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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 10:45
Silence, de Martin Scorsese

Silence de Shūsaku Endō est le livre éponyme du film de Martin Scorsese. Il raconte le retour de deux prêtres jésuites au Japon, à la moitié du XVIIe siècle. Lesquels sont à la recherche d'un aîné disparu dans l'archipel, au milieu des persécutions dont les chrétiens y sont l'objet depuis l'interdiction de leur religion en 1614.

 

En 1640, le père Sebastiaõ Rodrigues (Andrew Garfield) et le père Francisco Garupe (Adam Driver) viennent demander à leur supérieur, le père Allessandro Valignano (Ciaran Hinds) de partir pour le Japon afin de savoir ce qu'est réellement devenu leur professeur et maître, le père Cristovaõ Ferreira (Liam Neeson).

 

En effet, selon certaines rumeurs, le père Ferreira serait mort. Selon d'autres, il aurait apostasié, ce qui, pour les deux prêtres, est tout simplement inconcevable. Alors, ils veulent en avoir le coeur net. Malgré qu'il en ait, le père Valignano les y autorise et les met en relation avec un Chinois de Macao, lequel connaît un Japonais.

 

Ce Japonais, Kichijiro (Yôsuke Kubozuka), est bourré de remords (et bourré tout court) quand le père Rodrigues et le père Garupe le rencontrent. Pour avoir la vie sauve, catholique baptisé, Kichijiro, seul de sa famille, complètement décimée, a apostasié, et, toujours craintif de se dire chrétien, ne s'en remet pas.

 

Avec l'aide de Kichijiro le père Rodrigues et le père Garupe débarquent clandestinement dans un village de chrétiens du Japon. Ces Kakure Kirishitan, chrétiens cachés, sont tout heureux que des prêtres les aient rejoints. Privés de sacrements, telles que la confession et l'eucharistie, ils n'avaient pas d'autre possibilité que de baptiser.

 

Être chrétien à l'époque, au Japon, est très dangereux. Les autorités nipponnes ne supportent pas qu'une religion étrangère rivalise avec leur bouddhisme local. Alors elles l'ont coupée à la racine en privant ses adeptes de leurs prêtres et continuent en les débusquant: si elles soupçonnent des paysans d'en être, elles les obligent à se renier.

 

Leur épreuve du fumi-e est de demander aux suspects de piétiner une image du Christ, faute de quoi ils encourent la mort, eux et leurs proches, dans de cruelles souffrances. C'est ainsi qu'un jour des soldats débarquent dans le village où se trouvent les deux pères jésuites, accompagnés d'Inoue (Issey Ogata), le mielleux Grand Inquisiteur...

 

Il y a plusieurs degrés de vision de ce film, remarquablement réalisé et tourné par Martin Scorsese, que les problèmes de foi et de religion tourmentent (à 14 ans, pour un an seulement il a été séminariste): les prises de vue des êtres et des choses ne laissent pas d'impressionner le spectateur et de l'émouvoir.

 

On peut voir dans ce film une critique d'une religion, le bouddhisme local, qui, du fait qu'elle est majoritaire et de connivence avec le pouvoir, ne supporte pas la concurrence des autres religions, qui, d'une manière ou d'une autre, même inoffensives, même seulement spirituelles, pourraient porter atteinte au temporel.

 

On peut y voir ensuite la lancinante question du martyre: tous les hommes ne sont pas capables de résister à la torture et à la mise à mort, qu'elles soient infligées à eux-mêmes ou qu'elles soient infligées, devant eux, à leurs proches ou à ceux qui leur sont confiés. C'est le problème de la faiblesse ou de la grandeur humaine face aux épreuves.

 

On peut y voir aussi le thème de la trahison heureuse, de l'intelligence avec l'ennemi: il est tellement plus facile de pactiser avec lui que de lui résister, d'autant que pour emporter la conviction l'exemple de quelqu'un qui s'en porte bien est donné avec tous les avantages que procure la servitude comparée à l'exigence de la liberté.

 

On peut y voir enfin l'interrogation de l'abandon par Dieu de ceux qui ont placé leur foi en lui, de son silence devant le mal qui se fait sous ses yeux sans qu'il intervienne. Et l'on peut dès lors se demander si c'est une tentation du Diable ou une parole de miséricorde de Dieu qui souffle à l'un des protagonistes ce conseil devant une image du Christ:

 

Piétine! Piétine! Mieux que quiconque je connais la souffrance. Piétine! C'est pour être piétiné par les hommes que je suis venu au monde! C'est pour partager la douleur des hommes que j'ai porté ma croix!

 

Francis Richard

 

Bande-annonce:

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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 23:55
Sully, un film de Clint Eastwood

Le 15 janvier 2009, il y aura bientôt huit ans, un Airbus de la compagnie US Airways se posait sur l'Hudson avec à son bord 150 passagers et 5 membres d'équipage. Tous eurent la vie sauve. Le commandant de bord s'appelait Chesley Sullenberger, alias Sully.

 

Clint Eastwood, à partir de cette histoire vraie, fait un film à suspense bien que le dénouement soit connu. Et un film roboratif, parce que Sully (Tom Hanks) est comme tous les vrais héros: il n'a pas du tout le sentiment de l'être, mais d'avoir fait son job...

 

Cela fait plus de 40 ans que Sully pilote des avions. Il a donc de nombreuses heures de vol à son actif et c'est cette longue expérience qui va lui permettre de prendre la bonne décision dans le temps très court qui lui est imparti, c'est-à-dire moins d'une minute.

 

Le vol 1549 de l'A320 de l'US Airways à destination de Charlotte vient de décoller de l'aéroport new-yorkais de La Guardia à 15:26. Deux minutes plus tard des oiseaux s'engouffrent dans ses deux réacteurs et les mettent tous deux hors service.

 

Sully et son copilote Jeff Skiles (Aaron Eckhart), dans un premier temps, envisagent de retourner à La Guardia, puis de se poser sur l'aéroport plus proche de Teterboro. Mais, l'appareil perdant trop rapidement de l'altitude, Sully décide d'amerrir sur l'Hudson.

 

Après l'amerrissage, grâce au sang froid de Sully et des autres membres d'équipage, et grâce à l'intervention rapide de plusieurs ferrys, d'hélicoptères et de secouristes, les 155 personnes du vol 1549 sortent vivantes de l'eau glacée du fleuve.

 

Cette décision d'amerrir est toutefois remise en cause par la commission de la NTSB, National Transportation Safety Board, qui, simulations informatiques à l'appui, estime que l'A320 aurait eu le temps de regagner La Guardia, ou, à défaut, Teterboro.

 

Clint Eastwood montre toute l'importance que revêt le facteur humain dans de telles circonstances et ce n'est pas fortuit que les relations de Sully avec sa femme Lorrie (Laura Linney) y jouent un rôle pour en dresser le portrait.

 

Comme c'est un film qui finit bien, qu'il est édifiant - l'action de l'homme confronté aux défaillances de la machine est décisive -, que les personnages sont joués avec beaucoup d'authenticité, le spectateur sort ragaillardi pour un bon moment de l'avoir vu.

