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12 mai 2020 2 12 /05 /mai /2020 19:00
Carnaval noir, de Metin Arditi

 

 

En 1575, durant le carnaval de Venise, une série de crimes secoua la ville sans qu'on en découvrît jamais ni les auteurs ni les motifs.

Cinq siècles plus tard, à Venise, Genève et Rome, d'autres crimes sont commis, comme en écho aux précédents.

 

Carnaval noir de Metin Arditi commence par cette Note au lecteur. Qui est donc prévenu du contexte de l'intrigue et n'attend plus qu'une chose, que l'auteur la lui raconte par le menu pour comprendre pourquoi cette note liminaire. 

 

Parallèlement est sans doute l'adverbe qui convient le mieux pour qualifier le déroulement de cette histoire qui se passe dans les six premiers mois de 2016 et qui semble une réplique de ce qui s'est passé fin 1574, début 1575, à Venise.

 

Parallèlement, au XXIe, il y a d'une part les recherches effectuées par des érudits sur la série de crimes, qui a eu lieu au XVIe siècle à Venise et que l'on a baptisée alors Carnaval noir, d'autre part des comploteurs catholiques excités.

 

Les seconds veulent empêcher que les premiers ne fassent un rapprochement entre ce qu'ils sont en train de préparer et ce qui s'est produit cinq siècles plus tôt, parce que leurs buts sont les mêmes que leurs mystérieux prédécesseurs.

 

Les comploteurs du XXIe sont inquiets parce que, à la tête de l'Église, le pape, au lieu de défendre la chrétienté, par ses déclarations en faveur des migrants arabo-musulmans, joue le jeu de ses ennemis, comme un autre pape au XVIe.

 

Au XVIe, les ennemis de l'Église se trouvaient dans les rangs de la Réforme. A l'époque une rumeur voulait que le Christ revienne et que le signe auquel on le reconnaîtrait serait sa polydactylie: il aurait six doigts à chaque main.

 

Peintre, Paolo il Nano s'en empare pour défendre l'Église et fait un tableau symbolique où il représente, lors d'une noce, le Christ avec ses douze doigts et, au-dessus, les douze signes du zodiaque, et des convives habillés en rabbins.

 

Les érudits, ce sont une étudiante vénitienne, Donatella, dont la thèse porte sur la Scuola Grande del San Sepolcro et le lien qu'elle a avec Copernic; Bénédict Hugues, professeur de latin médiéval à la faculté de lettres des Bastions à Genève.

 

Les comploteurs, ce sont Bartolomeo San Benedetto, qui a six doigts à chaque main..., son patron, Maurizio Zaccaria, un cardinal, Alfonso Fernandez-Diaz. Leur fondation est dans la lignée d'une congrégation du XVIe, avec même devise:

 

Delendi sint haeritici!

Que les hérétiques soient éliminés!

 

Dans ce récit passionnant, pour les comploteurs la fin justifie les moyens; pour les érudits in latino veritas... Mais, il faut reconnaître, que, dans la vraie vie, tous les moyens ne sont pas bons; personne n'est innocent; tout le monde a des failles...

 

Francis Richard

 

Carnaval noir, Metin Arditi, 400 pages, Grasset

 

Romans précédents:

 

Le Turquetto, 288 pages, Actes Sud  (2011)

Prince d'orchestre, 380 pages, Actes Sud (2012)

La confrérie des moines volants, 350 pages, Grasset (2013)

Juliette dans son bain, 384 pages, Grasset (2015)

L'enfant qui mesurait le monde, 304 pages, Grasset (2016)

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10 mai 2020 7 10 /05 /mai /2020 17:45
Table pour trois à New-York, de Elie Bernheim

Fou amoureux, j'ai épousé Norah, d'origine israélienne, à la beauté enivrante, aux cheveux blonds dorés et au sourire ensorceleur. Je l'ai rencontrée lors d'un dîner chez des amis et l'ai ensuite invitée dans mon restaurant. Un risotto à la trévise, gorgonzola et poire dévoré, elle ne m'a plus jamais quitté.

 

Gabriel Stern, bientôt quarante ans, a tout pour être heureux. Lui et Norah, trente-sept ans, sont les parents de deux amours, Leah et Joshua. Ils sont tous deux des êtres d'exception. S'il est chef étoilé à Paris, elle est concertiste de renommée internationale.

 

Pourtant Gabriel ne dit pas tout à sa femme. Par exemple, il ne lui explique pas pourquoi, subitement, il a décidé d'ouvrir un restaurant à New-York, où, certes, orphelin à douze ans, il a été élevé par son oncle Charles, le frère de son oncle, et sa tante Rachel.

