Jeudi 9 juillet 2009
Le 14 mai dernier, Uli Windisch, [photo ci-contre tirée du site de l'Université de Genève ici], professeur de sociologie à l'Université de Genève, Unige, écrit un article dans le Nouvelliste en tant qu'invité du journal valaisan [ voir mon article Uli Windisch, sociologue, a dit la vérité, il doit être exécuté ]. Il commet ce jour-là deux erreurs impardonnables aux yeux de la gauche, qui cherchera dès lors à avoir sa peau :

- il s'en prend au socialisme de la démagogie et des bas instincts
- il signe ès qualité de professeur en sociologie, communication et médias de l'Université de Genève

Dans mon article lié plus haut je cite abondamment l'article incriminé et explique que la lecture qui en est faite, ici ou là, est partielle et partiale, volontairement ou non, que l'auteur n'a en somme fait que dire la vérité. Seulement toute vérité n'est pas bonne à dire, surtout quand elle consiste à mettre le nez des socialistes de tout poil dans leurs cacas nauséabonds.

Uli Windisch  a en effet dénoncé dans son article la volonté fanatique des socialistes de vouloir changer l'homme bon gré, mal gré, pour son plus grand bien, avec pour aboutissement logique l'instauration de totalitarismes, qui, au XXème siècle, ont pris les deux formes achevées, et cousines, du nazisme et du communisme, caractérisés par l'extermination des Autres. Puis le professeur de l'Université de Genève s'en est pris aux outrances verbales envers la Suisse du socialiste Peer Steinbrück, le ministre allemand des finances, et a fait la démonstration de ce que cela donnerait si on lui répondait sur le même ton.    

Les propos d'Uli Windisch vont être qualifiés d'excessifs par Bernard Morard, le doyen de la Faculté des sciences économiques et sociales de l'Unige. Christian Levrat, président du Parti socialiste suisse, va demander au Conseiller d'Etat socialiste Charles Beer, en charge de l'Instruction publique de la République genevoise, et au recteur de l'Unige, Jean-Dominique Vassali, de prendre position. Ce dernier va obtempérer, en dépit de ses dénégations, en saisissant de l'affaire le Comité de déontologie de d'éthique, fraîchement constitué.

La sanction, dévoilée avant-hier soir par la RSR (ici), est tombée, près de deux mois après la publication de l'article :

Dans une lettre reçue hier à son domicile, le professeur Ueli Windisch a reçu l'avis du rectorat de l'Université de Genève concernant ses propos provocateurs dans le quotidien "Le Nouvelliste" du 14 mai dernier. Une information originale de la rédaction genevoise de la RSR.


La chronique était notamment signée de son titre de professeur en sociologie. Cette référence et les propos n'ont pas vraiment plu au rectorat. Si l'Université de Genève reconnaît la liberté d'expression au spécialiste des médias, elle lui demande désormais de ne plus enfreindre "le principe de vérité et de responsabilité" quand il engage "le nom et la crédibilité de l'Université de Genève".


Philippe Barraud écrit hier sur son site, Commentaires.com (ici) :

Uli Windisch, professeur de sociologie à l'Université de Genève, ne devra plus utiliser son titre lorsqu'il signe des articles polémiques dans la presse. C'est une sorte de punition molle, une sanction ad personam puisque, sauf erreur, elle est sans précédent dans l'histoire de l'institution genevoise.

Philippe Barraud trouve que :  

C'est surtout une mesure absurde. Par définition, une personne qui s'exprime publiquement le fait es qualité, et c'est en général pour cela qu'elle est appelée à le faire par les rédactions.

Pour ma part, je concluerai par ces quelques remarques :

- Uli Windisch est suffisamment connu pour ne pas avoir besoin d'accoler son titre de professeur à son nom.
- Le rectorat n'a pas cédé aux demandes de la gauche qui voulait la peau du professeur, c'est-à-dire son interdiction professionnelle, et c'est l'essentiel. Cela aurait porté un sacré coup à la liberté académique.
- Par complaisance molle envers la gauche, le rectorat a tout de même voulu marquer le coup et a demandé au professeur de ne plus enfreindre le principe de vérité et de responsabilité, ce qu'il n'avait pourtant pas fait.
- L'Université de Genève se serait honorée en ne faisant aucune remontrance. Par là même elle aurait montré que la pluralité d'opinions existe bel et bien en son sein et qu'il n'est pas nécessaire d'être de gauche pour avoir le droit d'en porter un titre quelles que soient les circonstances.

Francis Richard
Par Francis Richard - Publié dans : Suisse
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Mercredi 8 juillet 2009
Hier, c'est avec effarement que j'ai lu dans un article du Matin (ici) que les fonctionnaires de l'OFSP (l'Office fédéral de la santé publique) avaient une conception bien particulière de ce qu'est un local fermé.

L'internaute se souvient - ou devrait se souvenir - que la Loi sur la protection contre le tabagisme passif  [que l'on peut télécharger (
ici )], votée par le Parlement le 3 octobre 2008, avait prévu la possibilité d'établissements fumeurs (voir mon article Les Dissidents de Genève ont trois mois pour convaincre ) :

Art. 3 Etablissements fumeurs

Une autorisation d’établissement fumeurs est octroyée sur demande aux établissements

de restauration qui remplissent les conditions suivantes:

a. ils disposent d’une surface accessible au public égale ou inférieure à 80 m2 ;

b. ils disposent d’une ventilation adéquate et sont clairement reconnaissables

de l’extérieur comme des établissements fumeurs;

c. ils n’emploient que des personnes dont le contrat de travail stipule qu’ils

acceptent de travailler dans un établissement fumeurs.

Les établissements fumeurs, dont il s'agissait, dans l'esprit du législateur, étaient des locaux réellement fermés, puisqu'ils devaient être reconnaissables de l'extérieur comme des établissements fumeurs.

Une loi, pour être appliquée, doit faire l'objet d'une ordonnance. Si la loi est votée par les parlementaires, l'ordonnance est concoctée par des fonctionnaires, qui doivent en principe en respecter l'esprit. Avant que l'ordonnance ne soit applicable, encore faut-il qu'elle soit, à l'état de projet, auditée par un certain nombre d'organisations intéressées de près ou de loin à son objet.

Le 23 juin dernier la procédure d'audition du projet d'Ordonnance sur la protection contre le tabagisme passif a été ouverte par l'OFSP et une lettre (
ici) a été adressée aux gouvernements cantonaux, aux organisations faîtières des communes et des villes, aux organisations faîtières de l'économie, aux milieux intéressés (ici). Cette procédure se terminera le 4 septembre prochain.

L'article 2 de l'ordonnance (
ici) est libellé comme suit :

Interdiction de fumer et protection contre le tabagisme passif

1 Sous réserve des art. 3 à 6, il est interdit de fumer dans les espaces fermés:

a. qui ne sont pas uniquement accessibles à un groupe de personnes déterminé;

ou

b. qui servent de lieu de travail, à titre permanent ou temporaire, à plus d’une

personne.