 

Francis Richard

 

Publication commune avec lesobservateurs.ch

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13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 22:55
Un juif pour l'exemple, un film de Jacob Berger

Un juif pour l'exemple est un film... exemplaire. Certes il est inspiré du livre de Jacques Chessex, mais c'est une véritable oeuvre de création, où le réalisateur, Jacob Berger, dépeint subtilement ce qui peut apparaître comme le basculement d'une société reconnaissable, alors que c'est en fait le résultat furtif de glissements infimes.

 

L'histoire se passe à Payerne en 1942, en Pays de Vaud, en Suisse, c'est-à-dire au paradis. Une bande de jeunes hommes, admirateurs de Hitler, imaginent de faire un cadeau à leur chef nazi adulé, pour l'anniversaire de ses 53 ans, le 20 avril de cette année-là. Quel meilleur cadeau peuvent-ils lui offrir qu'un Juif mort?

 

Après avoir dressé une liste de candidats à ce rôle de bouc émissaire, ils jettent leur dévolu sur Arthur Bloch (Bruno Ganz), un riche maquignon, fin connaisseur des hommes et des bovins. Et c'est lors d'un jour de foire qu'ils vont l'attirer dans une étable isolée sous prétexte de lui vendre une bête intéressante et le tuer, sauvagement.

 

Comme souvent les chefs de bande font faire le sale boulot par ceux à qui ils commandent. Fernand Ischi (Aurélien Patouillard), le garagiste de Payerne, ne fait pas exception à cette règle. Il survient une fois le coup de grâce tiré par l'un de ses comparses, lequel coup de feu vient conclure des coups de barre de fer qui n'ont pas suffi.

 

Comme il n'est pas concevable d'envoyer le corps de ce Juif à Berlin, avec un emballage cadeau, Fernand Ischi ordonne à ses complices de ce crime organisé de le faire disparaître. Pour ce faire, le corps, suspendu à un crochet, est, à l'aide d'une scie, coupé en morceaux, qui sont mis d'abord dans de grandes boilles, puis immergés dans le lac.

 

Ischi est un personnage complexe. Bon père, il cocole sa fille Elizabeth; mauvais mari, il néglige sa femme et a une maîtresse avec laquelle il fait des choses. A l'instar d'Ischi, les autres personnages du film sont complexes, comme dans la vraie vie. Ainsi les comparses d'Ischi sont-ils des gens simples, attachés à leur terre. Mais, pour eux, leur victime n'est qu'un porc...

 

Arthur Bloch, homme de 60 ans, respire la bonté (il est en colère quand il voit des soldats tirer en l'air pour faire fuir des réfugiés). Il aime la Suisse et a été officier dans son armée. Il s'y croit en sécurité ou ne veut pas croire qu'il puisse y être en danger, même si sa femme Myria (Elina Löwensohn) émet des doutes. En même temps, il a le sens et le goût des affaires...

 

C'est un Jacques Chessex tourmenté qui apparaît dans ce film: en petit garçon de 8 ans  au moment des faits (Mathias Svimbersky), en fantôme, témoin de ces faits, qu'il rapporte sur un carnet, et en écrivain (dans ces deux derniers cas joué par André Wilms), qui meurt à 75 ans, invectivé pour son livre, par un médecin, dans une bibliothèque... 

 

Il est difficile de ne pas relever les anachronismes du film. Mais cela a-t-il vraiment de l'importance, puisqu'il n'a pas la prétention d'être historique ou de délivrer un message? L'essentiel n'est-il pas qu'il pose de vraies questions, qui sont d'une terrible actualité? Peut-être même ces anachronismes contribuent-ils à son intemporalité.

 

Francis Richard

 

NB

 

Ce film, en salles le 14 décembre 2016, est librement adapté d'Un juif pour l'exemple, de Jacques Chessex (Grasset, 2009)

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 22:55
Roman par Polanski

Il y a un peu plus de trente ans, en 1984, Robert Laffont éditait une autobiographie de Roman Polanski, écrite à chaud, alors que tous [ses] souvenirs étaient encore frais et précis. Aujourd'hui, ce livre, Roman par Polanski, est réédité par Fayard, avec un épilogue du 15 novembre 2015. Si les journalistes qui ont dégoisé sur lui en 2009 l'avaient lu, ils auraient évité de dire bien des contre-vérités.

 

Pour ceux qui aiment le cinéma de ce Franco-polonais d'origine juive, c'est un livre important. Il permet de connaître l'homme qu'il a été pendant les cinquante premières années de sa vie (dont il convient de relever quelques traits marquants) et qu'il n'est plus aujourd'hui, même s'il a continué à faire le même métier: On dirait que mon histoire a été écrite par quelqu'un d'autre, quelqu'un, de surcroît, que j'ai à peine connu.

 

En effet, il y a un avant et un après ce livre, et c'est dû à une rencontre personnelle qui a changé sa vie au moment de sa publication: Mon livre n'était pas encore sorti des presses lorsque mon directeur de casting , Dominique Besnehard, me présenta Emmanuelle Seigner . C'est certainement le plus beau coup de casting de sa carrière. Aujourd'hui, Emmanuelle et moi sommes toujours ensemble, mariés, heureux parents d'une fille et d'un garçon.

 

Roman Polanski  s'était marié en 1958 avec Barbara Kwiatkowska et avait divorcé en 1961. Il s'était marié en 1968 avec Sharon Tate, mais celle-ci, enceinte de lui, avait été assassinée en 1969 par la "famille" de Charles Manson. Ce troisième mariage, qui date de 1989, est donc le bon, bien qu'Emmanuelle soit de trente-trois ans sa cadette et bien qu'il ait été mis à rude épreuve en 2009.

 

Né en 1933 à Paris, Roman Polanski retourne en Pologne avec ses parents à l'âge de trois ans. Il n'en a donc que six quand son pays est envahi par les Allemands d'un côté et par les Russes de l'autre, et il en a douze à l'issue de la guerre. Sa mère est enceinte quand elle est déportée par les nazis, et ne reviendra jamais du camp d'Auschwitz, tandis que son père sera rescapé de celui de Mauthausen.

 

Pendant la guerre, les films, qu'il voit avec son argent de poche, deviennent pour lui une obsession: J'adorais le rectangle lumineux de l'écran, le faisceau qui perçait l'obscurité depuis la cabine du projectionniste, la synchronisation miraculeuse du son et de l'image et jusqu'à l'odeur poussiéreuse des fauteuils basculants. Mais plus que tout encore me fascinait le mécanisme du procédé.

 

Après la guerre, à treize ans, il se découvre un talent naturel, lors d'un camp d'été de boys-scouts où il interprète avec succès, en déclenchant des rires ravis, un morceau traditionnel en patois montagnard: Mon sketch n'était pas terminé que je savais déjà que c'était là ce que je désirais faire toute ma vie: jouer la comédie devant un public, le faire rire, mériter d'être au centre de tous les regards.

 

Il lit toutes les pièces de Shakespeare (traduites en polonais). Il passe le concours de l'école d'art dramatique de Cracovie:

Le vice-recteur Wlozimierz Tecza m'apprit que j'avais été recalé en raison de ma petite taille [il mesure 1 m 65]: il n'existait pas assez de rôles pour les gens de mon gabarit.

