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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 20:00
Il lui a suffi de les aimer... un conte poétique d'aujourd'hui, pour Noël

Il lui a suffi de les aimer...

 

Fabrice est au crépuscule du soir de sa vie. Son corps et son âme ne sont désormais plus d'accord que sur un seul point: la rupture. C'est du moins ce qu'aurait dit le poète de Sète en le voyant dans de telles circonstances.

 

On dit que lorsqu'on sent venir sa fin, les images marquantes du passé remontent à la surface de la mémoire. C'est bien ce qui se produit aujourd'hui pour lui. Comme Fabrice est lumineux, il se souvient avec bonheur qu'il a aimé.

 

Au long des saisons de sa vie, Fabrice a aimé une petite fille, une fille, une jeune fille, des jeunes femmes, mais il n'a jamais pu ou su s'en faire aimer. Et, maintenant, il se retrouve tout seul pour vivre ses derniers beaux jours.

 

Fabrice a aimé une petite fille. Il était alors un petit garçon. Sur la photo de classe de l'école maternelle qu'il a conservée, on peut voir cette petite fille à nattes et jupette tenir la main du petit garçon à culottes courtes qu'il était.

 

Fabrice et la petite fille se sont perdus de vue l'année suivante: le petit Fabrice a quitté l'école de filles où se trouvait la maternelle pour aller à l'école de garçons. Car, à l'époque, on séparait petites filles et petits garçons.

 

Fabrice a nagé très tôt. Un été, sur la plage, il a rencontré une fille de son âge. Ils ont construit des châteaux de sable, qui s'écroulaient quand l'eau de la mer montait, et leur idylle n'a pas davantage résisté à la fin des vacances.

 

Fabrice a joué très tôt au tennis. Un été, au club, il a rencontré une jeune fille de son âge. Ils ont fait des parties ensemble. Elle était belle. Il n'était ni beau ni laid. Un jour, ils se sont retrouvés à la plage et se sont même embrassés sous l'eau.

 

Fabrice et la jeune fille se sont vus tout l'été, un bel été, comme Dieu seul sait les faire. Alors que les grandes vacances touchaient à leur fin, ils se sont donné un dernier rendez-vous. Elle n'est pas venue. Il ne l'a jamais revue.

 

Fabrice a rencontré une jeune femme, un réveillon de Nouvel An, dans une boîte. Ils ont tournoyé le temps des rocks. Ils se sont collés l'un à l'autre le temps des slows. Ils se sont revus le lendemain et les jours suivants.

 

Fabrice aimait bien se promener avec elle. Ils n'avaient pas besoin de se parler pour se comprendre. Peu après elle a été victime d'un accident de voiture. Elle a été transfusée. Elle est morte du sida après une terrible agonie.

 

Fabrice a aimé plusieurs autres jeunes femmes sans qu'elles l'aiment en retour. Dernièrement il a aimé une jeune femme plus que les autres. Il lui a dédié des poèmes, mais elle ne l'aimait pas davantage que les précédentes et le lui a dit cash.

 

Fabrice était transi amoureux, mais, de ce fait, il était de plus en plus maladroit. Alors elle l'a rejeté sans ménagement, le menaçant même de le dénoncer pour harcèlement. Il ne s'en est jamais complètement remis.

 

Tout dernièrement Fabrice est à nouveau tombé amoureux d'une jeune femme. Il a passé quelques moments merveilleux avec elle. Elle était encore libre. Il ne s'est pas rendu compte tout de suite de ses sentiments.

 

Fabrice a attendu tant et plus que la belle a fini par rencontrer quelqu'un. Et, une fois de plus, cette dernière a rompu toutes relations avec lui. Elle n'a pas apprécié qu'il parle d'elle dans son dernier livre, car Fabrice est romancier.

 

Aujourd'hui, Fabrice dédicace son roman d'amour dans une librairie bien achalandée. Il vit de grands moments de solitude au milieu de cette foule qui se presse pour obtenir de lui un autographe. Mais cette solitude ne dure pas.

 

Fabrice lève les yeux. Il ne croit pas ce que ses yeux voient. Se sont-elles donné le mot ou est-ce un hasard qui fait bien les choses, mais il reconnaît dans la file qui attend nombre de celles qu'il a aimées et qui ne l'aimaient pas.

 

Comme c'est Noël et qu'il est d'un bon naturel, il ne veut pas croire qu'elles soient seulement venues pour sa relative célébrité: il lui a suffi de les aimer pour qu'elles l'aiment un peu et soient attendries par un coeur aussi vaste et profond.

 

Francis Richard

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19 mars 2014 3 19 /03 /mars /2014 00:01
"Qui veut voyager loin ménage sa monture": mais, le veux-je?