2 Les espaces dont au moins la moitié de la surface du toit ou des parois latérales est

ouverte à l’air libre ne sont pas considérés comme fermés. Peu importe le matériau

dans lequel la cloison est fabriquée et le caractère permanent ou temporaire de celle-ci.


Le rapport (ici), qui accompagne le projet d'ordonnance, explique ce qu'il faut entendre par là  :


La notion d’« espaces fermés » a été interprétée de manière à prendre en considération la protection effective sur la santé. Un espace doit avoir une ouverture d’au moins la moitié du toit ou d’au moins la moitié des côtés pour ne plus être considéré comme fermé. En effet, dans les pièces où seule une paroi ou une petite partie du toit est ouverte, l’air chargé de fumée reste dans la pièce et ne circule pas suffisamment. Les personnes s’y trouvant sont donc presque autant exposées à la fumée que dans un espace complètement fermé. C’est pourquoi l’installation de grandes baies vitrées sur un seul côté de l’espace, de terrasses en grande partie fermées par des bâches ou les espaces longs et étroits avec deux petits côtés ouverts aux extrémités doivent, dans tous les cas, être considérés comme des espaces fermés. Les ouvertures doivent donner directement sur l’extérieur, c’est-à-dire à l’air libre. Dans le cas contraire, comme, par exemple, pour les terrasses de café des centres commerciaux, il s’agit toujours d’un espace fermé.

Le matériel de construction de l’espace fermé, qui peut d’ailleurs être permanent ou temporaire, n’a pas d’importance. Ainsi, des tentes dont les parois sont constituées de bâches sont, par exemple, à considérer comme des espaces fermés, même si elles sont installées pour un temps déterminé.


Dans le Matin d'hier (ici), le journaliste montrait qu'à cette aune-là les terrasses abritées du vent et du soleil et les tentes lors de fête ou de braderie seront considérées comme des locaux fermés, où il sera interdit de fumer. Comme il sera interdit de fumer dans des locaux fermés privés à partir du moment où plus d'une personne assurera le service...

Dans le Matin  d'aujourd'hui (
ici), le journaliste rapporte les réactions des élus à l'article de la veille :

Ah bon ? La loi permet ça ? [ Dominique de Buman (PDC/FR)]
Mais je n'ai jamais voté pour ça. [ Hugues Hitpold (PRD/GE)]
C'est intolérable. La loi était claire. L'administration n'a pas le droit d'aller plus loin. [ Hans Fehr (UDC/ZH)]
Les fonctionnaires font des lois plus ou moins rigoureuses selon leurs opinions. [ Laurent Favre (PRD/NE)]
On n'est pas sorti du cadre, on l'a carrément explosé ! Le but était de protéger les employés contre la fumée passive et on se retrouve à interdire la fumée active dans les mariages. C'est hallucinant. [Yves Niddeger (UDC/GE)]
Pour en arriver là, il aurait fallu avoir le courage d'interdire la cigarette. Mais nous ne l'avons pas fait. Cette loi est un compromis de compromis. Elle était donc très adoucie, mais les hygiénistes de l'OFSP en ont fait un chef-d'oeuvre de technocratie. [ Christophe Darbellay (PDC/VS)]

Les parlementaires auraient dû plutôt avoir le courage de ne pas faire de loi du tout. Car, comme le dit le professeur Philippe Even, le tabagisme passif n'a jamais tué personne ...

Francis Richard

Sur le tabagisme passif, voir notamment mes articles
Le Pr Molimard dit tout ce que vous devriez savoir sur le tabagisme et Le Pr Molimard apporte son soutien aux Dissidents de Genève

La photo provient d'ici

Par Francis Richard - Publié dans : Suisse
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Mardi 7 juillet 2009
Il y a un peu plus de quatre ans maintenant que Jean-Louis Kuffer, journaliste et écrivain suisse, publie sur la Toile Les Carnets de JLK (ici) - traduisez Le Blog de Jean-Louis Kuffer. 

Ce sont des textes d'une longueur inégale, que l'auteur qualifie de notes pour souligner sans doute leur caractère inachevé et, peut-être, solliciter l'indulgence de l'internaute, dont l'auteur n'a pas besoin... L'éditeur n'a pas résisté à la tentation de sous-titrer son livre en jouant sur les mots... de blog et de notes.

JLK écrit aussi bien des notes sur ses lectures, sur le cinéma - il y a une note magnifique sur La vie des autres - ou la peinture, que des notes personnelles sur la vie, tout bonnement ; aussi bien des notes sur le paysage changeant sous ses yeux à La Désirade - où il a installé ses pénates, et qui est située sur les hauteurs de la Rivera vaudoise, d'où il peut deviner Saint-Gingolph - que des ébauches d'ouvrages qui paraîtront ultérieurement en volume.

Riches Heures est le genre de livres qui peuvent se lire d'au moins deux façons : à la hussarde comme je l'ai fait, c'est-à-dire avec gourmandise et sans respirer, presque haletant, ou à la manière d'un gourmet des lettres, comme mon fils aîné sait le faire, en se l'administrant par doses homéopathiques et appliquées et en dégustant.

La première façon a l'avantage de déboucher sur une vue synthétique de l'ouvrage, mais se traduit seulement par quelques impressions et par la mémorisation de quelques passages, qui, par la vertu de cette sélection intuitive, deviennent essentiels pour celui qui procède ainsi. La seconde façon permet sans doute de goûter davantage à la substantifique moelle de l'ouvrage et d'en savourer l'excellence dans ses moindres détails. Elle conduit à des relectures immédiates pour mieux s'imprégner du sens et de la sonorité des mots, tandis que la première façon induit l'obligation de relectures ultérieures, qui ne se feront peut-être jamais.

Les Riches Heures sont un recueil non exhaustif de textes mis en ligne depuis le 5 juin 2005, début de l'expérience réussie par JLK, jusqu'au 1er janvier 2008, ce qui veut - j'espère - dire qu'il y aura un jour une suite, puisque l'aventure continue et que j'ai, comme à regret, refermer le livre après avoir lu la dernière page et les derniers mots. A la demande de Jean-Michel Olivier, directeur du Poche Suisse (ici), édité par L'Age d'Homme (ici), JLK a, pour ce premier tome, sélectionné quelques 2000 textes, pas moinsse...

Lecteur régulier des Carnets, je suis ravi que des notes choisies de JLK aient été rassemblées en recueil. Rien de tel que de se heurter à l'objet qu'est le livre, de le tenir dans ses mains, d'en tourner les pages. Ce n'est pas la même chose que de lire en ligne, la souris à la main...

Que cette réflexion n'empêche pas le lecteur de se muer en internaute pour en lire des morceaux plus récents. Il verra d'ailleurs que JLK régulièrement remet en ligne sur son blog des textes qui y ont déjà fait une ou plusieurs apparitions, comme autant de flash-backs, ou de refrains de sa musique personnelle. Il faut croire qu'il accorde à ces textes une plus grande importance qu'à d'autres. Ce n'est pas insignifiant.

