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7 octobre 2017 6 07 /10 /octobre /2017 19:20
Fatima - Vérités et légendes, d'Yves Chiron

Au cours de l'année 1917, il y a maintenant cent ans, la Vierge Marie est apparue six fois à trois petits enfants portugais, Lucia, Jacinta et François: les 13 mai, 13 juin, 13 juillet, 19 août, 13 septembre et 13 octobre.

 

Dans son livre, Yves Chiron, historien, notamment de la papauté et des apparitions mariales, présente les faits, qui, d'ailleurs, ne se limitent pas à ces apparitions de la Reine de la Paix il y a tout juste un siècle.

 

En effet les ont précédées, en 1915 et 1916, les apparitions de l'Ange aux trois pastoureaux, et les ont suivies les apparitions dont leur survivante - ses cousins, Jacinta et François, sont morts tout jeunes - a bénéficié à Pontevedra et à Tuy.

 

Longtemps après les faits, lors desquels ont été adressés des messages prophétiques temporels et intemporels, le pape Jean XXIII, quand il était encore cardinal, les a qualifiés, sur place, le 13 mai 1956, de triptyque: 

 

Le premier panneau comprend les trois apparitions de l'Ange aux trois enfants d'Aljustrel. Dans le grand panneau du milieu se trouvent les six apparitions de la céleste Dame de la Cova da Iria. Et sur le troisième, il y a tout ce qui s'en est suivi.

 

Après avoir lu ce livre factuel et très documenté, le lecteur retiendra que Fatima (terme qui regroupe tous ces événements, même ceux qui ne se sont pas produits au lieu même) délivre surtout un message spirituel: le sacrifice et la réparation.

 

Pour accréditer ce message spirituel adressé à tous les hommes, la Vierge Marie fera un miracle pour que tous croient. Et, effectivement, croiront tous ceux qui assisteront à la stupéfiante danse du soleil du 13 octobre 1917...

 

Avant de parler du message spirituel, il convient de parler des prophéties temporelles annoncées et réalisées: les erreurs répandues par la Russie dès 1917, le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale, la chute du communisme.

 

Cette chute suivra de peu l'accomplissement, le 25 mars 1984, par le pape Jean-Paul II, en union avec les évêques du monde entier, de la consécration au Coeur Immaculé de Marie, demandée en vain par Lucia à ses prédécesseurs.

 

Ce texte parle ainsi de consacrer notre monde humain et d'une manière spéciale les hommes et les nations qui ont particulièrement besoin de cette offrande et de cette consécration, c'est-à-dire implicitement les pays communistes d'alors.

 

Le fameux secret, révélé aux petits voyants le 13 juillet 2017 par la Mère de l'Église, selon la belle expression employée par le pape Paul VI, comprend trois parties, dont la troisième ne sera publiée intégralement que le 26 juin 2000.

 

Les trois parties de ce secret sont:

- une vision, celle symbolique de l'enfer

- un message, celui de la consécration de la Russie au Coeur Immaculé de Marie, pour que celle-ci ne répande pas ses erreurs

- une invitation à la pénitence et une vision du pape souffrant et mourant.

 

A ce sujet, l'auteur publie une lettre que le pape émérite Benoît XVI lui a adressée et où il donne le sens de cette vision du pape souffrant et mourant:

 

C'est une réalité continuelle que l'Église et le pape sont menacés par les forces du mal.

 

Même si on peut interpréter la vision sur un événement précis, on peut néanmoins voir en elle également un renvoi à des menaces toujours nouvelles et des dangers qui continuent. Avant tout il est important que l'invitation à la prière, qui aide et soutient le pape et l'Église, reste actuelle après le moment d'alors.

 

[Le moment d'alors est une allusion à l'attentat contre Jean-Paul II le 13 mai 1981]

 

Rien de sensationnel donc dans le fameux secret de Fatima, n'en déplaise aux imaginatifs de toutes sortes qui le contestent et qui n'y voient pas ce qui lui est essentiel, à savoir son appel à la conversion et à la pénitence...