On sait ou on devrait savoir que, dans Les plaideurs, de Jean Racine, au tout début de la scène 1 de l'acte I, Petit-Jean, le portier du juge Perrin Dandin trouve qu'il se lève vraiment trop matin, le lui dit et ajoute:

 

Qui veut voyager loin ménage sa monture ;

Buvez, mangez, dormez, et faisons feu qui dure.

 

Eh bien Petit-Jean me ferait certainement plus grandes remontrances qu'à son juge s'il me connaissait. Car je suis un couche-tard et un lève-tôt, et souvent ne dors point du tout.

 

Je réponds pourtant aux deux premières injonctions: je bois et je mange...

 

En fait je ne suis pas sûr de vouloir voyager loin. Alors, pourquoi ménager ma monture?

 

Certes j'aime la vie, peut-être davantage que bien d'autres, parce que je fais partie de ceux qui ont vu la mort de près plusieurs fois et qui en connaissent donc le prix. Et, jusqu'à récemment, je me réjouissais de chaque année gagnée contre la Camarde.

 

Certes j'ai des attaches qui me retiennent à la vie: mes proches avec lesquelles et lesquels je n'ai plus de différends et que j'aime, mes amies et mes amis qui me témoignent souvent leur affection, mes autres soeurs et frères humains qui ont la gentillesse de me saluer et qui se sont toutes et tous réconciliés avec moi, mes amies les bêtes pour qui j'ai la même prédilection que mon saint patron d'Assise, les merveilles de la nature qui ravissent indéfiniment mes yeux éblouis.

 

Certes j'aime boire et manger, comme dit plus haut, et faire d'autres choses que rigoureusement ma mère m'aurait interdit de nommer ici.

 

Certes j'aime lire et écrire et ne ménage pas la monture de mes lunettes, pas plus que l'autre, ce corps qui tremblerait davantage s'il savait où je veux le mener...

 

Certes j'aime me promener, courir, nager, dernière activité que j'exerce quasi quotidiennement.

 

Certes j'aime mon travail dans une entreprise privée, qui accapare beaucoup de mon temps, en principe le jour, mais également souvent la nuit.

 

J'aime tout ça et pourtant je n'ai plus envie de voyager loin, ce depuis quelques mois. Pourquoi? Parce que je souffre moralement et parce que j'ai promis de me taire sur l'origine de cette souffrance qui ne me lâche pas, malgré tous les efforts que je déploie.

 

Douillet, enfant, je ne le suis plus. Je peux supporter la souffrance physique à un point que je n'aurais jamais imaginé. Je dois tenir de mon grand-père maternel, qui a supporté les tortures que lui ont infligées les Allemands pendant la Grande Guerre (ils avaient découvert qu'il opérait dans son pays, la Belgique, pour le Service Secret de Sa Gracieuse Majesté britannique...).

 

Ce que je ne savais pas c'est que j'étais aussi vulnérable à la souffrance morale...Ce qui est d'autant plus curieux que je croyais avoir acquis solidité, maîtrise et sagesse, par la pratique d'un art martial japonais pendant quinze années de ma vie.

 

Alors, parce que je suis croyant et qu'en conséquence je pense que ma vie ne m'appartient pas (je n'empêche bien sûr personne de penser autrement), je n'ai qu'une alternative: prier le Seigneur pour qu'il abrège ma souffrance morale ou qu'il me la rende supportable. C'est cette prière que je lui adresse sous la forme du poème ci-dessous que je publie symboliquement ce jour de mon anniversaire.

 

Francis Richard

 

Prière pour ma délivrance

 

Seigneur, je ne suis pas parfait,

Cette chose, je l’ai comprise.

Que j’aie commis un fort méfait,

Cette chose, je l’ai apprise.

Mais, d’avoir donné tel tourment,

J’étais vraiment dans l’ignorance

Et me demande décidément

D’où viendra lors ma délivrance.

 

Pour me punir de mon forfait,

De me taire on m’autorise

Et, pour cela, on a tôt fait

D’en exiger chose promise.

Depuis, je suis à tout moment

Dans la grande désespérance

Qui fait douter infiniment

D’où viendra lors ma délivrance.

   

Peut-être que mon esprit défait,

Devenu fol, là, dramatise

Et doute que mon cœur mal fait,

Toujours épris, ne cicatrise.

Car je sais que, sans changement,

Je resterai dans mon errance,

Et ne vois point, assurément,

D’où viendra lors ma délivrance.

 

Envoi

 

Prince, du haut du firmament,  

Abolissez cette souffrance

Ou donnez-moi soulagement     

D’où viendra lors ma délivrance.

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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 11:20

Reims-chapelle-du-Sacre-Coeur.JPG

Comment rendre hommage à ma feue mère? En étant bien vivant.

 

Hier il y avait tout juste douze ans que ma mère est morte.

