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15 août 2020 6 15 /08 /août /2020 00:00
En ce jour de l'Assomption, Nous te saluons, Ô toi, Notre Dame

Parmi ses poèmes divers, Paul Verlaine  en a composé un, très personnel, le jour de l'Assomption, qui est la grande fête mariale d'aujourd'hui, et qu'il me semple opportun de lire ou relire en ce jour:

 

Aujourd'hui c'est ma fête et j'ai droit à des fleurs

(Sous mon autre prénom je n'ai droit qu'à mes pleurs).

Car sachez-le bien tous, je m'appelle Marie,

Et sous le nom puissant d'une mère chérie

Je me sens protégé du mal et du péché

Qui m'avaient investi grâce au bien négligé.

Je me sais à l'abri d'un monde que j'abhorre

Et dont je ne saurais me séparer encore ;

Je me crois défendu contre tout choc et heurt

Par ce nom qui s'en vient prier lorsque l'on meurt.

En ce jour merveilleux de triomphe et de gloire.

Il me semble que j'ai ma part de la victoire.

Ô ma femme, entrons donc joyeux, c'est notre droit.

Dans le bonheur heureux... et le devoir qu'on doit.

 

Parmi les plus beaux chants à Notre Dame, il y a celui écrit par le Père Alain Dumont de la Communauté de l'Emmanuel.

 

En cette fête de l'Assomption, il me paraît de circonstance de l'écouter, interprété par cette communauté.

 

Dans la seule Apocalypse de Saint Jean, écrite sur l'île grecque de Patmos, il est fait mention de la couronne d'étoiles de Notre Dame:

 

Un signe grandiose apparut au ciel: C'est une femme ! Le soleil l'enveloppe, la lune est sous ses pieds, et douze étoiles couronnent sa tête...

 

C'est évidemment ce passage qui a inspiré le refrain de son chant au Père Dumont:

 

Nous te saluons,
Ô toi, Notre Dame,
Marie Vierge Sainte que drape le soleil.
Couronnée d´étoiles, la lune est sous tes pas,
En toi nous est donnée
L´aurore du salut

 

Ce passage a également inspiré à Carlo Dolci, peintre florentin du XVIIe, sa Madone en gloire, que j'ai placée à dessein au début de ce texte et qui se trouve à l'université de Stanford.

 

Ce poème de Paul Verlaine, ce chant d'Alain Dumont et cette peinture de Carlo Dolci rendent hommage, mieux que je ne saurais le faire, à Celle qui vit un jour son âme transpercée par un glaive.

 

Francis Richard

 

Voici les strophes du chant Nous te saluons, Couronnée d'étoiles. Elles permettront de mieux l'écouter, en se pénétrant de ses paroles:



1. Marie Ève nouvelle et joie de ton Seigneur,
Tu as donné naissance à Jésus le Sauveur.
Par toi nous sont ouvertes les portes du jardin.
Guide-nous en chemin, Étoile du Matin.

2. Tu es restée fidèle, mère au pied de la croix.
Soutiens notre espérance et garde notre foi.
Du côté de ton Fils, tu as puisé pour nous,
L´eau et le sang versés qui sauvent du péché.

3. Quelle fut la joie d´Ève lorsque tu es montée,
Plus haut que tous les anges, plus haut que les nuées.
Et quelle est notre joie, douce Vierge Marie
De contempler en Toi la promesse de vie.

4. Ô Vierge immaculée, préservée du péché,
En ton âme, en ton corps, tu entres dans les cieux.
Emportée dans la gloire, sainte Reine des cieux,
Tu nous accueilleras un jour auprès de Dieu.

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31 mai 2020 7 31 /05 /mai /2020 00:00
Sept rayons d'une neuvaine de Pentecôte, d'Edith Stein

Edith Stein, née le 12 octobre 1891 à Breslau, morte à Auschwitz le 9 août 1942, a écrit le poème ci-dessous consacré au Saint-Esprit et à ses sept dons.

 

Philosophe et théologienne allemande d'origine juive, elle est entrée au Carmel de Cologne en 1933 et est devenue soeur Thérèse-Bénédicte de la Croix.

 

Elle a été canonisée le 11 octobre 1998 sous le pontificat du pape Jean-Paul II. Elle est l'une des saintes patronnes de l'Europe.

 

Ce poème est une prière. Je le reproduis à l'intention de ceux qui, catholiques, en Suisse ou en France, ne pourraient pas assister à la messe aujourd'hui.

 

En effet, si les messes sont de nouveau permises depuis peu dans les deux pays, pour des raisons sanitaires les places restent limitées dans les églises.

 

Francis Richard

 

NB

 

La version de ce poème est celle du site du Couvent des Carmes de Fribourg.

 

 Sept rayons d'une neuvaine de Pentecôte

 
1. Qui es-tu, douce lumière, qui me remplit
et illumine la ténèbre de mon cœur?
Comme la main d'une mère, tu me conduis
et, si tu me lâchais,
je ne saurais faire un pas de plus.
tu es l'espace enveloppant mon être
et l'abritant en toi.
Le rejetterais-tu,
il coulerait à pic dans l'abîme du néant
d'où tu le tiras pour l'élever vers la lumière.
Toi, qui m'es plus proche que je ne le suis moi-même,
qui m'es plus intérieur que mon propre cœur,
et pourtant insaisissable, inconcevable,
au delà de tout nom,
Saint-Esprit, éternel Amour!

2. N'es-tu pas la manne si douce à mon palais,
qui du Cœur du Fils déborde dans le mien,
nourriture des anges et des bienheureux ?
Lui qui s'est levé de la mort vers la vie,
il a su m'éveiller du sommeil de la mort
à une vie nouvelle.
Vie nouvelle qu'il me donne chaque jour
et dont la plénitude doit un jour m'inonder,
Vie de ta propre vie, toi-même en vérité,
Saint-Esprit, vie éternelle!

3. Es-tu le rayon jaillissant comme l'éclair
depuis le trône très haut du Juge éternel,
pénétrant comme un voleur dans la nuit de l'âme
qui s'ignorait elle-même?
Miséricordieux, impitoyable aussi,
tu pénètres jusqu'en ses profondeurs cachées
L'âme est effrayée de ce qu'elle voit d'elle-même
et se garde ainsi dans une crainte sacrée
devant le commencement de toute Sagesse
qui vient d'en-haut
et nous y ancre d'un ancrage solide,
devant ton action qui nous crée à nouveau,
Saint-Esprit, rayon que rien n'arrête!

