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19 décembre 2019 4 19 /12 /décembre /2019 18:00
Cristaux de songes, de Catherine Dubuis

Cristaux de songes est un recueil d'une cinquantaine de textes, de deux à trois pages, tout au plus. Ces textes parlent des joies et des peines, des jours et des nuits, dont la vie de personnes de tous âges est faite en ce monde.

 

L'emploi des mots cristaux et songes dans le titre est bien trouvé parce que la brièveté est exigeante. Il faut en très peu de lignes cristalliser une histoire en excitant son imagination, puis inviter le  lecteur à en combler les lacunes.

 

Ces histoires se caractérisent par le dévoilement d'une intimité, puisque dans chacune d'elles le lecteur accède aux pensées de celles ou de ceux qui en sont les acteurs. Leurs situations banales en deviennent singulières.

 

Dans ces pensées il y a souvent des choses que l'on ne peut, ou ne doit pas, dire, qui demeurent donc au fond de soi. Elles contribuent à l'apprentissage et au for intérieur, qui se font à la faveur d'échecs et de réussites.

 

Le côté obscur de ces textes, ce sont les amours enfuies et attentes déçues, les humiliations et frustrations, les peurs et occasions manquées, les vieillissement et deuil, les apparences trompeuses et promesses non tenues.

 

Leur côté lumineux, ce sont les plaisirs charnels (la tétée, le bain, la jouissance involontaire...), les désirs et soulagements, les parfums et beautés naturels, les réelles métamorphoses et les surréalités nées de l'esprit.

 

La conclusion de la première d'entre elles, Sommeil, prépare au microcosme libératoire de Catherine Dubuis, qui est le sien bien sûr, mais en lequel tous ceux et toutes celles qui écrivent se reconnaîtront, peu ou prou:

 

Qui sait? A force de les ignorer, ces histoires, surgies à la marge du sommeil et de la veille, se lasseront peut-être d'envahir mon esprit. Ou alors, un beau matin, oui, très beau, je trouverai l'énergie d'enfin les coucher, comme des femmes, dans le lit blanc d'une page blanche.

 

Francis Richard

 

Cristaux de songes, Catherine Dubuis, 128 pages, L'Aire

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14 décembre 2019 6 14 /12 /décembre /2019 23:30
Peu importe où nous sommes, d'Antoinette Rychner

Antoinette Rychner dédie Peu importe où nous sommes à ses fils:

 

Au vaillant Aloys,

à Benjamin, le dernier né.

 

L'histoire vraie de ce livre est la survenance, un jour de septembre 2018, de la leucémie de Burkitt qui frappe son aîné de cinq ans, alors que son frère n'est encore qu'un bébé de trois mois.

 

Le tutoiement que l'auteure emploie dans son récit s'adresse à son dernier né, pour que, sans doute, il sache un jour ce qui s'est passé et combien il aura compté pour elle dans ces moments difficiles.

 

Le plus difficile dans de telles circonstances est l'incertitude qui précède le diagnostic, puis l'organisation à mettre en place, enfin la nécessité de tenir le coup alors qu'il y a tant à faire.

 

Les solidarités naturelles ne leur font pas défaut à elle et au père: nombreuses sont les personnes qui vont les aider. Et, quand le père ne peut être là, elle trouve en elle le ressort pour tenir.

 

Car une routine finit par s'installer. Le père passe les nuits avec le grand frère à l'hôpital. Elle dort avec le dernier né dans la maison de famille qui se trouve à proximité. Ils ne font que se croiser:

 

Nous n'avons d'autre possibilité que de reléguer le relationnel, l'émotionnel ou nos prérogatives de couple à notre vie future.

 

La chimiothérapie doit durer six mois, c'est-à-dire au total six cures. Le temps passe. L'hôpital et les personnes qui s'y trouvent, personnel médical, patients, familles, lui deviennent familiers.

 

Aussi, quand la petite famille est autorisée à rentrer chez elle pour un premier congé d'un jour et demi, avant la troisième cure, se sent-elle incapable de s'occuper seule du petit malade.

 

Le même désarroi se manifeste lorsque le deuxième congé, d'une durée de plusieurs jours cette fois-ci, est autorisé pour préparer les fêtes de fin d'année à la maison. L'auteure alors s'alarme:

 

Je ne sais comment appréhender autant d'autonomie; j'ai peur de tout repenser; peur du changement tout simplement.

 

Quinze jours avant Noël, après la quatrième cure de chimiothérapie, son compagnon et elle doivent faire face à une nouvelle libération, de vingt jours consécutifs, autant dire un siècle...

