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12 juin 2020 5 12 /06 /juin /2020 17:30
Dans l'intervalle des turbulences, de Heike Fiedler

Cinq protagonistes, une auteure. En fait, elles sont au féminin les six personnes de cette expérience littéraire, où la réalité et la fiction se trouvent étroitement mêlées, d'autant que l'auteure a plus d'un trait commun avec Lina, la cinquième de ses protagonistes.

 

Les quatre autres ont réellement existé et ont été confrontées, en 1939, aux turbulences que l'on sait. Lina, qui vit dans les années 2010, autre époque de turbulences, aimerait écrire un livre qui réunirait fictivement les quatre personnes aimées chez l'une d'entre elles.

 

En cette année 1939, la poétesse et dessinatrice, Else Lasker-Schüler (1869-1945), Juive d'origine allemande, se trouve en Palestine, à Jérusalem. Elle aimerait bien rejoindre la Suisse, mais elle y est interdite de séjour, parce qu'il y a déjà trop d'étrangers là-bas.

 

En cette année 1939, l'écrivaine et psychothérapeute suisse Aline Valangin (1889-1986) vit l'été à Comologno, dans sa résidence de La Barca, où elle accueille des réfugiés qui ont fui les dictatures ou des artistes qui sont venus pour profiter d'un lieu de repos, de retraite.

 

En cette année 1939, la poétesse russe Marina Tsvetaïeva (1892-1943) est à Paris, séparée de son mari, impliqué dans le meurtre de cet homme, près de Lausanne, un certain Ignace Reiss, un communiste dissident, assassiné sur l'ordre du camarade Staline, par le NKVD.

 

En cette année 1939, l'artiste suisse Sophie Taeuber (1889-1943) habite Clamart avec Jean Arp, depuis une éternité. Ils sont allés au Tessin chez Aline. Ils savent que Marina Tsvetaïeva n'est pas loin. Ils peuvent en parler à Vladimir Rosenbaum lors d'un dîner.

 

En cette année 1939, l'antiquaire Vladimir Rosenbaum (1894-1984) est encore le mari d'Aline Valangin. Ils reçoivent ensemble des hôtes à La Barca. Vu tous ces liens, Lina, au prénom symbolique, peut vouloir réunir cet été-là les quatre femmes en ce lieu mythique.

 

Des fragments de vie de ces femmes, pour lesquelles Heike Fiedler a une évidente dilection, remplissent l'intervalle des fragments de vie de Lina, que les turbulences du XXIe affectent et qui imagine leur rencontre comme un possible apaisement à la guerre sans fin.

 

Francis Richard

 

Dans l'intervalle des turbulences, Heike Fiedler, 144 pages, Éditions Encre Fraîche

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11 juin 2020 4 11 /06 /juin /2020 15:45
Toute la mer dans un coquillage, de Marie Javet

C'est une exclamation qui m'alerte, quelqu'un pointe l'horizon du doigt. Je porte mon regard dans la direction indiquée et remarque une colonne de fumée qui s'élève de la cathédrale.

 

Il y a des jours où, quoi qu'on fasse, rien ne marche. Ainsi Claire Moulis, 34 ans, se souviendra-t-elle de ce 15 avril où sa vie à Paris a basculé et où elle a commencé à la reprendre en mains.

 

Ce jour-là, Claire se réveille en retard et son retard s'accroît malgré qu'elle en ait pour des raisons qui relèvent ou pas de sa bonne volonté, si bien que sa vie professionnelle en est infléchie.

 

C'est l'occasion pour elle de transformer ce qui peut paraître un échec en réussite, en tirant les leçons de son existence insatisfaisante, aussi bien du point de vue professionnel que personnel.

 

Depuis Vendres, quinze ans plus tôt, elle est montée à Paris pour faire des études et échapper à l'emprise de sa mère qui l'a élevée seule, sans qu'elle sache pourquoi son père les a quittées.

 

Ce retour aux sources va lui permettre de prendre un nouveau départ. Ce sera surtout pour elle l'occasion de rencontrer des personnes plus authentiques que celles connues dans sa vie précédente.

 

Chacun doit trouver sa voie pour parvenir à la bonne vie: cela dépend davantage de soi que des autres. Claire la trouvera dans la simplicité, qui n'exclut pas la technique mais n'en fait pas une addiction.

 

Claire a travaillé dans une maison d'édition, où le bonheur de la lecture était dénaturé par les critères de vente. Elle le retrouvera, grâce à une libraire, en lisant pour le simple plaisir de lire.

 

Le déclic de la simplicité se fera sur la plage, à laquelle sa mère lui interdisait d'aller et où elle fera le geste de porter un coquillage à son oreille pour y vérifier si on entend toujours le bruit de la mer:

 

Je ferme les yeux et, en effet, l'illusion est complète. J'ai l'impression d'entendre le va-et-vient des vagues, comme si toute la mer tenait là, blottie dans un seul coquillage.