4. Es-tu la plénitude d'Esprit et de puissance
qui permet à l'Agneau de rompre les scellés
du décret éternel de la divinité?
Sur ton ordre, les messagers du jugement
chevauchent de par le monde entier et séparent,
du tranchant de l'épée, le Royaume de lumière
de celui de la nuit.
Les cieux seront nouveaux et la terre nouvelle,
et tout retrouvera alors sa juste place
par ton souffle léger:
Saint-Esprit, puissance victorieuse!

5. Es-tu le Maître d’œuvre,
le bâtisseur de la cathédrale éternelle
qui depuis la terre s'élève jusqu'au ciel?
Tu donnes vie à ses colonnes, qui se dressent,
hautes et droites, solides et immuables.
Marquées du signe de l'éternel Nom divin,
elles s'élancent vers la lumière et portent le dôme
qui achève et couronne la sainte cathédrale,
ton œuvre qui embrasse l'univers entier:
Saint-Esprit, Main de Dieu créatrice!

6. Es-tu Celui qui créa le miroir limpide
tout proche du trône du Seigneur, le Très-Haut,
semblable à une mer de cristal où se contemple
la divinité en un échange d'amour?
Tu te penches sur l’œuvre la plus belle
de toute ta création
Et ta propre splendeur éblouissante de lumière
te renvoie son reflet,
qui unit la pure beauté de tous les êtres
en la figure pleine de grâce de la Vierge,
ton Épouse immaculée:
Saint-Esprit, Créateur de tout ce qui est!

7. Es-tu le doux cantique de l'amour
et du respect sacré qui retentit sans fin
autour du trône de la Trinité sainte,
symphonie où résonne
la note pure donnée par chaque créature?
Le son harmonieux,
l'accord unanime des membres et de la Tête,
dans laquelle chacun, au comble de la joie,
découvre le sens mystérieux de son être
et le laisse jaillir en cri de jubilation,
rendu libre
en participant à ton propre jaillissement:
Saint-Esprit, jubilation éternelle! 

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21 mai 2020 4 21 /05 /mai /2020 12:30
L'hymne des vêpres de l'Ascension: Salutis humanae Sator

En Suisse, la reprise des messes dans les églises catholiques ne devrait avoir lieu qu'à partir du 8 juin 2020. C'est-à-dire après les fêtes de l'Ascension et de la Pentecôte.

 

Ici, comme ailleurs, la liberté de culte est bafouée sous prétexte d'épidémie. Mais ce n'est pas la seule des libertés individuelles qui l'est et cela ne préfigure rien de bon.

 

Ici, comme ailleurs, l'État, dont les hommes ont fait preuve d'imprévoyance et d'impéritie et qui devrait protéger le droit, n'est pas la solution mais le problème.

 

En attendant, parce que le monopole de la force, ici opposée au droit, se trouve du côté de l'État, sous toutes ses formes, il faut faire contre mauvaise protection bon coeur.

 

Dans la liturgie catholique latine, il est un magnifique hymne chanté lors des vêpres de la fête de l'Ascension, qui peut être de quelque réconfort spirituel pour les âmes.

 

A défaut donc de pouvoir se recueillir dans une maison de Dieu, il est toujours possible de s'élever spirituellement au-dessus de l'humaine condition par la grâce de l'art.

 

Charles Baudelaire dans Les Phares disait en vers ce que l'art signifiait pour lui:

 

Car c'est vraiment, Seigneur, le meilleur témoignage
Que nous puissions donner de notre dignité
Que cet ardent sanglot qui roule d'âge en âge
Et vient mourir au bord de votre éternité !

 

Et Ayn Rand, qu'il est impossible de soupçonner d'avoir eu la Foi, écrivait en 1963 dans The Goal of all my Writings (un texte qui figure dans son Romantic Manifesto de 1971):

 

L'art est la technologie de l'âme.

 

Francis Richard

 

PS

 

En France, le Conseil d'État, saisi en référé par des fidèles catholiques, a donné le 18 mai 2020, huit jours au Gouvernement pour organiser le nouveau régime des rassemblements dans les lieux de culte et a précisé dans son ordonnance:

 

La liberté de culte ne se limite pas au droit de tout individu d’exprimer les convictions religieuses de son choix dans le respect de l’ordre public (mais) comporte également, parmi ses composantes essentielles, le droit de participer collectivement, sous la même réserve, à des cérémonies, en particulier dans les lieux de culte.

 

Voici les paroles de Salutis humanae Sator pour ceux qui voudraient les suivre avec l'interprétation reproduite ci-après, sur une musique de Claudio Monteverdi:

 

Salutis humanae Sator,
Jesu, voluptas cordium,
Orbis redempti Conditor,
Et casta lux amantium:

Qua victus es clementia,
Ut nostra ferres crimina?
Mortem subires innocens,
A morte nos ut tolleres?

Perrumpis infernum chaos:
Vinctis catenas detrahis;
Victor triumpho nobili
Ad dexteram Patris sedes.

Te cogat indulgentia,
Ut damna nostra sarcias
Tuique vultus compotes
Dites beato lumine.

Tu, dux ad astra, et semita,
Sis meta nostris cordibus,
Sis lacrymarum gaudium,
Sis dulce vitae praemium.

Amen.

 

Traduit en français:

 

Auteur du salut des humains,

O Jésus, joie de tous les coeurs,

Créateur du monde sauvé.

Pure lumière de tes amis,

 

Quelle bonté t'a donc contraint

A te charger de nos péchés?

A subir la mort, innocent,

Pour nous arracher à la mort?

 

Tu pénètres dans les enfers

Et tu délivres les captifs;

Vainqueur au triomphe éclatant,

Tu sièges à la droite du Père.

 

Écoute encore ta bonté

Et viens réparer nos malheurs,

Comble nos coeurs en nous montrant

La lumière de ton visage.

 

Sois notre guide vers le ciel,

Sois le but où tendent nos coeurs,

Sois notre joie après les larmes,

Sois notre douce récompense.

 

Amen !   

 

L'enregistrement de 1995 ci-après est édité par NAXOS:

 

Chef d'orchestre: Howard Arman
Ensemble: The Schutz Academy
Artistes: Detlef Bratschke, Thomas Herberich, Eric Menzel, Hermann Oswald, Susanne Ryden, Gunther Schmidt, Irena Troupova-Wilke, Manuel Warwitz

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12 avril 2020 7 12 /04 /avril /2020 18:45
Une règle de vie par un moine bénédictin

Le moine bénédictin qui a écrit ce petit livre, publié en 1994, n'est autre que Dom Gérard Calvet (1927-2008), fondateur en 1970 du monastère Sainte-Madeleine du Barroux, la seule abbaye bénédictine construite en Europe au XXe siècle.