Cette forme de livre est propice aux humeurs et pensées vagabondes du lecteur puisqu'il n'est pas retenu très longtemps par un sujet, ou que ce sujet lui ouvre des horizons insoupçonnés. Comme je suis déjà enclin à m'échapper sur des chemins de traverse quand j'habite un livre...

Ainsi Oblomov, lu et relu sous toutes les lumières, m'a-t-il fait songer involontairement à cet épisode où, lisant le livre éponyme, assis sur un banc de la gare de Lausanne, j'étais tellement englué dans l'indolence paresseuse du héros de Gontcharov que j'ai laissé passer deux trains, que j'aurais dû prendre pour me rendre à Genève, où j'étais attendu...

L'entretien de JLK avec Lucien Rebatet en mars 1972 m'a évoqué bien évidemment l'antre de la rue Le Marois où je l'avais précédé d'une quizaine de mois, jeune homme vert tendre de moins de vingt ans. Le nombre d'années qui m'en sépare me laisse penser que je suis bien devenu, comme JLK, un vieil iguane, ce qui est paradoxal puisque, comme lui, j'étais alors plus vieux, me semble-t-il, que je ne suis aujourd'hui.

JLK a beaucoup lu, beaucoup plus certainement que je ne pourrai lire jamais. Comme j'apprécie sa façon de parler d'un certain nombre d'auteurs que je connais un peu, tels qu'Aymé, Simenon, Chappaz, Chessex, Dostoïevski, Gripari, Mishima, Proust, Soljénitsyne ou Thibon, je suis prêt à le considérer comme un éclaireur dans ma quête d'autres lectures. JLK a d'ailleurs eu la riche idée de dresser en fin de volume une liste de livres... pour lire dans la foulée.

Sans doute est-ce parce que ses jugements littéraires ne sont pas fonction de ses propres adhésions, ni de celles des auteurs qu'il aime, que JLK est crédible :

J'ai et continue d'avoir autant de plaisir à lire et relire Le Traité du style d'Aragon, Les Mots de Sartre ou Matinales de Jacques Chardonne, Nord de Céline.

Comment ne pas suivre l'éclaireur JLK quand il dit en quelque sorte qu'il faut : 

[Ramener] finalement le lecteur à l'essentiel : le sens d'un texte, sa beauté, sa polysémie, sa musique, ses échos à n'en plus finir ?

Pour en revenir aux carnets de JLK, je suis touché quand il écrit :

Ces carnets m'aident à me retrouver, chaque jour après l'autre, c'est le bout de bois flotté à quoi je m'accroche pour ne pas sombrer.

Jacques Laurent, qui m'a beaucoup marqué, parlait, lui, de béquille de l'écriture...

Francis Richard

PS

JLK qui aime lire Cingria, l'auteur des Impressions d'un passant à Lausanne, a intitulé un de ses livres Impressions d'un lecteur à Lausanne...
Par Francis Richard - Publié dans : Lectures d'aujourd'hui
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Jeudi 2 juillet 2009
Le 27 janvier 2009 - c'est rare pour être souligné - le Grand Conseil vaudois approuve à l'unanimité une résolution (ici), déposée le 20 janvier 2009 par le député radical Marc-Olivier Buffat :

Au vu des projets de regroupement des activités TV, radio, web, actuellement à l'étude au sein de la radio télévision suisse romande, le Grand Conseil souhaite que le Conseil d'Etat prenne toute mesure utile pour maintenir l'équilibre historique et actuel entre les pôles radiophoniques de Lausanne et le site de la télévision à Genève, et qu'il intervienne activement et fermement auprès des organes concernés en vue d'éviter tout démantèlement même partiel des activités radiophoniques en matière d'information et d'actualité notamment sur le site lausannois et vaudois.

Que craignent les députés vaudois ? Que la diversité de l'opinion ne soit pas conservée (ici). Comme si elle l'était vraiment aujourd'hui... En réalité, en cette période de crise, ils craignent surtout que des emplois soient supprimés dans le canton de Vaud. Ils ne voient pas que l'entreprise puisse être de moins en moins compétitive dans un environnement médiatique qui a beaucoup changé, notamment avec la progression d'Internet et des offres multiples qui lui font concurrence, en dépit de la distorsion en sa faveur, due à la manne étatique.

Le 19 mars 2009 (ici), la SSR [Société suisse de radiodiffusion et de télévision] (ici) entérine le regroupement redouté par les députés vaudois. Ce regroupement des entreprises se double en fait d'un projet de convergence des médias baptisé UNO.

Le 22 avril 2009 (ici), le Conseil d'administration de la RTSR [Radio télévision suisse romande] décide de confier la direction du projet UNO à Gilles Marchand, l'actuel Directeur de la TSR.

Le 23 juin 2009 (ici), le Directeur général de la SSR, Armin Walpen, qui prendra sa retraite en 2010, annonce que l'endettement de la société risque de passer de 200 à 790 millions. A moins que les recettes n'augmentent, c'est-à-dire que n'augmentent les redevances ou les rentrées publicitaires. Ou à moins que les dépenses ne diminuent, c'est-à-dire que ne soient supprimés des emplois ou des contenus.

Il faut savoir que le budget 2008 de la SSR comprenait 1 milliard 580 millions de recettes, dont 1 milliard 129 millions de redevances de réception et 361 millions de recettes commerciales, et que le déficit 2008 s'est élevé à 79 millions.

Il est curieux que lors de cette dernière annonce, faite par le patron du groupe, il n'ait pas été question du projet de regroupement censé 
permettre d'économiser 10% dans les domaines de support et dans les infrastructures comme le dit Gilles Marchand dans la Lettre d'information 1 de Convergence, qui précise après :

Ces économies seront réalisées au niveau de la région ou au niveau national. Les solutions les plus efficaces seront retenues, de manière pragmatique.

Faut-il croire Gilles Marchand quand il dit dans cette même lettre : ce projet stratégique, basé sur une démarche participative, doit [...] permettre d'anticiper les bouleversements du paysage médiatique. Il doit également permettre de dégager des moyens qui seront réinvestis dans nos offres radio, télévision et internet ?

Toujours est-il que Gilles Marchand explique que ce projet stratégique, dont le comité qu'il préside déposera au Conseil d'administration conclusions et propositions en octobre, est guidé par trois intentions fondamentales :

- Renforcer la visibilité des programmes et gagner en intelligence : il compte sur des collaborations étroites entre radio et télévision pour y parvenir, au milieu des multiples offres du paysage audiovisuel;

- Promouvoir la vitalité de la région romande tant sur le plan national que francophone; 

- Dégager des moyens : nous avons vu plus haut quelles étaient les ambitions que laisse espérer le regroupement.