 

Je me suis rendu à Reims, au chevet d'un ami gravement malade. Nous avons eu beaucoup de plaisir à nous revoir et nous avons bien ri. Il a retrouvé la foi, non pas celle qui soulève les montagnes, mais celle qui les aplanit...

 

Dans la rue de la clinique où il est hospitalisé il y avait une maison, Etche Churia, clin d'oeil au Pays Basque où ma mère a passé les dernières années de sa vie; il y avait une maison de Champagne, Lanson, clin d'oeil aux bonnes choses que ma mère aimait.

 

Je me suis rendu après à la cathédrale où furent sacrés les rois de France à partir du XIIe siècle, les faisant passer du statut de gentil dauphin à gentil roi...

 

Avant de repartir j'ai pris un chocolat chaud chez Au Bureau, place du Cardinal Luçon...

 

Retourné en région parisienne, j'ai soupé avec mon fils cadet à St Germain-en-Laye, dans un restaurant italien, où nous avons savouré une bruschetta au saumon, puis un risotto aux truffes blanches, enfin un sorbet au limonicello, accompagnés d'un valpolicella classico...

 

Nous avons bavardé jusque tard dans la nuit et refait le monde...

 

Ma mère, de là-haut, a dû se réjouir que sa lignée soit bien vivante...

 

Francis Richard

 

A l'occasion de ses septante-cinq ans, une fête fut donnée en l'honneur de ma mère le 30 septembre 1995.

 

A cette occasion je composai une ballade :

 

Maman

 

Très attendu Papa s'en vient,

L'âme aimante et calcinée,

Au plat pays qui est le tien,

Faire de toi sa dulcinée.

Conquise aussi par la tendresse

De qui n'entend rien au flamand,

Tu perds le temps dans cette presse

De prononcer le mot Maman.

 

Jalousement il te retient

Dans les doux liens de l'hyménée.

Tu es sa reine au doux maintien,

Pour accomplir ta destinée.

De vos amours quatre enfants naissent.

Ils sont tous beaux, évidemment,

Et sous ton aile ils n'ont de cesse

De prononcer le mot Maman.

 

Quand l'un d'entre eux, vieilli, revient,

C'est à l'ombre des Pyrénées

Qu'avec bonheur tu te souviens

Des cependant proches années

Où il pleuvait quelques détresses,

Que tu calmais élégamment.

A nous toujours, pour ta jeunesse,

De prononcer le mot Maman.

 

Envoi

 

Enfin, Prince, dans l'allégresse,

A votre Mère au firmament,

Permettez-nous, avec adresse,

De prononcer le mot Maman.

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31 décembre 2013 2 31 /12 /décembre /2013 15:00

Etche-Alegera.jpgAujourd'hui, dernier jour de l'an de grâce deux mille treize, j'imprime à ce blog son millième billet. Une façon comme une autre de tourner la page, depuis l'ermitage où je fais retraite, tout seul, loin de tous les miens pendant une petite semaine, et où je fais pèlerinage aux sources, qui ne sont pas celles de Lanza del Vasto.

 

C'est au lecteur de me dire à propos de ces billets s'il s'agit de fausse monnaie.

 

S'il s'agit bien de fausse monnaie, je serai en grande compagnie puisque ceux qui devraient, de par leur position, faire respecter le droit naturel, l'outrepassent en grand nombre, allègrement, dans cette matière.

 

En comparaison, je ne serais qu'un petit joueur, un petit malfaiteur...

 

Il y a plus de cinq ans, maintenant, quand j'ai commencé à émettre des billets sur ce blog, le 28 mai 2008 pour être précis, je n'imaginais pas que ce blog occuperait autant de place dans ma vie et que je parviendrais à ce nombre fatidique de billets...

 

Il s'agissait en effet au départ de m'exprimer "sur tout et sur rien, avec pour seule contrainte d'écrire en liberté". C'est ce que j'ai fait, et que je fais toujours. Mais les recensions de livres y prennent une place toujours plus grande, grâce aux insomnies dont je suis le bénéficiaire à des titres divers.

 

Toutes ces lectures me permettent d'avoir "plus de souvenirs que si j'avais mille ans", comme le dit Charles Baudelaire dans Spleen. Mon écriture, qui est ma béquille dans l'existence, comme elle le fut pour Jacques Laurent, s'en nourrit et s'en repaît.

 

Si j'écris donc pour moi, charité bien ordonnée commence par soi-même, je me sens tellement redevable de ce que m'apportent ces lectures, que je sois ou non en communion de pensée avec leurs auteurs, que je me crois obligé de partager avec d'autres ce que je reçois d'elles. C'est la seule générosité que je me connaisse...

