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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 17:00
Au premier tour de la présidentielle, libéral, je voterai François Fillon: pour le projet et pour l'homme

Quand sur onze candidats à l'élection présidentielle, il y a onze étatistes, quelqu'un qui se dit libéral peut-il voter pour l'un d'entre eux? Je me dis libéral - peut-être ai-je tort - et je vais voter pour l'un d'eux, du moins au premier tour. Après on verra...

 

D'abord pourquoi voter? Le vote en France n'est pas obligatoire, Dieu merci. Je suis donc libre de voter ou pas. Et je vote. J'ai d'ailleurs toujours voté. Pour les idées les moins éloignées possible. Contre celles que j'abomine le plus. Cela me fait du bien...

 

Voter signifie-t-il reconnaître implicitement le système démocratique, c'est-à-dire la dictature du nombre? Pour ma part je ne le reconnais pas pour autant, mais je fais avec, tout en étant conscient, voix perdue parmi bien d'autres, que c'est assez vain. 

 

(Quand je paie des impôts auxquels je n'ai pas consenti, je ne reconnais pas davantage ce système démocratique qui me vole et me dépouille)

 

Voter est-ce se salir les mains? Comme je ne suis pas un pur (je n'aime d'ailleurs pas les soi-disant purs), cela ne me gêne pas plus que cela. Ingénieur-mécanicien j'ai appris à mettre les mains dans le cambouis, quitte à me les laver après... 

 

Si la participation est basse, la légitimité des élus est-elle sujette à caution? Peut-être, mais ils ont la loi pour eux... En Suisse, où je vote également, la participation est loin d'être toujours élevée et les résultats ne sont jamais remis en cause...

 

Je vote donc parce que c'est simplement une faculté qui m'est donnée, et je l'utilise sans trop d'illusions: pour changer le système, la bataille des idées me semble plus importante et je m'y emploie autant que je peux, mais, en attendant, je vote.

Au premier tour de la présidentielle, libéral, je voterai François Fillon: pour le projet et pour l'homme

Ce coup-là je voterai François Fillon.

 

Pour le projet

 

Tout imparfait qu'il est, le projet de François Fillon est le seul à rompre quelque peu avec le système étatiste, en tout cas davantage que le projet d'Emmanuel Macron, qui est tout en demi-mesures, en demi-teintes, qui est ni de droite ni de gauche, ni pour ni contre, bien au contraire...

 

Il est le seul, par exemple (et c'est déjà de bon augure):

- à réduire significativement les dépenses publiques (pour lesquelles la France est championne toutes catégories): comme elles sont supérieures aux recettes, elles sont financées ou par toujours plus d'impôts, ou par la dette, ou par la création monétaire, autant de prédations...

- à supprimer l'impôt sur la fortune (qui ne rapporte rien et nuit beaucoup à l'investissement),

- à supprimer la durée légale des 35 heures (qui est une des causes structurelles du chômage): le chômage est au plus bas dans les pays où on travaille le plus...

 

Les autres projets qui ont quelque chance d'aboutir - ceux de Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon ou Benoît Hamon - rivalisent d'étatisme à tel point qu'ils parlent d'un temps que les gens ne veulent pas connaître où l'État était ouvertement totalitaire et socialiste et décidait sans vergogne - et non pas furtivement comme aujourd'hui - du sort de chacun...

 

L'Institut Montaigne, loin d'être libéral, a publié un tableau (ci-dessus), qui montre à l'envi, même s'il est biaisé, que le projet de François Fillon est le seul à engager le processus de libération de l'économie, c'est-à-dire à diminuer le périmètre de l'État, priorité des priorités aujourd'hui, après quarante ans d'État devenu de plus en plus providentiel, c'est-à-dire ruineux pour tous.

 

Pour l'homme

 

Rarement, de mémoire d'homme, un homme n'a été cloué au pilori par les médias comme l'a été François Fillon pendant près de trois mois. A travers sa personne il était en fait surtout question de discréditer le projet, qui avait le tort immense de s'attaquer, encore modestement à mes yeux, au mal français et de remettre en cause des sinécures et des prébendes.

 

De moins en moins de Français ne sont dupes de la machination politico-médiatico-judiciaire qui a été ourdie contre lui. Car il n'était pas, loin s'en faut, celui qui avait profité le plus d'un système qu'il voulait réformer. Mais ces attaques ont au moins réussi à convaincre les plus sensibles aux rumeurs que, comme il en avait profité, il était bien mal placé pour le réformer.

 

Ces attaques étaient d'une telle bassesse qu'elles m'ont rappelé celles qui ont conduit au suicide de Roger Salengro, avant la Seconde Guerre mondiale, et à celui de Pierre Bérégovoy, sous la présidence de François Mitterrand, lequel devait déclarer lors de ses obsèques: Toutes les explications du monde ne justifieront pas qu'on ait pu livrer aux chiens l'honneur d'un homme et finalement sa vie.

 

Dans La grande fiction - l'État, cet imposteur, Hans-Hermann Hoppe écrit cette phrase pleine de bon sens, que je dédie aux naïfs et aux faux-culs: La sélection des dirigeants de l’État via des élections démocratiques fait qu’il est pratiquement impossible pour une personne honnête ou inoffensive d’atteindre les sommets du pouvoir…

 

Même s'il est regrettable que le président de la République française soit élu au suffrage universel, c'est ainsi. Cela suppose que la personne qui sera élue - ce qui n'a pas été le cas de François Hollande - soit capable, dans tous les sens du terme, de mettre en oeuvre le projet pour lequel elle aura été choisie.

 

Par sa résilience François Fillon a montré qu'il était capable de tenir tête à la meute de chiens lancée contre lui et qu'il aurait le courage de mener à bien des réformes qui vont à l'encontre de bien des conservatismes. S'il est élu, il est aussi le seul qui me semble pouvoir obtenir à l'Assemblée nationale une majorité pour soutenir son projet.

 

Encore une fois, le projet de François Fillon n'est pas celui qui peut mener à une société libre telle que je l'appelle de mes voeux, mais je suis persuadé qu'il peut enclencher un cercle vertueux en redonnant aux Français le goût de la liberté. Peut-être qu'alors Jean-Baptiste Say, Anne Robert Jacques Turgot ou Frédéric Bastiat n'auront pas prophétisé en vain dans leur pays...

 

Francis Richard

 

Articles précédents:

 

Bienvenue place Beauvau (27 mars 2017)

Rassemblez-vous derrière François Fillon pour faire gagner la France ! (5 mars 2017)

A qui profite l'assassinat politique de François Fillon ? A Emmanuel Macron (1ermars 2017)

Le crime était presque parfait ... pour éliminer Fillon (26 février 2017)

Courage Fillon ! (6 février 2017)

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27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 22:15
Bienvenue place Beauvau, d'Olivia Recasens, Didier Hassoux et Christophe Labbé

Jadis, jusqu'au XIXe siècle, l'expression cabinet noir désignait l'organisme d'un État, détenteur du monopole des postes, qui ne respectait pas le secret des correspondances. Ce viol de la sphère privée lui permettait d'avoir connaissance de données sensibles sur les personnes et de s'en servir éventuellement pour leur nuire.

 

Ce n'est pas dans cette stricte acception que les auteurs de Bienvenue place Beauvau emploient cette expression dans leur livre, où ils reprochent à longueur de pages à François Hollande de n'avoir rien changé à la police héritée de Nicolas Sarkozy. Il aurait même fait pire en constituant une structure clandestine, version moderne du cabinet noir d'antan.

 

Les auteurs précisent à propos de celui-ci: Il n'est pas possible d'en apporter la preuve formelle. Comme il n'est pas possible de prouver le contraire! Mais l'addition d'indices troubles et de témoignages étonnants interroge. Plusieurs observateurs bien placés dans l'appareil policier nous ont ainsi décrit par le menu l'existence d'une structure clandestine, aux ramifications complexes [...]. (page 24)

 

Ce qui caractérise cette structure clandestine, c'est sa capacité à orchestrer des affaires judiciaires pour éliminer des adversaires ou, au contraire, les épargner, à charge de revanche.

 

Quelles sont les ramifications de cette structure?

 

- Tracfin, le service de renseignement financier de Bercy, dont le patron assiste chaque semaine à une réunion à l'Elysée organisée par le coordinateur du renseignement, en compagnie des six autres directeurs des services secrets: Afin d'allumer la mèche d'une affaire politico-financière, il suffit que Tracfin pêche au bon endroit, remonte dans ses filets une infraction, et la transmette officiellement à la justice. (page 24)

 

- la DACG, la Direction des affaires criminelles et des grâces, dont le patron peut suivre en temps réel l'avancement de tous les dossiers politico-financiers. (page 26)

 

- des magistrats à qui le Château donne des consignes oralement sur des dossiers politiquement sensibles: Ils sont moins de cinq, dont on retrouve le nom dans tous les dossiers qui concernent Sarkozy. Des habitués de la méthode des poupées russes. (page 26)

 

- ces magistrats qui additionnent les affaires sur le clan Sarkozy sont eux-mêmes alimentés et épaulés par une poignée d'officiers de police judiciaire, la plupart en poste à l'Office central de lutte contre la corruption, les infractions financières et fiscales [...]. (page 27)

 

Le patron de Bercy est Michel Sapin, un ami de quarante ans de François Hollande; le coordinateur du renseignement est Yann Jounod, préfet socialiste; le patron de la DACG, Robert Gelli, a partagé la même chambrée que François Hollande et Michel Sapin lors de leur service militaire. (page 25).

 

Ajoutons que la méthode des poupées russes, évoquée ci-dessus, consiste à saisir lors d'une perquisition des documents qui n'ont rien à voir avec celle-ci et de les utiliser pour ouvrir de nouveaux dossiers judiciaires, susceptibles de nécessiter d'autres perquisitions etc.

