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14 août 2009 5 14 /08 /août /2009 22:45

Dans un mois l'hiver se terminera dans l'hémisphère sud et l'on peut déjà prendre une première mesure de ce qui s'y est passé pour ce qui concerne la grippe A/H1N1.

Comme c'est l'OMS [Organisation mondiale de la santé] qui a mis cette grippe au niveau d'alerte 6 (ici) - phase pandémique - le 11 juin dernier (ici), il est intéressant de connaître les chiffres (ici) de la prétendue pandémie annoncée, selon la même OMS : A la date du 6 août 2009, il y avait un peu moins de 180'000 (177'457) cas recensés dans le monde dont un peu moins de 1'500 (1'462) décès.

Certes la saison de la grippe va bientôt commencer dans les pays européens, mais on peut déjà dire que la grippe A/H1N1 semble moins virulente que prévue et qu'elle n'apparaît pas se propager davantage que les grippes saisonnières habituelles.

En avril 2009, l'OMS publiait un aide-mémoire sur la grippe saisonnière (ici). Dans ce document on pouvait lire :

Au niveau mondial, ces épidémies annuelles sont responsables d'environ trois à cinq millions de cas de maladies graves, et 250 000 à 500 000 décès.

Il est bon d'avoir ces chiffres présents à l'esprit pour raison garder et ne pas céder à la panique qui semble gagner les esprits, parmi les plus hauts placés.

Selon l'OMS toujours (ici) :

Une pandémie de grippe est un phénomène rare mais récurrent.

Il y en a eu trois au vingtième siècle :


- la grippe espagnole en 1918 : 40 à 50 millions de morts dans le monde
- la grippe asiatique en 1957 : 2 millions de morts
- la grippe de Hong Kong en 1968 : 1 million de morts

Autant hier je me suis montré critique à l'égard de la TSR (voir mon article Les commentaires fielleux de "Temps Présent" sur les sanctifications ), autant je me dois de rendre hommage aujourd'hui à la RSR (Radio suisse romande) qui a donné mardi dernier et ce matin la parole à des voix discordantes sur le sujet de la grippe A/H1N1.

Dans le Journal du matin du 12 août 2009 de La Première (ici), parole a ainsi été donnée au médecin français Martin Winckler [son vrai nom est Marc Zaffran] (photo ci-dessus tirée de son site ici), qui enseigne l'éthique à l'Université de Montréal au Québec et qui a écrit le best-seller La maladie de Sachs, porté à l'écran en 1999, sous le titre éponyme, par Michel Deville, et dont voici la bande annonce :


La Maladie de Sachs- Bande annonce FR

Que dit Martin Winckler ? 

L'industrie pharmaceutique avait besoin d'une menace de pandémie pour justifier la vente d'un certain nombre de médicaments (...) Bien entendu une pandémie ce pourrait être très embêtant sur le plan économique. Bien entendu on a joué là-dessus pour accentuer la panique. Il n'en reste pas moins que matériellement il n'est pas possible de fabriquer les vaccins pour vacciner tout le monde contre une pandémie qui aurait lieu cet hiver. C'est une escroquerie.

Il ajoute :

La peur n'a pas seulement des retombées sur les vaccins mais sur la consommation médicale en général. Plus les gens ont peur plus ils vont voir le médecin, plus ils consomment de médicaments.(...) Il y a un jeu sur les fantasmes qui est très important, un jeu sur la peur ancestrale de l'épidémie.

Il évoque la peste, le choléra, l'origine animale des grippes, les légendes et conclut que :

 

C'est très facile de créer une panique dans la population et c'est très facile de créer une panique chez les politiques qui ont peur qu'on leur reproche de ne pas avoir pris les précautions nécessaires pour protéger leur population. Du coup c'est très facile de les manipuler en leur disant : commandez-nous donc des vaccins. Alors ils les commandent.

Puis, dans le Journal du matin du 14 août 2009 de La Première (
ici), parole a ainsi été donnée à Marc Gentilini (photo ci-contre tirée du site de La Première), spécialiste des maladies infectieuses, membre de l'Académie française de médecine, ancien président de la Croix-Rouge française.

Marc Gentilini est surtout choqué par la disproportion des moyens mis en oeuvre contre la grippe A/H1N1 dans le Nord alors que par exemple il y a dans le monde - plus particulièrement dans le Sud - un million de morts par paludisme chaque année et 200 000 morts d'enfants chaque semaine : 

On consacre beaucoup d'argent à des fléaux annoncés mais qui ne sont pas réalisés. C'est le cas de la grippe A. (...) Les responsables politiques ont très peur d'être accusés de laxisme, ont peur qu'on leur reproche ce qui s'est passé en France en particulier pour la canicule en 2003 ou pour le sang contaminé pour le SIDA quelques années plus tôt. Tout cela fait que les décisions qui sont prises ne sont pas des décisions rationnelles. 

Vient alors ce passage que je ne peux manquer de rapprocher de ce qui se passe pour le réchauffement climatique :

Elles [ces décisions] sont prises sous l'impulsion d'experts en chambre qui agissent à partir de modèles qui sont déterminés par un certain nombre de gens, qui aboutisssent à des catastrophes, à la programmation de catastrophes. Or ce qui nous manque ce sont des gens de terrain. Nous ne critiquons pas du tout les décisions prises par les pouvoirs publics mais j'appelle l'attention de ceux-ci sur les comptes qu'ils pourraient être amenés à rendre. Car pécher par défaut est une faute, mais pécher par excès peut en être une autre.

Francis Richard

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Published by Francis Richard - dans International
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Ben Palmer 16/08/2009 20:10

Dans le contexte de la grande réforme du système de santé initiée par Obama:
"Ce qui intrigue les americains de toute couleur politique est le soupçon que presque tout, pas seulement le gouvernement, est manipulé par la même main puissante et invisible."

"Cette manipulation date de plusieurs années déjà, elle est la conséquence du remplacement d'un marché relativement libre par l'intervention progressive de l'état. Quand le gouvernement a beaucoup de pouvoirs,ceux qui ont les bonnes connexions ont un avantage sur les autres pour influencer la politique.

[Ce phénomène] illustre la "première loi de l'économie politique" de Steven Horwitz: "Personne ne déteste le capitalisme autant que les capitalistes". Dans le cas en question, les grandes entreprises veulent donner forme à - et profiter de - ce qui sera inévitablement une réforme interventionniste des services de santé."

Source: http://www.reason.com/news/show/135407.html

Francis Richard 16/08/2009 21:09


Merci beaucoup pour ce commentaire : la citation que vous faites confirme que lorsque le marché est faussé par l'intervention de l'Etat en faveur de ceux qui peuvent le corrompre, le premier lésé
est le consommateur, c'est-à-dire tout le monde.

Je mets en hypertexte le lien que vous mettez en source pour faciliter sa consultation par l'internaute : http://www.reason.com/news/show/135407.html


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  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), je travaille dans les ressources humaines et m'intéresse aux arts et lettres.
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