 

Pour terminer l'année avec ce millième billet, ayant lu cette nuit Les deux testaments de Maistre François Villon, dans une édition illustrée d'eaux-fortes de Maurice Leroy, j'ai eu ce matin l'idée et le temps de composer une petite ballade ironique pour remercier mon Créateur, mes lecteurs et mes ami(e)s d'avoir eu déjà la grande bonté de supporter aussi longtemps le trublion que je suis, comme m'a qualifié un jour mon amie Barbara Polla...

 

Une page se tourne. Une autre s'ouvre. Je souhaite donc à tous mes lecteurs, et souvent ami(e)s, mes meilleurs voeux pour l'an quatorze, espérant, si Dieu me prête vie, et que je ne fais pas la fine bouche devant ce cadeau magnifique qu'il me fait, atteindre dans quelque temps le deuxième millier de billets. On devrait alors me supporter encore un bon bout de temps...

 

Francis Richard

 

Le mot merci sort de ma bouche

 

Seigneur, depuis déjà cinq ans,

Suis un blogueur et tiens la plume.

Aurai écrit, pendant ce temps

Mille billets, sans trop d’écume.

A peine si, la nuit, m’endors…

Sans pour autant, quitter ma couche,

Lis tellement qu’en temps record

Le mot merci sort de ma bouche.

 

Lecteur, te suis reconnaissant 

Que tu aies pris cette coutume 

De me lire en te levant

Ou te couchant. Par ton volume, 

Ta qualité, tu es en or. 

Pour toi, les mots, sans fin, retouche. 

Aussi, bénissant tel trésor, 

Le mot merci sort de ma bouche.

 

Amies, amis, suis mécréant. 

Ne vous fiez pas à mon costume, 

A mes propos trop bienséants. 

Pas de gloire, même posthume, 

Pour icelui qu’est trop retors. 

Car ne suis pas de bonne souche. 

De me soutenir quand j’ai grand tort, 

Le mot merci sort de ma bouche.

 

Envoi

Prince, lorsque serai au bord 

De la tombe et serai sur la touche

Verrez bien que, sans trop d’effort, 

Le mot merci sort de ma bouche.

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14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 20:00

RéconciliationRéconciliations

 

Si j’en crois les autres, qu’ils soient jeunes ou vieux,

Je serais dans la phase ultime de ma vie.

Est-ce réalité, ou pour eux, grande envie

De me voir désormais voguer vers d’autres cieux ?

 

Peu importe après tout, je les prends au sérieux.

Vu mon corps décrépit, n’est-ce pas chose obvie ?

Peut-être est-il trop tard pour prévoir la survie

Et dois-je ne plus perdre un temps des plus précieux.

 

Lors, il me faut prendre quelques dispositions

Et ne pas m’en aller sans réconciliations,

Comme  avec les membres de ma chère fratrie.

 

Parmi d’autres âmes, que maintenant je trie,

Il n’en reste qu’une qui est en différend,

Et ne peux pas dire qu’y suis indifférent.

 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

Une belle âme, donc, m’a mis en quarantaine.

Pour dire les choses en toute vérité,

Je l’avais bien cherché et, vraiment, mérité.

La faute de ma part est, je l’avoue, certaine.

 

Nous nous croisons souvent, elle reste lointaine.

Je ne conteste pas cette sévérité,

Ni telle soumission à son autorité,

Mais punir sans délai est là chose inhumaine.

 

Car, pour combien de temps serai-je donc banni ?

Mon temps en ce monde n’est plus si infini

Que le laisser couler par trop longtemps il faille.

 

Il se peut bien qu’un jour mon cœur mal fait défaille.

Et je ne voudrais pas voir ma vie résilier,   

Inopportunément, sans nous réconcilier.

 

Francis Richard

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26 octobre 2013 6 26 /10 /octobre /2013 13:00

Silhouette

"Quelle mouche t'a piqué?" m'a demandé la dédicataire du poème qui suit.

 

Une mouche sans doute aussi insomniaque que moi, et éprise de poésie, comme moi.

 

Comme c'est une belle âme, la dédicataire m'a dit que l'important était que "les mots soient fidèles à mes émotions". Ils le sont.

 

La poésie accorde cette licence d'oser dire ce qu'autrement on garderait pour soi. J'y vois un exutoire qui m'empêche de mal... agir et me permet d'être moi-même.

 

 

J’ai rencontré un ange

 

Il y a quelque temps, j’ai rencontré un ange.

Il a de beaux yeux clairs et ses cheveux sont roux.

Dussé-je de sa part encourir du courroux,

Il me fait un effet des plus étranges.

 

Aussitôt qu’il paraît, mon esprit se dérange.

Je ne vois plus que lui, le reste devient flou.

Cet ange? C’est elle, n’en déplaise aux jaloux.

Mais qu’ils se rassurent, puisque ça les démange,

 

Je suis sous son charme et, simplement, la regarde,

Depuis qu’elle a, un soir, déjoué la Camarde.