 

Parmi les moins de cinq juges d'instruction nommés pour instruire les dossiers politiquement sensibles figure un certain Serge Tournaire: Ce juge d'instruction est apprécié à l'Élysée pour son opiniâtreté dans les affaires mettant en cause Sarkozy. (page 41)

 

Les auteurs remarquent que, comme par hasard, ceux qui pourraient rivaliser avec François Hollande, ont maille à partir avec la justice: Derrière ces ennuis à répétition qui ciblent les principaux rivaux du Président sortant, difficile de ne pas voir la patte de Hollande. (page 54)

 

Difficile à les lire, même s'ils s'en défendent, de ne pas voir non plus dans le chantier Fillon (un chantier est une machination dans le jargon barbouze) la même patte de Hollande, d'autant que, par le plus grand des hasards, un des trois juges nommés par le Parquet national financier pour mener à bien ce chantier est un certain Serge Tournaire...

 

Dans le livre d'Olivia Recasens, Didier Hassoux et Philippe Labbé (la première et le dernier étaient journalistes au Point; le deuxième et le troisième le sont aujourd'hui au Canard) il y a bien d'autres révélations inavouables sur la police, éclipsées maintenant par celle de l'existence improuvable du cabinet noir, dont se sert Hollande pour éliminer ses adversaires.

 

C'est dommage. Car elles sont les symptômes d'une police complètement inadaptée à la situation actuelle et la démonstration que Hollande n'aura rien fait pendant cinq ans pour y remédier, préférant se livrer à ses petits jeux de redoutable tacticien, qui a su tout au long de sa carrière avoir un ou plusieurs coups d'avance sur ses adversaires...(page 54)

 

Francis Richard

 

Bienvenue place Beauvau, Olivia Recasens, Didier Hassoux et Christophe Labbé, 264 pages Robert Laffont

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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 23:40
Rassemblez-vous derrière François Fillon pour faire gagner la France !

Lettre ouverte aux hommes et femmes politiques de la droite et du centre

 

Aujourd'hui plusieurs dizaines de milliers de personnes se sont rassemblés sur la place du Trocadéro pour soutenir François Fillon, le candidat sorti largement vainqueur de votre primaire, à la grande surprise, et au grand regret, de certains d'entre vous.

 

Ils l'ont fait en dépit de tout ce que les médias, la gauche, et certains d'entre vous, ont dit pour les en dissuader. Et, s'ils l'ont fait, c'est parce qu'ils ne sont pas dupes de la manipulation politico-médiatico-juridique qui a été montée contre lui.

 

Beaucoup, dont je suis, ont voté au premier et au deuxième tour de votre primaire pour le projet qu'il porte et non pas pour la personne. Aucun des autres candidats ne serait d'ailleurs crédible pour le porter maintenant parce qu'ils l'ont tous combattu, le trouvant trop radical (sic).

 

Même si François Fillon a eu la sagesse de ne pas mettre aujourd'hui de l'huile sur le feu, tout le monde sait, ou devrait savoir, vous y compris, à qui profite l'assassinat politique, perpétré contre lui. Vous ne devez pas tomber dans le piège grossier qui vous divise.

 

Jusqu'à présent cet assassinat a échoué: François Fillon s'est montré plus résilient que prévu. Sinon le crime aurait été parfait. Pour le moment il ne l'est que presque. Il ne peut l'être complètement que si vous ne vous rassemblez pas derrière lui.

 

Le gros argument que d'aucuns d'entre vous utilisent pour ne pas le faire est de dire que François Fillon serait parjure s'il maintenait sa candidature au cas où il serait mis en examen. Or, pour le moment, ce n'est encore qu'une hypothèse: il n'est pas mis en examen.

 

Depuis qu'il a promis qu'il se retirerait dans cette éventualité, deux éléments ont changé la donne:

 

- quand il a pris cet engagement, comme il est foncièrement honnête, il pensait à une mise en examen pour motif grave: il ne pouvait pas imaginer qu'on puisse lui reprocher une pratique, certes immorale, mais légale et largement répandue parmi ses pairs, dont certains d'entre vous qui lui jettent la pierre...

 

- le moment où l'info est sortie et le calendrier judiciaire qui s'est ensuivi rendent plus que probable qu'il s'agit bien d'une manoeuvre de basse politique, d'autant que l'enquête préliminaire a été engagée par une instance d'exception (nommée par le ministère de la justice de Hollande), juridiquement incompétente en la matière.

 

C'est pourquoi il n'est pas possible aujourd'hui de dire que François Fillon ne tient pas sa parole comme les médias, la gauche, certains d'entre vous et une grande partie de l'opinion désinformée le répètent à satiété.

 

Il n'y a pour vous qu'une alternative:

 

- ou vous vous rassemblez tous derrière François Fillon et il peut encore gagner son billet pour le deuxième tour de la présidentielle, c'est-à-dire être à même d'initier le redressement du pays et faire gagner la France

 

- ou vous le laissez aller à la bataille avec des troupes amoindries et, dans ce cas-là, ceux d'entre vous qui auront déserté porteront une lourde responsabilité en cas d'échec, qui leur sera inévitablement imputé.

 

Réfléchissez vite et bien: le rassemblement, c'est maintenant!

 

Francis Richard

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 22:50
A qui profite l'assassinat politique de François Fillon? A Emmanuel Macron

A 12h30 aujourd'hui, François Fillon s'est adressé aux Français. Il ne s'est adressé ni aux media dont une large partie est de toute façon de parti pris contre lui, ni à la gauche qui veut sa peau. Il a eu raison. Ce n'est pas la presse qui, heureusement, décidera de leur sort - elle est complètement décrédibilisée à leurs yeux et ce n'est pas ce qu'elle dit depuis cette intervention qui la rendra plus crédible - et ce n'est pas non plus à la gauche au triste bilan de continuer à les piller.

 

François Fillon est respectueux des institutions et c'est pourquoi il se rendra à la convocation des juges le 15 mars 2017, au risque d'être mis en examen. Quand, le 29 août 2016, François Fillon répond à Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV qu'il ne sera pas candidat s'il est mis en examen, il ne peut imaginer un seul instant qu'une véritable machination sera ourdie contre lui et que ce que pratiquent plus d'un quart des parlementaires français pourra un jour être retenu contre lui.

 

François Fillon ne désespère pas de la justice même si, comme il l'a dit aujourd'hui, ce que nous venons de voir n'est pas de nature à nous rassurer. Pour le coup François Fillon est bien aimable avec ceux qui se font l'instrument de son assassinat politique. Car le calendrier de l'acharnement politico-juridico-médiatique mené contre lui montre à l'évidence que s'il n'avait pas été candidat à la présidence de la République, rien ne lui aurait jamais été reproché et que ce qui lui arrive n'a rien à voir avec la justice, mais tout avec la basse politique:

 

25 janvier 2017: publication de l'article du Canard Enchaîné contre lui et, le jour même, le Parquet national financier (pourtant incompétent s'agissant d'un parlementaire) ordonne une enquête préliminaire.

 

- 16 février 2017: publication d'un communiqué du PNF, dans lequel est précisé qu'il n'y aura pas de classement sans suite.

 

- 24 février 2017: ouverture par le PNF d'une information et nomination de trois juges d'instruction.

 

- 1er mars 2017: réception de sa convocation par les juges en vue de sa mise en examen.

 

- 15 mars 2017: jour de sa convocation, soit deux jours avant la date limite de dépôt des parrainages pour être candidat à la présidentielle.

 

Être candidat à la présidence de la République a fait de François Fillon une cible. Tous les coups sont dès lors devenus permis contre lui. La fin justifiant les moyens, il fallait l'assassiner et ne surtout pas lui permettre de parler de son programme de redressement du pays. Pour le faire taire, il fallait ne plus parler que de ce qu'on a appelé ses affaires, gonflées de toutes pièces, et faire de lui un justiciable qui ne serait pas traité comme les autres en accélérant les procédures de manière totalement inhabituelle.

 

S'il y a assassinat, qu'il soit politique ou non, il est nécessaire de réunir trois éléments pour découvrir l'assassin ou son commanditaire: le mobile, les moyens, l'opportunité.

 

- A qui profite le crime? A Emmanuel Macron, l'héritier et continuateur de François Hollande: si François Fillon n'est pas candidat, il a de grandes chances de l'emporter sur Marine Le Pen.

 

- Qui dispose des moyens? L'Élysée, avec qui Macron communique et qui est en liaison avec le Canard Enchaîné et le Parquet national financier...

 

- Quelle est l'opportunité? La défaite annoncée de Manuel Valls au deuxième tour de la primaire de la gauche (qui a lieu le 29 janvier 2017...).

 

Dans ces conditions, François Fillon n'a pas d'autre choix que de laisser les Français seuls juges, puisque les dés sont pipés: ses arguments de fait, ses arguments de droit, sa présomption d'innocence sont complètement ignorés.

 

Dans ces conditions, les propos tenus par François Hollande et par Emmanuel Macron aujourd'hui ne manquent pas de saveur:

 

- François Hollande s'est élevé contre toute mise en cause des magistrats (indirectement nommés par lui...)

 

- Emmanuel Macron: ne donnons pas au vote démocratique le rôle de l'absolution, ce n'est pas le sien (il n'a jamais été élu...)

 

Comme François Fillon et son électorat, contre toute attente, résistent, l'estocade finale sera certainement donnée avec sa mise en examen... Mais il n'est pas sûr que cela soit suffisant pour le mettre hors d'état de nuire face à un Emmanuel Macron, qui se révèle bien falot et dont le programme est dans la lignée du hollandisme qui a échoué et ruiné les Français.

 

Au-delà de la personne de François Fillon - la France est plus grande que nous -, il y a son projet, qui, tout imparfait et insuffisant qu'il est, est un tout premier pas vers la libération du pays et son redressement. L'histoire ne repasse pas les plats: sinon il sera trop tard pour éviter la faillite.