Gilles Marchand pense que le regroupement des entreprises pourrait être effectif dès le début de l'année prochaine, mais que la convergence des médias devrait se développer sur 5 ans.

Pour élaborer le projet UNO Gilles Marchand a lancé près de 70 groupes de réflexion en interne : ce sont les cadres et collaborateurs de la RSR et de la TSR qui, selon lui, sont les mieux placés pour porter [le] projet et imaginer la future entreprise.

Dans un article de L'Hebdo, daté de ce jour (ici), Patrick Vallélian joue les rabat-joie :

On comprend mieux le mariage forcé entre la TSR et la RSR. Une convergence qui, officiellement, doit donner plus de moyens à la radio et à la TV romande. Mais en coulisses les langues se délient. Elles affirment que, avec la réforme de la SSR, les Romands ont plus à perdre qu'à gagner face à un nouveau big boss de la SSR.

Il ne voit pas l'avenir en rose, mais en sombre :

La rentabilité passera avant le sacro-saint fédéralisme et les exceptions linguistiques [...]. Qui dit alors que Berne n'imposera pas aux Romands de faire leurs achats de séries à Zurich plutôt qu'à Paris ? Ou que les émissions de débat politique devront être centralisées à Berne ? ou le 19:30 à Zurich, comme dans les années 80 ?

Patrick Vallélian se demande si la SSR a vraiment le choix, se référant à ce que dit le professeur Roger Blum, qui enseigne les sciences des médias à l'Université de Berne :

Le groupe ne pourra pas faire l'économie d'une vraie réflexion sur sa mission de service public.

Le journaliste conclut :

Le train de la restructuration est déjà en gare de Berne. La SSR de grand-papa aura vécu.

Plutôt que de chercher midi à quatorze heures ne faut-il pas dire tout simplement que le service public est un mythe, comme L'Institut Constant de Rebecque le démontrait dans une étude publiée le 26 septembre 2007  (ici) ? Un mythe que le marché des médias devenus multiformes se charge de complètement démythifier... L'engagement d'un Gilles Marchand et la force de conviction qui l'anime n'en paraissent que plus pathétiques.

Francis Richard 

L'internaute peut écouter sur le site de Radio Silence ( ici ) mon émission sur le même thème.
Par Francis Richard - Publié dans : Suisse
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Mardi 30 juin 2009
Dans ce livre, publié aux éditions Xenia (ici), Sébastien Fanti, avocat valaisan, nous fait part de son expérience professionnelle dans la défense de personnes supçonnées de ne pas respecter les droits d'auteurs et traquées sur Internet par des sociétés privées.

Il faut dire que les sociétés privées dont il s'agit ne reculent pas devant tous les moyens, même illégaux, pour traquer les pirates du Net, employant finalement des méthodes similaires à celles de ceux qu'ils prétendent combattre, et des logiciels de surveillance, dont l'internaute ignore tout des possibilités techniques.

Sébastien Fanti nous apprend que les adresses IP peuvent être statiques ou dynamiques, mais que dans les deux cas il s'agit, juridiquement parlant, de données personnelles. Or les données personnelles ne peuvent figurer sur des fichiers informatiques qu'en respectant un certain nombre de règles, parmi lesquelles la règle d'or est que les données personnelles d'une personne ne peuvent être collectées à son insu et que celle-ci doit pouvoir y avoir accès pour corrections éventuelles. 

Les sociétés privées en question ne respectent pas ces règles qui permettent de protéger la sphère privée. La lutte contre la fraude n'est en fait qu'un prétexte pour s'enrichir en exerçant un chantage qui consiste à demander aux internautes, peu au fait de leurs droits, voire pas du tout, de payer pour avoir la paix, même s'ils n'ont pas commis d'infraction. Ces sociétés privées proposent leurs services à des organisations de défense de droits d'auteur, auxquelles elles ne versent qu'une petite part des sommes récoltées, la plus grande part leur revenant de droit et constituant leur gagne-pain.

L'auteur, il ne le cache pas, est partisan du téléchargement privé libre, ce qui, pour un défenseur de la propriété privée, est sujet à caution. Il n'en demeure pas moins que les méthodes et agissements des sociétés privées qu'il dénonce sont répréhensibles.

Dans un article, intitulé Pas de pitié pour les voleurs du net, paru le 6 juin dernier (ici), Philippe Barraud se fait le défenseur de telles sociétés privées. S'il a raison de vouloir faire passer à la caisse les voleurs du net, je m'étonne qu'il approuve les procédés employés par de telles sociétés sans passer forcément par la procédure pénale.

Je suis d'autant plus à l'aise pour le dire que je suis bien d'accord avec lui quand il écrit :

Toute production intellectuelle a un prix, et il est normal de payer pour en profiter, de la même manière qu'on paie, tout naturellement, pour les prestations du garagiste, du plâtrier-peintre ou du restaurateur. Au nom de quoi un cinéaste ou un chanteur devraient-ils travailler gratuitement ?

Quand la loi Hadopi a été votée en France, le droit de propriété a été justement invoqué. Il s'agissait de mettre un frein au piratage de masse effectué par les internautes, responsable de la baisse vertigineuse des ventes de disques et de films lors des cinq dernières années, et qui risquait, et risque toujours, de définitivement ruiner ces industries, qui refusent par ailleurs la concurrence et se réfugient piteusement derrière le bouclier de l'exception culturelle pour ne pas se battre.

La loi Hadopi  a été annulée en partie par le Conseil constitutionnel français. Pourquoi ? Parce que cette loi prévoyait la possibilité de couper l'accès à Internet, donc à la libre communication, par une simple décision administrative, émanant d'une autorité ad hoc, dont la France a le secret de création. Le Conseil constitutionnel a rappelé que seuls les tribunaux, dans un Etat de droit, peuvent prendre des sanctions.

A mon sens il serait encore plus simple de résoudre le problème du piratage à la source et de prévoir des abonnements contractuels, souscrits par l'intermédiaire des fournisseurs d'accès, par exemple, comme le suggère Jean Yves Naudet dans un article paru le 7 mai dernier, sur le site libres.org (ici). Tout litige survenant dans l'exécution des contrats relèverait bien entendu des tribunaux. 

Quoi qu'il en soit, même en admettant que cette surveillance opérée par des sociétés privées, pour la défense des droits d'auteur, puisse être légitimée, elle peut également très facilement déborder du cadre de cette défense légitime des droits d'auteur, sans aucun garde-fou. C'est inadmissible. Car la sphère privée, qui n'est qu'une forme du droit de propriété de chacun, doit être protégée. C'est le mérite de ce livre de le rappeler.