Je traversais la rue, complètement distrait,

 

Quand, retenant mon bras, elle m’y a soustrait.

Dès lors, tu es pour moi mon ange, ma gardienne.

Qu’importe que tu sois, dans la vie, comédienne.

 

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Tu nages, mon ange, dans l’eau de la piscine.

Sous ton bonnet tout noir se cachent tes cheveux

Et sous tes lunettes disparaissent tes yeux.

Ton maillot chaste et noir te fait un corps d’ondine,

 

Souligne tes hanches, aplatit ta poitrine.

Arrivée tout au bord, tu dégages tes yeux.

Tu cries mon prénom sur un ton tout joyeux.

Ton sourire est si plein de grâce féminine

 

Que je suis un instant au comble du bonheur.

Sous l’émotion se met à battre mon vieux cœur.

A mon tour je souris avec reconnaissance,

 

Retrouve, grâce à toi, un peu de mon aisance.

Car je sais maintenant que mes jours sont comptés

Et que je ne suis plus pour longtemps indompté.

 

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L’autre jour, mon ange, j’ai failli tout gâcher.

Tu ne répondais pas toujours à mes messages.

J’en souffrais durement et en prenais ombrage.

J’ai même cru vraiment que j’allais te fâcher.

 

Il fallait absolument mes sentiments te cacher,

Te jurer mes grands dieux que j’étais tout bien sage,

N’attendais rien de toi, tout au plus des messages,

Parce qu’à mon âge, gente dame, sachez

 

Qu’on n’attend plus rien, oui, rien du tout, de la vie,

Et que de folâtrer on n’a plus… grande envie.

Vilain petit canard, il te faut barboter

 

Dans l’eau, mais surtout pas, te mettre à radoter

Devant cette belle, jeune et intelligente.

Elle doit désormais, dis, t’être indifférente…

 

Francis Richard

 

Lausanne, le 26 octobre 2013, au petit matin…

 

Dédié à LM par un vilain  petit canard qui ne sera plus jamais cygne – peut-être est-ce d’ailleurs ici son chant –, et qui, tel Cyrano à l’égard de Roxane, saura observer strictement les limites de l’amitié. Il n’y aura plus dès lors d’ambiguïté, ni donc de malentendu…

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 11:50

Nuit de la poésieOrganisée par Barbara Polla et Jean-Philippe Rossignol, la nuit de la poésie qui s'est déroulée à Paris dans la nuit du 9 au 10 février 2013, à la galerie Vanessa Quang, restera mémorable.

 

Pendant toute une nuit des textes ont été lus, des chants et des musiques ont été interprétés, des performances se sont déroulées. Dans la ferveur.

 

Cette nuit de la poésie était un hommage rendu à Varlam Chalamov et à ses nuits athéniennes, qui avaient lieu au Goulag, où il fit plusieurs séjours involontaires.

 

Comme il serait difficile de citer tout le monde, je retiendrai, très subjectivement ce qui m'a personnellement marqué:

 

- les poésies de la jeune poétesse genevoise de 12 ans Xenia Saillard

- Katie t'a quitté de Boby Lapointe interprétée par Laure de Vaugrigneuse

- La lettre 4 des Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos, lue par Ornela Vorpsi avec son accent charmant (qui avait hésité à plutôt lire du Maître Eckart...)

- Tale et "elles" performent sur le thème du cheval, présentées par Bruno Wajskop

- Moto notre amour, de et par Paul Ardenne

- L'extrait, en français et en anglais, des Mémoires d'Hadrien de Marguerite Yourcenar sur l'insomnie (qui est une de mes fidèles compagnes), lu par Bruno Roland Bernard

- Les textes associés à l'image de Robert Montgomery lus par lui-même (la photo en tête de cet article en est une illustration)

- La lecture émouvante du poème en allemand, de Bertolt Brecht, Kinderkreuzzug, par Michaela Spiegel

- La lecture hot, en anglais, de Please Master d'Allen Ginsberg, par la même Michaela Spiegel  

- Le dialogue de Racine entre Titus (Barbara Polla) et Bérénice (Jean-Philippe Rossignol)

- Les interludes musicaux et jaillissants de Nelson Beer

- Les chansons au rythme épatant interprétées par Michele Robecchi

- La lecture intégrale de Qui je suis de Pier Paolo Pasolini par Gianmaria Andreeta

 

Barbara m'avait demandé de lire des poèmes que j'aime. J'ai donc lu quatre poèmes tirés des Tableaux parisiens de Charles Baudelaire: Paysage, Les aveugles, A une passante et Le crépuscule du jour.

 

J'ai eu l'inconscience, mais j'assume, de lire juste après deux poèmes de mon cru, qui ne sont donc plus inédits et que je publie bien volontiers ci-après.