 

Aujourd'hui encore son intervention, après celle du 6 février 2017,  prouve que François Fillon a du courage à revendre. Or il lui faudra beaucoup de courage pour mettre son projet en oeuvre, pourtant minimal. Même si c'est regrettable, les institutions françaises sont ainsi faites que l'élection présidentielle est une échéance majeure dans la politique française. Il faut que celui qui sera élu le 7 mai 2017 ait la carrure de la fonction. François Fillon l'a.

 

Francis Richard

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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 23:55
Le crime était presque parfait... pour éliminer Fillon

Le crime était presque parfait est le titre français d'un célèbre film du regretté Alfred Hitchcock. Le titre anglais - Dial M for murder - me plaît davantage, parce qu'il est plus vintage... Mais il n'y a plus, hélas, de cadrans sur les appareils téléphoniques...

 

Quoi qu'il en soit le titre français est parfaitement adapté au scénario que le pouvoir a imaginé pour éliminer Fillon. Ce scénario n'est pas celui qui était prévu à l'origine. Ce qui confirme que l'imagination n'est au pouvoir des gens qui gouvernent la France que pour éliminer leurs concurrents et non pour assurer la sécurité de leurs concitoyens et de leurs biens.

 

Le but de l'actuel scénario reste toutefois le même: maintenir en place le maximum de gens parmi ceux qui sont confortablement installés dans le système depuis cinq ans, et qui font de l'argent public leur ordinaire, à défaut d'être capables de générer de l'argent privé, qu'il leur est évidemment plus facile de voler aux autres.

 

Un flash-back s'impose. Nous sommes en octobre 2016. La cible est alors Nicolas Sarkozy. Il faut l'éliminer pour permettre à Alain Juppé de gagner la primaire de la droite et du centre: on ressort donc, opportunément, quelques affaires du placard où elles attendaient bien au chaud l'occasion du larron.

 

Pourquoi soutenir Juppé? Parce que le fait qu'il ait été condamné par la justice pourra être exhumé le moment voulu afin de fragiliser sa candidature. Aussi éliminer Sarkozy est-ce faire d'une pierre deux coups, ou, en termes de billard, gagner par la bande... en n'ayant plus en lice qu'un candidat de la droite et du centre... vulnérable.

 

Les sondages d'octobre et de novembre 2016 rendent ce scénario plausible: Juppé devance Sarkozy et, même si l'on observe une remontée de Fillon dans la semaine qui précède le premier tour de la primaire, ce dernier occupe toujours la troisième place du tiercé. Personne ne s'en méfie, même à l'Élysée.

 

Patatras! Certes Sarkozy est éliminé, mais, ce qui n'était pas prévu, c'est que Fillon arrive en tête devant Juppé. Alors les attaques fusent contre le programme de cet outsider: son  programme est brutal, radical, etc. Bref le pouvoir et les médias font tout pour faire gagner Juppé, le candidat idéal pour leurs desseins.

 

Seulement le peuple de droite et du centre vote mal et Fillon l'emporte largement devant Juppé, le chouchou malheureux de la gauche et des médias. Décembre 2016, le tir de barrage contre Fillon se fait plus nourri et François Bayrou, déjà, hurle avec les chiens: le programme de Fillon est une horreur; il est récessif.

 

Ce tir de barrage est en partie efficace, d'autant que Fillon n'est pas très clair en matière de politique de santé. Les sondages qui le plaçaient encore largement en première place en décembre devant Le Pen et Macron, le placent désormais entre les deux en janvier. Mais il reste encore qualifié pour le second tour des présidentielles.

 

Dans la primaire de la gauche, après que Hollande a déclaré forfait, le cheval sur lequel mise le pouvoir est Manuel Valls: il est le seul à pouvoir reprendre des voix à Macron, tout en récupérant une partie des voix des frondeurs, qui seraient rendus craintifs devant l'adversité que représenterait la perspective d'un duel Fillon-Le Pen.

 

Là encore le scénario n'est pas celui prévu: Benoît Hamon devance Manuel Valls au premier tour de la primaire de la gauche et, aussitôt, bénéficie du soutien d'Arnaud Montebourg. Il est temps de changer de fusil d'épaule et de favoriser Macron. Avant même que le second tour de la primaire de la gauche n'ait lieu le Canard Enchaîné lance sa bombe contre Fillon.

 

En réalité cette bombe n'est qu'un pétard mouillé. Le palmipède détient l'info depuis trois semaines. Il n'attend que le moment opportun pour la lancer en prenant bien soin, dans sa présentation, de grossir le trait pour scandaliser le pékin: totaliser quinze ans de rémunération brute plutôt que d'afficher un salaire net mensuel, c'est vicieux, mais payant...

 

Le Parquet national financier, PNF, organisation d'exception créée en 2013, ouvre aussitôt une enquête: quelle diligence! Son patron est le Procureur Général de Paris, en l'occurrence Catherine Champrenault, nommée par le pouvoir, en 2015, c'est-à-dire par une certaine Christiane Taubira... C'est en somme le bras soi-disant judiciaire du pouvoir exécutif.

 

Le problème est que le PNF n'est juridiquement pas compétent en la matière; les meilleurs juristes vous le diront. Mais, comme il ne s'agit pas de justice, mais de manoeuvre purement politique, cela n'a aucune importance... La publication de l'info Fillon par le Canard n'était pas non plus du journalisme d'investigation mais de la délation au service du pouvoir...

 

Le crime était presque parfait... pour éliminer Fillon. Il aurait fonctionné si Fillon n'avait pas été aussi résilient et si ses électeurs s'étaient laissé intimider par ces manoeuvres de basse politique: ils ont compris que, comme dans Les animaux malades de la peste, ils avaient été invités à crier haro sur le seul Fillon, pour oublier le bilan désastreux du quinquennat.

 

Certes, dans les sondages, Macron est passé pendant un moment devant Fillon pour occuper la deuxième place derrière Le Pen. Aujourd'hui Macron (dont la vacuité se révèle de plus en plus) et Fillon sont au coude à coude dans les sondages, en dépit des piqûres de rappel du PNF: pas de classement sans suite le 16 février, ouverture d'une information le 24.

 

Pourquoi le pouvoir ne peut-il plus rien faire contre Fillon? Parce que les citoyens comprennent peu à peu qu'il est suspect de ne s'attaquer qu'au seul Fillon sous prétexte qu'il est candidat à la présidentielle. Cela contredit l'affirmation selon laquelle personne n'est au-dessus des lois: les parlementaires qui sont dans le même cas que lui le seraient-ils, eux, au-dessus des lois?

 

Cela dit, il y a encore du travail pour faire éclater la vérité sur la manipulation de l'opinion. A plusieurs reprises, ce week-end, à Paris, j'ai entendu dire dans le métro, dans le RER, au café, des gens qui, parlant de Fillon, répétaient comme des perroquets qu'il était empêtré dans les affaires. Je ne sais qui a lancé cette expression, pur produit de désinformation, mais elle fait florès...

 

Joseph Goebbels, ministre de la propagande nazi, disait, en 1940: Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose...

 

Francis Richard

 

PS

 

Dans mon article Courage Fillon! du 6 février, j'ai dit tout ce qui me sépare du projet Fillon, mais je reste persuadé que ce projet est un tout premier pas vers la libération du pays, qui sans cela n'évitera pas la faillite.

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 22:45
Échec de l'État, de Jean-Philippe Delsol et Nicolas Lecaussin

Échec de l'État n'est pas un livre-programme. C'est un livre de propositions pour remédier à l'échec de l'État français. Cet échec résulte du fait que l'État s'est approprié des libertés qu'il aurait dû au contraire garantir aux citoyens et qu'il doit maintenant leur restituer. C'est à la fois une question de principe et d'efficacité.

 

Une question de principe:

 

Sans responsabilité, il n'y a pas d'humanité parce que c'est la responsabilité qui est un caractère fondamental du genre humain, qui le distingue des animaux et des créatures inertes en l'insérant dans une histoire dont il n'est pas qu'un jouet, en lui donnant à penser son avenir et à raisonner sur celui de toute communauté dans laquelle il vit. Cette responsabilité ne peut s'exercer que si l'homme qui la supporte dispose bien entendu de la liberté de faire ses choix.

 

Une question d'efficacité:

 

La liberté retrouvée alors démultipliera ses fruits. Elle permettra plus de choses que ce que nous pouvons imaginer, comme elle l'a fait depuis la machine à vapeur et le métier à tisser dans le grand progrès des sciences et des arts qui nous permettent de vivre mieux et plus longtemps.

 

Les pistes que donnent les auteurs avec ces propositions s'articulent autour de quatre thèmes:

 

- L'assurance, plutôt que l'assistance

- La libération de la fiscalité

- La libération de l'éducation

- L'État garant de la stabilité et subsidiaire.

 

L'assurance vaut mieux que l'assistance

 

Le modèle social français, que tout le monde envie mais que personne ne copie, est désastreux: il est compliqué, fort coûteux, largement déficitaire. La protection sociale d'aujourd'hui en France, financée par la dette, se fait aux dépens des générations futures.

 

Or il existe une solution pour réduire les charges sociales: c'est d'ouvrir ce système défaillant à la concurrence, en laissant toutefois à la charge de la collectivité certaines dépenses telles que les handicaps congénitaux ou liés à des catastrophes, les aides aux familles ou aux plus démunis, sous la forme d'une allocation unique, mais pas universelle, variable suivant la situation, et qui remplacerait avantageusement les nombreuses allocations sociales actuelles.

 

Ouvrir à la concurrence, c'est permettre à ceux qui le souhaitent de souscrire librement leurs assurances sociales auprès d'une compagnie ou mutuelle de leur choix comme ils le font en matière d'assurance automobile, pour les risques maladie, maternité, vieillesse, en interdisant aux assureurs la sélection des risques. Cela suppose de verser aux salariés leur salaire complet, c'est-à-dire leur salaire net augmenté des charges sociales actuelles pour qu'ils aient les moyens de souscrire aux assurances de leur choix.