- Seulement si l'on mesure le talent en centimètres, répliquai-je.

 

Après avoir suivi l'Ecole nationale de cinéma de Lodz et réalisé son premier long métrage Le couteau dans l'eau, il se rend à Paris pour poursuivre sa carrière de cinéaste. Lui, qui contrairement à nombre de ses anciennes connaissances n'a pas versé une larme à la mort de Staline, peut constater sur place: Même la rue de Charonne et son quartier populaire et pauvre aux yeux des Parisiens me parurent d'une prospérité infinie.

 

Perfectionniste, il réalise des films de qualité, mais que ce soit sous le capitalisme ou le communisme, avec un gros budget ou un petit, les maîtres réagissent de la même façon quand un réalisateur prend du retard sur son plan de tournage. C'est-à-dire qu'ils se lamentent, qu'ils font pression et qu'ils le harcèlent, même s'ils admirent les rushes qu'il leur a donnés à voir, parce qu'en attendant les compteurs tournent.

 

Sa vie personnelle est vagabonde jusqu'à ce qu'il rencontre Sharon Tate: J'ai toujours eu le sentiment que, pour éviter la souffrance, le plus simple est encore d'éviter tout engagement profond. Le danger, l'insécurité, sont inhérents à toute relation - je sais que tout attachement affectif comporte un risque de chagrin. Même la possession d'un chien est une invitation à la tristesse puisque la durée respective de l'existence humaine et canine rend la séparation inéluctable.

 

Avec Sharon tout change: Sharon était plus qu'un visage adorable et une silhouette séduisante. Elle m'enchantait par sa perpétuelle bonne humeur, sa nature enjouée et généreuse, l'amour qu'elle vouait aux hommes et aux animaux - à la vie elle-même. Les femmes trop démonstratives, trop pleines de sollicitude, m'avaient toujours mis mal à l'aise, mais Sharon avait tout naturellement trouvé l'équilibre parfait entre l'affection et le tendre souci.

 

Quand Sharon est assassinée à Los Angeles, il se trouve à Paris. Les médias se branchent sur les pires ragots de Hollywood et commencent à produire toutes sortes d'allusions à des orgies, des drogues-parties, et des pratiques de magie noire . C'est complètement faux mais Newsweek ou Time  ne sont pas de reste: L'art de salir sans affirmer par la seule insinuation était utilisé en abondance. Quand la vérité éclate enfin, pas d'excuses: Le mal fait pendant les premiers jours qui suivirent les meurtres n'a pas été réparé.

 

Quand, en 1977, Roman Polanski est accusé de viol sur une mineure d'un peu moins de 14 ans, la meute se déchaîne. Il raconte sa version des faits qui n'a rien à voir avec un viol et tout à voir avec des rapports sexuels illicites et reconnaît: Voilà que pour un instant de plaisir insouciant, j'avais mis en danger ma liberté et mon avenir dans le pays qui comptait le plus pour moi. En tout cas ce qu'il révèle sur la justice américaine, aussi bien dans son autobiographie de 1984 que dans son épilogue de 2015, n'est pas à l'honneur de celle-ci.

 

Ce qu'il dit de la Pologne de l'été 1981 est révélateur et pas seulement de la Pologne d'alors: A presque tous les niveaux de la société, la prodigieuse aspiration à l'instauration d'un système de libre entreprise allait de pair avec une totale ignorance de ce qu'implique un tel système et avec une profonde dépendance à l'égard de l'Etat providence, même affligé de l'effarante inefficacité de sa version polonaise. Les Polonais avaient été conditionnés à attendre de l'Etat qu'il leur fournît des emplois, des logements, le téléphone, le service de santé et tout le reste...

 

A la fin de son autobiographie Roman Polanski écrit: On a répandu sur mon compte tant d'inexactitudes, de malentendus et de véritables calomnies que les gens qui ne me connaissent pas se font une idée entièrement fausse de ma personnalité. La rumeur publique, désormais amplifiée par l'énorme puissance des médias, vous crée une image qui s'attache à vous à jamais - une espèce de caricature qui passe pour la réalité. Je sais ce que je suis, ce que j'ai fait, et ce que je n'ai pas fait. Ce qui s'est passé et ce qui se passe.

 

Il y aura toujours des gens, disait-il alors, qui préféreront la caricature à la réalité: Ma foi tant pis, je leur aurai fourni des matériaux différents. Il disait aussi - c'était la première phrase du livre: Aussi loin que je remonte dans mes souvenirs, la frontière entre le réel et l'imaginaire a toujours été désespérément brouillée. Aujourd'hui elle ne lui apparaît pas aussi trouble: Sans doute parce qu'aujourd'hui je préfère ma réalité. Et parce que l'imaginaire a pris la forme la plus insidieuse qui soit, celle du mensonge:

 

Ayant troublé le contour des faits, le passage des années leur substitua, couche après couche, une "légende noire". Personne ou presque n'interroge plus la réalité, si éloignée et complexe; on lui préfère la fiction romanesque, ivre de mots qui frappent et de couleurs crues. Vrai, ou pas vrai, on s'en fiche: pourvu que ce soit plus bref et plus sexy que les faits.

 

C'est en quelque sorte le Roman de Roman...

 

Francis Richard

 

Roman par Polanski, 510 pages, Fayard

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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 19:00
Les cinq épisodes (pour le moment) de la série Ladies Happy Hour

Le 17 septembre 2015, en avant-premiere, est projeté, au Punk bar, le pilote d'une nouvelle série TV/Web, Ladies Happy Hour.

 

Cette série met en scène cinq jeunes femmes, trentenaires, qui se retrouvent tous les jeudis pour boire un verre dans le bar susnommé pour y parler de leurs relations avec les hommes, sous l'oeil intéressé et amusé de Tiago, le barman du lieu...

 

La série est co-réalisée par Monica De almeida (qui en a eu l'idée) et Marc Décosterd. Ils en sont également les co-scénaristes.

 

Les personnages de cette série sont ainsi décrits sur le site éponyme:

ALEX (Verena Lopes) - La dure à cuire

De caractère fort, elle est franche, parfois un peu dure mais c’est surtout une femme sensible qui se protège. Elle est drôle et n'a pas peur du ridicule.

ESTHER (Elodie Cinquanta) - La sérieuse

Sérieuse, un peu rigide dans son comportement. Elle a énormément de règles qui l’empêchent de profiter pleinement de la vie. C'est une femme saine avec des valeurs bien ancrées.

JESSICA (Laurence Morisot) - La flingueuse

Caractère brutal, parfois un peu mec dans l’âme mais très coquette sur son physique. C’est une maman célibataire endurcie.

KLARA (Marie-Eve Musy) - La douce

Une fille ultra féminine avec un physique très séduisant. Klara est douce et généreuse. Un peu trop rêveuse....c'est une romantique.

MATILDA (Charlotte Deniel) - La sensible

Femme sensible et gentille, trop parfois. Un peu pâte molle dans certaines situations, elle se laisse vite déborder émotionnellement. Son arme, la séduction....