 

A Paris, il a une belle sous-cheffe, Alicia Brickman, qui est follement éprise de lui et qui a accepté d'être à ses côtés à New-York. Après ce qu'un soir Gabriel lui a dit, elle le presse de dire la vérité à sa femme, qui ne peut rester indéfiniment dans l'ignorance.

 

Gabriel s'est confié à Charles, qui est bouleversé par ce qu'il lui a appris. Seule Norah ne sait pas, mais elle sent que Gabriel n'est plus tout à fait le même. De plus, un jour, elle le voit sortir d'un immeuble de Saint-Germain-des-Prés accompagné d'Alicia...

 

Pendant tout le roman, qui se passe à Paris puis à New-York, à l'été et à l'automne 2017, le secret que détiennent Charles et Alicia est presque bien gardé. Presque, parce que Elie Bernheim sème des indices discrets qui lèvent peu à peu des coins du voile.    

 

Cette Table pour trois à New-York réserve donc des surprises. Si les récits de repas donnent l'eau à la bouche, le suspense est finement entretenu par l'auteur via les états d'âme des trois convives, Gabriel, Norah et Alicia, et de Charles, l'ombre tutélaire. 

 

Francis Richard

 

Table pour trois à New-York, Elie Bernheim, 296 pages, Slatkine (sortie le 11 mai 2020)

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9 mai 2020 6 09 /05 /mai /2020 21:50
Champ libre I (Carnets 1968-1993), de Pierre-Alain Tâche

Les carnets de Pierre-Alain Tâche sont révélateurs. Ils permettent de connaître l'homme sur une longue durée, puisque ce premier Champ libre couvre la période de 1968 à 1993, soit un quart de siècle.

 

En 1968, le poète résiste à la tentation d'intégrer les leçons des nouvelles sciences, admises à recadrer toute activité humaine, et s'insurge contre le sort fait à ce qui a nourri la sensibilité de sa génération:

 

Lire Hölderin ou Ronsard, préférer du Bouchet à Aragon, sera bientôt tenu pour une déviance élitaire. (7.XII.68)

 

En 1970, il ne cède pas à la potentielle dictature de l'esprit de certains, qui tendrait à instaurer la primauté de la conceptualisation, du débat abstrait sur ce que l'acte de création possède d'immédiat:

 

On ne fera pas croire que le poème puisse tirer sa force et sa légitimité d'un quelconque fondement dogmatique. (15.XI.70) 

 

Bien qu'il ne soit pas le moins du monde religieux, il envisage le sacré, désignant par là la vibration du transcendant, comme une modalité de l'expérience poétique, ce qui est mal considéré de nos jours:

 

L'excès de rationalité consiste à considérer que ce qui, pour l'heure, échappe à notre compréhension reste à découvrir (et c'est l'attitude de nombreux scientifiques qui évacuent ainsi le doute métaphysique). (16.IX.73)

 

Quelques années plus tard, il reste sur la même trajectoire - le poète, à mes yeux, demeure un être foncièrement subjectif, écrivait-il le 21.III.71 - et se donne des directives personnelles pour la garder:

 

Peut-être s'agit-il seulement de ceci: faire au plus près ce que l'on a à faire sans se soucier des modes et de la rumeur du temps; être en jaillissement à la frontière du visible et de l'invisible, du dedans et du dehors; aller où porte l'intuition... (24.IV.82)

 

Il ne se soucie pas d'être conforme à l'esprit du temps. Sa subjectivité assumée se retrouve au fil des années dans ce qu'il dit des poètes, des musiciens ou des peintres qu'il aime un peu, beaucoup, pas trop:

 

Comment ne pas m'interroger sur l'énigme, cent fois renouvelée, de l'émotion vive et soudaine que je puis ressentir en découvrant certains tableaux? (14.X.90)

 

Ses carnets sont agrémentés de citations, telle celle, figurant au dos du Georges Perros de Jean Roudaut, qui ne laisse pas de l'éblouir par cette acuité de la pensée et par cette justesse de ton, qui sont la marque certaine de Perros:

 

Écrire est un acte religieux, hors de toute religion. Écrire, c'est accepter d'être un homme, de le faire, de se le faire savoir, aux frontières de l'absurde et du précaire de notre condition. C'est ne pas croire, c'est être certain d'une chose indicible, qui fait corps avec notre fragilité essentielle. (Papiers collés II)

 

Francis Richard

 

Champ libre I (Carnets 1968-1993), Pierre-Alain Tâche, 240 pages, Éditions de l'Aire (à paraître)

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4 mai 2020 1 04 /05 /mai /2020 16:45
La faute, de Daniel Monnat

Il l'a tant regardée qu'il ne sait plus s'il doit admirer le génie de celui qui l'a peinte ou maudire le destin qui lui a fait croiser la route de cette tête de femme bizarre avec cette énorme main en premier plan.