 

Le système de retraite par répartition est condamné en raison du vieillissement de la population. C'est bien pourquoi les pays de l'OCDE ont évolué vers la capitalisation, qui, contrairement aux idées reçues, comme le montrent les auteurs, est moins risquée que la répartition et présente l'avantage de participer au financement de l'économie. Curieusement, en France, des fonds de pension existent surtout pour les élus locaux, les fonctionnaires et les sénateurs, dont les cotisations sont déductibles de leur revenu imposable...

 

Les auteurs proposent de sauver l'assurance-chômage en l'ouvrant également à la concurrence (resteraient adhérents à l'assurance publique ceux qui le souhaiteraient). Les prestations comprendraient une allocation forfaitaire minimum et des assurances complémentaires, dans des conditions librement débattues en termes de durée d'indemnisation, de franchise, de montant de l'allocation et de cotisation.

 

Rien de tel que de privatiser le logement social pour en augmenter l'offre et d'en baisser le prix, surtout si c'est accompagné d'une baisse de la fiscalité (il existe trente prélèvements directs ou indirects sur les biens immobiliers perçus par l'État) et d'un allègement des réglementations, ce qui favoriserait en outre l'acquisition de leur logement par ceux qui les occupent...

 

Une fiscalité libérée

 

Libérer la fiscalité, c'est démêler le maquis fiscal: il existe près de 500 régimes fiscaux dérogatoires et 75 niches fiscales (il y a aussi 132 niches sociales chiffrées et 57 non chiffrées...) et rendre la fiscalité la plus neutre possible. C'est pourquoi les auteurs proposent:

 

- de supprimer les niches et l'impôt progressif sur le revenu et d'adopter un impôt sur le revenu proportionnel, ou flat tax, à deux taux (2 et 15%): ce serait plus simple et plus égalitaire (il faut être bien informé pour profiter des niches...)

 

- d'adopter un taux unique de TVA (il y en a 9 actuellement...)

 

- d'aménager le taux de l'impôt société (dont la légitimité est contestable...) de manière la plus rationnelle et juste possible: l'idéal serait [...] que l'impôt sur le revenu soit fixé à un taux unique (cf. ci-dessus) et que l'impôt société soit fixé au même taux.

 

Il faut libérer l'éducation

 

La France ne manque pas de moyens en matière d'éducation, mais de résultats: Selon les résultats de l'étude PISA de 2012, la France se situe dans la moyenne, ou même au-dessous de la moyenne pour chaque catégorie (mathématiques, sciences et écrit), ce qui n'est pas terrible! Or, depuis, le système s'est dégradé: davantage d'élèves en difficulté, moins de chances de réussir pour les élèves issus de milieux défavorisés.

 

Ces mauvais résultats proviennent de son manque d'autonomie et du défaut de concurrence, autrement dit de l'étatisation de l'éducation: le mammouth est inefficace. Certes il existe des écoles libres, mais leurs effectifs sont bridés par l'État. La solution serait de permettre à ces écoles d'accueillir les élèves que les parents veulent y inscrire, de permettre l'ouverture d'écoles entièrement privées et de permettre aux élèves plus aptes à la pratique qu'à la théorie de bifurquer vers l'apprentissage.

 

Le moyen d'assurer le libre choix de l'établissement par les parents est de les faire bénéficier du bon scolaire, ce qui ne coûterait pas plus cher à la collectivité, ce qui, au contraire, permettrait de réduire les charges administratives et de se consacrer pleinement aux missions d'éducation. Le bon scolaire? Il représenterait le montant équivalent au coût moyen d'une classe concernée, que les parents pourraient remettre à l'école privée de leur choix.

 

Les auteurs proposent que l'université soit payante, comme aux États-Unis, où les universités privées sont les meilleures du monde dans tous les classements, ce qui n'est pas le cas des universités françaises: Le système d'université payante responsabilise les étudiants. Ils ne s'inscrivent pas en première année de quoi que ce soit parce qu'ils ne savent pas quoi faire, ou juste en attendant de trouver un job qu'ils ne cherchent guère, ou pour être assurés sociaux à prix modéré...

 

Un cadre institutionnel stable et subsidiaire

 

Sous prétexte d'harmoniser, l'Union européenne cherche plus que jamais à uniformiser, le contraire de la concurrence. Étymologiquement l'harmonisation n'est pas l'uniformisation, mais l'accord des différences: c'est justement ce qui caractérise la concurrence, du moins lorsqu'elle est respectueuse de certaines règles déontologiques.

 

Ce faisant l'Union européenne a abandonné son projet initial: créer une vaste zone de liberté pour permettre que l'échange permanent et libre des hommes, des biens et des services contribue à l'enrichissement de tous, que chacun puisse voter avec ses pieds en allant voir ailleurs si l'herbe y est plus verte, s'il n'est pas satisfait du ratio biens publics/fiscalité.

 

L'Union européenne a joué à l'épicier en voulant peser les échanges, standardiser les produits, imposer des normes à l'infini dans la mauvaise idée que le marché exige l'uniformité quand il suppose la diversité. Elle a voulu régenter la concurrence des entreprises quand celles-ci par définition ont besoin de liberté. Et dans le même temps elle travaille sans fin à empêcher la compétition fiscale entre les États qui est pourtant protectrice des contribuables comme la concurrence des entreprises l'est des consommateurs.

 

Les auteurs souhaitent donc qu'elle revienne à une Europe subsidiaire des nations, une Europe limitée et respectueuse des pays qui la composent, une Europe puissante à l'extérieur sans s'ingérer dans la vie des uns et des autres, une Europe fière de sa grandeur et de son histoire, forte de ses principes, de sa liberté, de sa capacité d'innover et capable de permettre à ceux qui y vivent de mieux grandir en êtres responsables d'eux-mêmes, peut-être alors qu'elle redeviendra le creuset de la paix et de la puissance, de la confiance et de la prospérité.

 

Ce qu'ils disent de l'Europe subsidiaire devrait s'appliquer au niveau de l'État: Au-delà de la représentation extérieure, de la sécurité et de la Justice, l'État a vocation aujourd'hui plus qu'hier à faire en sorte que chaque enfant reçoive l'enseignement le mieux adapté à ses capacités, que chacun vive décemment. Mais c'est aussi l'État subsidiaire; il ne doit pas obligatoirement tout faire, mais plutôt laisser faire ceux qui peuvent avant que d'intervenir s'il y a carence: en bas tout le possible, en haut tout le nécessaire.

 

Aujourd'hui c'est l'État qui tue la France et non pas, comme d'aucuns disent, le libéralisme ou la mondialisation: Pour lutter contre l'immigration, il faut en finir avec l'État-providence et l'assistanat; pour combattre le chômage, il faut plus de libertés économiques et moins de pression fiscale.

 

Les auteurs proposent en conséquence de défonctionnariser la classe politique, car, en France, la politique est devenue un emploi à vie pour ceux qui y accèdent. La carrière politique ressemble à la fonction publique. Comment faire? L'ouvrir au privé et à la société civile.

 

Conclusion

 

Le rôle de l'État doit être limité: L'État a moins vocation à faire le bien en lieu et place des hommes que de les empêcher à faire le mal. Mais il se conçoit en seule vue du bien des hommes. Il promeut la liberté, mais il ne peut et ne doit la défendre corps et biens, que pour ce qu'elle permet. Si à cet égard elle est la fin des États, elle n'est jamais pour les individus qu'un moyen, suprême certes, mais un moyen seulement au service de leurs fins.

 

Toutes ces propositions de réformes - elles n'ont rien de révolutionnaire - ont fait leurs preuves dans d'autres pays, et les auteurs en donnent de nombreux exemples, probants. Aucun des candidats à l'élection présidentielle ne les reprend pourtant à son compte, sans doute parce qu'elles heurteraient les préjugés de la majorité des électeurs, formatés pour la servitude volontaire par le monopole de l'éducation et par des médias uniformément corrects.

 

Ces propositions ont donc peu de chances de se réaliser un jour prochain. Mais, peut-être, quand la France aura atteint le fond, s'il n'est pas trop tard, seront-elles mises alors à l'ordre du jour et, mises en application, exauceront-elles le voeu de Jean-Philippe Delsol et de Nicolas Lecaussin:

 

Que l'État fasse son devoir de garantir la liberté et la liberté fera le reste dans une société de libre choix.

 

Francis Richard

 

Échec de l'État - Pour une société de libre choix, Jean-Philippe Delsol et Nicolas Lecaussin, 272 pages Éditions du Rocher

 

Livres précédents de Jean-Philippe Delsol:

Pourquoi je vais quitter la France Tatamis (2013)

L'injustice fiscale ou l'abus de bien commun Desclée de Brouwer (2016)

 

Livres précédents de Nicolas Lecaussin:

Au secours, ils veulent la peau du capitalisme! Editions First (2009)

L'obsession anti-libérale française Libréchange (2014)

 

Livre précédent de Jean-Philippe Delsol et Nicolas Lecaussin:

A quoi servent les riches JC Lattès (2012)

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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 20:55
Courage Fillon !

Lettre ouverte à François Fillon

 

Monsieur le candidat de la droite et du centre,

 

Lors de la primaire de la droite et du centre je me suis permis de m'inscrire et de voter pour vous aux deux tours.

 

Si j'ai voté à cette primaire de la droite et du centre, je dois vous l'avouer, ce n'est pas parce que je sais être de droite ou du centre, mais parce que je sais qu'au moins je ne suis pas de gauche, ce dont je me félicite quand je vois comment elle se comporte avec vous.

 

Depuis que je vote en France, je n'ai jamais voté pour un homme mais pour des idées, pour les idées les moins éloignées possible des miennes. Je n'ai donc pas voté pour vous en tant que personne, aux deux tours de cette primaire, mais pour des points essentiels du projet que vous défendez.

 

Ce projet pour la France ne me satisfait certes pas complètement, non pas parce que, contrairement à ceux qui le caricaturent, il serait radical, mais parce qu'il n'est qu'un tout premier pas vers une société vraiment libre que j'appelle de mes voeux.