 

Francis Richard

 

Toute la mer dans un coquillage, Marie Javet, 272 pages, Solar Éditions (sortie le 11 juin 2020)

 

Livres précédents aux éditions Plaisir de lire:

Avant que l'ombre... (2018)

La petite fille dans le miroir (2017)

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4 juin 2020 4 04 /06 /juin /2020 20:40
Pensées pour une saison - Printemps, de Gabriel Bittar

Ce livre de Gabriel Bittar comprend 127 pensées. Ce sont des textes de diverses longueur, allant de quelques lignes à quelques pages. D'aucuns relèvent ainsi de l'aphorisme, tandis que d'autres de la démonstration.

 

Quand on lit dès les premières pages cet éloge, on ne peut qu'avoir un préjugé favorable:

 

Admirable Michel de Montaigne [1533-1592], très bon compagnon. Guide aimable et raisonnable des vieux jours. On peut entendre une voix tranquille dans ses écrits, celle d'un ami intelligent, sensible et bienveillant.

 

Un peu plus loin, cela se confirme:

 

Les bons livres sont des amis calmes et fidèles, aussi quand il faut m'en séparer, quelle tristesse. A l'instar des merveilles de la nature, je peux rester des heures à les contempler, à les explorer, à réfléchir, à prendre des notes, dans un bonheur toujours renouvelé.

 

Il est difficile de ne pas faire sienne non plus cette pensée:

 

Celui qui est bon doit apprendre à agir avec bonté. Ce n'est pas simple. En effet, pour faire le bien, il faut comprendre; pour comprendre, il faut connaître.

 

Comprendre est décidément important pour lui jusqu'à la limite de propriété:

 

Comprendre s'est toujours avéré, pour moi, une pulsion vitale. Comprendre, avec autant de précision que possible. Autrement, l'affolement me guette.

 

A raison, il n'est pas tendre avec les donneurs de leçons:

 

Moralisateur n'est pas moraliste, pas plus que fans de sport ne sont sportifs. Les rassemblements de moralisateurs, qu'ils soient de type religieux ou politique se ressemblent tous, foncièrement. Ils donnent la primauté à l'opinion conforme et à l'adhésion aveugle, au détriment de la détermination des faits et de l'intelligence de l'analyse.

 

Il aimerait que l'on traite les animaux comme des frères. C'est peut-être beaucoup demandé, mais cela ne signifie pas qu'il faille les traiter avec cruauté, ce qu'une civilisation fondée sur l'éthique devrait dénoncer, quelle qu'en soit la victime, si elle veut être pérenne. 

 

Dans cet ordre d'idée, il regrette que le véganisme ait été réduit à sa portion végétalienne:

 

Le véganisme ne se trouve plus perçu comme une éthique de vie d'abord, une éthique cherchant à infliger aussi peu de souffrance que possible aux êtres sensibles... mais tout simplement comme un régime alimentaire.

 

Gabriel Bittar, dans ce livre de Pensées pour une saison - Printemps, aborde nombre de sujets qui lui tiennent à coeur, parfois longuement comme lorsqu'il démonte le Paradoxe de Zénon sur Achille et la tortue.

 

Être d'accord ou pas avec Gabriel Bittar n'est pas important. Ce qui l'est, c'est que ses pensées donnent matière à réflexion et incitent à faire l'effort de mieux connaître le monde qui nous entoure, pour le mieux comprendre.

 

Francis Richard

 

Pensées pour une saison - Printemps, Gabriel Bittar, 188 pages, Éditions de l'Aire

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1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 18:30
Jackson Hole, de Karel Gaultier

S'il n'y avait pas la rivière Snake, qui serpente et alimente la petite agglomération, Jackson Hole ressemblerait à un désert en pleine montagne: sommets enneigés, prairies à perte de vue, sapins sur les coteaux, et le bleu du ciel, de la rivière, du lac.

 

Chaque année, depuis 1982, un symposium économique a lieu dans ce trou de Jackson. Il réunit l'élite de la finance mondiale dont la prétention est de rien de moins que d'améliorer la condition humaine:

 

A travers des échanges d'idées libres par tous moyens, ainsi que par des convocations régulières, le Jackson Hole Economics veut offrir une orientation vers de meilleures solutions pour les générations futures, et tous les êtres qui peuplent la planète.

 

Avec son titre, Karel Gaultier annonce donc tout de suite la couleur. Il s'agit pour lui de faire faire au lecteur, avec son roman, un tour dans les coulisses des financiers qui ont pour ambition de mener le monde.

