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25 juin 2019 2 25 /06 /juin /2019 11:25
Le dernier pharaon, de Schuiten.Van Dormael.Gunzig.Durieux

Edgar P. Jacobs a publié onze albums d'aventures du professeur Philip Mortimer et du désormais colonel Francis Blake. Seize autres albums ont vu le jour sous d'autres signatures.

 

Le dernier pharaon est le troisième album hors série de ces aventures. Il est le produit de quatre auteurs: Jaco Van Dormael, Thomas Gunzig et François Schuiten (qui a fait le dessin) pour le scénario et Laurent Durieux pour la couleur.

 

Comme le titre le laisse prévoir il y a un lien entre cette aventure et Le Mystère de la Grande Pyramide, paru en deux volumes sous la signature de son créateur, au début des années 1950, aux éditions du Lombard.

 

La présente aventure a pour cadre le Palais de Justice de Bruxelles, construit à la fin du XIXe siècle par l'architecte Joseph Pollaert, à l'emplacement d'un premier palais tombé en ruines.

 

Quelques années après l'aventure égyptienne de Blake et Mortimer, le professeur Philip Mortimer se rend à Bruxelles à la demande de son collègue et ami Henri.

 

En effet ce dernier a relevé un niveau de rayonnement électromagnétique [...] absolument colossal dans le bâtiment qui recèle en sous-sol des murs couverts de hiéroglyphes.

 

Henri a attendu Mortimer pour faire l'ouverture d'un passage dans l'un de ces murs. Après l'avoir fait, une puissante lumière aveugle les deux hommes.

 

Henri disparaît dans le passage qui s'effondre derrière lui et Mortimer n'a que le temps de regagner la surface avant que le Palais de Justice ne s'embrase d'un feu glacial et iridescent.

 

Dans la ville de Bruxelles plus rien ne fonctionne. Pour contenir le rayonnement, semblable à un vent solaire, un bombardement d'électrons, une cage de Faraday géante est construite autour du Palais.

 

Une enceinte, elle, est construite autour de la ville, condamnée d'accès par l'ONU. Mais une nuit, dans le Palais, qui n'est pas si déserté que ça, des individus déclenchent la réapparition du rayonnement.

 

Le rayonnement provoque des pannes informatiques et un black-out généralisé dans toute l'Europe... Que faire pour éviter dès lors une catastrophe de dimension mondiale?

 

La solution des autorités est de lancer dans les dix jours des ogives nucléaires sur l'édifice. Francis Blake demande à Philip Mortimer de se rendre sur place pour mettre fin au rayonnement.

 

L'aventure proprement dite commence et c'est une course contre la montre. Car le professeur Mortimer craint que de lancer des missiles ne provoque une réaction en chaîne.

 

Les nostalgiques de la BD d'origine regretteront les à-plats du dessin de Jacobs et suivants. Mais le dessin plus élaboré de cet album contribue à y créer l'atmosphère pesante qui convient à un livre-catastrophe.

 

Les hommes aiment à se faire peur. L'histoire ancienne - au moment du premier millénaire par exemple - et toute récente - avec l'écologisme - le montrent. Mais, tant que cela n'est que de la fiction, pourquoi pas?

 

Et puis, cela permet de faire droit à des personnages qui trouvent que c'était mieux avant et qui veulent faire table rase du passé pour accomplir leur rêve égalitariste...

 

L'un d'eux, par exemple, veut empêcher Mortimer, qu'il traite de bon petit soldat du système, d'éteindre le rayonnement :

 

Imaginez la disparition de l'argent électronique, l'effacement de toutes les dettes, tout le monde enfin mis sur un pied d'égalité.

 

Cette utopie mortifère et liberticide ne vous rappelle-t-elle pas quelque chose?

 

Francis Richard

 

Le dernier pharaon, Schuiten . Van Dormael . Gunzig . Durieux, 92 pages, Éditions Blake et Mortimer

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6 novembre 2017 1 06 /11 /novembre /2017 22:30
Dernière pute avant la fin du monde, de Marsault

Le 25 octobre 2017, à 17:30, un message blanc sur noir apparaît dans ma boîte mail; il est signé par Silvia Tsacopoulos, chargée de relations publiques et presse Palexpo, et Isabelle Falconnier, déléguée à la politique de la ville de Lausanne et directrice artistique de Lausan'noir, le festival du polar et du noir, créé en 2016.

 

Ce message est un communiqué de presse qui commence ainsi:

La programmation du Festival Lausan'noir se veut l'écho d'une confrontation élargie d'oeuvres et d'idées, d'auteurs et de publics. C'est dans ce contexte que Lausan'noir avait invité Marsault.

 

Marsault ? Connais pas.

 

Plus loin le communiqué révèle son pourquoi:

C'est avec consternation que nous avons appris à l'orée de l'ouverture du festival [il s'est tenu du 27 au 29 octobre 2017 au Théâtre 2.21, à Lausanne], que l'équipe du Théâtre 2.21 a fait l'objet de nombreuses menaces de la part de différents groupes activistes de tous bords.

Ni le Théâtre 2.21, partenaire principal du festival, ni Lausan'noir ne sont donc en mesure de faire face au risque sécuritaire potentiel annoncé et largement partagé sur les réseaux sociaux.

En concertation avec tous les partenaires impliqués, l'annulation de la venue de Marsault s'est donc imposée. En effet l'ensemble des conditions nécessaires pour la sécurité de l'auteur, du public et de l'équipe d'organisation ne sont pas réunies.