 

Cependant il faut bien commencer par un bout et ne pas remettre toujours à demain de mettre l'ouvrage sur le métier sous prétexte qu'il ne comble pas tous ses voeux. Votre projet de redressement du pays, de rupture avec le désordre établi, comme vous dites, est en tout cas de bon augure si vous le menez à bien.

 

Vous vous êtes donné trois priorités:

- la libération de l'économie

- la restauration de l'autorité de l'État pour protéger les Français

- l'affirmation de ce que vous appelez nos valeurs.

 

Une société libre passe effectivement par une libération de l'économie et près de la moitié des quinze mesures phares que vous préconisez sont consacrées à cette libération indispensable au redressement du pays.

 

Par restauration de l'autorité de l'État, vous entendez notamment celle de ses fonctions régaliennes. Je ne peux que regretter que l'État tel que vous le concevez ne se limite malheureusement pas aux dites fonctions.

 

Mais, comme dit plus haut, je ne veux pas bouder mon plaisir: votre projet est un bon préalable et je serais déjà bien heureux, si État il doit y avoir, que ces fonctions soient au moins assumées par lui, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

 

Du fait que vous êtes pour certaines interventions de l'État que je réprouve, nous n'avons pas tout à fait les mêmes valeurs, mais nous en avons suffisamment en commun, et c'est ce que je veux retenir dans l'immédiat.

 

Les miennes, principales, toutes liées entre elles, sont en effet:

- le respect des droits de propriété au sens large

- la liberté,

- la responsabilité,

- la sécurité des biens et des personnes.

 

Après avoir été déstabilisé par les attaques dont vous avez été l'objet ces derniers jours, vous vous êtes ressaisi et vous avez compris qu'au-delà de votre personne c'était bien ce projet de rupture qui vous les valait et qu'il dérangeait déjà trop.

 

Et, maintenant, après vous avoir entendu, ce n'est plus seulement votre projet que je soutiens, mais votre personne.

 

Votre projet bouscule les gens du système, remet en cause leurs sinécures et leurs prébendes: c'est pourquoi ils veulent avoir votre peau.

 

Vous avez montré ce soir, face à ces chiens qui aimeraient tant que vous renonciez, une résilience qui force mon admiration. Et rien ne peut justifier à mes yeux que votre honneur et celui de votre femme Pénélope aient pu leur être livrés.

 

Alors, je vous souhaite bon courage, Monsieur Fillon. Car soyez sûr que ces chiens ne vous lâcheront plus maintenant qu'ils ont trouvé vos os à ronger.

 

Ce soir, en tout cas, pour ma part, vous n'êtes plus simplement le candidat de la droite et du centre, mais celui de la France.

 

Je vous présente tous mes respects, Monsieur, et j'espère que, comme on dit, un François chassera l'autre, et ses héritiers...

 

Francis Richard

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30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 23:20
Ce que doit faire le (prochain) président, d'Agnès Verdier-Molinié

Vous ne vous rendez pas compte, si on applique toutes vos réformes, la baisse des dépenses publiques, et surtout des dépenses sociales, ce sera la révolte en France.

 

C'est ce que dit un jour à l'auteur un maire d'une ville de banlieue, à la sortie d'une émission. A quoi Agnès Verdier-Molinié répondit:

 

Si on ne fait rien, ce sera pire.

 

Après avoir lu son livre, Ce que doit faire le (prochain) président, on a envie de lui dire:

 

C'est bien, mais on pourrait beaucoup mieux faire.

 

Seulement on ne pourra pas mieux faire et ce serait déjà bien étonnant que l'on puisse faire ce qu'elle dit, parce qu'il faudrait que les mentalités changent considérablement, ce qui n'est pas près d'arriver quand on entend dire un peu partout en France que le programme de François Fillon est ultra-libéral...

 

Le gâchis

 

Un mot peut définir la France d'aujourd'hui: le gâchis, omniprésent et permanent.

 

Quelques exemples:

 

- la gestion paritaire calamiteuse (et fromagère) des organismes sociaux

 

- le temps de travail insuffisant, voire fantôme, dans la fonction publique territoriale

 

- le choc de complexité du futur prélèvement à la source, cauchemar annoncé pour les entreprises

 

- le droit du travail kafkaïen qui est un véritable repoussoir à l'embauche

 

- l'État actionnaire qui - faites ce que je dis, mais pas ce que je fais - privilégie le rendement à court terme etc.

 

Contre le gâchis

 

Il faudrait, selon l'auteur:

 

- réorganiser l'État:

  • le recentrer sur ses fonctions régaliennes: police, justice, défense, diplomatie
  • élargir les compétences des treize régions à la formation et à l'emploi
  • supprimer les départements
  • réduire le nombre de communes
  • réduire le nombre d'élus, etc.

 

- baisser les dépenses publiques de 90 milliards en 5 ans, c'est-à-dire, par exemple:

  • rationaliser les achats de l'État
  • réduire les coûts des opérateurs de l'État
  • relever l'âge de la retraite
  • mettre en place un régime de retraite unique, etc.

 

- baisser conjointement les recettes publiques:

  • baisser les taxes sur la production des entreprises
  • baisser l'impôt sociétés
  • baisser les cotisations employeur

 

- mais augmenter la TVA d'un point pour amortir...

 

Les empêcheurs de réformer

 

Il faut les neutraliser parce qu'ils veulent:

 

- niveler par le bas en réduisant les inégalités

 

- partager le travail

 

- gérer le plus de choses possible par l'État (qui gère pourtant moins bien et de manière plus coûteuse que le privé)

 

- supprimer la fraude, fille du matraquage fiscal, pour supprimer le déficit...

 

Pour cela, il faut:

 

- supprimer l'ENA

 

- donner à Bercy l'objectif de réduire les dépenses et non pas de les augmenter

 

- en finir avec le paritarisme

 

- supprimer le monopole syndical

 

- couper les crédits aux syndicats

 

- réformer Bruxelles: plus de migrations entre Strasbourg et Bruxelles, plus de retraites avantageuses pour ses fonctionnaires, donner aux membres de l'Union de véritables objectifs à respecter, en % du PIB:

  • 3% de déficit
  • 60% d'endettement
  • 50% de dépenses publiques
  • 40% de prélèvements obligatoires

 

La mise en oeuvre

 

Agnès Verdier- Molinié a prévu:

 

- le recours à des ordonnances, dix au total:

  • gel des embauches dans la fonction publique: diminution de 440000 postes en cinq ans
  • fixation du temps de travail à 1750 heures temps plein dans le public et le privé
  • multiplication des types de contrat de travail
  • baisse des indemnités de chômage et cotisation des agents publics
  • âge de la retraite à 65 ans en 2028
  • autonomie des communes et des établissements scolaires
  • régionalisation de Pôle Emploi
  • extension de la laïcité du public au privé
  • suppression des 25% de logements sociaux dans les communes
  • hausse des seuils sociaux

 

- le recours à trois référendums:

  • sur le financement des syndicats
  • sur la fusion, le plafonnement et la fiscalisation des aides sous conditions de ressources
  • sur la réforme du statut de la fonction publique

 

- l'adoption de neuf lois:

  • une loi votée, deux supprimées
  • une loi de finances unique
  • la suppression d'une centaine de taxes et interdiction de taxes qui rapportent moins de 100 millions d'euros
  • la mise en place d'un frein à l'endettement
  • le contrat d'embauche dans la fonction publique devenant le principe et l'emploi statutaire l'exception
  • le renforcement du système pénitentiaire
  • le budget militaire à 2% du PIB
  • la liberté de choix de l'assurance maladie
  • la retraite par points, avec alignement des régimes et fusion des caisses

 

- la révision de la Constitution:

  • la suppression du poste de Premier ministre
  • la responsabilité des ministres de leur ministère
  • le pouvoir d'évaluation rendu au Parlement
  • la réduction du nombre d'élus
  • la mise en place du référendum d'initiative populaire

 

Agnès Verdier-Molinié donne le calendrier de toutes ces réformes du prochain quinquennat. Ce sont bien des réformes puisqu'elles ne remettent pas en cause le système, qui est celui d'une sociale-démocratie, dont l'État reste le principal acteur.

 

L'auteur s'est, semble-t-il, largement inspiré de la Suisse qui, parmi les sociales-démocraties, est l'une des plus libérales, mais reste cependant une sociale-démocratie, avec toutes les entraves aux libertés individuelles, notamment économiques, que cela suppose.

 

Cela étant dit, la France dont rêve l'auteur, après cinq ans de réformes, n'aurait que des résultats bien modestes en comparaison avec ceux de la Suisse, qui expliquent sa prospérité insolente, mais tout de même relative.

 

Le tableau ci-dessous l'explique très bien (les chiffres de la France proviennent de la Fondation iFRAP, dont l'auteur est la directrice, et ceux de la Suisse de l'Office fédéral de la statistique):

 

 FranceFranceSuisse
Année201620222015
Taux de chômage9.9%8.9%3.7%
Prélèvement45.8%44.1%27%
Dépenses publiques56.5%50.8%33.6%
Solde public-3.6%0.2%0.1%
Dette97.2%89.3%34%

 

Le prélèvement, les dépenses publiques, le solde public et la dette sont exprimés en % du PIB.

 

Comme on le voit, même avec l'arsenal de mesures (ordonnances, référendums, lois, révisions de la Constitution) que préconise Agnès Verdier-Molinié, en admettant qu'elles soient toutes mises en oeuvre, ce n'est pas demain que la France pourra rivaliser avec sa voisine suisse... qui pourrait nettement mieux faire si elle optait pour une économie vraiment libre...

 

Francis Richard

 

Ce que doit faire le (prochain) président, Agnès Verdier-Molinié, 304 pages Albin Michel

 

Livres précédents chez le même éditeur:

 

On va dans le mur (2015)

60 milliards d'économie ! (2013)

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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 23:30
L'islamo-business, vivier du terrorisme, de Jean-Paul Gourévitch

L'islamo-business, qui finance l'islamisme et lui fournit des combattants, prospère grâce à l'expansion de l'économie informelle et à l'incapacité des États à le combattre, à le contrôler ou à le gérer.