 

S'il y a de nombreux protagonistes, pour la plupart des gouverneurs de banques centrales, il en est un qui sort du lot, un certain Matteo Andreani, qui a fait fortune dans des opérations de bourse automatisées.

 

D'une intelligence supérieure, il a été surnommé le Devin parce qu'il sait anticiper les cours sur les marchés de valeur, comme sur les marchés de devises. En réalité, il y parvient grâce à de savants algorithmes.

 

Ces algorithmes sont conçus par un ami autiste pour prévoir la survenance et la magnitude de séismes sur Terre. Matteo en fait un usage détourné que cet ami ignore et qui, certainement, ne lui plairait pas.

 

Matteo a d'autres ambitions que d'être trader, fût-il couronné de succès. Un accident d'avion dans lequel périssent des gouverneurs de banques centrales, dont celui de la BCE, lui en offre l'opportunité.

 

Matteo, fin manœuvrier, en devient le président. Confronté à une crise internationale, il débat avec ses collègues banquiers de solutions, qui sont devenues classiques depuis la création des banques centrales.

 

Les banques centrales, depuis deux siècles pour les plus anciennes, manipulent les taux d'intérêt à la hausse ou à la baisse, créent de la monnaie ex nihilo et depuis Keynes prétendent relancer l'économie.

 

Si les connivences des banques centrales avec les politiques sont connues, celles avec les mafias de tous pays le sont moins. En tout cas elles permettent des enrichissements indus des uns au détriment des autres.

 

La création d'une monnaie digitale perturbe momentanément le jeu convenu entre tous ces acteurs politiques et financiers. Mais force est de constater qu'il est difficile d'ébranler longtemps un tel mondialisme.

 

Une crise économique peut être créée à tous moments par ceux qui croient être seuls à savoir ce qui est bon pour les autres. L'actualité en est l'illustration et les remèdes habituels ne permettent pas de la résoudre.

 

Francis Richard

 

Jackson Hole, Karel Gaultier, 448 pages, Slatkine & Cie

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30 mai 2020 6 30 /05 /mai /2020 18:20
Un poil de trop. d'Yvan Sjöstedt

Situé sur un sommet de huit cents mètres d'altitude, Gratte-Cul Les Moineaux était le point culminant de la région départementale de Veau Les Sapins.

 

Cette bourgade, peuplée de trente âmes tout au plus, n'est pas vraiment une capitale. D'ailleurs, celle-ci, c'est Taupinière Les Chocottes. Parler même de village à son propos est donc exagéré. Vu sa taille, ce serait plutôt un hameau, calme, très calme.

 

Gratte-Cul Les Moineaux a tout de même un maire en la personne de Carpette Milborne. Celui-ci aimerait attirer des touristes dans sa commune mais il n'en peut mais. Le seul lieu un tant soit peu animé est encore le mal nommé bistrot, Chez La Grosse.

 

Tout le monde bien sûr se connaît dans un tel microcosme, où les habitants ont des patronymes pour le moins caricaturaux tels qu'Autaquet, Camembert, Chignolle, Ciboulette, Duflacon, Grangosier, Guingois, Gymophane, Mezzanine, Monticule... 

 

Une des particularités de la localité, c'est qu'il n'y a qu'une artère, la rue des Estropiés, qui doit son nom à la venue de plusieurs blessés de la Guerre des Pissenlits qui eut lieu en 1875. Une autre est qu'il n'y a pas de numéros de rue mais des lettres...

 

Les étrangers ou les personnes extérieures au village sont baptisés par l'employé de mairie, Fascicule Autaquet, d'exaltés du dehors. Un seul étranger fait exception à cette règle, c'est Alabama Wonderful, un Noir bien installé, devenu foncé du dehors.

 

Même s'il y a bien quelques controverses de temps en temps, à Gratte-Cul Les Moineaux il ne se passe rien, jusqu'au jour où apparaît un exalté du dehors à la mine patibulaire. Il est venu à pied depuis Limace Les Farines qu'il n'a fait que traverser.

 

Une caractéristique de ce personnage, qui n'a qu'un collier de cheveux longs terminés par un catogan et une barbe pointue, c'est le long poil qui se situe sur la tranche de son nez et qu'il n'a de cesse de pincer puis de glisser entre le pouce et l'index.

 

Qu'est-il venu faire ici? C'est le sujet d'Un poil de trop, roman assez farce qu'Yvan Sjöstedt a pris visiblement du plaisir à écrire et que prend le lecteur à lire. Le maire voulait de l'animation? Il va être servi au-delà de l'imaginé, poil au nez! 

 

Francis Richard

 

Un poil de trop, Yvan Sjöstedt, 128 pages, Éditions du Roc

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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 21:25
A la recherche de Karl Kleber, de Daniel Sangsue

Je vais avoir soixante ans, soit trois ans de plus que Kleber lorsqu'il a disparu. Comme lui, je suis professeur d'université en Suisse. J'enseigne à l'Université de Morat, où Karl a fait ses études, a été assistant et a soutenu sa thèse. J'habite cette ville et hante des lieux qu'il a lui-même fréquentés.