 

Ainsi les participants à cette nuit blanche pourront-ils les relire et les non-participants à cette nuit blanche pourront-ils découvrir quel genre de poèmes profanes j'ai composés pendant ma période catovienne (années 1990).

 

Le premier de ces poèmes est dédié à la Mercedes blanche que m'avait laissée mon père et que j'ai épuisée jusqu'au bout. Le second à la petite chatte noire qui est l'animal totem de ce blog.

 

Francis Richard

 

Avant que de quitter ma Mercedes blanche

 

Nous avons, après tout vécu dix ans ensemble,

Et c'était pour faire cinq ou six tours de Terre.

Dix ans vite passés, en ces temps délétères,

Toujours sur des routes, qui toutes se ressemblent.

 

Ce ne fut pas un brin de conduite il me semble,

Plutôt un long parcours qui tenait du mystère

Et qui se termine, ce qui vraiment m'atterre.

Tandis que ma mémoire en émoi se rassemble,

 

Je t'aime ma blanche dans ce monde tout gris,

Sans crainte de déplaire à la foule d'aigris,

Qui nous dévisagent souvent avec envie.

 

J'emporte ton image avec moi pour la vie.

Je tisse désormais, pour la garder, la toile,

Dans laquelle à jamais se prendra ton étoile.

 

Chatou, le 14.12.1992

 

Viens, petite chatte...

 

Viens, petite chatte, je suis d'humeur chagrine.

Sors donc de ton sommeil, qui rend ton corps tout lourd,

Et traverse la chambre à pattes de velours,

Non sans t'être étirée, tout en faisant tes mines.

 

Que je te caresse de mes ongles l'échine,

Pour la voir qui se dresse à ce plaisir toujours

Et pour t'entendre émettre un ronron des plus sourds.

Est-ce la volupté qui te fait féminine?

 

A ta féminité dois-je attribuer

Cette douce moiteur qui vient tout embuer?

Car tes façons de faire à tout jamais m'épatent.

 

Où est ta pareille pour savoir m'émouvoir?

Qui mieux que toi peut donc m'empêcher de rien voir?

Et comment résister à tes petites pattes?

 

Chatou, le 24.03.1999

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25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 20:20

Nativité Paolo di StefanoUne mangeoire fit office de berceau

 

Joseph, à Bethléem, possédait quelques terres,

Et il s’y rendait donc pour le recensement.

Il y avait foule pour ce dénombrement

Des contribuables de par toute la terre.

 

Marie était grosse. Ils mirent pied à terre.

Pour elle, d’accoucher arrivait le moment.

Ils ne trouvèrent pas le moindre logement,

Et se résignèrent à se coucher par terre.

 

Leur premier-né, Jésus, naquit dans une étable.

Ce n’était pas vraiment endroit très confortable,

Une mangeoire fit office de berceau.

 

Un bœuf et un âne broutèrent un morceau,

Puis de leurs haleines, chaudement délectables, 

Chauffèrent sa couche qui leur servait de table.     

 

Francis Richard

 

L'image représente un détail de La Nativité de Paolo di Stefano qui se trouve au Musée de Philadelphie.

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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 00:15

Tombeau du Christ SolesmesMystère de la Résurrection  

 

Lendemain du Sabbat, à l’aube d'un beau jour,

Marie de Magdala, vraiment tôt, s’est levée

Et rendue au tombeau à la pierre enlevée.

Qui donc a pu jouer ce triste et mauvais tour ?

 

Dit-elle à Pierre et Jean, qui le premier y court.

De Pierre, par respect, Jean attend l’arrivée.

Il n’entre pas, aperçoit, sa foi avivée,

Que linceul, suaire, s’y trouvent bien toujours.    

 

Pierre entre donc, puis Jean, qui, dès lors, voit et croit.   

Seul des deux il a vu Jésus-Christ mort en croix.

Maintenant il est sûr que la mort est vaincue.    

 

Marie de Magdala ne sera convaincue

Tant qu’elle n’aura pas vu, sans pouvoir Le toucher,

Et Thomas le sera quand il L’aura touché…

 

Francis Richard

 

Lundi de Pâques 2012

 

Le Tombeau du Christ, qui illustre ce poème, date de 1496 et se trouve à l'Abbaye de Solesmes ici

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25 décembre 2011 7 25 /12 /décembre /2011 16:45

Joseph-et-Jesus.jpgVoici Noël, Seigneur, jour de votre venue...

 

Voici Noël, Seigneur, jour de votre venue,

Et je pense à Joseph votre père d'en-bas,

Qui ne fut animé d'aucun sentiment bas.

Fiancé à Marie, il ne l'a pas connue

 

Et votre conception est pourtant advenue.

C'était oeuvre d'Esprit : il ne le savait pas.