 

L'islamo-business, tel que l'entend Jean-Paul Gourévitch, est le moteur de l'islamisme radical. Dans ce livre, qui se veut document, il présente les éléments du dossier.

 

Il commence par un peu de sémantique et définit les mots islam, islamisme et terrorisme: Le passage de l'islamisme au terrorisme se fait au moyen de trois notions passerelles: la charia, le jihad et le salafisme. Il en ressort que les acceptions de ces termes sont très variables suivant les points de vue aussi bien des musulmans que de ceux qui ne le sont pas... D'où l'importance de nuancer...

 

Toutefois les musulmans, quels qu'ils soient, partagent les même cinq piliers:

- la chahada (profession de foi)

- la prière rituelle cinq fois par jour

- le ramadan et son jeûne pendant un mois

- le pèlerinage à la Mecque

- l'aumône rituelle (la zakat)

 

La présence musulmane dans le monde - un tiers des musulmans vit dans des pays non musulmans - se distribue en quatre cercles concentriques, du plus large au plus étroit:

- la communauté musulmane

- les musulmans actifs et pratiquants

- les adhérents à l'islamisme radical

- les candidats potentiels à l'action terroriste.

 

Quelques chiffres: il y aurait 1,6 milliard de musulmans dans le monde, entre 25 et 44 millions en Europe (fourchette large) et environ 8,5 millions en France.

 

En France, sur ces 8,5 millions, il y aurait 3,4 millions de pratiquants, 100'000 musulmans très favorables à Daesh et 10'000 candidats potentiels à l'action terroriste...

 

Jean-Paul Gourévitch donne des éléments sur les plans politique, économique, social, idéologique, géopolitique, spirituel et sociétal pour expliquer l'apparition de la revendication de la violence nécessaire à la réislamisation du monde musulman, la désignation d'ennemis renforçant cette revendication: 

- l'Occident, qui diaboliserait l'islam

- les chrétiens, qui sont de plus en plus persécutés en pays musulmans

- les juifs, qui sont assimilés à la politique d'Israël: de l'antisionisme à l'antisémitisme, la frontière est facilement franchie

- les musulmans hérétiques

- les mécréants.

 

La stratégie islamiste diffère suivant le poids des musulmans dans un pays:

- en situation très minoritaire, la position est défensive

- en situation minoritaire forte, la position est de faire valoir leur représentativité et elle est également contre-offensive

- en situation majoritaire, la position est de réduire l'influence des communautés les plus importantes par des exactions ou de solidariser l'ensemble des musulmans autour des revendications les plus radicales.

 

Jean-Paul Gourévitch passe en revue la galaxie de l'islamo-business, c'est-à-dire:

- son importance dans différents pays du monde: en Extrême-Orient, au Moyen-Orient, au Proche-Orient, dans la corne de l'Afrique, en Afrique sub-saharienne, au Maghreb, en Tchéchénie, dans les Balkans, en Turquie

- les mouvements qui en sont les constellations principales originelles: les Frères Musulmans et Al-Qaïda

- l'État islamique, Daesh, qui dispose actuellement d'un territoire, d'une administration, d'un financement (banques, pétrole, gaz naturel, trafics d'armes, d'oeuvres d'art etc., taxes, zakat, jizya - la taxe sur les dhimmis -, donateurs du Golfe...), d'une stratégie: terroriser les ennemis, intérieurs et extérieurs...

 

D'une manière plus générale, Jean-Paul Gourévitch consacre tout un chapitre au financement de l'islamo-business. Au capitalisme musulman des banques, qui contournent l'interdit de l'usure, s'ajoutent le financement des terroristes par l'Arabie Saoudite ou le Qatar, le financement par les cotisations et les dons, et, surtout, le financement caché de l'économie informelle, qui représenterait plus de 1'000 milliards de dollars par an...

 

Un autre chapitre est consacré à la puissance de l'islamo-business: comment il recrute et forme ses combattants dans les cités, les mosquées, les prisons. Son portrait du combattant (exemples de Khaled Kelkal, Mohammed Merah et d'Amedy Coulibaly à l'appui) est corroboré par celui du terroriste, Anis Amri, qui a, semble-t-il, commis l'attentat sur un marché de Noël à Berlin le 19 décembre dernier.

 

Le parcours type du combattant est en effet le suivant:

- Petite transgression (fraude dans les transports, par exemple)

- Délinquance de proximité (enrichissement personnel)

- Arrestation ou interpellation (sentiment d'être une victime, d'être rejeté)

- Prison (où un intercesseur lui apprend que la religion musulmane peut le réhabiliter)

- Endoctrinement

- Engagement

- Passage à l'acte

- Passage de la posture du héros à la stature du martyr.

 

Comment combattre l'islamo-business? Par la répression? Elle a des limites et s'est avérée en grande partie inefficace, comme les attentats des dernières années l'ont prouvé: en fin de volume, l'auteur recense sur quatre pages et demie tous les attentats islamistes commis en France et en Belgique entre 2012 et 2016...

 

En fait le plus grand ennemi de l'islamisme pourrait bien être l'islam lui-même. Car il existe nombre de fractures entre islam et islamisme:

- Le combat contre l'intégrisme par l'éducation, particulièrement celle des filles, est le premier qui doit être mené par les musulmans de France, qui dans leur majorité ont adhéré à l'école républicaine

- La majorité des musulmans veulent vivre pacifiquement

- L'adhésion aux valeurs réputées universelles, telles que le droit, la liberté de pensée et de critique, l'aspiration au progrès, la démocratie, l'égalité des chances, est la voie que doivent suivre les jeunes musulmans, attirés par la modernité, pour en prendre le train

- La condition féminine reste une ligne de partage entre islam moderne et islamisme rétrograde.

 

Évidemment l'islamisme radical recherche au contraire la fracture. Et certains de ceux qui s'y opposent le plus, que l'on peut réellement qualifier d'islamophobes, lui emboitent le pas, à la différence fondamentale que, dans leur quasi-totalité, ils ne recourent pas aux violences physiques...

 

En conclusion Jean-Paul Gourévitch imagine les possibles scénarios du futur avec leurs différentes variantes:

- scénarios d'affrontement

- scénarios de vivre-ensemble

- scénarios de la frontière

- scénarios de la crise

- scénarios du déclin.

 

Il se garde bien de prophétiser sur les écritures nouvelles encloses dans les schistes à venir, selon l'expression de Saint-John Perse. Dans ce livre, il a seulement voulu dresser le procès-verbal de l'islamisme, en convoquant, à charge et à décharge, les textes, les chiffres et les intercesseurs.

 

Une telle analyse de la situation ne peut que nourrir la réflexion pour contrecarrer le développement de l'islamo-business, ce concept qui désigne d'une part les modalités formelles et informelles du financement de l'islamisme, de l'autre la transformation par étapes successives d'un petit délinquant en kamikaze.

 

Francis Richard

 

L'islamo-business, vivier du terrorisme, Jean-Paul Gourévitch, 216 pages Pierre Guillaume de Roux

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25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 19:15
Après Obama, Trump?, de Guy Millière

Passées quelques apparences et quelques pôles de fécondité, et bien qu'elle soit toujours la première économie du monde, l'économie américaine se porte mal., écrit Guy Millière, dans Après Obama, Trump?

 

Comme dirait Frédéric Bastiat, il y a ce qu'on voit: Une amérique riche, parfois très riche. Sur la côte californienne, dans le Nord-Est, à Boston, à Chicago, à Houston, à Phoenix:

 

- il existe des milliardaires et des millionnaires en dollars, une upper middle class qui préserve un haut niveau de vie

- il existe des entreprises puissantes, dynamiques, innovatrices, des universités renommées dans le monde entier et dont les départements d'économie, de gestion des affaires ou des sciences exactes sont des pôles d'excellence sans équivalent ou presque sur la surface de la Terre

 

Et il y a ce qu'on ne voit pas:

 

- la pauvreté a gagné du terrain sous Barack Obama, beaucoup de terrain, et les chiffres officiels l'indiquent: 38 millions de gens classés officiellement pauvres ou très pauvres fin 2008, 46 millions fin 2015

- la grande middle class se désagrège

- un nombre de salariés fin 2015, 122 millions, à peine supérieur à celui de fin 2008, alors que la population a augmenté de 15 millions: cent deux millions d'Américains en âge de travailler ne travaillent pas...

 

Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Comme dans l'Union européenne, où le Brexit apparaît comme un sursaut contre le déclin auquel conduisent les eurocrates, les raisons de la maladie américaine, où se creusent les inégalités, propres aux régimes totalitaires et autoritaires, ont toutes à voir avec l'étatisme et l'État-providence:

 

- le taux d'imposition des entreprises, 39%, n'a certes pas changé en sept ans, mais il reste le plus élevé du monde occidental et, avec Barack Obama, il n'y a plus d'échappatoires, sauf pour les très grandes entreprises...

- depuis 2009, l'ajout de règles et de normes s'est accéléré, et règles et normes sont devenues écrasantes, particulièrement dans le secteur bancaire et l'environnement

- les coûts de l'énergie se sont accrus très vite ces dernières années du fait, justement, de l'obligation de réduire les émissions de CO2, de l'abandon de constructions de barrages et de centrales nucléaires, en dépit de l'augmentation de la production de pétrole et de gaz de schiste

- l'obligation de s'assurer contre la maladie (Affordable Care Act, voté en 2010) suivant des contrats-types prédéfinis avec le même niveau de protection, et le même coût, quelque soit l'âge, le sexe ou les conditions de santé préalables de la personne souscrivant une assurance a eu pour conséquence des suppressions d'emplois dans les plus petites entreprises en raison des coûts prohibitifs engendrés

- la mise sous contrôle de grandes entreprises, en interdépendance avec le gouvernement, qui agissent dès lors en collusion avec le gouvernement, ce que des auteurs libéraux appellent économie de connivence

- l'augmentation sous Obama de la redistribution, sous toutes ses formes: la redistribution, qui ne concerne pas que les pauvres ou ceux qui glissent vers la pauvreté, mais aussi les plus riches, puisque pour de grandes entreprises, elle peut s'appeler élimination des concurrents, subventions, ou commandes gouvernementales et entre dans une catégorie qui s'ajoute au welfare, redistribution sociale, et reçoit le nom de corporate welfare, redistribution en direction des grandes entreprises , ce qui fait tomber davantage d'argent dans les caisses du parti démocrate

- l'endettement public a plus que doublé sous Obama etc.