 

Cette toile, en couverture, de Pablo Picasso, qui date de 1921, est, dans le roman de Daniel Monnat, le corps de La faute commise au début des années 1940 par son jeune protagoniste Michel Suter.

 

En 1939, originaire de La Chaux-de-Fonds, où son père est horloger, celui-ci étudie la médecine à Genève. Ses parents ont fait des sacrifices pour qu'il se rende dans la cité de Calvin où le verbe est roi.

 

En effet, à Genève, les troupes des idéologies totalitaires de l'époque - nazisme, fascisme et communisme - s'y affrontent à coups de slogans et d'injures, mais pas seulement, également à coups de poings.

 

Michel n'est attiré par aucune. D'origine ouvrière et jurassienne, il devrait être proche de la gauche, mais il a surtout l'ambition de s'intégrer dans la bourgeoisie locale et a des vues sur la fille d'un banquier.

 

Bien malgré lui Michel va se trouver au coeur de ces affrontements, d'autant que son frère aîné Alain est un adepte de l'idéologie nazie et que le père de sa dulcinée n'y est pas hostile, par opportunisme.

 

Sa rencontre avec Daniel, sa femme Judith et leur fille Sarah, Munichois de confession juive, lui donne l'occasion de commettre la faute qu'il n'aura de cesse pendant le reste de la guerre de vouloir réparer.

 

Avant de partir pour Paris, les Tauchner lui confient le Picasso, qui a une grande valeur et qui leur servira en cas de besoin pour rebondir s'ils doivent revenir en Suisse, ce qui ne manque pas de se produire.

 

Seulement, entre-temps, Michel, étudiant pauvre, a mis en gage le tableau pour avoir les moyens d'offrir une bague de fiançailles à sa promise. Aussi Michel ne sait-il pas comment se dépêtrer de la situation.

 

Michel a le tort d'en parler à son frère, qui ne recule pas devant les grands moyens pour résoudre le problème: il s'occupe de refouler les Tauchner quand ils traversent la frontière et les livre aux Allemands.

 

Dès lors Michel change. L'exempté de service militaire paye de sa personne pour retrouver les Tauchner dans l'enfer de cette guerre atroce où les Juifs sont exterminés, ce qui le conduit à Smolensk et à Minsk.

 

Ce que Michel voit là-bas, en Russie et en Biélorussie, l'auteur le raconte avec force détails et le lecteur doit s'accrocher parce que, si nombre de personnages sont fictifs, les faits sont bien réels et documentés.

 

Le prologue se passe à Genève en 1959 et précède l'épilogue dans le temps. Le lecteur sait donc dès le début la fin de l'histoire. Mais le roman à rebondissements lui apprend ce qui s'est passé de 1939 à 1944.

 

Francis Richard

 

La faute, Daniel Monnat, 320 pages, Slatkine

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27 avril 2020 1 27 /04 /avril /2020 22:00
Couchers de soleil, de Marie-Claire Dewarrat

Les Couchers de soleil sont les fins de vie d'aînés au grand âge. On parle beaucoup d'eux en ces jours de confinement, qui n'est qu'un isolement de plus infligé à leur existence en EMS.

 

Le livre de Marie-Claire Dewarrat est composé de trois récits, précédé chacun d'un épigraphe éloquent dû aux plumes de Mikhail Boulgakov, Dino Buzatti et Arthur C. Clarke.

 

Dans Ernest, quelquefois, ledit Ernest quitte sa petite maison dans sa quatre-vingt huitième année pour se rendre, en centre ville, dans la Boîte à Vieux sise avenue Guillaume Tell.

 

Il y a un avant et un après la Boîte à Vieux. Avant, c'est pépère et routinier. Il bénéficie d'assistances en tout genre auquel l'État pourvoie à condition de suivre son dédale technocratique:

 

Pour l'État, l'âge humain se définit en période d'allocations, subventions, compensations et autres indemnités variables, inversement proportionnelles aux bénéfices fiscaux rapportés par les entités contribuables que nous sommes.

 

L'après, c'est quand il se sent fin prêt, c'est-à-dire avant que les choses ne se gâtent vraiment, quand il se sent libre de finaliser son adhésion au concept innovant de la Boîte à Vieux.

 

Dans Maurice et moi, les aînés ont choisi de survivre en milieu carcéral protégé. Maurice et moi, Stanley, un couple non conventionnel, ont jeté leur dévolu sur le Three Cliffs Palace.

 

Ils ne s'y sont résolus que lorsqu'il fut évident que les forces de Stanley ne suffisaient plus à la maintenance des vols quotidiens d'Icare (Maurice), lit-fauteuil, fauteuil-lit, sans escale...

 

La vox populi est en train de se taire parce qu'ils ont été projetés hors de leur sphère discriminatoire particulière pour accéder à celle de la discrimination sans particularité du grand âge.

