souvent en réaction à des émotions de l'opinion publique, peut-être pour mieux assurer la réélection des élus.
Bien à vous
Vous avez raison. Le rôle du CO2 dans le réchauffement climatique est de plus en plus contesté. Je voulais par ironie souligner l'incohérence de ceux qui veulent la sortie immédiate du nucléaire : soudain le CO2 ne les gêne plus...
Quant à la réaction à des émotions de l'opinion publique, ce n'est pas nouveau. Quand je faisais mes études à Lausanne - il y a bien longtemps - un de mes camarades de l'EPFL disait que les hommes politiques étaient plus ou moins tous des ifopiens... du nom de l'institut de sondage.