TIAGO (Arthur Lachaize) - L'exubérant

Tiago est le serveur "Gay" du bar préféré des filles. Il a le sens de l’humour, toujours le mot pour rire. Il aime se faire remarquer, très expressif et coquet.... 

 

Cette série comprend (pour le moment) cinq épisodes. Ils ont été diffusés une première fois sur La Télé le lundi soir, du 4 janvier au 1er février 2016, et y sont rediffusés actuellement le mercredi soir.

 

Le format de chaque épisode est court, de 4 à 5 minutes et demie. Ce qui convient très bien à cette série trépidante, produite par Seven Prod, que l'on peut voir aussi sur la page Facebook des Retraites Populaires, qui lui ont accordé leur soutien.

 

En tout cas, ces cinq épisodes tiennent les promesses de leur pilote. Car ces cinq ladies, représentatives de leur génération, sont de bien drôles de dames, dans les deux acceptions du terme: curieuses et amusantes.

 

Toutes les cinq sont en effet séduisantes et intelligentes. Mais cela ne signifie pas que leur quête d'une  vie sentimentale réussie soit couronnée de succès. Certes l'amour est partout. Encore faut-il savoir le trouver. Ce qui n'est pas une mince affaire.

 

Aussi leur arrive-t-il des aventures souvent comiques, voire burlesques. Elles se mettent dans des situations improbables, malgré qu'elles en aient. Et il leur échappe alors des cris du coeur qui sont parfois pathétiques.

 

Pour en juger, le mieux est encore de visionner les cinq épisodes, qui, par la grâce de YouTube, peuvent l'être en cliquant sur chacun d'entre eux ci-dessous.

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17 septembre 2015 4 17 /09 /septembre /2015 21:15
Avant-première du pilote de la série Ladies Happy Hour au Punk Bar

Ce soir a eu lieu la projection du pilote d'une nouvelle série TV/Web, Ladies Happy Hour, au Punk bar, place de l'Europe 9, à Lausanne, en présence des réalisateurs, de quatre des cinq comédiennes, du comédien, et d'une nombreuse assistance...

 

C'est justement ce soir une happy hour, un peu plus longue qu'une heure d'ailleurs, c'est-à-dire littéralement une heure heureuse, au cours de laquelle les verres se remplissent et se vident dans la bonne humeur, en discutant.

 

Dans ce pilote qui dure 4 minutes et demie, on voit au tout début trois amies Klara, Matilda et Esther (Marie-Eve Musy, Charlotte Déniel, absente ce soir, et Elodie Cinquanta) réunies autour d'un verre dans un bar qui n'est autre que le Punk bar et qui se font des confidences à bâtons rompus.

 

Une quatrième amie, Jessica (Laurence Morisot), arrive . Elle tombe à pic parce que Maltilda, éternelle amoureuse, que taquine gentiment le barman, Tiago (Arthur Lachaize), ne se contente pas ce soir-là de lui commander un verre de rouge mais une bouteille entière...

 

Elles attendent une cinquième amie, Alex (Verena Lopes), qui tarde... et qui finit par arriver toute colère. Elle vient de se faire larguer par Hector, par téléphone, à un arrêt de bus, alors qu'elle s'apprêtait avec sa valise à roulettes à le rejoindre à l'aéroport...

 

 

Avant-première du pilote de la série Ladies Happy Hour au Punk Bar

Les préceptes ci-dessus se trouvent sur le site de la série. Ils sont prometteurs... Ils résument dans quelles dispositions d'esprit se trouvent ces cinq charmantes et belles personnes.

 

Ces cinq ladies sont en effet trentenaires et se retrouvent célibataires pour des raisons diverses et variées.

 

L'une de ces drôles de dames, Jessica, prétend que depuis huit ans elle a choisi le célibat, ce qu'elle trouve peinard, top. Une autre lui demande si ce n'est pas plutôt le célibat qui l'a choisie... La même Jessica est prête à tout pour régler son compte à Hector, l'ex d'Alex, même à utiliser un fusil-mitrailleur...

 

Les esprits des ladies s'échauffent contre les mecs. Alex propose même de constituer une ligue de vengeresses... contre les briseurs de coeur. Esther dit qu'elles perdent complètement les pédales. Tiago, qui est gay et qui passe dans les parages à ce moment-là, demande à la cantonade si on ne parlerait pas de lui...

 

Cette série s'annonce donc bien originale, trépidante (il s'en dit des choses en 4 minutes et demie), décalée, miroir de notre époque dans lequel se reflète une génération de jeunes femmes à qui on a inculqué des valeurs qu'elles ont bien du mal à mettre aujourd'hui en pratique... Mais le doivent-elles?

 

Avant-première du pilote de la série Ladies Happy Hour au Punk Bar

Le pilote, visionné ce soir (il est sur YouTube), comme le seront les épisodes suivants, est inspiré de faits réels.

 

Les deux co-réalisateurs, Monica De almeida, qui a eu l'idée de cette série, et Marc Décosterd, en sont aussi les co-scénaristes et font appel à témoins de la vie amoureuse de trentenaires pour leur apporter de tels faits, heureux ou malheureux, qu'ils sauront mettre en valeur avec humour, légèreté et sensibilité, à preuve ce pilote ovationné par l'assistance.

 

On se réjouit donc de voir cette série quand elle sera programmée. En attendant les contributions pour l'enrichir sont bienvenues. Et, même si le point de vue féminin est celui recherché, le point de vue masculin permettra certainement de le corroborer ou de l'infirmer...

 

Francis Richard

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 22:45

L-amour-est-un-crime-parfait.jpgPour être honnête je préfère le théâtre au cinéma. Aussi me faut-il souvent de mauvaises raisons pour me glisser sur un fauteuil dans une salle obscure.

 

De mauvaises raisons? Par exemple, aller voir un film parce qu'il a été tourné dans le canton de Vaud où j'habite, et parce qu'il est tiré d'un livre, Incidences, de Philippe Djian...

 

Le film des frères Larrieu a en effet été tourné sur les hauteurs vaudoises, à Lausanne et au Rolex Learning Center qui est le joyau architectural de l'EPFL d'aujourd'hui. Qui n'a plus rien à voir avec l'école sur les bancs desquels j'ai usé mes fonds de pantalon...

 

Marc (Mathieu Amalric) est professeur de littérature à l'université de Lausanne. C'est un homme mûr, séduisant, dont les étudiantes sont littéralement, et littérairement, coiffées.

 

Un soir, Marc emmène chez lui l'une d'entre elles, Barbara. Il habite un chalet isolé et enneigé, avec sa soeur, Marianne (Karin Viard), avec laquelle il entretient une relation plus que complice, incestueuse. Marc n'a pas besoin d'enseigner à Barbara l'art d'aimer. Elle fait ça très bien d'elle-même. Il faut dire que, de nos jours, dans ce domaine au moins, la valeur n'attend pas le nombre des années...