Il aimait bien Marie mais...l'épouser, certes pas.

Il choisit de rompre, pour raison inconnue.

 

Alors l'Ange apparut pour lui faire connaître

Et comment et pourquoi vous alliez ici naître.

Il devait vous donner le prénom de Jésus,

 

Etre le père par... respect des convenances,

Vous aimer comme un fils depuis votre naissance,

Subir après sa mort des propos décousus.

 

Francis Richard

 

Noël 2011

 

Le tableau de Joseph et l'enfant est de Guido Reni, l'Hermitage, Saint Petersbourg

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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 09:37
Jean Paul II Reims 1996Il y a 15 ans, après avoir lu l'encyclique Evangelium Vitae du pape Jean-Paul II, j'écrivais le 5 novembre 1995 un poème intitulé Hymne à la vie.
 
Un peu plus de deux mois plus tard, le 21 janvier 1996, 203 ans, jour pour jour, après que la France a tué le père en la personne du Roi Très Chrétien Louis XVI, j'adressais ce poème au Saint-Père, via Monseigneur le Nonce apostolique à Paris.
 
Ce poème était accompagné d'une lettre où je disais au Saint-Père que je me réjouissais de sa venue "à l'automne prochain à Reims pour commémorer le baptême de notre roi Clovis, qui fut celui de la France" et que je priais pour que notre pays, grâce à lui et grâce à Dieu "retrouve sa vocation de Fille aînée de l'Eglise qu'elle semble bien avoir oubliée". [la photo de Jean-Paul II, prise le 22 septembre 1996 à Reims, provient d'ici]
 
Hymne à la vie

Notre vie est, Seigneur, au creux de votre main.
Après l'avoir ôtée, Vous pouvez nous la rendre.
Le jour que Vous voulez, Vous pouvez nous la prendre.
Sera-ce en ce jour d'hui ou sera-ce demain ?
 
Qu'importe : il faut suivre notre homme de chemin,
Pour toute joie reçue, mille grâces Vous rendre,
Et, pour toute peine, Votre prière apprendre,
Nous jetant à genoux en joignant les deux mains.
 
Ils sont orgueilleux ceux qui, en un tournemain,
Veulent en disposer, s'attaquant aux plus tendres
Ou bien aux éperdus qui sont lassés d'attendre.
 
Ils cultivent la mort et nous autres, Romains,
Devons les empêcher d'encor plus bas descendre,
Semant partout la ruine et nous couvrant de cendres
 
                               *     *
                                   *
 
Vous nous avez créés l'âme rivée au corps
Dès notre conception, formant un attelage
Destiné à se rompre au terme du voyage
Et à se ressouder pourtant un jour encor,
 
Quand le Mal cessera de fabriquer la mort,
De la transmettre au corps avec tous les outrages,
Et que s'accomplira votre divin message.
Seront récompensés ceux qui, au mol confort,
 
Auront, pour Vous aimer, su préférer l'effort,
Qui auront résisté tout au long de leur âge
Aux miroirs fallacieux inversant Votre image.
 
Vous êtes et serez alors le réconfort
Contre les avanies et les vains bavardages,
Contre les calomnies et les vils commérages.

                                *     *
                                    *
 
Vous nous avez donné Votre divinité
En germe dans notre âme et la vie éternelle
A Votre ressemblance est proposée en elle,
Nous permettant d'atteindre à votre dignité.
 
Notre vie est pour Vous, dans sa précarité,
D'un tel prix que, sur Croix, Vous mourûtes pour elle.
Et, pour nous racheter de nos fautes mortelles,
Vous avez sacrifié et puis ressuscité
 
Et la vie fut sacrée dès la maternité
Jusqu'à la mort d'en-bas, tout au plus corporelle.
Il nous faut annoncer cette bonne nouvelle,
 
Face à des barbaries que leur légalité
Ne rend pourtant pas moins, à Vos yeux, criminelles,
En implorant surtout Votre aide paternelle.
 
Francis Richard
 
Lusignan, le 5 novembre 1995
 
Jour des Saintes Reliques, 12ème anniversaire de la mort de mon père.

Dédié à Sa Sainteté le pape Jean-Paul II, auteur de l'inestimable encyclique Evangelium Vitae.
          
Deux semaines après mon envoi, je recevais la lettre suivante :
 
Secrétairerie d'Etat                                   Du Vatican, le 8 février 1996
Première section - Affaires générales
 
N. 386.588

Monsieur,
 
Par l'intermédiaire de Monseigneur le Nonce apostolique en France,
vous avez récemment fait parvenir au Saint-Père un poème écrit par vos
soins et intitulé "Hymne à la vie".
 