 

En signant un moine bénédictin, l'auteur a certes voulu être humble, mais donner plus de force peut-être à ce qu'il dit parce que le particulier anonyme naturellement s'efface devant des propos qui se veulent intemporels, voire universels.

 

Dans son introduction, il souligne que le mot règle n'a pas bonne presse et que, pourtant:

 

Sans discipline personnelle, pas d'artiste, pas d'écrivain, pas d'ingénieur; talent personnel et sainteté sont voués à l'échec. Sans règle, pas de chef-d'oeuvre, pas de vie contemplative, pas d'élévation mystique. 

 

S'il emploie l'expression Une règle de vie, c'est que:

- tout chemin est unique;

- il n'est pas nécessaire de vouloir tout lire: il s'agit de lire et de relire un livre aimé, capable de graver dans l'esprit quelque chose d'éternel;

- il ne faut pas exposer aux yeux de tous sa vie intérieure: ce qui est bon pour vous ne l'est peut-être pas pour autrui:

 

En dogme, il faut tout croire, tout accepter. Au plan spirituel, en revanche, une grande liberté est de mise: tenez pour bon ce qui vous réussit.

 

Un chrétien, pour l'auteur, doit avoir le goût de Dieu et doit le cultiver et l'entretenir par:

- la lecture : il est recommandé de lire la plume à la main le livre aimé, de colliger [ses] idées chères sur un livre de raison;

- la méditation: il faut répéter à haute voix, mâchonner, soupeser sans cesse les mots d'un texte pour s'en nourrir et se les incorporer;

- l'oraison: il faut se ménager chaque jour vingt minutes pour permettre à [son] âme de respirer librement en Dieu; réciter très lentement une prière et s'arrêter à certains moments

 

A propos de l'oraison, il précise qu'il n'est pas toujours possible de prier de façon réglée et organisée et qu'à ce moment-là la prière doit s'élancer vers Dieu dans un mouvement libre et affectueux.

 

Il recommande le rosaire, la confession et la communion régulières, la prière liturgique, le recours à des intercesseurs et, si possible, à un directeur spirituel sûr et éclairé.

 

Une règle de vie, c'est chaque jour accomplir son devoir d'état, exercer sa charité envers [ses] plus proches (c'est-à-dire se dévouer, se supporter, pardonner), faire son examen de conscience, maîtriser parmi tous ses défauts l'un de ses quatre défauts piaffants...

 

Une règle de vie, c'est avoir une bonne humeur spirituelle, garder l'espérance malgré les échecs et les déconvenues, avoir chaque jour l'idée bienheureuse de la mort, passage en Dieu qui est la joie de toutes les joies.

 

Une règle de vie, c'est enfin avoir une vie intérieure: Non pas un renfermement sur soi mais un rayonnement surnaturel, non pas un refuge mais un tremplin, non pas un abri mais un phare...

 

Francis Richard

 

Une règle de vie par un moine bénédictin, 48 pages, éditions sainte-madeleine

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10 avril 2020 5 10 /04 /avril /2020 19:00
La quatrième Station du Chemin de la Croix, de Paul Claudel

Confinement oblige, il ne m'est pas possible en ce Vendredi Saint de participer à un Chemin de Croix dans une église, que ce soit en France ou en Suisse, où les libertés fondamentales de culte et de circulation des personnes ne sont plus assurées, par impéritie et imprévoyance.

 

En 1911, Paul Claudel publie Le Chemin de la Croix, un recueil de quatorze poèmes inspirés des quatorze stations de ce chemin de douleur. Madeleine Renaud, Natalie Nerval, Jean-Louis Barrault, Jean-Pierre Granval, Jean Juillard les ont interprétés avec beaucoup de coeur.

 

Les quatorze enregistrements ont été édités, vraisemblablement en 1961, par la maison de disques française Jéricho - Centre du disque chrétien, sur disque vinyle 10", sous la référence JER 104. Parmi eux, j'ai choisi de mettre en ligne le quatrième, dit par Madeleine Renaud.

 

A cette Station, le Christ rencontre sa Mère. On ne peut que penser avec une immense peine à sa peine indicible, même si elle savait, depuis que Siméon, lors de la présentation de son Fils au temple, l'en avait avertie, qu'un jour un glaive lui transpercerait le coeur (Luc 2, 33-35).

 

Ce texte est magnifique. C'est pourquoi je le reproduis ci-dessous pour celles ou ceux qui voudraient à la fois l'écouter et le lire afin de mieux l'entendre, et de se pénétrer au fin fond de leur âme de tout le mystère auquel les arts de la comédienne et du poète permettent d'accéder.

 

Francis Richard

 

QUATRIÈME STATION : Jésus rencontre sa Très Sainte Mère

 

O mères qui avez vu mourir le premier et l'unique enfant,

Rappelez-vous cette nuit, la dernière, auprès du petit être gémissant,

L'eau qu'on essaye de faire boire, la glace, le thermomètre,

Et la mort qui vient peu à peu et qu'on ne peut plus méconnaître.

Mettez-lui ses pauvres souliers, changez-le de linge et de brassière.

Quelqu'un vient qui va me le prendre et le mettre dans la terre.

Adieu, mon bon petit enfant ! adieu, ô chair de ma chair !

La quatrième Station est Marie qui a tout accepté.

Voici au coin de la rue qui attend le Trésor de toute pauvreté.

Ses yeux n’ont point de pleurs, sa bouche n'a point de salive.

Elle ne dit pas un mot et regarde Jésus qui arrive.

Elle accepte. Elle accepte encore une fois. Le cri

Est sévèrement réprimé dans le cœur fort et strict.

Elle ne dit pas un mot et regarde Jésus-Christ.

La Mère regarde son Fils, l'Église son Rédempteur,

Son âme violemment va vers lui comme le cri du soldat qui meurt !

Elle se tient debout devant Dieu et lui offre son âme à lire.

Il n'y a rien dans son cœur qui refuse ou qui retire,

Pas une fibre en son cœur transpercé qui n'accepte et ne consente.

Et comme Dieu lui-même qui est là, elle est présente.

Elle accepte et regarde ce Fils qu'elle a conçu dans son sein.

Elle ne dit pas un mot et regarde le Saint des Saints.

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25 décembre 2019 3 25 /12 /décembre /2019 23:30
Adeste fideles, Notre Dame de Paris, 2016

Adeste fideles est un chant de Noël qui a été chanté en français ce matin dans ma paroisse de Chatou, où j'ai réussi, depuis Lausanne, à me rendre dimanche, en dépit des grèves de cheminots...