 

En arrivant ils n'ont pas échappé à la bureaucratie: L'entrevue, chaleureuse, tenait à la fois de la promotion locative de luxe et de l'achat sur plan de vacances personnalisées perpétuelles.

 

Dans Siegfried, on est projeté dans un futur proche. L'Institut de Protection de Macro-Sénescences abrite sous ses verrières les plantes en voie d'extinction que sont ses pensionnaires.

 

Ses cadres dirigeants se mettent à employer des androïdes de compagnie au lieu d'assistants de vie. Mais leurs Siegfried du programme SS (Sécurité -Sensibilité) sont insuffisamment empathiques.

 

En tout cas ils sont insupportables pour les pensionnaires de l'IMPS qui, d'ailleurs, ne les supportent pas, quels que soient les talents ajoutés à chaque nouveau modèle de Pear of Pear.

 

Dans ces trois récits, l'auteure observe avec acuité et verve que des technocrates, des bureaucrates, des cadres dirigeants favorisent la quantité au détriment de la qualité, autrement dit de l'humain.

 

Francis Richard

 

Couchers de soleil - Ernest, Maurice, Siegfried, de Marie-Claire Dewarrat, 204 pages, Éditions de l'Aire

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26 avril 2020 7 26 /04 /avril /2020 18:45
Coupable?, de Laurent Loison

Coupable? est composé de deux histoires parallèles. Le lecteur se demande presque jusqu'au bout pourquoi Laurent Loison fait ces deux récits, à moins qu'attentif, un détail, un seul, ne l'est mis dès le début sur la voie...

 

Quoi qu'il en soit, les deux histoires, dont l'une se passe à Garges-les-Gonesse en banlieue parisienne et l'autre à Scottsdale en banlieue de Phoenix, raconte un cambriolage qui tourne mal et où le criminel se fait prendre.

 

A Garges-les.Gonesse, un garçon de quatorze ans, en rupture avec sa famille, veut faire partie d'un gang de banlieue, les Frères de sang. Mais, pour en faire partie, Ivan, son nom de futur Frère, doit faire ses preuves.

 

Ivan entre, pour le voler, dans la maison d'un retraité, ancien de la Légion. Comme celui-ci ne veut rien lui dire, il met à cuire ses fesses sur les plaques de la cuisine et, malin, rien qu'en le regardant, devine sa cachette.

 

Ivan est arrêté et est condamné à une longue peine de prison. Il ne fait aucun doute qu'il est coupable des faits qui lui sont reprochés. La question du titre là ne se pose pas. La prison d'ailleurs change Ivan et il s'amende.

 

Patrick Jones, la trentaine, s'introduit de nuit dans la maison du docteur Mark Francis qui se trouve dans la banlieue chic de la capitale de l'Arizona. Mark, sa femme et leurs trois filles dorment paisiblement à l'étage.

 

La femme de Mark, Julia, entend du bruit, le réveille et il descend non sans avoir pris au préalable un revolver dans un faux tiroir de sa coiffeuse, ce qu'elle ignorait. Mark surprend l'hôte indésirable, tire sur lui, le rate.

 

S'ensuit une bagarre entre Mark et Patrick. Un coup de feu part. Mark est tué. Peu de temps après s'être enfui, Patrick est arrêté et se met en marche la machine judiciaire américaine, très différente de ce qu'elle est en France.

 

L'avocate Kenza Longford, fille du gouverneur Stephen Longford, est commise d'office. Face à elle, elle a un redoutable adversaire en la personne du procureur George Kendall, un amoureux qu'elle a sèchement éconduit.

 

En principe cette deuxième affaire est aussi simple que la première. Patrick est bien coupable de vol, a commis un homicide involontaire et doit être condamné à une peine sévère mais négociable comme c'est l'usage.

 

Seulement Patrick est victime d'une machination à ressorts qui fait de lui l'assassin volontaire du docteur Francis, un médecin honorable et de réputation. Contre toute attente la peine capitale est requise contre lui.

 

Tout le suspense du livre est de savoir si la machination contre Patrick sera déjouée. Au-delà de cette histoire rondement menée, se pose la lancinante question: faut-il croire ou non en la justice d'un pays, quel qu'il soit?

 

Francis Richard

 

Coupable ?, Laurent Loison, 352 pages, Slatkine & Cie

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22 avril 2020 3 22 /04 /avril /2020 19:15
Le brasier des Anges, de François-Éric Sage

Le brasier des Anges est cet incendie gigantesque qui ravagea des dizaines de milliers d'hectares au nord de Los Angeles en juillet 2012. Il sert de toile de fond au roman de François-Éric Sage et lui donne une touche dramatique supplémentaire.