Le Pape m'a chargé de vous transmettre ses remerciements pour ce
geste qui traduit votre attachement à sa personne et à son action. Il vous
confie à l'intercession de la Vierge Marie et lui recommande votre père de
manière toute particulière. De grand coeur, il invoque sur vous-même et sur
vos proches le soutien de la Bénédiction divine.
 
Veuillez agréer, Monsieur, l'expression de mes sentiments tout
dévoués.
 
                                                                   Mgr L. Sandri
                                                                   Assesseur
 
Monsieur Francis RICHARD
CHATOU
 
En ce dimanche de la divine Miséricorde et en ce jour de la béatification du pape Jean-Paul II, prononcée par son successeur le pape Benoît XVI, je me sens le devoir impérieux de rendre publique, à titre d'humble hommage, ma démarche d'il y a 15 ans de catholique fidèle.
 
Francis Richard

L'internaute peut écouter ce poème dit par votre serviteur sur le site de Radio Silence ici.
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19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 00:05

Saint JosephD'aucuns s'affligent du temps qui passe, d'avoir une année ou une décennie de plus. Tel n'est pas mon cas.

 

Je me réjouis au contraire que le Seigneur m'ait permis de vivre davantage que les quelques jours qui m'étaient promis à ma naissance, sur cette terre de Flandre, plat pays qui n'est qu'à moitié le mien.

 

Pour me refaire une santé, alors que je n'avais que trois semaines, ma mère, âgée alors de trente ans, m'a emmené à Saint Jean-de-Luz. Comme par miracle mon petit corps y a pris des forces qui ne l'ont plus quitté et lui ont permis de survivre jusqu'à aujourd'hui, en dépit des vicissitudes.

 

Né sous un signe d'eau, je ne me sens bien que dans les lieux qui sont en bord de mer, de lac ou de fleuve, qu'il s'agisse de Saint Jean-de-Luz, d'Ouchy ou de Chatou. Tant il est vrai que l'eau, même salée, est source de vie, de ma vie.

 

Aujourd'hui, j'ai donc atteint l'objectif des soixante ans et j'espère bien en atteindre d'autres, si Dieu me prête vie, avant de la reprendre, quand il voudra.

 

C'est par une ballade que je tiens à Le remercier en la fête de Saint Joseph, patron de tous les pères, parmi lesquels j'ai le bonheur d'être compté, puisque ma bien-aimée m'a donné deux grands fils, qui font ma plus grande joie.

 

F.R.

 

 

Car aujourd’hui j’ai soixante ans

 

Merci Seigneur, ressuscité

D’entre les morts ! C’est votre ouvrage

Aux p’tits crevards de susciter

Rage de vivre et bon courage

Pour résister au grand naufrage.

Au plat pays, j’en suis content,

M’avez donné ces avantages,

Car aujourd’hui j’ai soixante ans.

 

Pour mes parents, félicité !

Le pays basque aux lourds nuages

Et aux soleils immérités,

Aux grosses pluies les jours d’orage

Et aux abris sous les feuillages,

M’a insufflé, ce pour longtemps,

Une vigueur de bon présage,

Car aujourd’hui j’ai soixante ans.

 

Les signes d’eau, dans les cités,

Comme à Ouchy à l’abordage,

Ou à Chatou au bastingage,

Sans avoir l’air précipité,

Me délivrent même message :

Tu peux nager encor autant.

Me faut alors leur rendre hommage,

Car aujourd’hui j’ai soixante ans.

 

Envoi

 

Prince, faites que me ménage :

Je crois toujours avoir vingt ans,

Mais j’ai de loin dépassé l’âge,

Car aujourd’hui j’ai soixante ans.

 

Francis Richard

 

En la fête de Saint Joseph, dont l'icône ci-dessus se trouve au Grand Séminaire éponyme de Bordeaux ici

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 10:05

Voici venu le temps de votre humanité...

 

Vierge à l'enfantVoici venu le temps de votre humanité.

Conçu de l'Esprit Saint, comme annoncé par l'Ange,

Seigneur, vous êtes né pour qu'ici-bas tout change

Et que nous connaissions votre divinité.

 

Couché dans la crèche, dans la complicité

Et de l'âne et du boeuf, la paille pour tout lange,

Vous êtes le regard, par une voie étrange,

Que nous devons porter sur la simplicité.

 

Vous ne gazouillez pas, car vous êtes le Verbe,

Et votre parole rend muets les superbes.

Vous nous conviez donc à la vénération

 

De votre petit corps, qui semble bien fragile,

Qui tète sa Mère, tout en restant tranquille :

Vous êtes du Père la douce Incarnation.

 

Francis Richard

 

Noël 2010

 

Le tableau de La Vierge et l'Enfant est de Defendete Ferrari, Galerie des Offices, Florence. 

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Présentation

  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), je travaille dans les ressources humaines et m'intéresse aux arts et lettres.
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