 

La Vierge Marie, lors d'une apparition à Pontevedra, le 10 décembre 1925, dit à Lucia:

 

Vois, ma fille, mon coeur entouré d'épines que les hommes ingrats y enfoncent à chaque instant par leurs blasphèmes et leurs ingratitudes. Toi, au moins, tâche de me consoler et dis qu'à tous ceux qui pendant cinq mois, le premier samedi se confesseront, recevront la sainte Communion, réciteront un chapelet, et passeront quinze minutes avec moi en méditant sur les quinze mystères du Rosaire, en esprit de réparation, je promets de les assister à l'heure de la mort avec toutes les grâces pour le salut de leur âme.

 

Yves Chiron, relevant la disproportion entre les pratiques demandées (qui préexistaient à Fatima) et la grande promesse, commente: On pourrait dire que pour favoriser cette pieuse pratique, le ciel fit une sorte de concession à la faiblesse humaine...

 

Francis Richard

 

Fatima - Vérités et légendes, Yves Chiron, 244 pages, Artège

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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 16:00
A la jeunesse, de Pape François

Du 27 au 31 juillet 2016, les XXXIe Journées Mondiales de la Jeunesse, JMJ, instituées en 1984 par Jean-Paul II, ont eu lieu à Cracovie en Pologne, qui a vu naître ce saint pape. Ces journées coïncidaient  avec le Jubilé de la Miséricorde et avec le 1050e anniversaire du baptême du premier duc du pays, Miezko 1er, le 14 avril 966.

 

A cette occasion Pape François a prononcé des homélies et des discours, qui ont été judicieusement réunis dans un recueil intitulé A la jeunesse, que viennent de publier les éditions Equateurs. Certes ces textes sont pour la plupart adressés à la jeunesse catholique, mais ils s'adressent en fait à tous, chrétiens ou non.

 

En ce Jubilé, ces JMJ étaient tout naturellement placées sous le thème de la cinquième des béatitudes, prononcée par Jésus dans son sermon sur la montagne:  Beati misericordes quia ipsi misericordiam consequentur, c'est-à-dire Bienheureux les miséricordieux, parce qu'ils obtiendront eux-mêmes miséricorde. ( Mt, V, 7)

 

Pape François explicite ce qu'il faut entendre par là: Heureux ceux qui savent pardonner, qui savent avoir un coeur compatissant, qui savent donner le meilleur aux autres; le meilleur, non les restes. (Messe du jeudi 28 juillet 2016 au sanctuaire de Czestochowa)

 

Cette recommandation de comportement personnel pour atteindre au bonheur est bien catholique, au sens étymologique d'universelle. Elle est suivie par les hommes de bonne volonté, qu'ils sachent ou non être des créatures de Dieu, quand ils imitent, consciemment ou non, l'art et la manière de Jésus.

 

Jésus en effet se fait petit, proche et concret, rappelle Pape François, comme d'ailleurs se conduit Marie, sa mère, qui, aux noces de Cana, en a donné l'exemple. A Czestochowa, site marial, il recommande donc d'adopter le style divin incarné par Marie: oeuvrer dans la petitesse et accompagner de près, d'un coeur simple et ouvert.

 

Concrètement, que cela signifie-t-il? Pape François, le vendredi 29 juillet, dans le Parc Jordan, à Cracovie, rappelle qu'il y a quatorze oeuvres de miséricorde, comme il y a quatorze stations de la Via Crucis de Jésus: sept oeuvres de miséricorde corporelle et sept oeuvres de miséricorde spirituelle.

 

Les sept oeuvres de miséricorde corporelle? Donner à manger à ceux qui ont faim; donner à boire à ceux qui ont soif; vêtir celui qui est nu; offrir l'hospitalité aux pèlerins; visiter les malades; visiter les détenus; ensevelir les morts.