Il est d'autant plus dommage que ce livre ne soit pas toujours bien rédigé, qu'il y ait beaucoup de redites, que les passages en anglais et en allemand ne soient pas traduits pour les lecteurs qui ne maîtrisent pas ces deux langues. Mais, tel qu'il est, il nous rappelle que surfer sur Internet n'est pas sans danger et que, si des sociétés privées sont à l'oeuvre pour surveiller vos éventuels téléchargements illicites, il en est d'autres qui peuvent tout aussi bien recueillir impunément nombre d'informations que vous ne souhaitez pas forcément voir utiliser contre vous ou divulguer, sans que vous n'ayez quoi que ce soit à vous reprocher.

Francis Richard
Par Francis Richard - Publié dans : Lectures d'aujourd'hui
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Lundi 29 juin 2009

Nous apprenions hier par la Tribune de Genève (ici) que la Libye du maître-chanteur, et preneur d'otages, Muammar  Kadhafi (photo ci-contre publiée par la TSR ici), avait retiré en 2008 une grande partie de ses avoirs en Suisse.

Si nous en croyons 20 Minutes (ici), les chiffres sont les suivants :

Les dernières statistiques de la BNS montrent toutefois que les avoirs libyens dans les banques suisses ont passé l'an dernier de 5,748 milliards de francs à 628 millions, soit une baisse de 89% ou de 5,120 milliards. Dans le même temps, les placements fiduciaires ont diminué de 54%, passant 812 à 373 millions. La Libye a donc retiré au total 5,559 milliards de francs des coffres helvétiques.

Les communiqués d'agences de presse dans les médias helvétiques commentent :

La Libye concrétise ses menaces à l'encontre de la Suisse (ATS dans 24 Heures du 28.06.09).

La Libye a manifestement mis à exécution ses menaces de sanctions financières contre la Suisse dans l'affaire Kadhafi
(AP dans TSR Info du 28.06.09).  

Cette nouvelle confirme, s'il en était besoin, que la Suisse ne doit pas discuter avec la Libye de Muammar Kadhafi. Pourtant le DFAE (Département fédéral des affaires étrangères) s'obstine à vouloir organiser une rencontre entre le conseiller fédéral Hans-Rudolf Merz, président de la Confédération, et le dictateur libyen. Selon l'ATS (voir Romandie News ici), le nouveau chargé d'affaires suisse ne peut même pas regagner son poste en Libye... où la Suisse n'a plus de représentant diplomatique depuis des semaines.

Il est évident que la Suisse s'est mal défendue et qu'elle n'a plus d'atouts dans son jeu. Il ne lui reste plus qu'à abandonner ses deux ressortissants, empêchés de quitter la Libye, à leur triste sort, ou à accepter de se coucher devant un sinistre potentat, juché sur son tas de sable ... et enrichi par le pétrole jusqu'à épuisement. 

Il est évidemment chaudement recommandé aux Suisses de ne plus s'approvisionner en carburant dans les stations à l'enseigne libyenne de Tamoil...

Si j'en avais les moyens, je passerais volontiers l'annonce suivante dans la presse financière internationale, pour rendre service, et peut-être justice :

Cherche escroc style Madoff pour gérer fonds Kadhafi. Petit modèle suffirait : 5,6 milliards de francs en jeu seulement (contre 13 milliards de dollars). Si ingénieux, possibilité de passer 20 ans au soleil, puis beaucoup plus à l'ombre, tous frais payés, jusqu'à la fin de ses jours ...

Francis Richard


PS du 9 juillet 2009 :

20 Minutes (version suisse et papier) de ce jour publie l'entrefilet suivant intitulé La Libye escroquée de 544 millions :

NEW YORK. La Libye a investi au moins 500 millions de dollars (544 millions de francs) auprès du financier Allen Stanford. Celui-ci est inculpé aux Etats-Unis pour une escroquerie portant sur 8 milliards de dollars (8,7 milliards de francs). Selon la maîtresse du financier, Andrea Stoelker, entendue par la justice, le chef de la Direction des investissements libyens aurait envisagé d'investir une part encore plus grande des réserves de change du pays auprès d'Allen Stanford.

Moralité : il ne faut jamais remettre à demain etc.

Par Francis Richard - Publié dans : Suisse
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Lundi 29 juin 2009
Le collectif pour une relance durable (ici) vient de lancer une pétition (ici) adressée au président de la République française, Nicolas sarkozy, que je signe de mes deux mains françaises et que j'invite l'internaute français à signer de même :

 65 milliards d’euros seront progressivement injectés dans l’économie. 
Nicolas Sarkozy, le 15 janvier 2009

Avec tout le respect dû à votre fonction, Monsieur le Président, ce n’est pas vrai.


D
ès lors que l’État doit financer ses dépenses publiques, ces milliards d’euros ne sont pas injectés mais simplement redistribués. Chaque centime que l’État dépense, il doit d’abord soit le prélever par l’impôt sur les activités de nos concitoyens, soit l’emprunter au détriment des investissements des entreprises. Puisque l’État ne fait que redistribuer de l’argent, nous, signataires, ne croyons pas que l’envolée des dépenses publiques soit efficace contre la récession en cours — pas plus qu’elle n’a permis de sortir les États-Unis des années 1930 de la dépression, ou n’a sauvé l’économie japonaise dans les années 1990.


Pour favoriser le retour de la croissance, notre gouvernement doit plutôt permettre à tous de conserver le fruit de leur travail, d’épargner, d’investir et d’entreprendre. Réduire le fardeau fiscal de tous les particuliers et des entreprises, simplifier la réglementation du travail et réformer l’État pour diminuer la dépense publique sont les bonnes façons de relancer la croissance.

Cette pétition a déjà été signée par :


  • Jean-Pierre Centi, Professeur en Sciences Économiques, Université Paul-Cézanne
  • Pierre Chaigneau, Président, Éclairages Économiques
  • Jean-Yves Naudet, Professeur en Sciences Économiques, Université Paul Cézanne
  • Henri Lepage, Président, Institut Turgot
  • Jörg Guido Hülsmann, Professeur en Sciences Économiques, Université d'Angers
  • Michel de Poncins, Président, Catholiques pour les Libertés Économiques (CLE)
  • Pascal Salin, Professeur Émérite, Université Paris-Dauphine
  • Dr Nouh el Harmouzi, Project Manager, Atlas Economic Research Foundation
  • Jacques de Guenin, Président, Cercle Frédéric Bastiat
  • Emmanuel Martin, Docteur ès Sciences Économiques, Un Monde Libre
  • Jean-Marc Daniel, Professeur d’Économie, ESCP Europe
  • Véronique de Rugy, Senior Research Fellow, Mercatus Center at George Mason University
  • Philippe Lacoude, Vice-President, Algonkian Technologies Inc
  • Frédéric Sautet, Senior Research Fellow, Mercatus Center at George Mason University
  • Vincent Bénard, Président, Institut Hayek
  • Pierre Garello, Professeur en Sciences Économiques, Université Paul Cézanne
  • Serge Schweitzer, Professeur de Sciences Économiques, Université Paul Cézanne
  • Charles Arnoux, Directeur des études du Magistère Journalisme-Communication-Économie, Université Paul Cézanne
  • Mathieu Laine, Avocat, Maître de conférences en philosophie politique, Sciences-Po
  • Bertrand Lemennicier, Professeur de Droit et Sciences Économiques, Université Paris II Panthéon-Assas
  • Guy Plunier, Co-fondateur et Secrétaire Général, Catholiques pour les Libertés Économiques (CLE)
  • Max Falque, Délégué général, International Center for Research on Environmental Issues
  • Nicolas Lecaussin, IREF, Junior Entrepreneur
  • Cécile Philippe, Directrice, Institut Économique Molinari
  • Philippe Simonnot, Directeur, Observatoire de l'Économie Méditerranéenne
  • Bernard Zimmern, Président, Institut Français pour la Recherche sur les Administrations et les Politiques Publiques
  • Anthony de Jasay, Économiste, philosophe
  • Christiane Chavane, Chef d'entreprise, CERESCO
  • Yves Montenay, Président, Institut Culture Économie et Géopolitique
  • Emmanuel Sala, Co-fondateur et dirigeant associé, Seralia
  • Dominique Augey, Professeur en Sciences Économiques, Université Paul Cézanne
  • Gérard Bramoullé, Professeur en Sciences Économiques, Université Paul-Cézanne