 

La vidéo ci-dessous a été enregistrée par KTO à Notre Dame de Paris en 2016. Les paroles y sont en latin, cette langue catholique, c'est-à-dire universelle, qui unissait jadis les fidèles, en quelque endroit du monde où ils se trouvaient...

 

[Comme le disait en chanson Georges Brassens (j'ai choisi le passage le plus soutenu...):

Sans le latin, sans le latin
Plus de mystère magique
Le rite qui nous envoûte
S'avère alors anodin
]

 

Afin de permettre à mes lecteurs, qu'ils soient chrétiens ou non, à qui je souhaite un Joyeux Noël, de suivre les paroles de ce magnifique chant, les voici:

 

Adeste, fideles, læti triumphantes.
Venite, venite in Bethlehem.
Natum videte Regem angelorum.
Venite, adoremus (ter)
Dominum.

 

En grege relicto humiles ad cunas,
Vocati pastores approperant,
Et nos ovanti gradu festinemus.
Venite, adoremus (ter)
Dominum.

 

Æterni Parentis splendorem æternum,
Velatum sub carne videbimus,
Deum infantem pannis involutum.
Venite, adoremus (ter)
Dominum.

 

Pro nobis egenum et fœno cubantem
Piis foveamus amplexibus ;
Sic nos amantem quis non redamaret ?
Venite, adoremus (ter)
Dominum.

 

Francis Richard

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16 février 2019 6 16 /02 /février /2019 23:55
Réflexions sur la question antisémite, de Delphine Horvilleur

Delphine Horvilleur, rabbin du Mouvement juif libéral de France, tente de répondre à deux questions dans Réflexions sur la question antisémite:

 

- Comment les sages et les textes de la tradition interprètent-ils la colère dont ils font l'objet, et qui s'empare de l'autre de façon chronique?

 

- Existe-t-il une réflexion juive sur la question antisémite?

 

C'est dans le livre d'Esther qu'apparaît pour la première fois l'antisémitisme, cette forme particulière de racisme, dont le nom ne sera inventé qu'au XIXe siècle, en Allemagne.

 

Esther, fille adoptive et nièce de Mardochée, devenue l'épouse du roi Assuérus, va, avec l'aide de son oncle, empêcher l'extermination du peuple juif, fomentée par Haman, conseiller spécial du roi.

 

Mardochée est le premier Juif de l'Histoire et du texte. Avant lui, le peuple juif, cette nation portative, est désigné comme le peuple des Hébreux (hébreu veut dire qui traverse) ou le peuple d'Israël.

 

L'auteure remarque que Mardochée et Haman sont des descendants de frères jumeaux, Jacob (qui sera plus tard appelé Israël) et Esaü, des frères ennemis, qui ont partagé le même sac amniotique.

 

Dans le discours d'Haman, il y a déjà tous les reproches contradictoires qui seront faits aux Juifs tout au long de l'Histoire:

 

Un peuple perçu comme à la fois dispersé et à part, mêlé à tous et refusant de se mélanger, indiscernable mais non assimilable.

 

Ces reproches sur lesquels se fonde la haine à leur égard ne datent donc pas d'hier et les recherches de l'auteure aussi bien dans la Thora que dans le Talmud montrent leurs origines diverses:

 

- La transgression et le refoulement chez les descendants (antisémites) d'Esaü:

 

Haman est le descendant d'Amalek, qui lui-même est le petit-fils d'Esaü et le fils d'Elifaz et de Timna, qui serait la concubine et la fille de ce dernier, née d'une relation adultérine... et qui aurait été rejetée par les Hébreux:

Si la violence d'Amalek a pour origine une lignée violentée, les Juifs comme porteurs symboliques de la Loi seraient ceux qui constamment rappellent cette faute.

 

- L'opposition entre deux archétypes: Jacob et Esaü symbolisent respectivement la ruse et la force physique, le peut-être et l'abouti, le plus et le moins, la féminité et la virilité.

 

- Les relations successives entre les empereurs de Rome et les Juifs: 

 

D'un côté, il y a un empereur [Antonin] qui, dans sa relation au monde juif, est prêt à se féminiser. De l'autre, un souverain [qui hait les Juifs] bien décidé à ne pas se laisser castrer par la présence d'un peuple juif qui menace son intégrité, ni par la parole d'un conseiller [Ketya Bar Shalom] qui se coupe de lui et d'une partie de son corps.

 

- Le choix des rabbins pour des modèles d'hommes partiellement vulnérables, souvent handicapés:

 

Aucun de ces hommes n'incarne une hyper-virilité, ou un masculin musculaire, mais chacun d'eux raconte la capacité de surmonter un handicap, et de faire preuve de résilience. Ces héros ne sont pas des femmes, mais ils partagent quelque chose de féminin dans le texte: une sorte de faille assumée, une impuissance particulière sur laquelle se fondent paradoxalement leur pouvoir d'action et leur légitimité.

 

- L'expression de peuple élu:

 

La notion d'élection juive sert souvent à nourrir le fantasme d'un Juif arrogant et sûr de sa puissance. Peu importe sa condition ou son état de vulnérabilité, il reste chargé du privilège qu'on lui prête, ou que l'on croit que son livre lui prête.

 

- Les Juifs pas-tout (comme les femmes, selon Lacan):

 

Les voix de la pensée juive affirment n'avoir rien entendu d'autre que de l'infini dans la parole d'un Dieu qui leur dit: "tout n'a pas été dit" mais "tout reste à dire". Elles disent que seule l'exception particulière peut protéger le formidable élan universel d'une folie totalitaire. Elles murmurent au monde ou à l'individu que la Vérité n'est jamais "toute" la Vérité. Elle est fragmentée ou alors elle est criminelle.

 

Les reproches contradictoires qui sont faits au Juif permettent-ils de le définir?

 

Je ne crois pas que mon judaïsme soit entièrement défini par ce que l'antisémitisme en a fait. Je ne crois pas être juive uniquement par ce que d'autres ont dit de moi. Mais s'il me fallait dire ce qui constitue l'essence authentique de ma judéité, son irréductible spécificité, son noyau dur libre de toute contingence historique, je serais bien en peine de le définir. Et cet indicible est peut-être la meilleure définition que je puisse en donner, l'authentique et impossible énoncé de ce que c'est d'être juif, de ce que c'est d'être soi.

 

Francis Richard

 

Réflexions sur la question antisémite, Delphine Horvilleur, 162 pages, Grasset

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10 février 2019 7 10 /02 /février /2019 23:00
Mon frère en prison, de Bernard Vincent

Ce "livre", je l'ai fait au premier sens du terme. Je me suis "livré", "donné", il est pour moi une tranche de ma vie, la narration et la découverte de ma foi, foi en Dieu et foi en l'Homme, découverte de cette Puissance Douce qui relève, qui porte, qui donne et qui "par-donne" inlassablement.