 

Ce thriller trépidant est l'histoire de la disparition simultanée de deux jeunes filles, Jennifer Alvarez et Cassidy Miller, qui n'ont, apparemment, aucun lien entre elles. Jennifer est recherchée par deux agents du FBI et Cassidy par son père, enquêteur d'assurance.

 

La mère de Jennifer, 17 ans, pour qu'il retrouve sa fille, va trouver l'agent du FBI Stanley Cohle, responsable indirect de la mort, cinq ans plus tôt, de son mari, agent de sécurité lors de l'attaque de la Capital Trust. Elle ne lui en veut pas, ayant compris qui il est.

 

Le père de Cassidy, 25 ans, Arthur Lacroix, est venu spécialement de Paris parce qu'il n'a pas de nouvelles d'elle depuis des jours et qu'il est très inquiet. Il a l'habitude de voyager dans le monde et aller à L.A. n'est pas un problème pour cet homme déterminé.

 

Jennifer est une bonne élève. Peut-être s'est-elle réfugiée dans l'enfance, puisqu'elle n'est pas comme les autres filles de son âge: pas de Facebook, des posters de chevaux et de poneys, des romans pour enfants. Elle se fait un peu d'argent dans une station-service.

 

Cassidy est venue à Los Angeles pour devenir actrice. Chez elle elle a laissé toutes ses affaires: a-t-elle fui ou a-t-elle disparu? La seconde hypothèse s'avère la plus probable. En tout cas elle s'est bien gardée de dire à son père qu'elle avait trouvé un boulot dans un club.

 

A Los Angeles les gangs se font la guerre. Les polices, que ce soit le FBI, le GND ou le LAPD, ne sont pas de reste. Aussi l'enquête de Stan et de son coéquipier Fitzgerald n'est-elle pas facilitée, d'autant qu'ils ont un supérieur qui ne pense qu'à sa carrière.

 

De son côté, Arthur se démène en milieu hostile, ce qui ne le décourage pas pour autant. Car que ne ferait-il pas pour sa fille chérie qu'il se reproche de ne pas avoir protégé contre ce qu'il imagine au début être des prédateurs, des rabatteurs ou des loups?

 

Le récit est jalonné de coups de feu, de bagarres à mains nues, de poursuites de voitures, de morts et de blessés. Bref, c'est l'Amérique. Ceux qui sont allés un jour dans la cité des Anges reconnaîtront les quartiers où les deux enquêtes à rebondissements les emmènent.

 

Aux enquêteurs surtout se pose la question qui se posa à Antigone: faut-il accomplir sa mission en observant les lois éternelles et non écrites ou se soumettre à des lois de circonstances qui rendent illégales les actions légitimes? Leur réponse n'est pas équivoque.

 

Francis Richard

 

Le brasier des Anges, François-Éric Sage, 492 pages, Plaisir de Lire

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20 avril 2020 1 20 /04 /avril /2020 21:45
Le retour de Babette, de Pierre-Alain Gendre

Ici, tout le monde ou presque arrive et repart par la mer. L'intérieur, à ce qu'on dit, est désolé et inhospitalier, et bien peu empruntent les sentiers qui traversent les montagnes.

 

Ici c'est Verlag, village situé tout au nord de la Norvège, au bord de l'Arctique. C'est la destination d'Armin Lavallée, policier français dont la mission est de rapatrier une pétroleuse qui s'y est réfugiée.

 

Babette Hersant a fui Paris il y a vingt ans. Elle est recherchée pour des actes de terrorisme commis lors des événements de la Commune. Ici elle est hébergée par deux soeurs, Martine et Philippa.

 

Pour accomplir sa mission, Armin a dû laisser sa fille Charlotte, bientôt 15 ans, à son frère Emil. Il ne se doute pas que celui-ci la fait trimer et que Clément, le beau-père d'Emil, est plutôt pressant...

 

Armin arrive chez les deux soeurs, mais Babette s'est envolée... à bicyclette. La traque de l'exilée lui fait faire un long périple à bicyclette, comme il le raconte dans des lettres détaillées à sa fille.

 

Cette traque est trépidante pour Armin, parce que Babette est un sacré numéro, qu'elle ne se laisse pas attraper si facilement et que, chemin roulant, ses préjugés sur le monde et les femmes tombent.

 

Armin va de surprise en surprise et le lecteur aussi. Pendant des semaines, il n'aura pas eu une minute à lui et eu trop peu de temps pour sa fille. Est-ce qu'il aura pour autant vraiment perdu son temps?

 

Francis Richard

 

PS

 

Toute ressemblance de Babette et des deux soeurs, Martine et Philippa, avec les personnages du Festin de Babette, la nouvelle de Karen Blixen, ne serait pas fortuite...