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Francis Richard

Par Francis Richard - Publié dans : Economie
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Mercredi 24 juin 2009
Hans-Rudolf Merz a donc fait ami-ami avec Peer Steinbrück (ici et photo Keystone ci-contre, reproduite ici), le ministre allemand des finances, qui compare les Suisses à des Indiens fuyant devant la cavalerie bleue - et qui les menace du fouet, de manière également cavalière, s'ils osent regimber devant ses diktats de socialiste impénitent. Cette comparaison avec les Indiens, d'ailleurs, quand on y pense, n'est pas gentille pour les Indiens, qu'ils soient amérindiens ou indiens tout court. C'est faire d'eux tout de même fort peu de cas...

Il n'y a pas d'accords de double imposition conclus définitivement encore entre la Suisse d'une part et la France ou l'Allemagne d'autre part, mais il y a la volonté affichée du Conseil fédéral de se coucher devant Eric Woerth et Peer Steinbrück, les liberticides ministres des finances, de la France et de l'Allemagne respectivement, pour obtenir de ne plus figurer sur la liste grise, établie par l'OCDE, brandie par ces messieurs comme un épouvantail pour contraindre les prétendus "paradis fiscaux" tels que la Suisse de renoncer aux libertés individuelles qui les caractérisent.

Ces deux pays, France et Allemagne, mauvais élèves de l'économie, en bonne place aux côtés des Etats-Unis, champions comme ces derniers de l'oppression fiscale, s'opposent de manière forcené au secret bancaire (voir mon article
Le non au secret bancaire des mauvais élèves : E.U., France, Allemagne ) en raison de leur interventionnisme économique tout aussi forcené, qui fait fuir leurs créateurs de richesse et qui est par conséquent totalement immoral et inefficace, du moins à moyen et à long terme, même si à court terme il peut faire illusion.  

Il y a fort à parier que le conseiller fédéral Hans-Rudolf Merz, qui a retrouvé un large sourire, a pris goût à cette position couchée, confortable, quoique, par là-même, déshonorante. Il ne serait donc pas surprenant qu'il l'adopte bientôt - comme il l'a fait à Genève devant Mahmoud Ahmadinejad le 19 avril dernier - devant le tyranneau libyen, Muammar Kadhafi, qui, depuis bientôt une année, retient deux otages helvétiques sans autre motif que de venger fiston (voir mon article L'affaire Hannibal Kadhafi ou l'immunité diplomatique par filiation ), un bon bougre qui s'est fait remarquer par la pratique, recommandée dans son pays, de sévices ancillaires (voir mon article L'emploi chez les Kadhafi c'est sévices compris).

Micheline Calmy-Rey lui a montré le chemin (ici) en se rendant en Libye du 27 au 29 mai derniers. Elle a fait des courbettes devant des dignitaires du régime, sans le moindre résultat, parce qu'il ne pouvait s'agir en l'occurrence que de valets sans influence, et sans prérogatives. Elle est donc rentrée bredouille de son escapade, c'est-à-dire sans les deux otages helvétiques, qu'elle a pu tout juste réconforter par sa présence, en leur montrant que le gouvernement ne les avait pas complètement oubliés, mais ne pouvait rien pour eux. Piètre consolation...

Jacques Neirynck, le fameux désormais défenseur de l'eau du robinet (voir mon article Jacques Neirynck aime l'eau du robinet, grand bien lui fasse ! ), loue dans L'Hebdo du 18 juin dernier le courage de la ministre suisse des Affaires étrangères. Il écrit sans rire :

Courage physique, car vous n'étiez pas sûre de ressortir libre d'un pays soumis aux caprices d'un autocrate vindicatif.

Comme si le lâche dictateur libyen était seulement capable de s'en prendre à d'autres personnes que des citoyens lambda, donc sans défense ...

Le conseiller national démocrate-chrétien vante également le courage politique dont la ministre aurait fait preuve en adoptant la règle de forcer la main [au Conseil fédéral] et de subir ensuite les critiques apeurées de l'opinion publique.

En réalité, en se rendant là-bas, elle a montré sa totale impuissance et sa totale incompétence, qui ne restaient plus à démontrer (voir mon article La neutralité inactive de Micheline Calmy-Rey : l'exemple colombien ).

Hans-Rudolf Merz, en se rendant là-bas (ici) à son tour, ne ferait que porter l'humiliation de la Suisse à son comble. Car, de deux choses l'une :
- ou il reviendrait bredouille comme sa collègue du Conseil fédéral
- ou il se coucherait comme il vient de le faire en Allemagne, d'où il semble avoir ramené un souvenir bien doux qui se lit sur ses lèvres.

Dans les deux cas ce ne serait pas très glorieux et le pékin pourrait se dire fort justement :

Tout ça pour ça ? N'aurait-il pas mieux valu baisser son pantalon tout de suite ? On aurait gagné du temps... et peut-être même de l'argent. 

Francis Richard

PS du 25.06.2009 :

Il faut se réjouir de la création de l'Alliance pour une Suisse forte qui regroupe des personnalités de tous les partis bourgeois. C'est ici ! (information en provenance des Dissidents de Genève ici)
Par Francis Richard - Publié dans : Suisse
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Lundi 22 juin 2009
L'Institut Constant de Rebecque (ici) vient de publier une nouvelle étude intitulée  Charge fiscale et droits individuels dans l'OCDE : une comparaison internationale (ici), sous la signature de son délégué, Pierre Bessard, avec un avant-propos du Professeur Pascal Salin.