 

La découverte de sa foi, Bernard Vincent l'opère à la suite d'une faiblesse: Marié, père de famille, et aimant profondément ma femme j'ai pourtant été infidèle.

 

Mais sa femme lui pardonne et ce pardon est libérateur: Il m'a permis d'écrire et de m'engager auprès de mes frères en détention.

 

Et il lui a permis de se rendre compte, avec humilité et en vérité, que le pécheur n'est pas d'abord l'autre, le pécheur c'est moi.

 

Pourquoi devient-il aumônier? Parce que, à cette occasion, il fait la rencontre de l'Amour de Dieu qui le libère en lui montrant son pardon: L'aumônier est pour moi celui qui rend l'aumône qu'il a lui-même reçue.

 

La priorité? La réconciliation avec notre frère, c'est-à-dire le faire, et non pas le culte, le dire.

 

La finalité? Prier c'est bien, mais ce n'est pas la finalité. La vraie finalité, c'est de faire le bien, d'aimer les hommes!

 

Il précise pour que le lecteur ne se méprenne pas: Les prières, les offices, les cérémonies sont un moment de ressourcement, de recueillement, de remerciements utiles, indispensables selon moi, qui ne sont pas une fin mais un moyen.

 

La pratique de la foi? Être pratiquant, c'est donc faire. Mais, pas tout seul, en collaboration avec Dieu, qui a besoin de nous comme nous avons besoin de Lui.

 

Il cite François Varillon: Le pardon n'est pas l'indulgence mais une re-création.

 

Il écrit: L'amour et le pardon sont des actes, plutôt que des croyances.

 

Le pardon est donc l'un des mots-clés de ce livre: L'absence du pardon que l'on ne veut pas donner ou recevoir est terrible.[...] Il est pourtant la clé de voûte du christianisme...

 

S'il a foi en Dieu et foi en l'Homme, c'est parce qu'il voit en tout homme une part de divinité: Dieu s'est fait homme, pour que l'homme devienne Dieu, disait Saint Irénée. Il ajoute: Espérons en Dieu car Dieu espère en nous.

 

Sa foi n'est pas norme, ni légalisme; elle se fonde sur la force et la liberté de l'Esprit. Aussi peut-il distinguer ainsi perfection et sainteté:

 

- La perfection relève du domaine de l'avoir, de la possession qui amène toujours à l'insatisfaction...

 

- La sainteté relève du domaine de l'être, devenir meilleur, devenir un homme nouveau, se rapprocher de Dieu et donc des hommes...

 

Un autre mot-clé du livre, c'est justement rencontre. Il peut dire d'expérience (le chapitre sur ses rencontres en prison en dit long, et est le plus long): Mon frère en prison m'apporte autant que je lui apporte.

 

Aumônier catholique, il se donne pour mission de:

- passer de la destruction à la construction,

- passer du mal à l'amour.

 

Mon frère en prison, écrit-il, est tout comme moi, une créature de Dieu; ainsi notre relation dans la cellule cherche à faire émerger notre part la plus humaine qui soit, c'est-à-dire la plus divine.

 

Il sait que la rédemption existe, il l'a rencontrée.

 

Mais, dans notre société, on préfère parler du détenu qui replonge ou qui ne rentre pas à l'issue d'une autorisation de sortie exceptionnelle plutôt que de ces personnes transformées, qui apportent l'amour autour d'elles et qui recréent du lien social en remettant l'homme debout...

 

Francis Richard

 

Mon frère en prison, Bernard Vincent, 284 pages, Parole et Silence

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20 septembre 2018 4 20 /09 /septembre /2018 12:15
L'âme juive, d'Eliette Abécassis et Olivier Martel

Olivier Martel, photographe, a ouvert la porte de la vie juive, s'est laissé prendre au jeu, s'est immiscé dans cet univers, pour en livrer des images inspirées, inspirantes, et elles-mêmes envoûtantes.

 

Eliette Abécassis, écrivain, a tenté de dire tout simplement l'émotion d'être juive. Et faire entrer par la porte sacrée du coeur et de l'esprit, dans ce monde secret, initiatique, serti de symboles et de sens, qui est son monde.

 

En cinq chapitres illustrés, le lecteur pénètre ainsi dans le secret de l'âme juive. Et, ce monde, s'il ne le connaît pas, devient alors le sien.

 

La photo de couverture, qui représente les bougies du chabbath  donnent un tout petit aperçu de la qualité des photographies d'Olivier Martel qui illustrent le livre.

 

Quelques passages écrits, qui les accompagnent, donneront une petite idée de la profondeur de L'âme juive, dans laquelle ces images invitent à plonger.

 

Quel est, par exemple, le sens de la circoncision? Eliette Abécassis se souvient d'un cours du Grand Rabbin Gilles Bernheim sur le sujet, quand elle était étudiante:

 

Il expliquait que ce rituel essentiel, qui prime tout, même Yom Kippour, était lié tout autant à l'alliance qu'à la relation entre l'homme et la femme, le prépuce étant comme une protection qui laisse le sexe masculin en quelque sorte replié sur lui-même. Ainsi la circoncision (Brit Mila) inscrit-elle dans la chair "le manque et le dessaisissement"; c'est pourquoi, dit-il dans son livre Le Souci des autres, il porte "le sceau du message juif, à savoir l'injonction de s'ouvrir à l'autre. En cela, la circoncision signe et marque l'espace entier d'une vie juive."

 

Pour Eliette Abécassis:

 

Croire ou ne pas croire: telle n'est pas la question. Pour un juif, je dirais que c'est plutôt: quelle action? Quelle direction? Que faut-il faire? Je ne crois pas, je sais qu'autrui est transcendant comme le dit Emmanuel Levinas, et qu'entre lui et moi se joue l'épopée humaine de l'éthique.

 

Les juifs sont plus que le peuple du Livre, "ils sont le peuple de l'interprétation du Livre" comme le dit son père, Armand Abécassis, qui est son maître du Talmud:

 

Le Talmud est le livre le plus étonnant de la tradition juive. C'est un projet fou, inouï, écrit par des centaines de penseurs, sur un millier d'années, un livre subversif qui aborde tous les sujets, depuis les plus intimes de la vie quotidienne, jusqu'aux questions de politique et de droit, de morale et de métaphysique, d'une façon originale car contradictoire. Il nous apprend à penser, puisqu'il n'y a pas de véritable pensée sans contradiction. En cela, il est révolutionnaire. C'est un livre à brûler pour ceux qui pensent que la vérité existe, et qu'elle est unique.