 

Le retour de Babette, de Pierre-Alain Gendre, 208 pages, Éditions de l'Aire

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19 avril 2020 7 19 /04 /avril /2020 17:30
Atlas, de Laurent Koutaïssoff

Je n'ai appris qu'une chose durant toutes ces années: "Le destin n'existe pas!". C'est le nom qu'on donne à nos faiblesses et nos petites lâchetés. Il faut vivre tout simplement, faire face, avec nos propres idées et bien prendre la mesure de notre impuissance. Mais la seule chose à laquelle on n'échappe pas, c'est la famille.

 

Ce que dit un des personnages d'Atlas aurait pu être mis en épigraphe par Laurent Koutaïssoff à son roman, qui raconte l'histoire de Christophe Doinet, parce que cela la résume bien et la met en perspective.

 

Christophe Doinet est un jeune homme qui semble toujours ailleurs. Au début il travaille dans un magasin de DVD, Valentino. Il y a été embauché par Allan, parce qu'il connaît bien les films sans les avoir vus.

 

Christophe est un grand lecteur de critiques de cinéma. Sinon, il lit très peu, hormis peut-être un livre aimé, Le Comte de Monte-Christo, qu'il a tenté d'offrir à son père après l'avoir dérobé dans une proche librairie.

 

S'il ne lit guère, il connaît aussi bien les livres que les films. Isabelle Renaud, la libraire, à qui il a rapporté le Dumas, dont elle lui fait la lecture, les lui raconte par le menu et il en enregistre le contenu dans sa tête.

 

Alors que le Comte de Monte-Christo se venge à la fin de l'histoire, Christophe le fait à son début. Il met un jour le feu à l'appartement familial qu'il occupe tout seul depuis que ses parents ne sont plus de ce monde.

 

Cet incendie volontaire lui vaut un an de prison, ce à quoi il s'attendait, sans le détourner de la commission de cet acte, dont on ne comprend la raison que peu à peu, comme tant d'autres choses de son existence.

 

Cet an de prison est un entre-deux, entre un passé, où les peines sont plus nombreuses que les joies, et un avenir qui se profile curieusement avec un travail dans une déchetterie où il doit surveiller le niveau des bennes.

 

Le lien, entre cet avant et cet après, est un cahier, une sorte d'aide-mémoire, que seul il peut décrypter et dans lequel il écrit, dessine précisément ce qu'il voit ou ressent, colle photos qu'il prend ou images qu'il découpe.

 

Des occasions se présentent à Christophe qu'il saisira pour avancer. Il acceptera les aides que lui offrent des personnes compréhensives et la définition du mot atlas qu'il recherchait éperdument lui sera donnée in fine.

 

Francis Richard

 

Atlas, Laurent Koutaïssoff, 296 pages, Bernard Campiche Editeur

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 20:45
Le Graveur, de Bronwyn Law-Viljoen

Je continue à graver, reproduisant dix fois ou plus une image que j'aime, pour me donner l'impression de faire quelque chose. Je me réfugie dans l'odeur de l'atelier, dans la sensation familière du chiffon dans ma main, du roulement de l'encre sur la plaque. (March, décembre 2005)

 

March Halberg est Le Graveur de l'histoire racontée par Bronwyn Law-Viljoen, laquelle se passe pour l'essentiel à Johannesbourg en Afrique du Sud, dans une maison avec jardin et atelier de gravure, dans une banlieue protégée.

 

Pour la raconter, l'auteure fait appel à March lui-même, à sa mère Ann, à Thea, son amie de trente ans, à Stephen, un réfugié du Zimbabwe qui, pendant une année, aura entretenu son jardin, à Helena, une galeriste contactée par Thea.

 

Le roman se déroule sur près de quarante ans, mais ce n'est pas une histoire linéaire. Les narrations vont et viennent dans le temps, datées de 1976 pour les plus anciennes et de 2011 pour les plus récentes (qui en font l'épilogue). 

 

Ann raconte, en 1976 et 1980, March et sa soeur Jane, sa cadette d'un an, et leur amie Thea, qui a quelque vingt ans de moins. Elle parle d'un temps où elle était modiste et où le vent commençait à tourner dans le ciel d'Afrique du Sud.

 

March meurt en mars 2007, à soixante-et-onze ans. Après la mort de sa mère en 1990, il a vécu seul dans la maison maternelle où sa soeur Jane, morte en 1980, n'aura jamais vécu, mais où Thea vient l'aider quand il a besoin d'elle:

 

Nous étions proches mais pas dans le sens ordinaire. Je sentais lorsqu'il avait des ennuis, même en Nouvelle-Zélande avec mes propres problèmes, John qui n'était pas bien et tous les soucis que j'avais en tête. Il n'avait même pas besoin de téléphoner, je le savais, parce qu'il y avait une connexion entre nous.