 

Les sept oeuvres de miséricorde spirituelle? Conseiller ceux qui sont dans le doute, instruire les ignorants, exhorter les pécheurs, consoler les affligés, pardonner les offenses, supporter avec patience les personnes ennuyeuses, prier Dieu pour les vivants et pour les morts.

 

Pour accomplir ces oeuvres, il faut bien sûr du courage; il faut, comme dit Pape François, préférer au divan les chaussures de montagne à crampons; il ne faut pas envisager de prendre sa retraite à 20 ans; il ne faut pas s'endormir, se retrouver abrutis, étourdis; il ne faut pas accepter que d'autres décident de son avenir à sa place.

 

Pas de précaution: Jésus est le Seigneur du risque, il est le Seigneur du "toujours plus loin". (Campus Misericordiae, Cracovie, samedi 30 juillet 2016). Plus loin, justement, il demande à la jeunesse d'avoir le courage de nous enseigner qu'il est plus facile de construire des ponts que d'élever des murs! Pour ce faire il faut risquer: Qui ne risque pas, ne vainc pas.

 

Pape François rassure tous ceux qui, pour une telle mission, comme Zachée, se trouvent trop petits, trop indignes, trop perméables à la critique: Quand le Seigneur nous appelle, il ne pense pas à ce que nous sommes, à ce que nous étions, à ce que nous avons fait ou cessé de faire. Au contraire, au moment où il nous appelle, il regarde tout ce que nous pourrions faire, tout l'amour que nous sommes capables de propager.

 

Le livre se termine par un discours prononcé au début de son séjour, le 27 juillet 2016, devant les autorités, la société civile, le corps diplomatique. Il y donne une définition de l'identité qui ne conviendra pas aux esprits extrêmes, mais qui me semble relever du simple bon sens, qui, selon Descartes, est la chose du monde la mieux partagée:

 

La conscience de l'identité, libre des complexes de supériorité, est indispensable pour organiser une communauté nationale sur la base de son patrimoine humain, social, politique, économique et religieux, pour inspirer la société et la culture, en les maintenant fidèles à la tradition et en même temps ouvertes au renouveau et à l'avenir.

 

Francis Richard

 

A la jeunesse, Pape François, 108 pages Equateurs

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14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 23:55
L'islam radical, d'Antoine-Joseph Assaf

Aujourd'hui qui ne se pose pas de questions sur l'islam, et plus particulièrement sur l'islam radical? Le livre d'Antoine-Joseph Assaf décevra inévitablement ceux qui ont sur le sujet des opinions tranchées au cimeterre, ceux qui ne cherchent pas à comprendre, ceux qui ne font pas dans la nuance, ceux qui prétendent savoir et qui sont ignorants de leur ignorance.

 

De ce livre dense, très dense même, foisonnant, qui témoigne de grandes connaissances sur le sujet, que peut-on retenir?

- que l'islam radical n'est pas chose nouvelle

- que la donne a changé après le 11 septembre 2001

- que l'islam pourrait très bien s'accomplir

 

L'islam radical n'est pas chose nouvelle

 

La succession du Prophète ne s'est pas faite sans divisions, celle, notamment, entre sunnistes et chiites. Et pourtant c'est sous les premiers califes que l'islam a connu une expansion phénoménale dont la nostalgie nourrit aujourd'hui encore l'islamisme:

 

"D'un côté, il y a la certitude, et de l'autre, la force et la détermination. La certitude du messager de Dieu dans l'exercice de sa mission et la force armée qui n'hésite pas à s'affirmer par le glaive après la parole."

 

Dans cette partie historique, Antoine Assaf parle du rêve fracassé de Lawrence d'Arabie qui aurait bien voulu unifier le royaume arabe, de l'esprit radical du wahhabisme qui n'aurait pas connu de succès sans l'appui de la famille Saoud, de la confrérie des Frères musulmans qui a prôné la résurrection de "l'idée d'un djihad incarné, réel, charnel et combatif pour atteindre la libération ultime".