 

Ils ne sont qu'à mi-parcours et elle n'en peut déjà plus. Ils ne sont d'ailleurs pas au bout de leurs peines, car les problèmes de santé sont imprévisibles et les font passer par des hauts et des bas:

 

Moralement, nous avons besoin de nous accrocher à une échéance même conditionnelle.

 

Ils sauront affronter les choses et le médecin reconnaîtra l'effort extrême que lui aura coûté leurs batailles, ce qui irriguera longtemps son auto-estime et sa confiance en ce que peut [sa] famille.

 

A l'issue du protocole, si la maladie n'est plus détectable, on parle de rémission. Après cinq ans sans récidive, de guérison, leur a-t-on dit au début de ce parcours de septembre 2018 à février 2019...

 

Francis Richard

 

Peu importe où nous sommes, Antoinette Rychner, 160 pages, éditions d'autre part

 

Livres précédents:

Le prix, Buchet-Chastel (2015)

Devenir pré, éditions d'autre part (2016)

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13 décembre 2019 5 13 /12 /décembre /2019 18:00
Le Casting, de Philippe Lamon

Top Baby Kids Fashion organise un grand casting pour les bébés, âgés de zéro à trois ans: les dix les plus craquants gagneront avec leurs parents une semaine merveilleuse de shooting professionnel tous frais payés à Djerba.

 

En lisant cette annonce dans le magazine, auquel elle est abonnée, la belle Many, femme au foyer, se dit que ce serait une belle opportunité pour sa fille Zia et pour le couple qu'elle forme avec Sylvain.

 

Comme elle l'explique à celui-ci, qui a un job de dingue chez Prosper & Bloomberg (il finit souvent très tard), ce serait une façon pour lui de [s']investir un peu plus pour Zia et de rompre la routine de [leur] couple

 

Attention: ce ne sera pas un concours de beauté de mini-miss comme il en existe aux États-Unis, mais un rendez-vous tendresse, une expérience unique à vivre en famille, une fête de la vie qui commence.

 

Many et Sylvain ont rendez-vous au restaurant avec leurs amis Maude et Florent. Tout semble réussir aux premiers, y compris leur fille Zia, tandis que les seconds sont à la peine, y compris avec leur fille Chloé.

 

Les deux couples sont amis - Maude et Many sont amies d'adolescence - et néanmoins rivaux: ils n'ont pas le même train de vie social, pas la même manière d'éduquer leur fille, pas la même apparence physique.

 

Le Casting de Top Baby, auquel Many convainc Maude d'inscrire Chloé, ne va rien arranger à leur longue rivalité. Pour rompre la routine des couples, il n'y aura rien de tel et qui se sent délaissé regardera un peu ailleurs.

 

A l'occasion de ce concours révélateur, Philippe Lamon fait une satire de l'époque dans ses aspects les plus triviaux, où le paraître et le dévoilé ont plus d'importance que l'être et l'intime, comme sur les réseaux sociaux... 

 

Francis Richard

 

Le Casting, Philippe Lamon, 230 pages, éditions cousu mouche

 

Livres précédents:

Baba au rhum (2016)

Comment j'ai vengé ma ville (2013)

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7 décembre 2019 6 07 /12 /décembre /2019 22:30
2148 Liberté, de Robin des Champs

Dans ce volume, qui commence à l'automne 2149, la situation de la planète a encore empiré avec la prolifération du virus H15N11. Les États, au dirigisme centralisé, sont incapables de l'enrayer et se révèlent impuissants à faire face à la phase de récession sanitaire, économique et sociale sans précédent qui en résulte.

 

Sur une population mondiale de 14,8 milliards d'individus, 4,6 milliards ont été atteints par la maladie et 1 milliard sont décédés. En raison de la hausse des températures, due à une catastrophe, une majorité de cette population vit dans des villes souterraines, tandis qu'une minorité de marginaux vivent dans des cavernes.

 

A la surprise des scientifiques, le virus mute et donne un sursis à l'humanité qui aurait dû disparaître en six mois au rythme où ont été enregistrés les décès qu'il a provoqués. Mais les humains  mutants, qui sont rapidement en train de récupérer leurs facultés, vont peut-être faire disparaître les humains non mutants...

 

Depuis l'IPN Law de 2118, loi d'interdiction de procréer naturellement, les enfants sont créés par des moyens techniques élaborés afin d'obtenir des individus les plus parfaits possibles. En conséquence les individus de sexe masculin sont devenus relativement rares, n'étant plus utiles que pour leurs gamètes mâles.

 

(Certains individus sont créés avec les deux sexes...)

 

La population mondiale est donc majoritairement de sexe féminin, servie par des robots qui effectuent des tâches de plus en plus complexes. Ce sont les apparatchiks qui, sans vergogne, sont évidemment les bénéficiaires de cette société, où il est tenu davantage compte de l'intérêt du groupe que de celui des individus.