 

L'étude est essentielle, mais le rituel l'est tout autant:

 

Pourquoi faut-il que le chabbath se répète indéfiniment? Pourquoi une fois ne suffit pas? Parce que ce sont le temps et la répétition, et la persévérance, conditions de la constance, qui permettent d'accéder à la vie spirituelle. La constance, c'est le fait de persévérer dans son projet, vaille que vaille. Les hommes passent, le désir, lui, persiste.

 

Et l'année juive est ponctuée de fêtes, plus importantes que tout, que ce soit Roch Hachana, Yom Kippour, Souccoth, Hanouka, Tou Bichevat, Pourim, Pessah ou Chavouoth: 

 

Comme le dit Saint-Exupéry, le rituel nous fait rompre avec le quotidien. Un rite, "c'est ce qui fait qu'un jour est différent des autres jours, une heure, des autres heures".

 

En faisant pénétrer le lecteur dans le secret de l'âme juive, par la parole et par l'image, les auteurs lui disent que les juifs ne sont pas ce qu'il s'imaginait peut-être, que, plus particulièrement, la France est toujours dans leur coeur et qu'ils sont le coeur de la France:

 

Ils ont participé à l'histoire et à la culture de la France depuis plus de deux millénaires...

 

Eliette Abécassis souffre:

 

Hélas, chaque société réinvente ses paradigmes antisémites. Au Moyen Âge, les juifs avaient tué le Christ. Dans les années trente, ils étaient la race inférieure. Aujourd'hui, c'est l'antisionisme le nouveau mythe antisémite...

 

En faisant connaître l'âme juive, en montrant tout son amour pour la France (Aucun pays au monde n'a apporté autant de lumières et d'intelligence, avec une littérature d'une beauté et d'une grande richesse), puisse-t-elle faire comprendre que la vie pour les juifs est sacrée:

 

C'est ce qui surpasse tout. Supprimer une vie revient à supprimer l'univers, tout comme sauver une vie revient à sauver le monde...

 

Et qu'elle devrait l'être pour tous...

 

Même si elle s'identifie souvent à un scribe, plus qu'à un écrivain, le lecteur doit reconnaître qu'elle est écrivain, plus que scribe, et qu'elle a raison de dire que :

 

Derrière l'apparente frivolité des choses, se cache l'impulsion mystique...

 

Francis Richard

 

L'âme juive, Eliette Abécassis et Olivier Martel, 208 pages, Gründ

 

Livres précédents chez Flammarion:

Philothérapie (2016)

L'ombre du Golem (2017)

 

Livres précédents chez Albin Michel:

Et te voici permise à tout homme (2011)

Le palimpseste d'Archimède (2013)

Alyah (2015)

Le maître du Talmud (2018)

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7 octobre 2017 6 07 /10 /octobre /2017 19:20
Fatima - Vérités et légendes, d'Yves Chiron

Au cours de l'année 1917, il y a maintenant cent ans, la Vierge Marie est apparue six fois à trois petits enfants portugais, Lucia, Jacinta et François: les 13 mai, 13 juin, 13 juillet, 19 août, 13 septembre et 13 octobre.

 

Dans son livre, Yves Chiron, historien, notamment de la papauté et des apparitions mariales, présente les faits, qui, d'ailleurs, ne se limitent pas à ces apparitions de la Reine de la Paix il y a tout juste un siècle.

 

En effet les ont précédées, en 1915 et 1916, les apparitions de l'Ange aux trois pastoureaux, et les ont suivies les apparitions dont leur survivante - ses cousins, Jacinta et François, sont morts tout jeunes - a bénéficié à Pontevedra et à Tuy.

 

Longtemps après les faits, lors desquels ont été adressés des messages prophétiques temporels et intemporels, le pape Jean XXIII, quand il était encore cardinal, les a qualifiés, sur place, le 13 mai 1956, de triptyque: 

 

Le premier panneau comprend les trois apparitions de l'Ange aux trois enfants d'Aljustrel. Dans le grand panneau du milieu se trouvent les six apparitions de la céleste Dame de la Cova da Iria. Et sur le troisième, il y a tout ce qui s'en est suivi.

 

Après avoir lu ce livre factuel et très documenté, le lecteur retiendra que Fatima (terme qui regroupe tous ces événements, même ceux qui ne se sont pas produits au lieu même) délivre surtout un message spirituel: le sacrifice et la réparation.

 

Pour accréditer ce message spirituel adressé à tous les hommes, la Vierge Marie fera un miracle pour que tous croient. Et, effectivement, croiront tous ceux qui assisteront à la stupéfiante danse du soleil du 13 octobre 1917...

 

Avant de parler du message spirituel, il convient de parler des prophéties temporelles annoncées et réalisées: les erreurs répandues par la Russie dès 1917, le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale, la chute du communisme.

 

Cette chute suivra de peu l'accomplissement, le 25 mars 1984, par le pape Jean-Paul II, en union avec les évêques du monde entier, de la consécration au Coeur Immaculé de Marie, demandée en vain par Lucia à ses prédécesseurs.

 

Ce texte parle ainsi de consacrer notre monde humain et d'une manière spéciale les hommes et les nations qui ont particulièrement besoin de cette offrande et de cette consécration, c'est-à-dire implicitement les pays communistes d'alors.

 

Le fameux secret, révélé aux petits voyants le 13 juillet 2017 par la Mère de l'Église, selon la belle expression employée par le pape Paul VI, comprend trois parties, dont la troisième ne sera publiée intégralement que le 26 juin 2000.

 

Les trois parties de ce secret sont:

- une vision, celle symbolique de l'enfer

- un message, celui de la consécration de la Russie au Coeur Immaculé de Marie, pour que celle-ci ne répande pas ses erreurs

- une invitation à la pénitence et une vision du pape souffrant et mourant.

 

A ce sujet, l'auteur publie une lettre que le pape émérite Benoît XVI lui a adressée et où il donne le sens de cette vision du pape souffrant et mourant:

 

C'est une réalité continuelle que l'Église et le pape sont menacés par les forces du mal.

 

Même si on peut interpréter la vision sur un événement précis, on peut néanmoins voir en elle également un renvoi à des menaces toujours nouvelles et des dangers qui continuent. Avant tout il est important que l'invitation à la prière, qui aide et soutient le pape et l'Église, reste actuelle après le moment d'alors.