 

A cela il faut ajouter que:

 

- l'insécurité a augmenté: des tueries plus nombreuses ont eu lieu, et toutes dans les gun free zones, des lieux où le port d'armes est interdit...

- les principes institutionnels ont été érodés: abus de pouvoir de la part du Président vis-à-vis du Congrès (executive orders, traités baptisés accords, guerres engagées sous le nom d'opérations militaires etc.), procédures fiscales contre des opposants (par exemple: harcèlement contre les dirigeants des tea parties), naturalisations d'hispaniques bénéficiaires de redistribution sociale pour gonfler le vote démocrate et changer la majorité dans les swing states , etc.

 

Le lecteur intéressé lira avec profit l'analyse que fait Guy Millière de la politique extérieure de Barack Obama. Elle est aussi désastreuse et calamiteuse que sa politique intérieure pour l'avenir des Etats-Unis, surtout si, comme lui, il considère que l'hégémonie américaine a permis qu'un ordre du monde fonctionne:

 

Cet ordre du monde est né de la victoire sur des tentations totalitaires, des actes génocidaires, des crimes sans nom. Il a endigué d'autres tentations totalitaires et les a vaincues à leur tour. Il a permis tout ce que la mondialisation a eu de fécond: des centaines de millions d'être humains tirés de l'extrême misère, des inventions extraordinaires, des réseaux planétaires, le web.

 

C'est pourquoi il s'interroge: Que deviendra le monde si cet ordre du monde déjà fracturé se brise encore davantage?

 

Le mardi 8 novembre 2016, le successeur d'Obama sera élu. En sera-t-il le continuateur? Si c'est le cas les détériorations qu'Obama a enclenchées ou approfondies aux Etats-Unis continueront et se feront plus graves, plus flagrantes. Les dégâts créés par Obama à l'échelle planétaire se feront plus aigus.

 

Qui, côté républicain, incarne aujourd'hui la possibilité d'une tentative de redressement des Etats-Unis? Après le rejet du candidat de l'establishment républicain, Jeb Bush, après l'élimination de Marco Rubio, puis de Ted Cruz, ne reste que Donald Trump...

 

Aux primaires, les électeurs républicains l'ont choisi majoritairement:

 

- parce qu'il est très riche et ne peut être acheté par quiconque

- parce qu'il tient un discours net, tranché, politiquement incorrect

- parce qu'il est un homme à poigne

- parce qu'il a le sens du leadership

- parce qu'il a prouvé qu'il savait s'entourer de collaborateurs compétents

- parce qu'il n'est pas strictement conservateur

- parce qu'il est porteur de quelque chose de plus essentiel que les petites phrases prononcées par lui qu'ils ont pu désapprouver etc.

 

En tout cas les priorités de Donald Trump s'il est élu sont:

 

- remédier à l'immigration illégale

- mettre fin à l'existence des "villes sanctuaires" (villes démocrates où les immigrants illégaux coupables de crime ne sont pas poursuivis)

- redynamiser les entreprises et la création d'emplois par une baisse des impôts et une déréglementation

- rétablir l'ordre et la sécurité en mettant fin à la dévalorisation de la police

- remplacer l'Affordable Care Act par une loi permettant une pleine ouverture à la concurrence entre assureurs sur tout le territoire

- refaire de la justice une justice impartiale et efficace digne des Etats-Unis.

 

Donald Trump sera-t-il désigné candidat républicain? L'establishment républicain fera tout pour s'y opposer. Sera-t-il élu président? Même réponse.

 

Quel que soit le résultat des élections américaines, Guy Millière garde bon espoir:

 

La lame de fond [qu'incarne aujourd'hui Donald Trump] n'est, à ce jour, pas brisée. Le redressement est possible.

Si la lame de fond devait être brisée, le redressement prendra du temps, beaucoup de temps. Il ne sera pas devenu impossible. L'idéal restera. La braise sera sous la cendre.

 

Francis Richard

 

Après Obama, Trump?, Guy Millière, 102 pages, La Maison d'Edition

 

Livres précédents:

 

La Septième dimension Cheminements (2009)

Le désastre Obama Tatamis (2012)

Face à l'islam radical David Reinharc (2012)

L'islam radical est une arme de destruction massive David Reinharc (2013)

L'Etat à l'étoile jaune Tatamis (2013)

Voici revenu le temps des imposteurs Tatamis (2014)

 

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9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 10:00
"Le vrai visage de Manuel Valls" d'Emmanuel Ratier

Curieusement l'auteur du Vrai visage de Manuel Valls, Emmanuel Ratier,  ne figure pas sur la couverture de son livre. Mais, comme il est publié par les Editions Facta et que d'autre part il ne se cache pas d'en être l'auteur... autant attribuer à César ce qui revient à César, c'est-à-dire à Emmanuel Ratier.

 

Ce livre a du succès sur Amazon et dans ce que L'Express appelle la fachosphère. S'il vaut la peine de s'intéresser à ce livre ce n'est cependant pas en raison du succès de sa vente en ligne et encore moins du soutien que lui apporte la sphère évoquée, mais en raison des faits qu'il comporte et qui semblent incontournables, parce que très documentés.

 

Comme Manuel Valls est l'actuel Premier ministre de la République française et qu'il est raisonnable de penser qu'il ambitionne d'occuper un jour le siège de la Présidence, ces faits peuvent éclairer sur sa personne, ce qui n'est pas sans importance dans un régime présidentiel.

 

Ses origines? Catalanes, mais son père n'a jamais été un antifranquiste déclaré comme on le lit souvent...

 

Son milieu? Manuel Valls n'a pas grand-chose à voir avec le fils d'immigré classique monté à la force du poignet. Il a grandi dans le Marais dans une ambiance à cheval entre le catholicisme traditionnel et la bourgeoisie bohème naissante, le tout teinté de déracinement.

 

Son parcours? Manuel Valls n'a jamais exercé un véritable métier de sa vie [...]. Il a fait carrière comme permanent politique, d'abord appointé par son parti puis, ensuite, en étant financé par les contribuables.

 

Son réseau? Il fait la connaissance à l'université de Tolbiac d'Alain Bauer et de Stéphane Fouks, avec lesquels il va rester très lié.

 

Alain Bauer? Aujourd'hui il est professeur en Criminologie, Président du Conseil Supérieur de la Formation et de la Recherche Stratégiques, ancien président de l'Observatoire de la Délinquance, ancien Grand Maître du Grand Orient de France.

 

Stéphane Fouks? Aujourd'hui il est un des directeurs généraux de Havas Worlwide, anciennement Euro RSCG Worlwide et contrôle la quasi-totalité de la communication d'influence en France, toutes tendances confondues...

 

Le 3 avril 2014, Stéphane Fouks déclare à Challenges: Avec Manuel au PS et Alain au Grand Orient, on tient la France pour trente ans.

 

Devenu maire d'Evry en 2001, comment Manuel Valls dirige-t-il la ville? Evry est une ville que Manuel Valls tient sous sa poigne, surtout parce qu'il s'y est constitué une équipe d'obligés qui le suivront dans le giron du gouvernement, parfois au plus près de François Hollande.

 

Mais le clientélisme a un coût: Quand Manuel Valls quitte la mairie [en 2012] les caisses sont vides. L'endettement a progressé de 70% entre 2007 et 2012, la pression fiscale sur les ménages de 45,7% entre 2001 et 2012...

 

Pro-palestinien ou pro-israélien? Pro-palestinien avant 2010 et pro-israélien depuis.

 

Evry accueille chaque année la plus importante manifestation pro-palestinienne en France, Six heures pour la Palestine. Manuel Valls, qui, en 2002, a reçu en personne Leila Shahid, déléguée générale de la Palestine, y intervient et y participe les 25 novembre 2006 et 7 décembre 2007.

 

Patatras, après un soutien indéfectible à la cause palestinienne pendant des années, le député-maire d'Evry, sans jamais donner aucune explication [...] refuse pour la première fois que les Six heures pour la Palestine se déroulent à la mairie le 28 novembre 2009.

 

En février 2010, conséquent avec son changement de cap, Manuel Valls coupe les subventions à l'association Evry-Palestine, organisatrice des Six jours, et... le 1er juillet 2010, à la mairie d'Evry, épouse en secondes noces Anne Gravoin, issue par sa mère d'une famille juive d'origine roumaine...

 

Sur Radio Judaïca Strasbourg, il déclare, le 17 juin 2011: Par ma femme je suis lié de manière éternelle à la communauté juive et à Israël. Et, sur Europe 1, le 25 septembre de la même année, il dit s'opposer à la reconnaissance de la Palestine par l'ONU...

 

C'est beau l'amour... Et, depuis, Manuel Valls ne manque pas de manifester haut et fort sa nouvelle alliance...

 

Une fois devenu Ministre de l'Intérieur, Manuel Valls a de fortes paroles et des résultats... faibles: en 2013, les cambriolages ont augmenté de 6 à 8% et la délinquance de 5 à 11% selon les zones...

 

Quoi que l'on pense de la Manif pour tous, Manuel Valls se distingue, à son sujet, par la sous-estimation criante des chiffres de participation aux manifestations de l'an passé (à l'aide de photos aériennes truquées, reproduites... sur le site de la Préfecture de police de Paris), par les provocations de policiers déguisés en manifestants pour tenter de les faire dégénérer et par l'usage de gaz lacrymogènes sur de paisibles manifestants accompagnés d'enfants (lors de la manifestation du 24 mars 2013).