 

Ce qui va encore modifier la situation, c'est qu'une sociétaire, Isabelle, et un marginal, Alain, tous deux atteints par le virus H15N11 enfreignent l'IPN Law, en procréant un enfant, qui sera inévitablement atteint par le virus. Non seulement ça, mais, insoucieux de l'intérêt général, ils fuient à bord d'un voilier.

 

Les fugitifs sont faits prisonniers par une vedette bleue sombre caractéristique du fameux groupement de surveillance des comportements civiques: le GS3C. L'enfant, une fille, naît en captivité. Ses parents la prénomment Liberté, alors que les autorités la baptisent H15N11 Alpha, comme un vulgaire produit.

 

Seulement le nouveau-né n'est pas un produit, et non plus un nouveau-né normal: les autorités ne soupçonnent pas les effets que le virus a eus sur son organisme, pendant la grossesse de sa maman. Sinon ils auraient pris plus de précautions avec cet être monstrueux, car c'est une entité biologique et informatique...

 

Robin des Champs tire toutes les conséquences de cette apparition sur la planète de ce petit être hors du commun. L'avènement de Liberté arrive à point nommé et bouleverse la donne. Le lecteur comprend alors pourquoi l'auteur a mis en épigraphe deux citations d'Ayn Rand et une autre de Margaret Thatcher.

 

Francis Richard

 

PS

L'auteur peut être contacté à l'adresse mail suivante: robindeschamps69@gmail.com

 

2148 Liberté, Robin des Champs, 298 pages, Robin des Champs

 

Volume précédent:

2148 (Requiem Écologie) (2017)

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6 décembre 2019 5 06 /12 /décembre /2019 21:15
Anamnèse, de Salvatore Minni

N'oublie jamais qui tu es... est un mantra qui revient à de nombreuses reprises dans Anamnèse où le lecteur a du mal à distinguer le vrai du faux, la réalité de la fiction.

 

Il faut dire que l'héroïne, une soi-disant Marie, ne le laisse pas en repos. C'est une psychanalyste, qui, forte et fragile, a du mal à trouver son équilibre mental dans l'existence...

 

On le serait à moins, vu les symptômes qui sont les siens: Des cauchemars récurrents, des hallucinations auditives. Ce n'était pas bon signe. Elle le savait mieux que personne.

 

Mais, comme on dit, ce sont toujours les cordonniers qui sont les plus mal chaussés. En l'occurrence, l'adage ne fait pas exception à cette règle qui est de portée universelle.

 

C'est bien souvent dans le passé qu'il faut chercher la cause d'un tel mal-être, mais à condition que le patient ne soit pas dans le déni ni dans le fantasme en l'évoquant.

 

Le mantra ci-dessus, sur l'identité, se loge dans l'esprit de Marie, mais celui-ci est aussi le siège d'une dualité que personnifie le dieu Shiva, dieu destructeur puis créateur.

 

Son père, Luc, lui a rapporté du Tibet, une statuette de ce dieu, dont le nom seul n'est déjà pas sans avoir une profonde influence sur elle au point de la hanter dans ses songes.

 

Un certain Paul, qui ne lui dit pourtant rien, prétend qu'amoureux d'elle il l'a connue sous le prénom de Vanissa, peut-être son double, et qu'elle l'a laissé endosser un crime...

 

Tout le monde est bien sûr imaginatif mais les psys ne le sont-ils pas davantage encore que les autres, ne serait ce qu'à force d'entendre tout ce que leur racontent leurs patients?

 

Si l'auteur ne donnait pas les clés des songes de Marie au cours de son récit et, surtout, à la fin, le lecteur de ce thriller serait complètement perdu et traumatisé à son tour.

 

Car le récit est jalonné de morts aussi bien rêvées que réelles, survenues dans des conditions propres à glacer le sang de n'importe quel lecteur, normalement constitué.

 

Peut-être que le point final lui aura permis de faire la part des choses, dont celle qui revient à la pathologie de la praticienne dans cette histoire, mais ce n'est pas une certitude...

 

Francis Richard

 

Anamnèse, Salvatore Minni, 288 pages, Slatkine & Cie

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5 décembre 2019 4 05 /12 /décembre /2019 19:00
Dynastie, de Vincent Kappeler

Vincent Kappeler écrirait des petits livres cocasses. Est-ce bien le qualificatif approprié? On peut en douter. Car Dynastie est un roman, ou pas, plus que cocasse.

 

Dynastie est l'histoire des vingt-six rejetons d'Archibald Zonzon, dont le patronyme est déjà tout un programme. Car faut-il rappeler les définitions de zonzon?