 

Alors, comme lorsque j'étais enfant et que j'allais lire en cachette les livres de l'enfer de la bibliothèque de mon père, j'ai bravé l'interdit de ces soi-disant activistes qui se comportent en vrais fascistes et me suis procuré le dernier opus du bédéiste, au titre illustré et tout en finesse: Dernière pute avant la fin du monde.

 

C'est noir, provocateur et très cru; et ça tire sur tout le monde: les machistes, les racistes, les féministes, les politiciens corrompus et pédophiles, les jeunes caïds des banlieues, les anticapitalistes primaires, les superwomen, les nazis trop beaux, les religieux, les capitalistes, les gros, les minces, les gays, les homophobes...

 

Seuls trouvent grâce à ses yeux, dans l'unique passage lumineux de l'album, cette belle jeune femme battue qui dit préférer les garçons qui donnent des fleurs plutôt que des coups de poings et ce bon gros de Gabi, qui prend sa défense, après avoir voulu offrir une rose blanche à sa DRH et s'être fait traiter par elle de ringard...

 

Bref personne, ou presque, n'est épargné, même pas lui-même. Mais, parmi les cibles, il en est donc qui ne supportent pas de l'être et qui n'admettent pas que d'autres usent de leur liberté pour les brocarder. Eux seuls ont droit d'employer un vocabulaire que jadis on attribuait, peut-être injustement, aux seuls charretiers...

 

Si les légendes sont souvent violentes, de même que les scènes, Marsault sait, en quelques traits, dessiner aussi bien des gens laids, des gens ignobles, des gens qui rappellent les heures les plus sombres, que des créatures dont il met en valeur les galbes et que d'aucuns ou d'aucunes trouveront sans doute sexistes...

 

Francis Richard

 

Dernière pute avant la fin du monde, Marsault, Ring

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 23:15
"Le Bâton de Plutarque" d'Yves Sente et André Juillard

Edgar P. Jacobs est mort il y a aura bientôt trente ans. Mais ses personnages, le Capitaine Francis Blake et le Professeur Philip Mortimer lui survivent...

 

Parmi toutes les bandes dessinées de l'après-guerre, celles des aventures de Blake et Mortimer occupent une place de choix pour les enfants du baby-boom avec sept premiers albums parus alors aux Editions du Lombard: Le Secret de l'Espadon, Le Mystère de la Grande Pyramide, La Marque Jaune, SOS Météores, L'Enigme de l'Atlantide, Le Piège diabolique et LAffaire du collier.

 

Bien plus tard, paraît Les 3 Formules du professeur Sato, album inachevé dont le deuxième tome est terminé par Bob de Moor

 

Le dernier des albums parus sous la signature de successeurs de Jacobs, Le Bâton de Plutarque respecte une sorte d'ordre évangélique, puisque cette dernière histoire se situe en 1944, soit à une époque antérieure à la première histoire de la série originelle, Le Secret de l'Espadon, qui se passe en 1946.

 

Le Capitaine Francis Blake, dont j'ai toujours bien aimé le prénom, je ne sais vraiment pas pourquoi, y apparaît en Squadron Leader, à bord du porte-avions The Intrepid. Ses prouesses de pilote lors d'une bataille aérienne au-dessus de Londres lui valent d'être réaffecté au MI6, le service d'intelligence extérieure de l'armée britannique. 

 

Francis Blake, qui l'a connu adolescent, y retrouve Philip Mortimer, en ingénieur en chef de la base de Scaw-Fell, où se créent des armes qui permettront "de gagner rapidement les guerres futures en occasionnant le moins de pertes humaines possibles".  Son rôle à lui sera de former des militaires hors pair pour les utiliser.

 

Blake a été incorporé dans la Royal Air Force avant d'entrer dans l'aéronavale puis d'être affecté à The Intrepid; Mortimer a fait des études scientifiques à l'université de Glasgow, au M.I.T. et à l'université de Berkeley, avant d'être rappelé au pays et d'aboutir à Scaw-Fell.

 

La mission de Blake et Mortimer, que racontent Yves Sente et André Juillard est de larguer des balises en Méditerranée, émettant "des messages perçus par les radars ennemis comme des signaux provenant de véritables sous-marins". Le but est de faire hésiter l'ennemi sur le lieu où se fera le débarquement en simulant des manoeuvres d'envergure là où il n'y en aura pas.

 

Comme de juste, c'est la loi du genre, cette histoire, pleine de rebondissements, ne se déroule pas tout à fait comme prévu. Elle se passe à Londres, puis dans le nord-ouest de l'Angleterre, enfin en Méditerranée, près de Gibraltar, avant un retour à Londres. Dépaysement garanti par vignettes en bandes, évocatrices et réalistes.

 

Comme de juste, ce récit de guerre est émaillé de combats, d'actes de bravoure, de morts, de trahisons. Il restitue fort bien cette époque trouble, aussi bien par des dessins très épurés que par des dialogues parsemés d'expressions anglaises telles que old chap, by jove etc.

 

Comme on dit d'une pièce de théâtre qu'elle est costumée, c'est-à-dire jouée en costumes d'époque, ce récit est costumé. Les bâtiments, les intérieurs, les rues, les automobiles, sont datés. On s'y croirait. C'est la marque Jacobs...

 

Une troisième guerre mondiale, qui serait déclenchée par l'Empire Jaune, sourd tout le long de ces nouvelles aventures. Toutes les informations recueillies par les services de renseignements concordent sur une attaque imminente, mais les gouvernants restent indécis...

 

La suite se trouve dans Le Secret de l'Espadon...

 

Francis Richard

 

Le Bâton de Plutarque, Yves Sente et André Juillard, 64 pages, Blake et Mortimer

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Présentation

  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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