 

Le narrateur n'a jamais rencontré Karl Kleber. Il va cependant s'intéresser à lui, vraisemblablement parce qu'il lui ressemble à bien des points de vue. Comme lui, il lit son destin dans la littérature. Comme lui, il est excédé par l'américanisation du système académique.

 

Mais, surtout, il s'aperçoit qu'il a les mêmes goûts littéraires que lui et qu'il vibre aux mêmes auteurs, en prenant connaissance de sa bibliothèque vendue à Georges, qui tient une librairie à Morat, dont l'enseigne est tout un programme: Le Cabinet d'Amateur.

 

Dis-moi qui tu lis, je te dirais qui tu es. C'est un peu cela que pense le narrateur érudit qui, semaine après semaine, rachète des volumes de cette bibliothèque et se met à la recherche du professeur mystérieusement disparu en juillet 1997, c'est-à-dire vingt ans plus tôt.

 

Le roman de Daniel Sangsue est le récit de cette recherche, avec toute la difficulté que ça représente après qu'autant de temps a passé. Cela dit, le narrateur est persévérant et à l'affût du moindre indice qui lui permettrait de reconstituer l'avant et l'après disparition.

 

Parmi les indices, il y a avant tout les livres qu'il a laissés derrière lui et qu'après le décès de sa veuve, son neveu s'est empressé de se débarrasser en les vendant à Georges. Ainsi, dans chaque volume figurent la date d'acquisition, des annotations, des soulignements.

 

Certains volumes contiennent des textes de la main de Kleber, des documents en guise de signets, autant d'indices supplémentaires permettant au narrateur de poursuivre sa quête et de se déplacer pour rencontrer des témoins et, même, être mis en contact avec des esprits...

 

Au-delà de cette quête, le narrateur, qui a quelques traits de l'auteur, auquel il fait des clins d'oeil amusés, fait montre d'un amour communicatif - et partagé par le disparu - pour les livres qui ont la vertu de donner même des réponses aux questions qu'on ne se pose pas:     

 

Selon Pascal Quignard, "ce qui nous pousse à ouvrir des livres les plus divers et les plus incertains, ou encore à terminer des livres alors que leur lecture ne nous satisfait pas, c'est impatiemment la croyance qu'ils vont nous délivrer un savoir que nous n'imaginions pas."

 

Francis Richard

 

A la recherche de Karl Kleber, Daniel Sangsue, 160 pages, Favre

 

Livre précédent:

 

Journal d'un amateur de fantômes, La Baconnière (2018)

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28 mai 2020 4 28 /05 /mai /2020 21:25
Octroi de mer, de Gérard A. Jaeger

Gérard A. Jaeger est l'auteur d'un grand nombre de livres, notamment consacrés à l'histoire maritime. Ce sont ces derniers qui lui ont permis d'accomplir un rêve d'enfant dont le point d'orgue aura été la croisière autour du monde qu'il a faite pour mémoires en 2019.

 

Sa passion pour le voyage et les bateaux qui enjambent les océans est née à l'école primaire quand son institutrice a déroulé sur le tableau noir une carte du monde, et a été confirmée quand il a suivi à la télévision les Aventures dans les îles du Capitaine Troy.

 

Alors qu'il fait des recherches sur les aventuriers de la mer, chez un brocanteur, à Saint-Malo, il acquiert une maquette du Belemun trois-mâts barque construit en 1896 pour le transport du cacao. Apprenant que son épave est en Italie, il aimerait aller la voir.

 

Mais il doit surseoir à ce voyage, pris par sa soutenance de thèse à l'Université de Fribourg qu'il prépare à Paris. Entre-temps un mécène français rachète le Belem pour le restaurer. A sa grande surprise, il découvre un jour le bateau amarré non loin de la Tour Eiffel.

 

Comme il habite quai Blériot, le navire se trouve quasiment sous ses fenêtres. Il n'a plus qu'une envie, monter à bord, ce qu'il fera en y devenant mousse, pour mettre désormais dans ses livres la vérité qui bat en brèche les hypothèses et les approximations.

 

Dans ce récit préliminaire, l'auteur égrène déjà des souvenirs de lectures et de rencontres faites au cours de son existence. Mais c'est le tour du monde accompli du 9 janvier 2019 au 28 avril 2019 à bord du Queen Victoria qui lui donne l'occasion d'en dire davantage.

 

C'est en effet le spécialiste de l'histoire maritime qui voyage et il ne manque pas de ressusciter non seulement le voyage lui-même à partir de quelques notes mais aussi les histoires des lieux où le paquebot de la Cunard  fait escale, ou des océans qu'il parcourt en majesté.