 

Thea se retrouve, en avril 2007, face à l'oeuvre monumentale, que March lui a léguée ainsi que sa maison, point final à leur longue relation, aussi originale que les milliers de gravures, bonnes et mauvaises, qu'il laisse derrière lui:

 

Malgré tout ce qu'elle m'inspirait, dit March en février 2006, c'est comme si dès les premiers jours de notre relation nous avions construit un pont dont, par consentement mutuel, nous n'avons jamais franchi le milieu, bien que ce pont nous connectât l'un à l'autre et que beaucoup de choses aient pu y circuler.

 

Si Stephen parle de l'homme tel qu'il le connaît pendant sa dernière année, le voyant faire du taïchi et échangeant avec lui notamment sur la poésie, Helena, qui se voit confier par Thea le sort de l'oeuvre, apprend à le connaître par elle:

 

Comme jamais personne n'avait écrit sur cette oeuvre, je pénétrais un territoire vierge sans être entravée par les opinions et les jugements. Je ne pouvais compter que sur mon instinct.

 

March était un génie. Pendant toute sa vie, personne d'autre que Thea ne le savait, hormis deux ou trois personnes, à qui il apportait et donnait des gravures (un coin du voile est levé à la fin sur le pourquoi de cette ignorance du public):

 

On n'avait aucune idée de combien il en avait fait ni de qui avait quoi ni d'où se trouvait l'ensemble de son travail    

 

Francis Richard

 

Le Graveur, Bronwyn Law-Viljoen, 304 pages, Zoé (traduit de l'anglais par Elisabeth Gilles)

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15 avril 2020 3 15 /04 /avril /2020 17:00
Rouge Tango, de Charles Aubert

Il y avait bien eu le Rouge Tango qui avait réussi à me maintenir la tête hors de l'eau pendant quelques mois, mais les ventes commençaient à décliner aussi. J'avais besoin de me renouveler, de sortir un nouveau modèle qui ferait date, comme le Bleu Calypso en son temps.

 

Niels Hogan, quinqua, est un ancien cadre dynamique qui a sévi un temps dans le domaine des assurances. Un jour il en a eu assez de la société robotisée et s'en est allé fabriquer des leurres pour la pêche en mer.

 

Il s'est donc installé dans une cabane au bord d'un étang salin tout proche de Montpellier, mais ce n'est pas pour autant qu'il a déserté complètement cette société des hommes qu'il considère désormais en perdition.

 

En effet, pour sa vente de leurres, Malik lui a conçu un site sur la Toile. Il y tient un blog qui a attiré l'attention d'une rédactrice en chef, laquelle a mis sa tronche en couverture de son magazine économique.

 

Une success story a alors commencé pour lui, mais il n'aurait pas dû se reposer sur ses lauriers. Dans tous les domaines qui marchent, la concurrence ne tarde jamais longtemps à pointer le bout de son nez.

 

Après en avoir discuté avec ses amis Vieux Bob, dont il est le coéquipier à la pêche, et Serge Malkovitch, qui est capitaine de gendarmerie, Niels décide d'aller voir Malik pour qu'il lui refasse un site à la page.

 

Quand il se rend à la cabane de Malik, la porte est entrouverte et celui-ci n'est pas là. Tout y est sens dessus dessous; ses ordinateurs ont disparu; il découvre même une grande tache de sang sur le plancher...

 

Niels appelle Serge qui, à la tête de la Section de Recherches de Montpellier, enquête. Lorsqu'ils se revoient, Niels se souvient que Malik a une cabane de pêche, prêtée par leur autre ami Alex, le restaurateur.

 

Ils s'y rendent. Malik n'y est pas non plus, mais ils y trouvent le cadavre d'un homme. Serge renvoie Niels chez lui où il a la surprise de trouver la porte entrebâillée avant d'être littéralement assailli par Lizzie.

 

Lizzie est la fille de Vieux Bob et partage la vie de Niels depuis peu, enfin quand elle n'est pas partie. Niels se demande toujours pourquoi cette jeune journaliste a jeté son dévolu sur lui. Elle doit aimer les vieux cons...

 

Lizzie et Niels d'un côté, Malko et son équipe de l'autre, recherchent Malik disparu. Cela vaut bien des tribulations à Niels, le narrateur, féru de littérature nipponne et plein d'humour, de ce polar romanesque.

 

Le sang irlandais qui coule dans ses veines n'est sans doute pas étranger à sa ténacité face aux avanies: Il [faut] se battre, jusqu'au bout. Ne jamais s'avouer vaincu, jusqu'au dernier souffle. Never surrender. 

 

Si Lizzie est piquante avec lui, délicieusement piquante, redoutablement piquante, elle est pour Niels l'aiguillon qu'il lui faut comme il est pour elle le vieux beau qu'il lui faut, et beaucoup plus qu'un crétin... 