 

Emmanuel Ratier termine son livre par l'affaire Dieudonné, où, là encore, quoi que l'on pense du personnage, le pouvoir judiciaire s'est fait, le 9 janvier 2014, le diligent complice du pouvoir exécutif. La décision prise ce jour-là par le Conseil d'Etat peut être qualifiée, sans conteste, de : renversement complet de jurisprudence qui recrée la censure  a priori. Une défaite pour la liberté d'expression et un recul des libertés noté par tous les juristes. Contestable sur le fond, cette décision est unique: en procédure d'urgence accélérée par un juge unique en une heure.

 

A lire le livre d'Emmanuel Ratier, auquel je laisse la responsabilité des interprétations des faits qu'il rapporte et des documents qu'il produit, le lecteur ne peut que penser que l'ambition personnelle de Manuel Valls justifie pour lui l'emploi de tous les moyens, même légaux, pour l'assouvir. Ce qui devrait faire réfléchir les Français, et les électeurs français de 2017 ou de 2022...

 

Francis Richard

 

Le vrai visage de Manuel Valls, 120 pages, Editions Facta

 

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6 juin 2014 5 06 /06 /juin /2014 05:00
Pour le D-Day, je chante "les ricains" de Michel Sardou

En 1967, jai seize ans.

 

Michel Sardou, qui n'est pas encore célèbre, chante Les ricains. C'est un tollé. Cette chanson est censurée, interdite d'antenne. Son interprète est littéralement exécuté...

 

En effet, tout le monde lui tombe dessus: les gaullistes (de Gaulle a décidé que la France quittait l'OTAN et que, sans lui, les Allemands n'auraient pas été défaits en 1945...), les communistes (alors qu'on est en pleine guerre froide, et guerre du Vietnam, ils sont furieux d'être mis dans le même panier que les nazis), les anti-américains primaires, les nostalgiques du fascisme immense et rouge qui ne décolèrent pas que leur rêve d'empire ait été brisé...

 

Le rebelle que je suis déjà aime cette chanson inconoclaste, anti-conformiste, à contre-courant, interdite, qui célèbre les Américains, lesquels, déjà, en 1918, ont libéré mon grand-père maternel des geôles allemandes...

 

Aujourd'hui, septantième anniversaire du D-Day, cette querelle des Ricains est bien oubliée et les paroles devraient pouvoir être chantées par quiconque, parce qu'elles ne font, après tout, que dire la vérité et honorer les combattants de la liberté d'alors:

 

Si les ricains n'étaient pas là
Vous seriez tous en Germanie
A parler de je ne sais quoi
A saluer je ne sais qui

 

Bien sûr les années ont passé
Les fusils ont changé de main
Est-ce une raison pour oublier
Qu'un jour on en a eu besoin

 

Un gars venu de Géorgie
Qui se foutait pas mal de toi
Est v'nu mourir en Normandie
Un matin où tu n'y étais pas

 

Bien sûr les années ont passé
On est devenu des copains
A l'amicale du fusillé
On dit qu'ils sont tombés pour rien

 

Si les ricains n'étaient pas là
Vous seriez tous en Germanie
A parler de je ne sais quoi
A saluer je ne sais qui

 

Pendant qu'il chante, Michel Sardou provoque - c'est courageux à l'époque -, et fait, par dérision, le salut romain quand il chante son premier A saluer je ne sais qui, puis le même salut en fermant le poing à la fin, quand il chante le dernier, jetant symboliquement le même opprobre sur tous les totalitaires, quels qu'ils soient...

 

Aujourd'hui, pour le D-Day, je chante à nouveau Les ricains, avec Michel Sardou...

 

Francis Richard

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24 avril 2014 4 24 /04 /avril /2014 22:45
"Quand la France s'éveillera" de Pascal Lamy

Le monde a changé. Désormais il n'y a plus un Nord riche et un Sud pauvre comme il y a seulement vingt-cinq ans. Le Sud, du moins la partie émergée, fait maintenant jeu égal avec le Nord.

 

"Le monde se transforme", écrit Pascal Lamy dans son dernier livre, Quand la France s'éveillera "et nous sommes loin de la vision caricaturale et unilatérale souvent présentée en France d'une mondialisation réduite à la seule concurrence déloyale que les pays en développement feraient peser sur nos entreprises, les conduisant à délocaliser leurs activités, à baisser les salaires, à faire pression sur l'Etat pour qu'il réduise la protection sociale."

 

Pascal Lamy, ancien directeur général de l'OMC, est en effet bien placé pour savoir quels sont les bienfaits qu'il faut mettre au crédit de la mondialisation, au premier rang desquels la réduction sans précédent de la pauvreté dans le monde:

 

"En vingt ans (1990-2010), 700 millions de personnes sont sorties de l'extrême pauvreté, soit une population supérieure à celle de l'Europe."

 

La mondialisation n'aurait pas été possible sans les formidables avancées technologiques qui ont permis une organisation nouvelle de la production, l'élargissement des marchés, le développement des échanges.

 

Les échanges ont d'ailleurs changé de nature:

 

"Bien souvent, les composants d'un même bien sont produits aux quatre coins du monde. Bien souvent, les différentes phases d'assemblage sont réalisées dans des unités de production géographiquement éloignées."

 

Il faut désormais parler de Made in the World...

 

C'est la face lumineuse de la mondialisation.

 

Il y a aussi la face sombre: le chômage, les délocalisations, la précarité, les inégalités. Et les menaces qui pèsent sur le développement économique futur: le réchauffement climatique, la pollution, l'épuisement des ressources naturelles. Alors, en bon socialiste, tendance social-démocrate, Pascal Lamy dit qu'il faut réguler la mondialisation; mieux, la maîtriser; mieux encore, la civiliser.

 

Pour atteindre ce dernier but, il faut que l'Europe soit fidèle à l'image qu'elle donne, selon lui, à nos voisins des autres continents: "une identité forte, une capacité à concilier la liberté individuelle et l'intérêt collectif, une expérience d'intégration régionale, un modèle économique et sociale humaniste, une culture sophistiquée".

 

Encore faut-il que l'Europe comble son déficit d'appartenance. Elle ne pourra le faire, selon Pascal Lamy, qu'en développant ses réseaux d'échanges d'étudiants, avec les bourses Erasmus, et d'échanges en matière de recherche, avec les bourses Marie-Curie; qu'en articulant un socle commun réglementaire avec, par exemple, l'instauration d'un salaire minimum dans chacun des pays européens et l'harmonisation de l'impôt sur les profits des entreprises.

 

Encore faut-il que l'Europe comble son déficit de croissance. Elle ne pourra le faire qu'en favorisant la compétitivité qui en est un des moteurs et sans laquelle il n'est pas de créations d'emploi. L'économie sociale de marché que Pascal Lamy appelle de ses voeux implique certes "une dose de redistribution importante pour assurer sécurité sociale, au sens large, et lutte contre les inégalités", mais cela n'est possible que s'il y a création de richesses.

 

Encore faut-il que l'Europe comble son déficit de gouvernance. Elle ne pourra le faire qu'en maintenant à la Commission européenne le rôle de proposer les lois et de les exécuter une fois qu'elles ont été décidées par le Conseil des ministres des Etats et le Parlement européen; qu'en faisant d'elle le porte-parole unique de l'Union dans toutes les instances internationales et en la rendant politiquement responsable devant le Conseil des ministres.

 

La France s'éveillera quand elle ne cauchemardera plus la mondialisation. Plutôt que de lui tourner le dos, elle doit chercher à l'humaniser, à la civiliser si elle la trouve inique et mauvaise. Mais elle ne pourra pas changer le monde toute seule. C'est l'Europe qui pourra le faire et la France ne pourra donc le faire que dans son sillage. D'où l'importance du couple franco-allemand: la France et l'Allemagne doivent se rapprocher plus étroitement si elles veulent peser sur le changement du monde, via l'Europe.

 

La France doit notamment comprendre que "la production de richesses précède le partage" et l'Allemagne que "le monde est instable et parsemé de menaces à contenir au besoin par la force armée comme François Hollande l'a justement décidé au Mali et en Centrafrique".

 

Ces deux pays doivent en conséquence élaborer en commun les lignes directrices de leurs politiques économiques:

 

"Les prélèvements fiscaux et sociaux, et donc les dépenses collectives, devraient être progressivement rapprochés, pour parer au risque de concurrence déloyale."

 

Ils doivent prendre des positions communes au sein du Conseil des ministres de l'Europe et agir de concert au sein des institutions financières telles que le FMI ou la Banque mondiale.

 

La France et l'Allemagne doivent enfin s'entendre sur la politique étrangère et de sécurité, sur la défense donc.

 

Comme on le voit, Pascal Lamy est un fervent défenseur de la mondialisation et du libre-échange, mais il l'est aussi de ce qui peut empêcher l'une et l'autre de fonctionner à plein. Il cède en effet à l'illusion régulatrice, celle qui consiste à penser qu'un marché imparfait doit et peut être corrigé de ses défauts et imperfections par des interventions étatiques.

 

Or les interventions étatiques, qu'elles soient locales ou globales, qu'elles se fassent sous la forme de réglementations ou de politique monétaire, ont pour effet de fausser les échanges et d'empêcher qu'ils ne se fassent librement. Dans ces conditions, les résultats de ces échanges ne peuvent qu'en être affectés et leurs bienfaits amoindris, voire annihilés.

 

Pascal Lamy est en fait favorable à une gouvernance globale, c'est-à-dire à un mondialisme, qui est un constructivisme, illusoire. Il ne faut pas le confondre avec la mondialisation, qui, elle, est un phénomène spontané, réel.

 

Francis Richard

 

Quand la France s'éveillera, Pascal Lamy, 176 pages, Odile Jacob

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  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), je travaille dans les ressources humaines et m'intéresse aux arts et lettres.
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