 

Dans cette même partie, Antoine Assaf parle de l'alliance entre Adolf Hitler et Hadj Amin al-Husseini (Le Grand Mufti de Jérusalem), du sionisme, du renfort de trente mille musulmans à la machine de guerre nazie, de la lettre de lord Balfour à lord Rothschild publiée en 1917, de la création d'Israël, des guerres israélo-arabes, de la paix avec l'Egypte, de la guerre au Liban et des guerres du Golfe.

 

La donne a changé après le 11 septembre 2001

 

La source du problème, selon Antoine Assaf? Elle se trouve dans la crise qui agite le Proche-Orient depuis la création d'Israël: "L'évolution de l'histoire a ramené le peuple juif en Terre sainte, et ce retour d'un peuple opprimé a perturbé le cours de l'histoire des pays arabes, qui essayaient de renaître après la chute de l'Empire ottoman."

 

Avec les attentats du 11 septembre, "l'islam radical a voulu faire trembler les Etats-Unis et les atteindre au coeur. En fait, le géant n'a tremblé que pour faire trembler plus encore le monde qui l'entoure, ce monde qu'il domine par des influences directes et indirectes." A partir de cette date-là, l'islam radical s'est mondialisé et la riposte à l'islam radical s'est elle-même mondialisée.

 

Depuis le 11 septembre, il y a eu l'intervention en Afghanistan, la troisième guerre du Golfe en Irak, la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah, les printemps arabes, la guerre en Syrie et le rôle de l'Iran au Proche-Orient. Et, en toutes ces circonstances, l'islam radical est présent, avec des fortunes diverses, tissant sa toile d'araignée...

 

Ce qui est certain, c'est que l'avenir du monde est incertain... et que nombre d'Etats jouent double jeu face à Daech: l'Arabie Saoudite en le finançant tout en étant l'allié des Etats-Unis, la Turquie en ne le considérant pas comme un ennemi, l'Iran en le laissant se développer tout en proposant de participer à une coalition pour le combattre...

 

L'islam pourrait très bien s'accomplir

 

Pour cela - pourquoi pas - il faudrait:

- que les textes ne soient pas considérés comme trop sacrés: "L'islam se radicaliserait encore plus dangereusement et plus militairement s'il ne sortait pas de l'exégèse absolue, qui est l'expression de la mort que donne la lettre quand elle étouffe l'esprit."

- que l'homme reste libre "dans son acceptation comme dans son refus de Dieu": "Cette liberté même est le signe de la divinité en nous."

- que le droit humain et le droit divin ne soient pas confondus: "C'est de cette confusion que viennent les attitudes obscurantistes, qui poussent les chefs radicaux à s'obstiner, au mépris de toute évolution dans l'histoire, à déclarer valides et applicables de nos jours des préceptes qui ont géré une société tribale médiévale sous la forme d'une législation absolue (charia)."

 

Antoine Assaf espère en un monde "qui verrait un certain esprit de profondeur, un esprit tenace cherchant "à temps et à contretemps" les vraies finalités de l'oeuvre commune de la raison dans l'histoire". 

 

A la fin de son essai, pour illustrer son propos, il évoque l'évêque d'Hippone: "Saint Augustin méditant sur l'histoire a souligné dans sa Cité de Dieu comment "deux amours ont donc bâti deux cités: l'amour de soi jusqu'au mépris de Dieu, la cité terrestre; l'amour de Dieu jusqu'au mépris de soi, la cité céleste.""

 

Il ajoute: "Il a également conçu qu'on ne pouvait comprendre la paix ni la réaliser qu'en la définissant comme étant "la tranquillité de l'ordre", ordre sans lequel le monde des hommes et l'univers tout entier sombreraient dans un chaos où Dieu serait pour toujours absent."