 

Gérard Jaeger est parfois déjà venu en ces lieux, parfois pas, mais, même lorsqu'il n'est pas déjà venu, ce sont ses lectures ou ses recherches qui remontent à la surface, si bien que ce long périple est émaillé de temps retrouvés après ne les avoir que très peu perdus.

 

Gérard Jaeger parle bien sûr de la vie à bord et de ses rites britanniques, mais encore de choses personnelles, voire intimes, qui les regardent lui et sa femme. Il ne cache pas non plus ses convictions, notamment pour ce qui concerne Hong Kong ou l'Afrique du Sud.

 

Gérard Jaeger se raconte à la première personne, ce qu'il a peu fait jusqu'à présent, mais, maintenant après s'être acquitté de l'octroi qui manquait à ses visas de voyage,  il a désormais ouvert grand la porte et la serrure ne ferme plus. Il se livre en toute simplicité:

 

Je n'ai aucun compte à régler, pas de procès à intenter à la vie: juste à raconter que je suis heureux de mes rencontres et conciliant avec mes erreurs. Ces mémoires en alternance tentent de l'expliquer.

 

Francis Richard

 

Octroi de mer, Gérard A. Jaeger, 304 pages, L'Aire et Sept (à paraître)

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26 mai 2020 2 26 /05 /mai /2020 20:55
Un jour d'été que rien ne distinguait, de Stéphanie Chaillou

Je n'ai pas su, tout d'abord, quelle forme allait prendre mon refus. A quoi, ce que je vivais, ce que j'avais vécu, allait donner naissance. De quelle manière allait se manifester ma résistance. Cet empêchement en moi. Ce dont je ne voulais pas. Ce que je ne pouvais pas accepter.

 

Louise refuse d'être un jour comme ses parents, confrontés à des difficultés financières. Ils ne le lui ont pas dit mais elle les a surpris un soir, sans qu'ils le sachent, tous deux en pleurs dans la cuisine.

 

Louise, la narratrice, est alors une petite fille. Elle a cinq ans. Cela se passe au milieu des années 1970. A l'école elle veut jouer au ballon, mais la maîtresse lui dit: Louise, ce n'est pas pour toi le foot.

 

Louise refuse d'être différente des garçons, tout simplement parce qu'elle ne voit pas pourquoi ils auraient droit et pas elle de jouer au foot. Silencieusement elle est déterminée à ne rien accepter.

 

Ne rien accepter, ça veut dire ne pas faire comme les autres filles, mieux même, ne pas accepter d'être une fille, c'est-à-dire soumise à l'ordre des choses: Les hommes, les femmes, puis les animaux.

 

Elle a une vision: La fille se tenait au bord du fleuve. Au bord de la Garonne. Elle regardait l'eau, former des cercles, puis les défaire, ensuite les décomposer. Avec la fille, elle n'est plus seule.

 

Plus tard, au collège, au lycée ou à l'université, sa détermination ne faiblit pas et elle place l'intelligence avant le savoir: Ne pas suivre l'opinion majoritaire. Questionner les pensées qui arrangent...

 

Peut-être la fille du fleuve lui dirait-elle ce qui la meut dans sa vie de femme si elle la revoyait, et comprendrait-elle que, dès le début, elle préfère l'équivalence de toutes choses au regard d'exister.

 

Francis Richard

 

Un jour d'été que rien ne distinguait, Stéphanie Chaillou, 144 pages, Les éditions Noir sur Blanc

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24 mai 2020 7 24 /05 /mai /2020 21:45
La salamandre noire, de Simon Vermot

Est-il possible d'être amoureux d'une femme que vous n'avez jamais touchée? Je me laisse convaincre que la réponse est oui. Le coup de folie existe. Il a lieu tous les jours dans une gare, un supermarché, une église ou, comme ici, une buvette au bord d'un lac entre des personnes qui n'osent pas se parler.

 

Pierre a ce type de coup de folie pour une femme blonde, cheveux mi-longs, un canon à t'expédier en orbite, qui est attablée avec un homme bronzé, svelte, crâne rasé, à la buvette du port lémanique de Saint-Prex.

 

Pierre ne sait rien d'elle. Il l'a vue monter, avec son compagnon, à bord d'un sloop amarré au ponton Visiteurs. Le seul indice qu'il ait pour la retrouver c'est, peinte sur la coque du bateau, une salamandre noire.

 

Il ne pense plus qu'à elle. Alors il passe une annonce dans un journal local très diffusé avec pour titre La salamandre noire. Dans le texte, il prétend vouloir lui rendre quelque chose qu'elle aurait oublié en partant.