 

[Le moment d'alors est une allusion à l'attentat contre Jean-Paul II le 13 mai 1981]

 

Rien de sensationnel donc dans le fameux secret de Fatima, n'en déplaise aux imaginatifs de toutes sortes qui le contestent et qui n'y voient pas ce qui lui est essentiel, à savoir son appel à la conversion et à la pénitence...

 

La Vierge Marie, lors d'une apparition à Pontevedra, le 10 décembre 1925, dit à Lucia:

 

Vois, ma fille, mon coeur entouré d'épines que les hommes ingrats y enfoncent à chaque instant par leurs blasphèmes et leurs ingratitudes. Toi, au moins, tâche de me consoler et dis qu'à tous ceux qui pendant cinq mois, le premier samedi se confesseront, recevront la sainte Communion, réciteront un chapelet, et passeront quinze minutes avec moi en méditant sur les quinze mystères du Rosaire, en esprit de réparation, je promets de les assister à l'heure de la mort avec toutes les grâces pour le salut de leur âme.

 

Yves Chiron, relevant la disproportion entre les pratiques demandées (qui préexistaient à Fatima) et la grande promesse, commente: On pourrait dire que pour favoriser cette pieuse pratique, le ciel fit une sorte de concession à la faiblesse humaine...

 

Francis Richard

 

Fatima - Vérités et légendes, Yves Chiron, 244 pages, Artège

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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 16:00
A la jeunesse, de Pape François

Du 27 au 31 juillet 2016, les XXXIe Journées Mondiales de la Jeunesse, JMJ, instituées en 1984 par Jean-Paul II, ont eu lieu à Cracovie en Pologne, qui a vu naître ce saint pape. Ces journées coïncidaient  avec le Jubilé de la Miséricorde et avec le 1050e anniversaire du baptême du premier duc du pays, Miezko 1er, le 14 avril 966.

 

A cette occasion Pape François a prononcé des homélies et des discours, qui ont été judicieusement réunis dans un recueil intitulé A la jeunesse, que viennent de publier les éditions Equateurs. Certes ces textes sont pour la plupart adressés à la jeunesse catholique, mais ils s'adressent en fait à tous, chrétiens ou non.

 

En ce Jubilé, ces JMJ étaient tout naturellement placées sous le thème de la cinquième des béatitudes, prononcée par Jésus dans son sermon sur la montagne:  Beati misericordes quia ipsi misericordiam consequentur, c'est-à-dire Bienheureux les miséricordieux, parce qu'ils obtiendront eux-mêmes miséricorde. ( Mt, V, 7)

 

Pape François explicite ce qu'il faut entendre par là: Heureux ceux qui savent pardonner, qui savent avoir un coeur compatissant, qui savent donner le meilleur aux autres; le meilleur, non les restes. (Messe du jeudi 28 juillet 2016 au sanctuaire de Czestochowa)

 

Cette recommandation de comportement personnel pour atteindre au bonheur est bien catholique, au sens étymologique d'universelle. Elle est suivie par les hommes de bonne volonté, qu'ils sachent ou non être des créatures de Dieu, quand ils imitent, consciemment ou non, l'art et la manière de Jésus.

 

Jésus en effet se fait petit, proche et concret, rappelle Pape François, comme d'ailleurs se conduit Marie, sa mère, qui, aux noces de Cana, en a donné l'exemple. A Czestochowa, site marial, il recommande donc d'adopter le style divin incarné par Marie: oeuvrer dans la petitesse et accompagner de près, d'un coeur simple et ouvert.

 

Concrètement, que cela signifie-t-il? Pape François, le vendredi 29 juillet, dans le Parc Jordan, à Cracovie, rappelle qu'il y a quatorze oeuvres de miséricorde, comme il y a quatorze stations de la Via Crucis de Jésus: sept oeuvres de miséricorde corporelle et sept oeuvres de miséricorde spirituelle.

 

Les sept oeuvres de miséricorde corporelle? Donner à manger à ceux qui ont faim; donner à boire à ceux qui ont soif; vêtir celui qui est nu; offrir l'hospitalité aux pèlerins; visiter les malades; visiter les détenus; ensevelir les morts.

 

Les sept oeuvres de miséricorde spirituelle? Conseiller ceux qui sont dans le doute, instruire les ignorants, exhorter les pécheurs, consoler les affligés, pardonner les offenses, supporter avec patience les personnes ennuyeuses, prier Dieu pour les vivants et pour les morts.

 

Pour accomplir ces oeuvres, il faut bien sûr du courage; il faut, comme dit Pape François, préférer au divan les chaussures de montagne à crampons; il ne faut pas envisager de prendre sa retraite à 20 ans; il ne faut pas s'endormir, se retrouver abrutis, étourdis; il ne faut pas accepter que d'autres décident de son avenir à sa place.

 

Pas de précaution: Jésus est le Seigneur du risque, il est le Seigneur du "toujours plus loin". (Campus Misericordiae, Cracovie, samedi 30 juillet 2016). Plus loin, justement, il demande à la jeunesse d'avoir le courage de nous enseigner qu'il est plus facile de construire des ponts que d'élever des murs! Pour ce faire il faut risquer: Qui ne risque pas, ne vainc pas.

 

Pape François rassure tous ceux qui, pour une telle mission, comme Zachée, se trouvent trop petits, trop indignes, trop perméables à la critique: Quand le Seigneur nous appelle, il ne pense pas à ce que nous sommes, à ce que nous étions, à ce que nous avons fait ou cessé de faire. Au contraire, au moment où il nous appelle, il regarde tout ce que nous pourrions faire, tout l'amour que nous sommes capables de propager.

 

Le livre se termine par un discours prononcé au début de son séjour, le 27 juillet 2016, devant les autorités, la société civile, le corps diplomatique. Il y donne une définition de l'identité qui ne conviendra pas aux esprits extrêmes, mais qui me semble relever du simple bon sens, qui, selon Descartes, est la chose du monde la mieux partagée:

 

La conscience de l'identité, libre des complexes de supériorité, est indispensable pour organiser une communauté nationale sur la base de son patrimoine humain, social, politique, économique et religieux, pour inspirer la société et la culture, en les maintenant fidèles à la tradition et en même temps ouvertes au renouveau et à l'avenir.

 

Francis Richard

 

A la jeunesse, Pape François, 108 pages Equateurs

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14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 23:55
L'islam radical, d'Antoine-Joseph Assaf

Aujourd'hui qui ne se pose pas de questions sur l'islam, et plus particulièrement sur l'islam radical? Le livre d'Antoine-Joseph Assaf décevra inévitablement ceux qui ont sur le sujet des opinions tranchées au cimeterre, ceux qui ne cherchent pas à comprendre, ceux qui ne font pas dans la nuance, ceux qui prétendent savoir et qui sont ignorants de leur ignorance.