 

Après cette partie de jambes en l'air dans le nid d'aigle de Marc, Barbara disparaît. Nul ne sait ce qu'il est advenu d'elle. Marc ne semble pas le savoir plus qu'un autre. Pourtant, un jeune inspecteur (Damien Dorsaz) s'intéresse à ses faits et gestes, de manière discrète, très helvétique. Mais, cela ne va guère loin, en apparence.

 

Plus troublante est l'apparition de la jeune belle-mère de Barbara, Anna (Maïwenn). Cette jeune et séduisante personne ne supporte pas bien la solitude: son mari est en mission en Afrique et, maintenant, elle se retrouve seule depuis que sa belle-fille a disparu.

 

Un courant électrique passe entre Anna, en manque d'affection, et Marc. Et ils se retrouvent dans les bras l'un de l'autre à combler leurs grands moments de solitude.

 

Une jeune étudiante de Marc, Annie (Sara Forestier), fille d'un mafieux très influent, le harcèle. Tant bien que mal il repousse ses assauts répétés. Comme elle n'arrive pas à ses fins, Annie se plaint. Et Marc perdrait son job, sans l'intervention de sa soeur Marianne, qui travaille à la bibliothèque de l'université et dont Richard (Denis Podalydès), le supérieur de Marc, est un peu plus qu'entiché.

 

Par touches successives - le scénario est plein de zones d'ombre, savamment entretenues -, le spectateur est convaincu, sans preuves absolues, de la culpabilité de Marc dans la disparition de Barbara. Aussi la question n'est-elle pas de savoir s'il est coupable ou non, mais s'il se fera prendre.

 

La fin réserve d'ailleurs une surprise qui explique le titre du film, clin d'oeil, sans rapport réel cependant, avec un certain film d'Alfred Hitchcock, où il est question de faille. L'amour peut en définitive s'avérer être un crime parfait, puisqu'irréparable...

 

Quoi qu'il en soit, L'amour est un crime parfait est servi par une brillante et convaincante distribution.

 

Plus particulièrement Karin Viard campe une femme on ne peut plus sensuelle et jalouse, Sara Forestier une étudiante allumeuse et chaude, Maïwenn une femme mystérieuse et amoureuse.

 

Mathieu Amalric incarne un personnage à la fois très séduisant et très inquiétant, ce qui semble être chez lui une seconde nature, qu'accentue un regard perdu et exorbité.

 

Aussi est-ce bien une impression mêlée de séduction et d'inquiétude, que l'on emporte après avoir vu ce film, où les décors de fin d'hiver soufflent eux aussi le chaud et le froid.

 

Francis Richard

 

Ce film sort le 22 janvier en Suisse romande.

 

 

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18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 19:15

La-Venus-a-la-FourrureLa Vénus à la fourrure de Leopold von Sacher-Masoch est l'oeuvre la plus connue de l'écrivain autrichien. Dans ce roman, un homme, Séverin, est amoureux d'une statue marmoréenne de Vénus, qui se trouve dans un jardin public.

 

Dans ce jardin, il rencontre un jour une femme hors du commun, Wanda, qui ne s'est donné qu'une règle, celle de n'obéir qu'aux lois du plaisir.

 

Séverin se lie et conclut avec Wanda un contrat par lequel il se soumet entièrement à elle: il sera son valet, son esclave, son jouet. Le masochisme ne vient-il pas de Masoch...

 

En contre-partie, Wanda se vêtira d'une seule fourrure et sera alors pour lui d'une animalité divinement érotique.

 

David Ives, qui a fait une adaptation pour le théâtre de ce roman, a écrit le scénario du film de Roman Polanski.

 

Le film se passe à huis clos. De l'extérieur n'est montré que le théâtre délabré dans lequel il se déroule et qui se situe sur un boulevard arboré de Paris, qui n'est pas sans rappeler le boulevard des Batignolles où se trouve le théâtre Hébertot.

 

Thomas (Mathieu Amalric) est dans la salle de ce théâtre. Il téléphone à sa compagne Marie-Cécile. Il est abattu. Il vient d'auditionner de jeunes comédiennes pour incarner le rôle de Wanda dans son adaptation au théâtre de La Vénus à la fourrure et n'a pas trouvé chaussure à son pied.

 

Vanda (Emmanuelle Seigner) arrive en retard pour l'audition. Pour Thomas il n'est d'abord pas question de l'auditionner. C'est trop tard. Mais Vanda, au prénom prédestiné pour le rôle, arrive à l'entortiller tant et si bien qu'il consent à lui donner la réplique pour les trois premières pages de la partition. Dont Vanda s'est procuré un exemplaire original on ne sait trop comment.

 

Thomas a mis le doigt dans un engrenage. L'audition ne se limite pas aux trois premières pages. Car, finalement, Vanda connaît encore mieux le texte de la pièce que son auteur et le joue de manière époustouflante.

 

A chaque interruption, Vanda ne se prive pas de faire des réflexions sur le personnage qu'elle incarne et sur celui de Séverin et s'insurge contre le caractère sexiste de l'oeuvre, que confirme l'épigraphe de la partition, tirée du Livre de Judith:

 

Et le Tout-Puissant le frappa.

Et le livra aux mains d'une femme.

 

Thomas se défend faiblement: cette épigraphe se trouve dans le roman de Sacher-Masoch. Puis, il explose et lui dit qu'elle n'y comprend rien. Ce qui le surprend d'autant plus qu'elle joue merveilleusement bien la Vénus à la fourrure...

 

Peu à peu, Vanda improvise et, comme dans le roman et la pièce, exerce sa domination physique sur Thomas, qui perd complètement le contrôle de la situation... La fiction théâtrale devient réalité.

 

Les scènes ont vite été sensuelles.

 

Je pense notamment à cet instant où Vanda fait mine de ranger le contrat qui la lie à Thomas en le glissant dans son soutien-gorge et en dévoilant l'aréole d'un sein...

 

Et elles sont même devenues très sensuelles.

 

Je pense au moment où Séverin enfile de longues bottes, qui n'en finissent pas de se refermer par fermeture-éclair, sur les longues jambes de Wanda et au moment où Wanda parvient à mettre des chaussures à talons aiguilles aux pieds trop grands de Séverin...

 

Je pense à tous ces moments où les lèvres de Wanda et de Séverin sont près de s'effleurer et s'écartent tout soudain comme si elles se trouvaient au bord d'un acmé et s'y refusaient pour maintenir le désir...

 

Emmanuelle Seigner passe d'un registre à l'autre avec maestria. Elle est tantôt Wanda, tantôt Vanda, deux personnalités très différentes habitant un même corps.

 

Mathieu Amalric est de même tantôt Séverin, tantôt Thomas. Physiquement on dirait un double de Roman Polanski, en plus jeune. Ce qui est d'autant plus troublant qu'Emmanuelle Seigner est Madame Polanski à la ville...


Le film de Roman Polanski ravira les amateurs de théâtre et de cinéma par ses dialogues et son déroulement. Il ravira tous ceux qui s'interrogent sur les rapports troubles de soumission-domination entre hommes et femmes...

 

Francis Richard

 

Ce film, sorti la semaine dernière en Suisse alémanique, sort la semaine prochaine en Suisse romande.