 

Un zonzon peut être aussi bien un bourdonnement qu'une prison (en argot) quand il est substantif. D'aucuns, confondant le mot avec zinzin, y voient un adjectif signifiant fou.

 

Quoi qu'il en soit, Archibald est né avec une anomalie improbable, une langue de taille adulte, qui ne s'appropria véritablement sa bouche que vers l'âge de 16 ans.

 

En regardant une émission de télévision, où il faut deviner des lettres qui apparaissent, s'étant trompé, ce jeune homme, au développement tardif, se trouve un destin:

 

Il aurait autant d'enfants qu'il avait eu du mal à prononcer chacune des lettres de l'alphabet.

 

Pour mener son projet à bien, il lui faut trouver une fille sans ambition et si possible en échec scolaire. Parmi ses camarades de classe, Claudine sort largement du lot.

 

Après deux chapitres d'introduction, les suivants donnent la parole à chacun des vingt-six enfants du couple qui sont tous de vrais Zonzon, sauf deux d'entre eux, les jumeaux.

 

Leurs destins sont similaires à celui de leur père, c'est-à-dire qu'il leur arrive à tous des aventures qui, fort heureusement, ne sont pas celles que connaît le commun des mortels.

 

Quand ils ne souffrent pas d'une anomalie, ils sont suffisamment inventifs pour se comporter comme s'ils en avaient une, ou pour se l'infliger, si d'autres ne les en affligent pas.

 

Les prénoms de chacun des enfants commencent dans l'ordre par une lettre de l'alphabet, de A à Z donc. Il y a, si l'on excepte les jumeaux, autant de filles que de garçons.

 

Alors, ce livre jubilatoire est-il un roman? Ne serait-ce pas plutôt un recueil de nouvelles, avec juste quelques liens entre elles, des liens de parenté, dans un registre burlesque?

 

En tout cas, lecteur sérieux s'abstenir. Car rien ne l'est dans ce roman, à commencer par le nombre d'enfants nés d'une seule femme et pour finir par ce qu'il advient de sa lignée.

 

Francis Richard

 

Dynastie, Vincent Kappeler, 128 pages, L'Âge d'Homme

 

Livre précédent chez le même éditeur:

Loin à vol d'oiseau (2015)

Les jambes d'abord sont lourdes (2017)

Love stories (2018)

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30 novembre 2019 6 30 /11 /novembre /2019 07:00
Emprise fatale, de Suzy Heim

A Saint-Tropez, le vicomte Amaury de Chastenay flâne dans le quartier de la Ponche à la recherche d'une proie.

 

Ce prédateur, qui veut faire de sa proie son animal de compagnie et l'initier à ses déviances ne trouve pas là son bonheur, mais dans un orphelinat de Genève. Et ce n'est pas sur un petit garçon que ce veuf en mal d'enfant jette son dévolu mais sur une petite fille.

 

Cette petite fille, de père inconnu et de mère pute, s'appelle Yvette Grognuz. Elle a dix ans quand elle est adoptée par le vicomte. Cette adoption est une aubaine pour l'un comme pour l'autre: elle devient riche héritière sous le prénom d'Ambre et il devient Père.

 

Ambre reçoit la parfaite éducation d'une fille de bonne famille. Père et elle habitent un manoir, à Buchillon. Elle va à l'école à Gilamont, après avoir été mise à niveau par un précepteur. Le seul grain de sable dans cette mécanique, c'est Sacha, un camarade d'école.

 

Jusque-là en mal d'affection, Ambre tombe amoureuse de ce garçon de son âge et partage avec lui ses premiers émois. Père, contrarié dans ses plans, parvient, croit-il, à mettre fin à cette idylle, ce qui renforce chez Ambre ses capacités de fourberie et de nuisance.

 

Père n'est pas un prédateur sexuel pour Ambre. Ce dandy lui révèle préfèrer les garçons et aimer se travestir. Les déviances auxquelles il veut l'initier sont tout autres. C'est un psychopathe, aux pulsions destructrices, fin connaisseur des armes et des poisons.

 

L'initiation d'Ambre, qui veut devenir criminologue, commence à quatorze ans alors que Père et elle fêtent Noël. Elle découvre alors quel père délirant il est et se demande si elle a vraiment envie de suivre sa voie... Mais, comment échapper à son Emprise fatale?

 

A trente ans, Ambre revient sur son parcours, véritable thriller psychologique. D'avoir un bon fond n'empêche pas de succomber à des délires quand l'occasion de rédemption se dérobe. Alors ne reste qu'une solution, celle qu'un certain Sigmund Freud un jour identifia...