 

De ce livre dense, très dense même, foisonnant, qui témoigne de grandes connaissances sur le sujet, que peut-on retenir?

- que l'islam radical n'est pas chose nouvelle

- que la donne a changé après le 11 septembre 2001

- que l'islam pourrait très bien s'accomplir

 

L'islam radical n'est pas chose nouvelle

 

La succession du Prophète ne s'est pas faite sans divisions, celle, notamment, entre sunnistes et chiites. Et pourtant c'est sous les premiers califes que l'islam a connu une expansion phénoménale dont la nostalgie nourrit aujourd'hui encore l'islamisme:

 

"D'un côté, il y a la certitude, et de l'autre, la force et la détermination. La certitude du messager de Dieu dans l'exercice de sa mission et la force armée qui n'hésite pas à s'affirmer par le glaive après la parole."

 

Dans cette partie historique, Antoine Assaf parle du rêve fracassé de Lawrence d'Arabie qui aurait bien voulu unifier le royaume arabe, de l'esprit radical du wahhabisme qui n'aurait pas connu de succès sans l'appui de la famille Saoud, de la confrérie des Frères musulmans qui a prôné la résurrection de "l'idée d'un djihad incarné, réel, charnel et combatif pour atteindre la libération ultime".

 

Dans cette même partie, Antoine Assaf parle de l'alliance entre Adolf Hitler et Hadj Amin al-Husseini (Le Grand Mufti de Jérusalem), du sionisme, du renfort de trente mille musulmans à la machine de guerre nazie, de la lettre de lord Balfour à lord Rothschild publiée en 1917, de la création d'Israël, des guerres israélo-arabes, de la paix avec l'Egypte, de la guerre au Liban et des guerres du Golfe.

 

La donne a changé après le 11 septembre 2001

 

La source du problème, selon Antoine Assaf? Elle se trouve dans la crise qui agite le Proche-Orient depuis la création d'Israël: "L'évolution de l'histoire a ramené le peuple juif en Terre sainte, et ce retour d'un peuple opprimé a perturbé le cours de l'histoire des pays arabes, qui essayaient de renaître après la chute de l'Empire ottoman."

 

Avec les attentats du 11 septembre, "l'islam radical a voulu faire trembler les Etats-Unis et les atteindre au coeur. En fait, le géant n'a tremblé que pour faire trembler plus encore le monde qui l'entoure, ce monde qu'il domine par des influences directes et indirectes." A partir de cette date-là, l'islam radical s'est mondialisé et la riposte à l'islam radical s'est elle-même mondialisée.

 

Depuis le 11 septembre, il y a eu l'intervention en Afghanistan, la troisième guerre du Golfe en Irak, la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah, les printemps arabes, la guerre en Syrie et le rôle de l'Iran au Proche-Orient. Et, en toutes ces circonstances, l'islam radical est présent, avec des fortunes diverses, tissant sa toile d'araignée...

 

Ce qui est certain, c'est que l'avenir du monde est incertain... et que nombre d'Etats jouent double jeu face à Daech: l'Arabie Saoudite en le finançant tout en étant l'allié des Etats-Unis, la Turquie en ne le considérant pas comme un ennemi, l'Iran en le laissant se développer tout en proposant de participer à une coalition pour le combattre...

 

L'islam pourrait très bien s'accomplir

 

Pour cela - pourquoi pas - il faudrait:

- que les textes ne soient pas considérés comme trop sacrés: "L'islam se radicaliserait encore plus dangereusement et plus militairement s'il ne sortait pas de l'exégèse absolue, qui est l'expression de la mort que donne la lettre quand elle étouffe l'esprit."

- que l'homme reste libre "dans son acceptation comme dans son refus de Dieu": "Cette liberté même est le signe de la divinité en nous."

- que le droit humain et le droit divin ne soient pas confondus: "C'est de cette confusion que viennent les attitudes obscurantistes, qui poussent les chefs radicaux à s'obstiner, au mépris de toute évolution dans l'histoire, à déclarer valides et applicables de nos jours des préceptes qui ont géré une société tribale médiévale sous la forme d'une législation absolue (charia)."

 

Antoine Assaf espère en un monde "qui verrait un certain esprit de profondeur, un esprit tenace cherchant "à temps et à contretemps" les vraies finalités de l'oeuvre commune de la raison dans l'histoire". 

 

A la fin de son essai, pour illustrer son propos, il évoque l'évêque d'Hippone: "Saint Augustin méditant sur l'histoire a souligné dans sa Cité de Dieu comment "deux amours ont donc bâti deux cités: l'amour de soi jusqu'au mépris de Dieu, la cité terrestre; l'amour de Dieu jusqu'au mépris de soi, la cité céleste.""

 

Il ajoute: "Il a également conçu qu'on ne pouvait comprendre la paix ni la réaliser qu'en la définissant comme étant "la tranquillité de l'ordre", ordre sans lequel le monde des hommes et l'univers tout entier sombreraient dans un chaos où Dieu serait pour toujours absent."

 

Francis Richard

 

L'islam radical, Antoine-Joseph Assaf, 166 pages, Eyrolles

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3 janvier 2016 7 03 /01 /janvier /2016 18:30
Michel Delpech (photo reprise du site http://www.secavi.com/micheldelpech/)

Michel Delpech (photo reprise du site http://www.secavi.com/micheldelpech/)

Pour Michel Delpech , c'est La fin du chemin.

 

En 2014, il enregistrait une magnifique chanson, au titre éponyme, qui figure parmi les douze de l'album Dolly Bibble.

 

Le plus bel hommage que l'on puisse lui rendre au lendemain de sa mort est de faire connaître cette chanson, et de lui dire:

 

Rendez-vous un jour auprès du Père, Michel...

 

Francis Richard

 

La musique est de Claude Morgan et les paroles sont de Pierre Delanoë:

 

Voici la fin de mon chemin sur Terre.

Je suis à Toi, accueille-moi, mon Père.

Voici mon âme, séchez vos larmes, mes frères.

Je m’en vais là où brille la lumière.

Chère Sarah, ouvre tes bras, j’arrive.

Tu penses à moi, prépare-moi la rive.

Voici la fin de mon chemin sur Terre.

Je viens vers Toi, accueille-moi, mon Père.

Adieu la vie, mais je bénis ma chance.

La vérité, l’éternité commence,

Commence, commence,

La vérité, l’éternité commence.

 

Aurevoir, et bonne route!

 

Voici le clip officiel sur YouTube:

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Présentation

  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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