 

A sa grande surprise, le lendemain de la parution, une femme le contacte et lui demande de venir chez elle. Ils se donnent rendez-vous pour le petit-déjeuner du jour suivant. Mais ce n'est pas la sublime inconnue.

 

Alexandra, Alex, la femme qui le reçoit, habite une grande maison originale. Elle n'est pas blonde mais rousse. Elle lui propose de rechercher pour elle l'inconnue du bateau et de rien de moins que de l'éliminer.

 

Cette femme serait extrêmement dangereuse. Elle dirigerait un réseau lié au terrorisme international. Depuis deux ans elle et ses gars la poursuivent en vain. Si Pierre accepte de la lui retrouver, il refuse de la tuer.

 

Alex lui a proposé cinquante mille francs pour la localiser et cinquante mille de plus pour la tuer. Mais Pierre est journaliste, il n'a rien d'un tueur. Veuf, il a une petite fille, Anouk, élevée par sa belle-mère.

 

L'enquête de Pierre va le conduire dans plusieurs régions de Suisse, en France voisine, sur des lieux d'attentats, aussi bien à Rome qu'à Paris et Dakar. Il n'aurait certainement jamais cru jouer un jour les James Bond.

 

Dans le monde de l'ombre, on tue en douce, ou pas, et les gens ne sont pas ce qu'ils paraissent. C'est celui des trahisons et des coups tordus. C'est difficile à admettre pour quelqu'un comme Pierre, qui est carré:

 

C'est tout blanc ou noir, chez moi. Je l'ai déjà dit. Le gris ne me va pas du tout.

 

Aussi Pierre n'est-il pas au bout des surprises, telles que les liens insoupçonnables entre les protagonistes de cette histoire, qu'il ne découvre qu'à la fin et qui expliquent cependant les comportements de chacun d'eux.

 

Francis Richard

 

La salamandre noire, Simon Vermot, 192 pages, Éditions du Roc

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23 mai 2020 6 23 /05 /mai /2020 20:45
Peter und so weiter, d'Alexandre Lecoultre

Bernhard lance souvent en rigolant tu commences quand la vrai vie? Peter ne comprend pas de quoi il parle. Il ne savait pas qu'il y en avait une fausse.

 

Peter und so weiter: seul compte le prénom, le nom importe peu. Peter est monsieur tout le monde, il est transparent.  Il habite le dorf Z. et se laisse porter par la vie. Pour survivre, il fait la plonge au Café du Nord et donne un coup de main aux Petits-Bras qui tiennent l'épicerie du dorf.

 

Il est tellement transparent que sa voisine du dessous, la Dame sans nom, qu'il croise souvent, ne sait toujours pas qu'il habite le même immeuble qu'elle depuis cinq ans. Il faut dire qu'elle est restée dans le monde d'avant qui n'a rien à voir avec celui d'aujourd'hui: Früher était normal...

 

Ébranlé par la question de Bernhard, Peter se demande ce qu'est la vraie vie. Plutôt que d'en faire l'apprentissage en écoutant, en sentant, en regardant, en goûtant ce qui se trouve autour de lui, avant d'avancer, il interroge une voyante pour savoir quel sens donner à son existence.

 

Celle-ci, une dénommée Micha, lui dit d'abord d'attendre. Ce qui n'est guère volontaire. Ce qui peut se comprendre si attendre est limité dans le temps, juste avant d'agir. Au bout de quelques interrogations tarifées, elle lui lâche une prédiction vague qui ne risque pas d'être démentie.

 

Au Schriftsteller qui fréquente le Café du Nord, Peter raconte: Micha a parlé d'une inconnue et d'un inconnu, mais le dorf est grand et beaucoup d'habitants sont inconnus pour Peter, comment savoir laquelle et lequel sont les bons? Cela a le mérite de le mettre en mouvement.

 

(Nina [la serveuse du Café du Nord] dit qu'il parle à la troisième personne, mais Peter répond qu'il parle à toutes les personnes...)

 

Peut-être écoutera-t-il la voix extérieure, qui s'adresse à lui pendant ses déambulations. Peut-être qu'à force de déambuler et de partir pour la solitude, comme il le fait lorsqu'il prend le train, finira-t-il par rencontrer l'inconnue et l'inconnu dont Micha lui a prédit la rencontre.

 

Les horoscopes et les petites annonces que Peter lit ne lui sont pas d'un grand secours pour trouver trace de l'inconnue qui est devenue dans son imaginaire Celle avec le regard qui le regarde et le sourire qui sourit. S'il la rencontre vraiment, la vraie vie ne pourrait-elle pas lui venir?