Cette étude est intéressante parce que pour la première fois les 30 pays de l'OCDE sont classés suivant l'indice d'oppression fiscale qu'ils exercent sur leurs citoyens, à partir d'éléments fournis par l'OCDE elle-même et par la Banque Mondiale. Cet indice part de trois dimensions :

- l'attractivité fiscale
- la qualité de la gouvernance publique
- la protection de la sphère privée financière

Chacune de ces dimensions est déterminée à l'aide de 6 critères.

L'attractivité fiscale dépend ainsi :

- de la charge fiscale totale en pourcentage du PIB
- de l'endettement public en pourcentage du PIB
- du taux standard de TVA
- du taux d'imposition des bénéfices des entreprises
- du taux d'imposition marginal maximal des personnes physiques
- de l'indice d'autonomie fiscale des administrations fiscales infranationales

La qualité de la gouvernance publique dépend ainsi :

- de l'expression et de la responsabilisation
- de la stabilité politique et de l'absence de violence ou de terrorisme
- de l'efficacité du gouvernement
- de la qualité de la réglementation
- de l'Etat de droit
- de la lutte contre la corruption

La protection de la sphère privée financière dépend ainsi :

- du secret bancaire renforcé par la législation
- des dispositions légales relatives au secret ou à la confidentialité qui interdisent ou restreignent la divulgation de renseignements relatifs à la propriété, à l'identité ou de nature comptable
- des conventions d'échange de renseignements fiscaux
- d'échange de renseignements de large portée
- d'échange de renseignements dans toutes les affaires fiscales
- d'échange d'informations bancaires dans toutes les affaires fiscales

L'internaute intéressé par la méthodologie de cette étude en lira avec profit les pages 17 à 19.

Suivant l'indice obtenu sur une échelle de 0 à 10, un pays se trouve dans un des 3 groupes où :

- l'oppression fiscale est relativement faible (indice de 0 à 4,4)
- l'oppression fiscale est moyenne (indice de 4,5 à 5,4)
- l'oppression fiscale est forte (indice de 5,5 et plus)

Dans le premier groupe la Suisse remporte la palme avec un indice 2. Font également partie de ce groupe où l'oppression fiscale est relativement faible - sans être irréprochable - dans l'ordre croissant, le Luxembourg, l'Autriche et le Canada.

Dans le deuxième groupe figurent au bas de l'échelle la Slovaquie et l'Islande (indice 4,5) et en haut les Etats-Unis et le Royaume-Uni (indice 5,3).

L'internaute ne sera pas surpris que la France (indice 5,6) fasse partie du troisième groupe et soit tout de même moins oppressive que l'Allemagne (indice 5,9) ou l'Italie (indice 6), qui détient le pompon.

L'OCDE, en tout cas, en servant d'instrument oculaire à Big Brother pour la promotion de l'oppression fiscale (voir mes articles Le temps de Big Brother G20 ce n'était pas "1984", c'est "2009"  et La Suisse poignardée dans le dos par l'OCDE, dont elle est membre ! ), est sortie de son rôle d'organisation, dont le but est de favoriser le développement économique.

La même OCDE, en 1998, citée par Pierre Bessard, reconnaissait pourtant, alors, que :

La capacité de choisir la localisation de l'activité économique compense les distorsions issues des processus budgétaires des Etats, limitant leur tendance à dépenser et à prélever des impôts de façon excessive.

Comme le rappelle Pierre Bessard :

Dans le secteur privé, la concurrence fiscale implique que tout producteur et tout consommateur peuvent conclure un marché où qu'ils se trouvent. C'est d'autant plus vrai dans un monde où les coûts des échanges ont fortement diminués et où l'information est disponible en temps réel de partout. Les individus peuvent ainsi exercer leur liberté de choix sans restriction. En matière de fiscalité, en revanche, l'individu est soumis sur son lieu de résidence à un pouvoir d'oppression monopolistique. Cette distinction souligne encore une fois la nécessité du plus grand nombre possible de petites juridictions indépendantes facilitant le "vote par les pieds".

La concurrence fiscale tend à limiter le potentiel prédateur du monopole territorial de la force dont bénéficie l'Etat.

Si l'indice d'oppression fiscale de la Suisse est le plus bas des 30 pays de l'OCDE, c'est, entre autres, parce que s'exerce entre les cantons, entre les communes, une concurrence fiscale qui incite les moins bons élèves à s'amender, ce qui ne va d'ailleurs tout de même pas jusqu'à l'imposition zéro.

Pierre Bessard a raison de souligner que limitation de la pression fiscale et prospérité vont de pair :

Le résultat le plus évident de la concurrence fiscale est son impact bénéfique sur l'épargne, puisque des impôts moins élevés encouragent l'accumulation de capital. Il en résulte davantage d'investissements, d'emplois et de prospérité.

La définition des "paradis fiscaux" donnée par l'OCDE est floue :

Ils englobent aussi bien des juridictions à relativement faible imposition que celles connaissant des opérations non imposées, une confidentialité bancaire poussée ou encore refusant d'appliquer les lois d'autres juridictions sur leurs propres territoires.

Quelle que soit leur définition ils ont un effet bénéfique sur les capitaux qui peuvent être alloués aux investissements les plus productifs et un effet limitatif de l'assujetissement excessif à l'impôt :

Les gouvernements d'Etats à forte imposition les combattent en raison des limites qu'ils posent à leur pouvoir de relever de façon discrétionnaire la pression fiscale sur leurs résidents les plus productifs. 

Il n'est pas étonnant dans ces conditions que les pays de l'OCDE les plus acharnés à combattre les "paradis fiscaux" soient ceux qui ont les indices d'oppression fiscale les plus élevés, parmi lesquels se trouvent les trois mauvais élèves que sont, dans l'ordre croissant des indices, les Etats-Unis, la France et l'Allemagne (voir mon article Le non au secret bancaire des mauvais élèves : E.U., France, Allemagne  ).

Au contraire des listes de l'OCDE, le classement des pays par indice d'oppression fiscale n'est pas arbitraire et ne favorise pas les puissants contributeurs. Il correspond simplement à la triste réalité.

Francis Richard

Le dessin illustrant cet article provient d'ici

L'internaute peut écouter sur le site de Radio Silence ( ici ) mon émission sur le même thème.
Par Francis Richard - Publié dans : Economie
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Mercredi 17 juin 2009
L'auteur est encore un jeune homme, mais il a tout de même vécu en Roumanie jusqu'en 1990. Par comparaison, il sait donc de quoi il parle quand il s'agit de capitalisme, lui, le fils de dissident roumain, qui a surtout bénéficié, contraint et forcé, des  bienfaits du socialisme oriental européen dans sa jeunesse.

Comme le nom l'indique, ce livre, publié aux Editions First (ici), est un plaidoyer pour le capitalisme libéral. Il n'est pas destiné aux convaincus, mais à tous ceux - et ils sont pléthore - qui se laissent bercer par les sirènes de l'interventionnisme de l'Etat ou par les détracteurs de l'économie de marché, qui bien souvent s'en prennent à sa caricature.