 

Francis Richard

 

PS

Pour un exemplaire dédicacé, l'auteure peut être contactée à l'adresse suivante: su.heim@bluewin.ch

 

Emprise fatale, Suzy Heim, 162 pages, ISCA

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26 novembre 2019 2 26 /11 /novembre /2019 18:00
Citadelle de sable, de Frédéric Mairy

Dans Citadelle de sable, Frédéric Mairy, Helvète d'adoption, tente de savoir ce qui le rattache à son pays d'origine, la Belgique. Après avoir écarté patrieracines, il se dit que provenance conviendrait peut-être.

 

Il essaie de ressusciter le portrait mythifié que sa mémoire a gardé de ses grands-parents, Albert et Emma, à qui il rendait visite à Namur avec ses parents, même si c'est une image morcelée, comme celle du pays.

 

Il tente de savoir d'où il provient et ce qu'il y laisse. En faisant ses études à Strasbourg, il aura touché inconsciemment au trait d'union entre son pays natal et celui où il ne peut s'empêcher de rentrer sans y avoir vécu.

 

Un tout autre lien unit les membres de sa famille, tant paternelle que maternelle, le scoutisme, dont la devise est d'être toujours prêts. Il cite alors Shakespeare, qui fait dire à Hamlet: The readiness is all, et il commente:

 

L'essentiel est d'être prêt, non pas à s'entraider, à s'engager, ou à être un citoyen actif, mais à l'avènement du grand départ, notre seule certitude.

 

Avant le grand départ, il y a toutefois l'éternel retour dans ce pays si attachant, une terre magique, peuplée d'esprits facétieux et de fantômes, située aux portes d'un monde auxquelles sans cesse [il reviendra] frapper.

 

Sur cette terre se trouvait la citadelle d'Emma et d'Albert, un parallélépipède au toit plat fascinant, dont ce dernier avait signé les plans et dont les images auront façonné l'auteur comme tant d'autres paysages.

 

Seules les pages impaires de ce livre sont noircies de caractères. Elles sont autant de touches d'une fresque intime qui conduisent à l'essentiel et qui, comme l'écrit l'auteur in fine, débouchent sur ce simple constat:

 

De la bougie, seule danse la flamme, le reste n'est que fumée.

 

Francis Richard

 

Citadelle de sable, Frédéric Mairy, 116 pages, éditions d'autre part

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23 novembre 2019 6 23 /11 /novembre /2019 23:30
Vol 417, de Marie-José Imsand

Le titre, Vol 417, fait référence à un vol de renvoi, ou d'expulsion, d'étrangers et à la votation 417 du 4 décembre 1994 dont l'objet était la loi fédérale sur les mesures de contrainte en matière de droit des étrangers, acceptée par le peuple suisse par 72,9% des bulletins valables.

 

Dans son roman, qui se passe en décembre 1995,  Marie-José Imsand donne la parole à plusieurs narrateurs au sujet de l'application, un an plus tard, de ces mesures de contrainte, qui sont, entre autres, la détention, puis le renvoi, ou l'expulsion, de requérants d'asile.

 

Le point de vue le plus radical est celui d'Alberto Rosso, tenancier d'origine italienne d'un bistro, le Magenta (comme le nom de son village), qui, un matin, de colère, prend ses clients en otages pour leur faire comprendre la violence que représente une séquestration.

 

Par là même, Alberto Rosso entend protester contre l'arrestation d'amis immigrés de son immeuble, qui ont été expulsés à l'aube, et faire savoir au peuple suisse que c'est une indignité. Il le fait en mémoire de son père qui a perdu sa santé en travaillant ici jour et nuit sur des chantiers...

 

Parmi les otages, il y a Célia Magda, trente-trois ans, divorcée. Mais elle est soupçonnée d'être la complice d'Alberto Rosso, parce que son petit ami fait partie du groupe d'immigrés qui habitent l'immeuble du tenancier à Lausanne et qui ont été arrêtés à cinq heures du matin.

 

Célia enseigne le français à des migrants dans un centre d'accueil. L'an passé, à l'occasion de la fête de fin d'année, elle et son petit ami, un jeune Roumain, se sont connus, évitant dès lors de fréquenter les lieux publics afin d'échapper aux regards jugeant leur différence d'âge.

 

Le jeune Roumain raconte les conditions cruelles de sa détention au centre administratif de détention de Frambois dans le canton de Genève, tout près de l'aéroport. Il n'est pas le premier à s'y retrouver depuis la votation 417, l'étape suivante étant de quitter la Suisse par vol spécial.