 

Francis Richard

 

Peter und so weiter, Alexandre Lecoultre, 128 pages, L'Âge d'Homme

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22 mai 2020 5 22 /05 /mai /2020 22:45
La Saison des cerfs-volants, d'Elizabeth Walcott-Hackshaw

Ce fruit ridicule et étrange me revient à l'esprit; ce fruit qui n'est même pas originaire de la Caraïbe, même pas né ici. C'est pourquoi j'ai inventé l'expression "un ramboutan" pour l'appliquer à quiconque abandonne son foyer pour toujours.

 

Ici, c'est l'Île de Trinidad, où est née Elizabeth Walcott-Hackshaw, une île où se déroulent les onze histoires de son recueil de nouvelles, La saison des cerfs-volants, titre de l'une d'entre elles.

 

Dans ce recueil il y a un certain nombre de ramboutans, des hommes comme des femmes d'ailleurs. Et ces ramboutans ne restent pas tous ici. Sans doute s'y sentent-ils trop à l'étroit et sans avenir.

 

Dans Ici, La narratrice doit en principe conduire en voiture sa fille à l'aéroport pour qu'elle rejoigne son ramboutan de père à Miami, pour une durée de deux mois, mais elle a du mal à l'imaginer là-bas:

 

Je pense à mon bébé à Miami et à la façon dont elle va être traitée parce que, même si elle a la peau claire, en Amérique elle sera Noire et souffrira comme jamais ça ne se produirait ici.

 

Dans Fruit étrange, c'est la mère de la narratrice, qui les a abandonnés elle, son frère et son père et tient le rôle de ramboutan. A contre-coeur, en détresse, elle l'appelle quand son père disparaît:

 

D'après les chiffres de meurtres et de kidnappings, nous sommes désormais en troisième position après Haïti et la Jamaïque sur la liste des lieux les plus violents de la Caraïbe.

 

Dans Tuer des lunes, la narratrice ne sait pas qui est son père. Elle sait que sa mère a eu six enfants et de nombreux maris, et que seuls son frère Samuel et elle, qui sont les aînés, ont le même père:

 

Papa venait dans la cour surtout le week-end. Il mangeait, dormait dans un hamac entre les cocotiers, puis il disparaissait de nouveau le dimanche soir. Ce n'était le papa de personne, mais c'était comme ça que manman nous avait dit de l'appeler.

 

Dans La plus longue corde, Katie quitte Andy après six ans de mariage, avec leur fille Lulu (pour laquelle il ne se lève pas la nuit parce que, elle, elle peut faire la sieste le jour) et trouve refuge chez John:

 

A dix-neuf ans, Katie croyait être amoureuse quand elle avait épousé Andrew Gill, âgé de vingt-cinq ans. Elle imaginait une vie très confortable, à ne jamais se soucier de problèmes d'argent, comme cela avait été le cas pour son père avec son salaire de fonctionnaire...

 

Il n'y a pas que des rambutans dans ces histoires, où est dressé le portrait contrasté de Trinidad (dont la capitale n'a d'espagnol que le nom anglicisé) et de ses habitants qui ne se mélangent pas toujours. 

 

Francis Richard

 

La Saison des cerfs-volants, Elizabeth Walcott-Hackshaw, 240 pages, Zoé (traduit de l'anglais par Christine Raguet et en librairie le 22 mai 2020)

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17 mai 2020 7 17 /05 /mai /2020 22:55
Starlight, de Richard Wagamese

Quand il amorça un demi-tour pour retourner à la maison, il sut qu'il faisait le bon choix en réintégrant ce monde, et il en fut satisfait.

 

Après la mort du vieil homme, Starlight a la tentation de partir voir un peu ce monde extérieur à celui qu'il connaît depuis toujours. Mais il y renonce et ne le regrette pas parce que nulle part ailleurs il sent ne pouvoir être à l'aise.

 

Frank a été élevé par le vieil homme dans une ferme, proche de la petite ville d'Endako, en Colombie Britannique. C'est un endroit qui ne se quitte pas sinon pour se rendre alentour, en pleine nature, qui est sans doute son vrai chez-soi.

 

Pour l'aider à la ferme, il a fallu embaucher un employé, Eugene Roth, qui lui est devenu indispensable. Autant Frank est taiseux, autant Eugene est disert. Autant Frank est un colosse, autant Eugene est un gringalet en comparaison.

 

Emmy a une petite fille, Winnie, neuf ans. C'est l'être qui lui est le plus cher au monde. Si elle a connu nombre d'hommes dans sa vie, c'est à chaque fois pour qu'ils les protègent elle et son enfant. En dernier lieu, elle vit avec Cadotte.

 

Le monde de Cadotte est circonscrit par la picole, qu'elle connaît aussi. Pour ce gaillard, elle n'est qu'un objet qu'il prête volontiers à son comparse Anderson ou à d'autres. Seulement Cadotte la frappe et menace de frapper la petite.