 

En voici la bande-annonce:


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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 20:30

Une-nouvelle-chance-LORENTZ.jpgUn immense acteur peut-il prendre sa retraite? Rien n'est moins sûr.

 

Ainsi, au théâtre Hébertot, à Paris, en 1978, ai-je vu jouer Paul Meurisse, malgré la maladie, dans Mon père avait raison de Sacha Guitry, peu de temps avant sa mort. Il portait un corset. Ce que le spectateur ne pouvait pas soupçonner.

 

Il y a quatre ans, Clint Eastwood voulait prendre sa retraite d'acteur, après avoir joué dans Gran Torino, sans pour autant abandonner la mise en scène. Il revient cependant sur les écrans avec Une nouvelle chance, dans un rôle qui lui va comme un gant.

 

Au début de cet après-midi, il faisait froid à Genève, en dépit du soleil. Une salle obscure m'offrit un refuge avec ce film à l'affiche. Je n'ai pas hésité. Je suis entré. J'ai vu. J'ai aimé.

 

Gus Lobel (Clint Eastwood) est un découvreur de talents au base-ball. Il exerce ce métier, dont il connaît toutes les ficelles, depuis des décennies. Il s'est retrouvé veuf il y a 27 ans, avec une petite fille de 6 ans à élever, Mickey, comme le prénom d'un joueur de base-ball de renom...

 

Au moment où commence le film, Gus a de sérieux problèmes avec sa vue. Ce qui, en principe, n'est pas compatible avec son métier. Sa fille Mickey (Amy Adams), 33 ans, avocate de talent, se doute de quelque chose, mais ses relations avec son père sont tellement difficiles que ce n'est pas de lui qu'elle l'apprendra et que, très inquiète pour lui, elle le rejoindra, contre son gré à lui, lors des matchs d'évaluation.

 

Mickey se sent rejetée par son père qui évite toute discussion avec elle dès qu'il s'agit d'évoquer pourquoi il n'a pas voulu l'élever lui-même et l'a confiée, très tôt, à un oncle et une tante, comme pour s'en débarrasser. Elle est devenue avocate pour lui complaire, alors que, comme lui - tel père, telle fille -, elle connaît le base-ball sur le bout des doigts.

 

Autant Mickey est de son époque, toujours reliée à son smartphone qui sonne intempestivement, jusque dans les moments les plus intimes, autant Gus est d'un autre temps, un temps où les ordinateurs personnels n'existaient pas, mais où l'on était certainement davantage à l'écoute de son intuition, nourrie par des années d'expérience.

 

Dans le club de base-ball, pour lequel il travaille, Gus est mis en compétition avec Philip Snyder (Matthew Lillard), un geek un peu trop confiant, dans les données statistiques fournies par les nouvelles technologies de l'information, pour détecter les joueurs de premier plan.

 

Johnny Flanagan (Justin Timberlake) est un ancien joueur de base-ball découvert par Gus. A la suite d'un accident, il a dû renoncer à une belle carrière. En attendant de devenir commentateur, il fait le même métier que Gus pour un autre club. Il tombe raide amoureux de Mickey avec qui il rivalise de connaissances sur le base-ball, mais celle-ci a déjà quelqu'un.

 

Le dénouement heureux du film est prévisible, mais quelle importance? En effet, comme de bien entendu, la vieille école l'emporte sur la nouvelle. Père et fille se réconcilient sur l'autel du base-ball, après que le père a enfin dissipé les raisons du malentendu qui perdurait entre eux deux - il ne l'a pas rejetée, mais l'a protégée, depuis l'enfance. Johnny et Mickey tombent dans les bras l'un de l'autre.

 

Cet happy end est réjouissant à un moment où beaucoup de gens broient du noir. Il est d'autant plus réjouissant qu'il montre que la technologie ne résoud pas tout - les hommes ne sont pas de pures mécaniques, qu'il est possible de répertorier aussi facilement que d'aucuns voudraient. C'est en quelque sorte un hymne à la supériorité de la libre appréciation sur le fichage systématique. 

 

Francis Richard

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 22:45

dvd-chouannerie-1790-1815.jpgReynald Secher a publié deux livres dont j'ai rendu compte sur ce blog: La désinformation autour des guerres de Vendée et du génocide vendéen ici et Vendée: du génocide au mémoricide ici.

 

Il a également réalisé, avec Ronan Manuel et Gérard Nimal, un DVD sur les Chouannerie[s] qui est un excellent résumé d'une histoire complexe et plus large que celle des guerres vendéennes.

 

Ce film, qui dure un peu moins d'une heure, ce qui est une gageure, nous rappelle, ou nous apprend, que la Révolution française a été voulue par le peuple des campagnes, y compris à l'Ouest du pays, mais que ce dernier a été rapidement déçu et ne l'a plus comprise.

 

En effet les privilégiés de la noblesse ont été remplacés par des privilégiés de la bourgeoisie. Les impôts n'ont pas diminué, au contraire, et n'ont fait que changer de noms et de profiteurs. Les biens ont changé de mains et sont devenus des biens nationaux.

 

Il est vraisemblable, cependant, que, si la Constitution civile du clergé n'avait pas été promulguée le 12 juillet 1790 et que le clergé proche des paysans n'avait pas été persécuté, il n'y aurait pas eu de rébellion.

 

La levée en masse de 300 000 hommes, décrétée par la Convention le 23 février 1793, a certainement été la goutte qui a fait déborder le vase, d'autant que les fonctionnaires de l'Etat en étaient dispensés et que les riches bourgeois pouvaient payer pour ne pas être enrôlés.

 

Avant de combattre pour le Roi, les chouans se sont donc battus pour Dieu, pour leur liberté religieuse, contre une religion réglementée par l'Etat. Au moment de se rebeller contre le tirage au sort effectué dans sa ville, Jean Cottereau, surnommé Jean Chouan, s'est écrié:

 

"Nos coeurs sont à Dieu, nos bras sont au Roi, nous ne tirerons pas pour servir les armées de la République."

 

Le plus terrible est que les chouans vont prendre les armes parce qu'ils ne voulaient pas faire la guerre...

 

Le sort de l'armée vendéenne et celui de la guerilla de l'Ouest, que la Loire sépare, ne sera pas le même. La Convention vote en effet deux lois génocidaires, le 1er août 1793 et le 1er octobre 1793, qui ont pour but avoué l'extermination de la seule Vendée. Le général Westermann, une fois ce "devoir" accompli, écrira avec satisfaction:

 

"Il n'y a plus de Vendée. Elle est morte [...]. Je viens de l'enterrer dans les marais et dans les bois de Savenay suivant les ordres [...]. Je n'ai pas un prisonnier à me reprocher. J'ai tout exterminé."

 

Ce film ne raconte évidemment pas l'histoire telle que je l'ai entendue sur les bancs de l'école de la République. Tant il est vrai que toute histoire officielle, étatique, trouve des accommodements avec la vérité parce que ce n'est pas le but qu'elle poursuit.

 

A la fin du film, Reynal Secher explique pourtant que seule la vérité permet de régler les passifs en matière d'histoire:

 

"On ne peut se projeter dans l'avenir que si l'on est en paix dans le passé et que si l'on est en paix dans le présent."