 

Charles Edward Sun, psychiatre, dans le cadre de l'enquête sur l'affaire du Magenta, pris d'assaut et détruit par la police, rédige un rapport et prend des notes personnelles pleines d'empathie pour Célia Magda, qu'il interroge et qui lui relate ses amours avec son bel homme de l'Est.

 

Ces points de vue convergent et soulignent le caractère inhumain de la procédure de détention puis de renvoi des étrangers arrêtés, qui, en l'occurrence, ne sont pas des criminels, mais qui sont - c'est le pire - traités comme tels lorsqu'ils sont embarqués pour leur vol spécial.  

 

Francis Richard

 

Vol 417, Marie-José Imsand, 104 pages, BSN Press (sortie le 21 novembre 2019)

 

Livres précédents chez le même éditeur:

Le musée brûle (2016)

Affaires étrangères (2018)

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17 novembre 2019 7 17 /11 /novembre /2019 23:45
Révolution aux confins, d'Annette Hug

Révolution aux confins est un roman inspiré de l'histoire vraie de José Rizal (1861-1896), poète et médecin, qui fit des études à Madrid et Paris, puis passa deux années en Allemagne avant de rentrer aux Philippines.

 

En février 1886, José Rizal arrive à Heidelberg, où il devient l'assistant du professeur Otto Becker, directeur de la clinique universitaire d'ophtalmologie, qui lui a été recommandée comme étant la meilleure de la ville.

 

A la brasserie Gulden, il fait la connaissance d'étudiants dont les passe-temps favoris sont de boire de la bière et de croiser le fer dans une arrière-salle, où il va aider un médecin, le Dr Immisch, à recoudre les têtes ou les visages...

 

Venu pour parfaire son allemand et réviser un roman, Noli me tangere, qu'il a entrepris à Madrid et poursuivi à Paris, à la demande de son frère, il se lance dans la traduction d'une pièce de Schiller en tagalog, sa langue maternelle.

 

Après avoir retravaillé son roman, il se rend à Leipzig dans le but de le faire imprimer. Ensuite il en enverra les deux mille exemplaires à Manille par bateau, clandestinement, pour échapper à la censure espagnole.

 

La pièce de Schiller que son frère Paciano préfère est Marie Stuart, mais, à Leipzig, il se met plutôt à traduire Wilhelm Tell. La lecture de cette pièce faisant fondre en lui-même les paysages suisse et philippin...

 

Le tagalog est certes sa langue maternelle, mais les mots des anciens sont très profondément enfouis, et parfois Rizal n'en perçoit plus que le son vague et lointain. Or il n'existe pas de dictionnaire allemand-tagalog...

 

Annette Hug, qui a appris le tagalog, fait le récit, en connaissance de cause, de cette traduction et transposition, ainsi que de l'épopée de Guillaume Tell et des conjurés du Grütli à partir desquels Schiller a écrit sa pièce.

 

Rizal, venu de la colonie espagnole des Philippines, a commencé ses études à Madrid. La République [en Espagne] renaîtra de ses cendres, dit alors en secret le professeur Miguel Morayta, à la conférence duquel il assiste.

 

A ce moment-là, Ryzal pense que son pays est très loin d'une révolution, mais [qu'] il lui faut des réformes; et [que] celles-ci sont possibles. [...] Il s'agit de commencer par les petites choses... Il n'a donc rien d'un insurgé.

 

Plus tard, bien que ses espoirs [reposent] sur la science, l'éducation populaire, l'amélioration des conditions d'hygiène, on prétendra, qu'il est le chef de l'insurrection menée en août 1896 par une confrérie secrète, le Katipunan...

 

Rizal n'avait pas pensé à ce mot pour traduire l'alliance dans le Guillermo Tell...

 

Francis Richard

 

Révolution aux confins, Annette Hug, 208 pages, Zoé (traduit de l'allemand par Camille Luscher)

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14 novembre 2019 4 14 /11 /novembre /2019 23:55
Remise du Prix des Écrivains Vaudois à Étienne Barilier, au Cazard, à Lausanne

Ce soir a eu lieu, au Cazard, à Lausanne, la remise du Prix des Écrivains Vaudois à Étienne Barilier, en  présence d'Isabelle Falconnier, déléguée à la politique du livre de la Ville de Lausanne.

 

Ce prix est décerné à un auteur membre actif de l'Association [des Écrivains Vaudois], pour l'importance de son oeuvre.

Suzy Heim

Suzy Heim

Dans son introduction, Suzy Heim, présidente ad interim après la démission en septembre 2019 de Sylvie Ulmann (élue en mars 2019), rappelle que l'AVE , l'Association vaudoise des écrivains, n'en est pas à son premier remous, ni peut-être à son dernier.

 

Créée le 11 novembre 1944, il y a 75 ans et trois jours, elle en a en effet connu quelques-uns.