 

Francis Richard

 

Rouge Tango, Charles Aubert, 320 pages, Slatkine & Cie

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11 avril 2020 6 11 /04 /avril /2020 22:15
La Volupté des yeux, d'Alain Favarger

La grandeur de la nature fait du bien aux yeux, disait Thomas Mann dans son journal. La grandeur de la nature n'est pas la seule à avoir cet effet sur ceux d'Alain Favarger.

 

Dans ce livre, l'auteur invite à partager sa Volupté des yeux lorsqu'il voyage ici ou là, lorsqu'il regarde des films ou des oeuvres d'art, lorsqu'il habite des livres, petits ou gros.

 

La vue n'est certes pas le seul sens à procurer du plaisir, mais elle a ce pouvoir de le faire à distance ou à proximité, dans la réalité ou l'imaginaire, dans l'instant ou la réminiscence.

 

Dans ce livre, ce pérégrin invite au voyage en Suisse (chez lui) et dans les pays qu'il aime l'Italie (au Lac Majeur), l'Écosse (à Édimbourg), la France (au Mont Ventoux et à Paris).

 

Dans ce livre, ce regardeur propose d'aller en des lieux qu'il aime, des églises ou des musées, où se trouvent tableaux ou installations dus à des artistes anciens ou modernes.

 

Dans ce livre ce regardeur donne à voir ou revoir des photographies de Willy Ronis, Sally Mann ou Jacques Thévoz, des films de Visconti, Chabrol ou Serebrennikov.

 

Dans ce livre, ce lecteur incite à habiter avec lui La Recherche de Proust, les romans de Duras, qui ont tant marqué sa génération (des années 1950), ou les oeuvres de Perec.

 

Ses yeux sans malice le conduisent à revisiter son propre passé, éloigné ou proche, à confier des souvenirs intimes ou à dire ce qu'il retient d'actualités plus ou moins récentes.   

 

Comme il a le don de rendre compte avec élégance et précision de ce qu'il voit ou revoit, qu'il a une dilection pour l'exquise beauté, il en met plein les yeux et c'est un compliment.

 

Francis Richard

 

La Volupté des yeux, Alain Favarger, 276 pages, Éditions de l'Aire

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9 avril 2020 4 09 /04 /avril /2020 22:55
Sam, d'Edmond Vullioud

Avant, tu n'étais déjà pas bavard, après, tu ne le fus plus du tout.

 

Après la mort de sa mère, Samuel est devenu muet. Dès lors il a été considéré par tous les gens de sa ville comme l'enfant imbécile ou le crétin municipal. S'il ne parle plus, ou très peu, il dessine à la perfection.

 

Il est devenu le souffre-douleur de son père qui ne s'est pas remis de la disparition de sa femme. Il est devenu la proie du fils du pasteur, un peu plus âgé que lui, à la fois flatté et furieux de ne pas savoir lui dire non.

 

On lui a dit que la vengeance est un vilain sentiment. Cela ne l'empêche pas de l'éprouver et de passer à l'acte, mais d'une manière tellement indirecte qu'elle ne peut être comprise par ceux qui en sont l'objet.

 

Ce qui peu à peu le sort de son mutisme, c'est la reconnaissance que lui vaut son don pour le dessin. Doué d'une mémoire visuelle hors du commun, il restitue sur tous supports ce qui s'offre ou s'est offert à ses yeux.

 

Ses vengeances, au lieu de l'enfoncer, le font échapper sans qu'il le veuille à la maltraitance et à l'abus. Le dessin, puis la peinture, lui valent une reconnaissance comme artiste et, du coup, une certaine indépendance.

 

Cette indépendance, toute relative donc, est l'occasion pour lui de découvertes sur l'existence qu'il n'aurait pas faites autrement. Mais, moins mutique, il se rend compte du confort que procure le fait d'être mal considéré.

 

Il vaut mieux en quelque sorte être pris pour un imbécile et ne pas l'être que l'inverse... Quoi qu'il en soit il est impressionné par la devise de l'institution pour enfants comme lui, où il a été placé pendant un temps:

 

Tout ce qui mérite d'être fait mérite d'être bien fait.

 

En matière d'art, cette devise, il la fait sienne. En matière de vie personnelle, c'est autre chose, car, s'il l'applique dans certains domaines, dans d'autres il se montre plus malin et chanceux qu'aspirant à la perfection.

 

Le tutoiement de Sam dans le récit, qui se déroule avant, pendant et après la Grande Guerre, le rend proche, mais il reste lointain par l'emploi d'expressions de l'époque, remarquablement restituée, qui sont désuètes.     

 

Francis Richard

 

Sam, Edmond Vullioud, 432 pages, BSN Press

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Présentation

  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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