 

Francis Richard

 

Chouannerie[s], Reynald Secher, 52:31 min, Reynald Secher Editions ici

   

Extraits:

 

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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 06:00

De-rouille-et-d-os.jpgAli, Matthias Schoenaerts, a un fils de cinq ans, Sam, Armand Verdure. C'est bien tout ce qu'il "possède" et encore il vient seulement de devoir commencer à s'en occuper, en l'absence de la mère, sans trop bien savoir comment s'y prendre. 

 

Ali n'a personne d'autre que Sam dans sa vie, excepté une soeur qui habite sur la Côte d'Azur. Il ne sait pas faire grand chose, sinon faire le coup de poing. Il est plutôt du genre brut de décoffrage.

 

Stéphanie, Marion Cotillard, est belle. Elle a un mec. Elle travaille comme dresseuse d'orques au Marineland. Elle aime susciter le désir des hommes. Elle n'a aucune peine à y parvenir. Elle a tout ce qu'il faut pour cela.

 

Ali descend du Nord pour rejoindre sa soeur Anna, Corinne Masiero, qui est caissière dans un grand magasin. Anna ne roule pas sur l'or, mais elle a un toit, qu'elle partage avec son compagnon. Ali et Sam vont y trouver refuge.

 

C'est Anna qui trouve du boulot à Ali. Comme il sait se battre, il est embauché comme videur dans une discothèque, L'Annexe. C'est là, à la sortie de cette boîte, qu'il fait la rencontre de Stéphanie à qui il porte secours: elle a dû allumer les types qui s'en prenaient à elle.

 

En effet Ali n'est pas autrement surpris qu'elle ait eu des ennuis, avec sa jupe courte qui dévoile ses belles gambettes. Elle a une voiture. Ali la raccompagne en prenant le volant du véhicule. Comme il a son franc-parler il lui dit tout de go qu'elle est habillée comme une pute et que ce qui lui est arrivé n'est donc pas étonnant...

 

Arrivé au bas de chez elle, il lui demande s'il peut monter. Dans la bagarre il s'est blessé à la main et aimerait mettre de la glace dessus. Le mec de Stéphanie n'apprécie pas qu'il soit monté, mais il s'écrase mollement devant la musculature d'Ali, qui, au cas où, laisse son numéro de mobile à Stéphanie, dont le mec ne lui donnera plus d'ordres.

 

Les semaines passent. Entre-temps Ali a quitté L'Annexe. Il est devenu agent de sécurité dans les magasins d'une zone commerciale. Un jour Stéphanie est victime d'un accident au Marineland. Quand elle se réveille à l'hôpital, elle n'a plus ses deux belles gambettes. Elles ont été amputées juste au-dessus du genou. 

 

L'univers de Stéphanie s'écroule. Elle veut mettre fin à ses jours. Elle en est empêchée. Elle se souvient d'Ali et l'appelle. D'un bon naturel celui-ci vient à son secours, comme la première fois. La brute s'occupe de la belle comme si de rien n'était, avec une certaine délicatesse.

 

Il l'emmène à la plage et elle se baigne avec lui, ses réticences vaincues. Il lui fait l'amour pour lui rendre service, pour qu'elle sache si "tout" fonctionne normalement. Il suffit qu'elle lui demande s'il est "opé", opérationnel, pour qu'il lui rende ce service bien naturel chez lui, complètement dissocié qu'il est de tout sentiment.

 

Comme il se sait se battre, de fil en aiguille, il est embringué dans une affaire de paris clandestins sur des combats organisés par un autre agent de sécurité - qui espionne les employés pour les patrons -, en cheville avec un gitan. Stéphanie assiste dans la voiture à ces combats furieux. Parallèlement elle s'accoutume assez vite à marcher sur des jambes artificielles. 

 

Ali vit sans se poser de questions, comme une bête. Les sentiments ne l'étouffent pas. Cela semble être sa force. C'est ainsi qu'il fait l'amour sans amour, avec Stéphanie ou avec d'autres, qu'il joue avec son fils, comme avec un petit camarade de jeu, qu'il est parfois d'une muflerie inconsciente avec Stéphanie et d'une brutalité inconsciente avec son fils.

 

Mais cela n'a qu'un temps. Tout costaud qu'il est, il est vulnérable, parce que, sous cette épaisse carapace, il y a un homme, qui ne peut pas ignorer indéfiniment les sentiments que les autres ont pour lui et qu'il a, sans s'en rendre compte, pour ces mêmes autres. Il lui faudra toutefois quelques avanies avant de s'en rendre compte. Il sera alors au bord de l'abîme. L'épilogue laisse croire qu'il y a un dieu pour les brutes innocentes...

 

Avec ce film noir, qui fait pourtant rire par moments tellement il y a de décalage entre ce qu'un "homme civilisé" ferait et le comportement d'Ali, Jacques Audiard signe une oeuvre au final très humaine, sans janais tomber dans la complaisance ni le pathos. 

 

Au sortir de la salle le spectateur est éprouvé certes mais ragaillardi: un handicap, aussi terrible soit-il, peut être surmonté; l'amour peut exister chez des êtres qui ne semblaient pas y être prédisposés. Les acteurs l'ont aidé à parvenir à ce résultat en incarnant leurs personnages.

 

Bref, on dérouille, mais il n'y a pas d'os...

 

Francis Richard  

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22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 07:45

L'enfant d'en hautLe 28 mars 2012 Ursula Meier est l'invitée de Simon Matthey-Doret dans Le Journal du Matin sur La 1ère. Cette jeune cinéaste franco-suisse - 40 ans - a été récompensée au 62e Festival de Berlin, où l'Ours d'Argent lui a été décerné pour L'enfant d'en haut.

  

Ce que dit Ursula Meier lors de cette émission radio est une jolie incitation à aller voir son film, du moins à mes yeux, plus habitués à lire qu'à regarder passivement des images défiler sur grand écran.

  

S'agit-il d'un film d'auteur suisse, ennuyeux au possible, intello, engagé, largement subventionné, dont le public tient dans une cabine téléphonique, bref qui ne donne pas envie? Apparemment non.

  

Son film précédent, Home, que je n'ai pas vu, a eu du succès et "fait" 100'000 entrées en Suisse, ce qui est énorme pour un film suisse... en Suisse. Ursula, à l'inverse de certains de ses confrères ou consoeurs, ne crache pas dédaigneusement sur la fréquentation:

  

"Je fais vraiment des films pour toucher le plus grand nombre. Je ne fais pas des films que pour moi, pour mon ego, en me regardant le ventre. Vraiment pas du tout. Je suis toujours émue quand une salle est remplie [...]. Je fais vraiment des films pour le public [...]. Le jour où je commencerai à faire peu d'entrées en salle, vraiment je me remets en question."

  

Ces propos sont de bon augure. De même que ses attachements triangulaires: née en France, de père suisse, elle vit en Belgique où elle a fait ses études. C'est un bon coquetel (othographe certifiée Jacques Perret...). J'en sais quelque chose...