 

Son premier président, Paul Budry, a ainsi adressé une réponse vive, avec prière s'insérer, à un journaliste, qui, dans le journal L'Action du 17 novembre 1944, avait rendu compte de sa création en des termes peu amènes.

 

L'AVE, créée pour défendre les intérêts des écrivains vaudois, a aussi dû remettre, en 1950, son premier Prix des Écrivains Vaudois à titre posthume à son lauréat, William Thomi...

 

Même si les statuts de l'AVE ne précisent pas que les femmes y sont admises (comme le soulignait le journaliste épinglé par Paul Budry) et qu'une seule femme (sur onze) a obtenu le prix entre 1999 et 2019, sept (sur onze) l'ont obtenu entre 1989 et 1998...

 

L'AVE a développé d'autres activités: les Journées du livre vaudois (où Georges Simenon fit une apparition en 1962), un Concours littéraire, la revue Sillages, des visites d'écrivains dans les classes etc.

 

Suzy Heim remercie plus particulièrement Sabine Dormond et Olivier Chapuis qui, en alternance, ont assuré la présidence de l'AVE de 2011 jusqu'à 2019...

 

Pour en revenir au Prix des Écrivains Vaudois décerné ce soir, Suzy Heim donne les noms des trois autres nominés, dans l'ordre alphabétique: Anne Brégani (seule présente), Anne-Frédérique Rochat (absente parce qu'également comédienne, elle est en répétition) et Marie-Laure Zoss (souffrante).

Sylvie Blondel

Sylvie Blondel

Sylvie Blondel a l'heureuse tâche de présenter le lauréat. Elle rappelle d'abord qu'il est l'auteur d'une thèse de doctorat ès lettres sur Albert Camus, avec lequel il a des affinités.

 

Elle rappelle ensuite qu'il est l'auteur d'une cinquantaine de romans, nouvelles, contes, essais (littéraires et philosophiques) etc. et qu'entre 1980 et 2011, il a reçu six prix littéraires.

 

Elle dit enfin un mot sur trois des romans d'Étienne Barilier, Un Véronèse (2010), Ruiz doit mourir (2014) et Dans Khartoum assiégée (2018), dans lesquels il exprime, de façon différente à chaque fois, toute la complexité, et tragédie, du monde.

Suzy Heim et Étienne Barilier

Suzy Heim et Étienne Barilier

Étienne Barilier

Étienne Barilier

Dans ses remerciements, Étienne Barilier remarque qu'il ne peut, à son âge, voir dans ce prix un encouragement à écrire comme ce pourrait être le cas d'un prix destiné à récompenser un jeune auteur.

 

Il y voit donc plutôt un encouragement à continuer une oeuvre où effectivement il exprime toute la complexité, et tragédie, du monde.

 

L'homme veut en effet assouvir trois désirs qui peuvent le pousser à commettre le mal: le désir de domination, le désir de jouissance et le désir de possession. Mais n'est-ce pas au fond par soif de reconnaissance?

 

Étienne Barilier termine en dédiant son prix à sa femme, qui, pour des raisons de santé, n'a pu être présente à la cérémonie.

Lilou et Christian Campiche

Lilou et Christian Campiche

Pendant la soirée, le duo El Campiche & Lilou interprète des intermèdes musicaux qui sont, parfois, de véritables récitals, et où la musique est de Christian Campiche, tandis que les paroles sont souvent, mais pas toujours, de son cru...

 

La soirée se termine par un apéritif dînatoire suivi d'un gâteau d'anniversaire...

 

Francis Richard

Gâteau d'anniversaire (Photo de Preux)

Gâteau d'anniversaire (Photo de Preux)

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10 novembre 2019 7 10 /11 /novembre /2019 23:30
La Sterne, d'Adelmo Venturelli

Je regarde Évane. En détaillant son visage plutôt allongé, je trouve tout à coup qu'il ressemble au profil pointu et mince de celui d'une sterne, raconte Francesco Fabiani.

 

Évane - c'est sa mère agonisante qui l'y a poussée - est partie de Montréal, au Québec, pour Lausanne, en Pays de Vaud. Elle y va à la fois pour travailler comme infirmière à l'hôpital, faire la connaissance de son père, Francesco Fabiani, et fuir un amant brutal et possessif, Zacharias.

 

La mère d'Évane, trente-deux ans plus tôt, l'âge d'Évane, a fait l'amour une seule fois avec Fabiani et s'est retrouvée enceinte de lui sans qu'il le sache jamais. Peu avant d'être emportée par un cancer, elle a révélé à sa fille cette paternité surprenante puisqu'elle est lesbienne.

