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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 00:15
ChatteLe 7 mars prochain le peuple suisse va se prononcer sur un objet qui montre à quel point nous sommes dans une époque de confusion : l'institution généralisée en Suisse d'un avocat de la protection des animaux.

Comme le rappelle le site de la Confédération ici :

"L’initiative populaire «Contre les mauvais traitements envers les animaux et pour une meilleure protection juridique de ces derniers (Initiative pour l’institution d’un avocat de la protection des animaux)» vise à obliger les cantons à mettre en place un avocat de la protection des animaux, qui défendra, en cas de procédure pénale, les intérêts des animaux maltraités".

Si cette initiative populaire est adoptée dimanche, l'article 80 de la Constitution fédérale sera modifié comme suit :


La Confédération édicte des dispositions sur la protection des animaux en tant quêtres vivants doués de sensations. 

 

5 En cas de procédures pénales motivées par des mauvais traitements envers des animaux ou pour d'autres violations de la législation sur la protection des animaux, un avocat de la protection des animaux défendra les intérêts des animaux maltraités. Plusieurs cantons peuvent désigner un avocat de la protection des animaux commun."

Il se trouve qu'il existe en Suisse une loi sur la protection des animaux, en vigueur depuis le 1er septembre 2008 ici , qui est, aux dires des opposants aussi bien que des partisans de l'initiative populaire, une des plus strictes du monde.

Les opposants estiment qu'il est contraire au fédéralisme d'imposer un avocat de la protection des animaux à tous les cantons. S'ils le veulent, ils peuvent déjà en désigner un. Seul le canton de Zürich a cru bon de le faire. C'est dire qu'un avocat des animaux n'est pas nécessaire aux yeux de la plupart des Suisses. Il vaut mieux miser sur la prévention. En outre un avocat de la protection des animaux engendrerait pour les cantons des frais supplémentaires et inutiles.

Les partisans de l'initiative estiment que la loi sur la protection des animaux n'est pas appliquée. Ils n'en veulent pour preuve que le nombre de sanctions prises dans l'ensemble des cantons de même que le montant des amendes infligées, alors qu'à Zürich, grâce à l'avocat des animaux, il y en a davantage et que les amendes y sont supérieures à la moyenne nationale (532 francs contre 439...). Enfin un avocat ne coûterait pas si cher que cela : à l'heure actuelle il en coûte 80'000 francs annuels à Zürich pour l'avocat et son assistante à mi-temps.

Ni les uns ni les autres n'abordent, me semble-t-il, le problème de fond, à de rares exceptions près. L'institution d'un avocat des animaux, fut-il chargé de seulement s'occuper de leur protection, soulève la question de la mise sur le même plan de l'homme et de l'animal. Or cette tendance à l'anthropomorphisme est une négation de la réalité, qui se nourrit de mauvaise conscience, celle de l'homme omnivore qui se nourrit, entre autres, d'animaux... 

Dieu sait que j'aime les animaux, à l'enseigne de mon saint patron, François d'Assise. Il m'est plusieurs fois arrivé d'intervenir, même manu militari, quand je voyais qu'un animal était maltraité par un de mes semblables qui ne me ressemblait guère. La photo qui illustre cet article est celle de la chatte de la famille, qui a malheureusement péri dans un accident et dont une autre photo illustre ce blog depuis le début. Il n'empêche qu'en tant qu'humaniste, attaché à notre civilisation judéo-chrétienne, je fais tout de même la différence entre un homme et un animal.

L'existence d'un avocat des animaux est une conséquence de la dérive initiée avec la déclaration universelle des droits de l'animal adoptée le 15 octobre 1978, à la Maison de l'UNESCO, à Paris. Au-delà du légitime droit de la protection des animaux cette déclaration a consacré de manière incohérente les droits des animaux, sans obligations d'aucune sorte de leur part et pour cause.

En effet il n'est pas besoin d'être religieux, juif, chrétien ou musulman, pour faire la distinction entre un homme et un animal, vertébré ou pas. La déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 n'énonce-t-elle pas  :

"Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité" ?

On y retrouve ce qui caractérise un homme : il est doué de parole et de raison, il dispose du libre-arbitre, alors que les animaux ne font qu'obéir à leur nature. La faible différence génétique entre l'homme et certains animaux n'y change rien. Au contraire elle fait toute la différence. Comme quoi la qualité l'emporte toujours sur la quantité.

Francis Richard

L'institution d'un avocat de la protection des animaux généralisée à tous les cantons a été rejetée par 70,5% des suffrages le 7 mars 2010.

L'internaute peut écouter sur le site de Radio Silence (
 
ici ) mon émission sur le même thème.

Nous en sommes au


594e jour de privation de liberté pour Max Göldi, le dernier otage suisse en Libye

Max Göldi





 
 


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Published by Francis Richard - dans Suisse
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commentaires

Ben Palmer 05/03/2010 11:01


Dès lors la question se pose, si l'homme en tant que "propriétaire" d'un animal domestique est aussi responsable de la maltraitance de son animal à l'encontre d'autres animaux. Notre chat ramène
régulièrement des taupes, souris, oiseaux ou lézards, souvent blessés mais encore vivants à la maison pour "jouer". Dois-je enfermer notre chat et le nourrir d'animaux en sachet?

Ahh que la nature est cruelle ....

PS: je ne supporte pas la maltraitance d'êtres vivants, animaux ou hommes.


Francis Richard 05/03/2010 11:54


Une belle bataille d'avocats en perspective...



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  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), je travaille dans les ressources humaines et m'intéresse aux arts et lettres.
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