  

Dans cette disposition d'esprit, hier soir, je suis allé voir L'enfant d'en haut, c'est-à-dire longtemps après la sortie en salle, qui a eu lieu le 4 avril dernier. Et j'ai été déçu en bien.

  

Simon, Kacey Mottet Klein, est un enfant de 12 ans, une jolie petite tête blonde. Il vit avec sa soeur tout aussi blonde que lui, Louise, Léa Sedoux, dans une tour au milieu de nulle part, dans les faubourgs d'une ville du Valais, située au bas d'une station de ski luxueuse.

 

En haut, dans la station luxueuse, Simon vole du matériel et de la nourriture aux riches touristes, qui ont les moyens de les remplacer aussitôt. Du moins est-ce ce qu'il se dit pour se donner bonne conscience. Il revend à bon prix les objets volés, paires de ski, gants, lunettes solaires à d'autres enfants et il consomme avec sa soeur sandouiches et canettes.

 

Simon rapporte de l'argent à la maison. Louise le dépense surtout, avec des copains aux voitures poussives. Que fait cette dernière dans la vie? L'histoire ne le dit pas. Les petits camarades de Simon pensent sans preuve qu'elle fait la pute... parce qu'elle est bien gaulée. Il est vraisemblable qu'elle vit de petits boulots éphémères.

 

Le film bascule quand le spectateur apprend la vérité par la bouche de l'enfant. Contre le gré de Louise, Simon est monté avec elle dans la voiture du dernier copain en date. Et il crache le morceau, que ne laissaient nullement présager les rapports entre lui et Louise. Simon est en fait le fils de Louise. Ce qui, au figuré, fait fuir à toutes jambes le copain en question puisqu'il laisse Louise et Simon au bord de la route...

 

Louise ne voulait pas de Simon. Tout son entourage la pousse alors à se débarrasser de ce fardeau encombrant, sans doute le fruit d'amours précoces, qui rendra plausible la fable de la grande soeur et du petit frère. Mais elle tient. Rien que pour les emmerder tous...Avec pour conséquence les conditions précaires dans lesquelles ils se trouvent tous deux.

 

Après cette révélation les choses ne sont plus comme avant. Les déceptions succèdent aux déceptions jusqu'au dénouement final...

 

Inutile de dire que ce film émeut. Il nous parle parce qu'il nous raconte une histoire de notre époque, au coeur de laquelle un enfant se débat comme il peut avec toute son intelligence et sa débrouille, qu'il met au service de ses vols de survie.

 

L'enfant d'en haut donne de la Suisse une image différente de celle communément admise, le pays des banques, du chocolat et des exilés fiscaux. Comme si la Suisse était un pays où il ne se passait rien et où les existences étaient toujours lisses, sans histoires et sans peines de coeur.

 

Ursula Meier a réalisé là un film émouvant, qui, au-delà, de la peinture sociale, met en lunière les relations d'une mère et d'un fils dans des circonstances bien particulières. Par là-même ce film singulier touche paradoxalement à l'universelle condition humaine. 

 

Kacey Mottet Klein et Léa Seydoux sont criants de vérité humaine. Les pincements de guitare de la musique de John Pardish ponctuent les pincements de coeur que le spectateur ne peut manquer d'éprouver. Les dialogues épurés, souvent chuchotés, invitent à devenir les intimes de Simon et Louise et de leurs déchirements.

 

Ce film mérite de faire beaucoup d'entrées, ce qui évitera à l'auteur de se remettre en question pour ce motif-là, et d'être largement diffusé de par le monde.

 

Francis Richard

 

Ursula Meier lors de l'émission du 28 mars 2012 sur la RTS :

 

 

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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 12:25

Minuit à ParisQuel amoureux de la Ville-Lumière ne serait pas conquis par le dernier film de Woody Allen ?

 

En effet celui-ci dans Minuit à Paris promène sa caméra dans les lieux mythiques de la capitale française et nous invite à la revisiter en remontant le temps jusqu'aux Années folles et même jusqu'à la Belle Epoque.

Le personnage principal, Gil Pender, Owen Wilson, est un jeune écrivain en visite à Paris avec sa fiancée, Inez, Rachel McAdams, et ses futurs beaux-parents, venus pour affaires. Ce véritable artiste figure un vilain petit canard au milieu de ces Américains argentés, pragmatiques et sans la moindre once de romantisme.

Tandis qu'Inez ne songe qu'à s'amuser, à courir les boutiques de luxe et à danser, Gil bat la semelle dans les rues et avenues de la cité capitale, qui n'est jamais si envoûtante que lorsqu'il se met à pleuvoir et que le ciel d'ensoleillé devient tourmenté.

 

Aux douze coups de minuit la magie parisienne opère, mais elle ne le fait qu'auprès de ceux qui y sont prédisposés. Une vieille peugeot s'arrête dans une courbe d'une rue pavée qui monte une colline de Paname. A l'invitation des occupants Gil monte à bord pour un voyage au pays des artistes, des poètes et des écrivains d'un autre temps.

La première fois il est transporté dans le Paris des Années folles et rencontre Francis Scott Fitzgerald et sa femme Zelda, Ernest Hemingway, Cole Porter et Pablo Picasso, qui trompe effrontément sa femme avec la belle Adriana, Marion Cotillard, qui a tout de suite un penchant pour Gil, quand elle entend les premières lignes de son roman lues par Gertrude Stein [la photo ci-dessus d'Adriana et de Gil provient d'ici].

Les nuits se suivent. Tandis que Gil remonte le temps, Inez reste bien ancrée dans le présent. Le couple, petit à petit, se disloque. Inez et Gil n'étaient visiblement pas faits l'un pour l'autre. Leurs différences, au lieu de les rendre complémentaires, les éloignent gentiment l'un de l'autre.

Après les Années folles d'un Paris interlope, où ils ont approché Salvador Dali, Juan Belmonte ou encore Joséphine Baker, Adriana et Gil se retrouvent après un autre minuit à la Belle époque et côtoient Gauguin, Degas et Toulouse-Lautrec. Mais ils ne vont pas continuer la route ensemble.

 

Adriana pense avoir trouvé l'âge d'or, alors que Gil sait fort bien qu'il n'existe pas, même s'il a une forte propension à se complaire dans une vie rêvée, ce qui est le lot des vrais romanciers. Il retourne donc tout seul dans le temps présent.

 

Gabrielle, Léa Seydoux, rencontrée au marché aux puces, où il lui a acheté un microsillon de Cole Porter, le rencontre sur un pont au-dessous duquel coule la Seine, et très naturellement s'éloigne avec lui sous la pluie qui baptise leur idylle naissante.

Hier soir, je suis sorti de la salle de cinéma, aux alentours de minuit. Même si j'étais loin du Paris de mon enfance et de ma prime adolescence, j'avais les yeux remplis de ces lieux jadis arpentés et le coeur réchauffé à la pensée de tous ceux qui ont oeuvré dans la littérature, dans l'art ou la poésie à son insigne rayonnement.

 

Francis Richard 

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Présentation

  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), je travaille dans les ressources humaines et m'intéresse aux arts et lettres.
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