 

Le moyen de savoir si Francesco est bien le père d'Évane, c'est de faire tous deux un test ADN. Seulement Francesco est fortuné et l'irruption dans sa vie d'une fille, alors qu'il n'a pas eu d'enfant, est problématique, psychologiquement pour lui et matériellement  pour ses héritiers.

 

Personne, parmi ses proches, ne souhaite qu'il fasse ce test, qu'il s'agisse de sa soeur ou de Fabien, l'un de ses deux neveux qui gèrent avec lui la fortune immobilière héritée de son grand-père, et même de sa compagne Azzia que ces derniers ont convaincue de faire pression sur lui. 

 

Sinon, Francesco est à la retraite. Il écrit des romans, mais n'a jamais été publié. En dehors de cela, il a un hobby, l'ornithologie. Aussi, pour faire connaissance avec sa fille présumée, lui donne-t-il rendez-vous à l'île aux Oiseaux sur la plage de Préverenges, à l'ouest de Lausanne.

 

En raison de la ressemblance d'Évane avec l'oiseau gracieux, un des personnages la surnomme La Sterne, si bien qu'après avoir observé des moineaux qui picorent sur le rebord de sa fenêtre, elle se dit: Je suis certainement destinée à un brillant avenir d'ornithologue, moi, la sterne.

 

Dans un tel contexte, tous les éléments d'un drame sont réunis, d'autant que Zacharias annonce sa venue imminente en Suisse pour ramener Évane au Canada, de gré ou de force, alors que, très mâle, il fait toujours de l'effet à la belle: c'est toute l'ambiguïté de leurs rapports.

 

Quand le drame survient, Adelmo Venturelli, qui fait parler tour à tour Évane, Fabio et Flavien, avec quelques menus retours en arrière dans le temps, induit en erreurs le lecteur, qui, jusque dans les dernières pages, se demande par qui il a bien pu se produire dans la roselière lémanique.

 

Francis Richard

 

La Sterne, Adelmo Venturelli, 220 pages, Pearlbooksedition

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8 novembre 2019 5 08 /11 /novembre /2019 21:45
L'Ode et le Requiem, de Maeva Christelle Dubois

Il refusait l'idée de la vieillesse et du déclin. Il refusait catégoriquement l'idée même de la Mort. Il voulait atteindre la grandeur, jamais il n'accepterait de se résigner. Jamais.

 

Kenshi, Ken, est un comédien de trente-deux ans dans cette disposition d'esprit. Il vient de la capitale. Son professeur, Frédéric Mori, Fred, lui a demandé de faire un voyage pour changer, sans quoi il ne pourrait jamais jouer mieux.

 

Ken est donc parti pour le pays natal de Frédéric, une région désertique et méconnue, l'Albe, un pays de neige et de sapins noirs, un chant silencieux de Mort et de désolation, à la pointe Nord de laquelle se dresse une montagne.

 

Il s'agit du Mont de Nivée, que les hommes du Hameau appellent parfois la Nivéale: A l'image du perce-neige, la Nivéale fleurissait dans le chaos des mois les plus sombres comme fleurirait une rose diaphane aux matins de mai.

 

Ken est venu au Hameau pour apprendre à vivre une vie simple comme l'eau et le vent, une vie que ses habitants, d'une légèreté aérienne, considèrent comme sans importance. Car leur conception singulière de l'existence est la beauté:

 

C'est-à-dire la force de s'élever au-dessus de sa propre vie pour la contempler en silence.

 

Ken le veut de toutes ses forces, mais, pour y parvenir, il sait qu'il doit vaincre son arrogance, devenir modeste, vivre au rythme ennuyeux de la Nivéale, la montagne sacrée, qui est apaisante et dont l'écosystème régit toute la région.

 

En cette fin d'hiver, quand il débarque au Hameau, il est le seul client de la pension. L'aubergiste Mortimer Démant lui fait bonne accueil mais laisse transparaître son doute qu'il puisse trouver ici la rédemption à laquelle il aspire.

 

Le problème est que les habitants ne sont guère enclins à l'aider à faire cet apprentissage: ils ne sont pas liants, c'est le moins qu'on puisse dire. Ils semblent satisfaits de leurs petites vies tranquilles qu'ils estiment pleinement remplies.

 

La rencontre avec l'énigmatique Chara, une musicienne de dix-huit ans, qui joue L'Ode et le Requiem, lui permet finalement d'entrevoir la possibilité de concilier beauté et grandeur. Ne serait-ce pas une manière élégante de s'en sortir?

 

Francis Richard

 

L'Ode et le Requiem, Maeva Christelle Dubois, 212 pages, Les Éditions Romann

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Présentation

  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.

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