 

Un jour, au bout de trois ans, elle décide de s'enfuir avec Winnie. Cela se passe mal, mais elle y parvient. Avec Cadotte surtout, elle et sa fille ont appris la vie en marge, ce qui les sert pour se mettre à bonne distance des deux brutes.

 

Arrivées à Endako, elles squattent une maison abandonnée. A un moment, n'ayant plus d'argent, Emmy se rend en ville avec Winnie dans un supermarché. Winnie fera diversion, pendant qu'Emmy sortira avec les achats sans payer.

 

Elles se font prendre et ont la chance que Frank, localement respecté, veuille les héberger et donner un salaire à Emmy à condition qu'en contrepartie elle s'occupe de la cuisine, du linge et du ménage, ce qu'elle accepte avec gratitude.

 

Peut-être que le bien le plus précieux qu'ait légué le vieil homme blanc à Starlight l'Indien, c'est de l'avoir amené dans la nature et au contact des animaux sauvages. La nature? C'est encore le meilleur endroit pour apprendre la confiance:  

 

On apprend à lui faire confiance et on apprend à se faire confiance quand on est confronté à elle. Il est facile de s'y déplacer quand on sait où on met les pieds. Le respect vient de ça. Tout comme le courage. L'humilité.

 

Ce sont ces vertus que Starlight transmet à ses hôtes, d'abord à Eugene, puis à Emmy et à Winnie. Ce sont aussi ces vertus qui lui permettent de s'approcher des animaux sauvages, de les photographier, d'être un artiste singulier, à succès.

 

Cadotte et Anderson n'ont bien sûr pas renoncé à se venger de ce qu'Emmy leur a fait. Ils partent à sa recherche. On ne sait s'ils parviennent à leur fin, parce que le roman de Richard Wagamese, publié posthumement, est inachevé...

 

Francis Richard

 

Starlight, Richard Wagamese, 272 pages, Zoé (traduit de l'anglais par Christine Raguet)

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16 mai 2020 6 16 /05 /mai /2020 20:30
L'Engrenage du mal, de Nicolas Feuz

Le procureur Jemsen dévisageait Tanja Stojkaj avec tristesse. L'ancienne inspectrice de la police judiciaire fédérale n'était plus que l'ombre d'elle-même.

 

Un peu plus de trois mois plus tôt, la vie de l'ancienne inspectrice a basculé et maintenant elle comparaît devant le tribunal criminel de La Chaux-de-Fonds pour répondre de plusieurs chefs d'accusation.

 

Tout a commencé avec la découverte du corps mutilé d'une septuagénaire dans un appartement de la rue Neuve à Lausanne et de la disparition d'un enfant de deux ans dont celle-ci avait la garde.

 

Tanja lit un article à ce sujet dans l'avion qui la ramène de sa mission en Corse avec Jemsen. Or sa mère et son fils habitent justement rue Neuve à Lausanne. Tanja ne croit pas aux coïncidences.

 

Pourtant Tanja a toujours été prudente, bien obligée parce qu'elle est une agente de la police fédérale infiltrée dans les milieux mafieux, sous le faux-nom d'Alba Dervishaj et l'activité de prostituée.

 

Comme tout indique que c'est bien sa mère qui a été tuée, Tanja part elle-même à la recherche de son fils Loran, n'ayant aucune confiance dans les compétences de la police vaudoise pour le retrouver.

 

En tant que mère, prête à aller très loin pour son enfant, elle commet un certain nombre de délits qu'elle reconnaît volontiers et elle en nie résolument d'autres, plus graves, prétendant avoir été piégée.

 

Les faits remontent à septembre 2018. Les débats ont lieu en janvier 2019. A la faveur de ces derniers Nicolas Feuz dévoile peu à peu L'engrenage du mal dans lequel s'est trouvée prise la prévenue.

 

La progression du récit se fait très habilement, en parallèle avec celle de l'audience, ce qui permet  à l'auteur de développer les faits sordides qui y sont évoqués et de préciser des points qui y restent ignorés.

 

Au fil du récit disparaissent, s'évadent ou meurent des personnages dont on ne comprend qu'à la fin les rapports qu'ils ont avec l'accusée, que ce soit dans sa vie professionnelle ou privée, ou dans les deux.

 

Jouent enfin un rôle important dans l'histoire les Moulins souterrains du Col des Roches que Hans Christian Andersen visita en 1836. L'épigraphe, tirée de ses Voyages en Suisse, en prévient le lecteur...

 

Francis Richard

 

L'Engrenage du mal, Nicolas Feuz, 304 pages, Slatkine & Cie

 

Livres précédents:

 

Eunoto - Les noces de sang, TheBookEdition.com (2017)

Le miroir des âmes, Slatkine & Cie (2018)

L'ombre du renard, Slatkine & Cie (2019)

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Présentation

  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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