Dans ce livre didactique l'auteur montre qu'en réalité le capitalisme remonte à la nuit des temps. Au cours des siècles, l'humanité a dû son développement phénoménal, qui s'est accéléré avec la révolution industrielle, aux libertés économiques, c'est-à-dire au libéralisme.  

Il serait plus juste d'ailleurs de parler de libéralismes au pluriel, ce qui révèle bien la richesse de la pensée libérale. L'auteur distingue ainsi le libéralisme constitutionnel, l'économie politique "du droit naturel", l'économie politique "de l'utilité", le libéralisme social et le libéralisme radical. Mais tous ces courants se retrouvent dans la primauté donnée à la liberté, considérée comme un facteur fondamental d'accomplissement moral et social.

Que serait la liberté sans responsabilité ?

Les libéraux ne connaissent que les droits individuels et rejettent toute idée de droits collectifs.

De même la liberté et la propriété privée ne vont pas l'une sans l'autre:

La propriété privée constitue le meilleur support et la meilleure expression possible de la liberté individuelle dans un contexte concurrentiel.

Il est de bon ton de mettre devant le terme de libéralisme des préfixes, dans le but de le discréditer :

Le néolibéralisme est une invention des adversaires du libéralisme. Il n'y a jamais eu de "néo" ni d'"ultra" libéralisme. Comme il n'existe pas de "néostalinisme" ou de "néonazisme". On est stalinien ou non. On est fasciste ou on ne l'est pas.

Au contraire du fascisme ou du communisme, le libéralisme n'est pas une idéologie. L'auteur cite Jean-François Revel, qui dans La Grande Parade, écrivait :


Le libéralisme n'a jamais eu l'ambition de bâtir une société parfaite. Il se contente de comparer les diverses sociétés qui existent ou qui ont existé et de retenir les leçons à tirer de l'étude de celles qui fonctionnent ou ont fonctionné le moins mal.

Le libéralisme serait-il responsable de la crise économique que nous connaissons ? Les lecteurs de ce blog savent qu'il n'en est rien. Nicolas Lecaussin rappelle à son tour que c'est l'Etat américain qui a mis en place une politique d'accès à la propriété totalement insensée et qui a mené une politique monétaire risquée et imprévisible, en pratiquant tantôt des taux trop élevés, tantôt trop bas.

Nicolas Lecaussin a également beau jeu de tourner en ridicule l'accusation selon laquelle les déboires de l'agriculture seraient dus au libéralisme, alors que c'est le secteur le plus subventionné, par conséquent le plus éloigné du libéralisme.

Nicolas Lecaussin n'a aucun mal non plus à montrer que l'économie américaine est très réglementée, ce qui n'a pas empêché, au contraire, la crise d'y éclater :

Les réglementations aux Etats-Unis représentent plus de 75 000 pages d'écriture chaque année dans le Federal Register, 238 351 fonctionnaires (une hausse de 63% depuis 1980) et 40,8 milliards de dollars de dépenses fédérales. Rien que le contrôle des banques et du marché financier phagocyte un budget de 2,3 milliards de dollars par an.

Plutôt que le libéralisme c'est en fait l'étatisme qu'il faudrait mettre en accusation.

L'exemple de la France est particulièrement éloquent. Avec plus 6 millions de fonctionnaires (25% de la population active), la France est un des pays les plus étatisés d'Europe. Et les résultats sont loin d'être mirobolants.

Le taux de chômage y est de 10% en moyenne depuis la fin des années 1970, avec des pics à 14% et un creux à un peu moins de 8%. La France étatisée s'appauvrit :

Notre Etat qui confisque la moitié des richesses créées par les Français compte 11% de pauvres, 1 million d'enfants pauvres, 3 millions de personnes en manque de soins réguliers et 2,6 millions de personnes ayant besoin d'une aide alimentaire.

Comment l'Etat utilise-t-il la moitié des richesses du pays qu'il confisque ? 

Pour partie il joue à l'entrepreneur. Nicolas Lecaussin évoque le désastre de Bull (coût : 6 milliards d'euros), celui du Crédit Lyonnais quand il était encore aux mains de l'Etat (coût : 15 milliards d'euros), les pertes de France Telecom entre 1995 et 2002 (cumul de 68 milliards d'euros de pertes) et... la participation des salariés de la SNCF à des bénéfices qui n'existent pas puisque l'entreprise est sous perfusion permanente (subventions annuelles : 11 milliards d'euros).

Pour partie il gère mal et dilapide l'argent public - les collectivités locales ne valent d'ailleurs guère mieux. En se basant sur les rapports de la Cour des comptes et des chambres régionales, l'addition estimée atteint au bas mot 100 milliards d'euros.

Dans ces conditions il n'est pas étonnant que la dette du pays culmine officiellement en 2008 à 1'200 milliards d'euros, soit 67% du PIB. Ce que ne dit pas le livre, c'est que, de l'aveu même de François Fillon, le Premier ministre français, la dette atteindra bientôt officiellement 84% du PIB. Or les chiffres officiels ne sont même pas fiables. Traduction :

Un jeune homme de 20 ans aujourd'hui peut se dire qu'il aura encore à rembourser la dette de 2008 lorsqu'il aura 70 ans...

Enfin Nicolas Lecaussin fait quelques rappels sélectifs des scandales de corruption politique qui ont émaillé les trente dernières années, au fur et à mesure de l'étatisation massive initiée par les socialistes français au pouvoir dès 1981.

Le comportement de l'Etat français soulève donc le doute sur son aptitude à même remplir ses tâches dites régaliennes telles que la sécurité, la justice et la défense.

Pour sortir de la crise Nicolas Lecaussin prend le contre-pied de tout ce qui se dit ici ou là :

Remettre l'Etat à sa place, voilà l'une des premières solutions. Mais un Etat réduit au minimum. Ce qu'il faut aujourd'hui c'est moins d'Etat interventionniste et moins de dépenses publiques. Sinon, le scénario risque de se répéter.

La conclusion de l'auteur résume l'ouvrage qu'il faut lire pour se désintoxer si besoin est :

"Pour détruire l'Occident, il suffira de pervertir sa monnaie", disait Lénine. Ce ne sont pas les communistes qui ont réussi à la pervertir (la monnaie), mais les mauvaises politiques publiques et monétaires. La meilleure réglementation est faite par le marché lui-même. C'est l'offre et la demande qui régulent l'environnement économique et financier. Et c'est l'innovation et la création des individus qui font vivre l'économie. N'en déplaise à ses détracteurs, aucune intervention de l'Etat ne pourra se substituer à (ou compenser) la vitalité créatrice de l'individu qui a besoin d'un marché libre et concurrentiel.

Francis Richard 


Alternative Libérale (ici) a posté sur Dailymotion un entretien avec Nicolas Lecaussin que je me fais un plaisir de mettre à la disposition de l'internaute :


Par Francis Richard - Publié dans : Lectures d'aujourd'hui
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