 

Francis Richard

 

L'islam radical, Antoine-Joseph Assaf, 166 pages, Eyrolles

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3 janvier 2016 7 03 /01 /janvier /2016 18:30
Michel Delpech (photo reprise du site http://www.secavi.com/micheldelpech/)

Michel Delpech (photo reprise du site http://www.secavi.com/micheldelpech/)

Pour Michel Delpech , c'est La fin du chemin.

 

En 2014, il enregistrait une magnifique chanson, au titre éponyme, qui figure parmi les douze de l'album Dolly Bibble.

 

Le plus bel hommage que l'on puisse lui rendre au lendemain de sa mort est de faire connaître cette chanson, et de lui dire:

 

Rendez-vous un jour auprès du Père, Michel...

 

Francis Richard

 

La musique est de Claude Morgan et les paroles sont de Pierre Delanoë:

 

Voici la fin de mon chemin sur Terre.

Je suis à Toi, accueille-moi, mon Père.

Voici mon âme, séchez vos larmes, mes frères.

Je m’en vais là où brille la lumière.

Chère Sarah, ouvre tes bras, j’arrive.

Tu penses à moi, prépare-moi la rive.

Voici la fin de mon chemin sur Terre.

Je viens vers Toi, accueille-moi, mon Père.

Adieu la vie, mais je bénis ma chance.

La vérité, l’éternité commence,

Commence, commence,

La vérité, l’éternité commence.

 

Aurevoir, et bonne route!

 

Voici le clip officiel sur YouTube:

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 22:55
Avec Laudato Si', Pape François illustre le principe de Peter

En 1970 paraissait sous la signature de Laurence Peter et de Raymond Hull un livre intitulé Le principe de Peter. Suivant ce principe: "Dans une hiérarchie, tout employé a tendance à s'élever à son niveau d'incompétence." Ce principe a pour corrolaire: "Avec le temps, tout poste sera occupé par un employé incapable d'en assumer la responsabilité."

 

Dans la hiérarchie de l'Église catholique, le pape occupe le niveau le plus élevé. Le Conclave, inspiré du Saint-Esprit, a élu à ce poste, Pape François, le 13 mars 2013, pour y exercer un Magistère, dont les domaines essentiels sont la morale et la foi, qui relèvent évidemment de ses compétences pour tout catholique.

 

Dans sa dernière lettre encyclique, Laudato Si', Pape François, incompétent dans les domaines de la science et de l'économie, illustre en effet le principe de Peter rappelé plus haut. Auréolé de ses compétences morales et théologiques, il s'est élevé, avec cette encyclique adressée à tous les êtres humains, à son niveau d'incompétence en matière scientifique et économique.

 

Pape François est irresponsable en matière de science. Lui qui se réclame du principe de précaution quand il s'agit, par exemple, d'OGM, se montre bien imprudent quand il s'agit de parler d'une prétendue crise écologique résultant du pillage de la planète, de la culture du déchet, de l'épuisement des ressources ou du réchauffement climatique.

 

Prenons ce seul dernier exemple. Pape François affirme qu'"il existe un consensus scientifique très solide qui indique que nous sommes en présence d'un réchauffement préoccupant du système climatique". Or ce consensus n'existe tout simplement pas dans la communauté scientifique, qui ne se limite pas au GIEC, comme ses propos, repris religieusement de ceux de l'organisation onusienne et prédécesseurs, le laissent entendre...

 

A partir de cette affirmation, le Pontife énonce les poncifs habituels, non vérifiés, et pour cause, de la religion non révélée et catastrophiste du réchauffisme: culpabilité de l'homme dans le réchauffement climatique (pourtant en panne) avec, entre autres, sa production de CO2, élévation du niveau de la mer, augmentation des événements météorologiques extrêmes, etc.

 

Pape François est irresponsable en matière d'économie. Il semble ignorer complètement comment se créent les richesses, c'est-à-dire comment la pauvreté peut reculer, a reculé et recule. Les mots de marché, de concurrence, de technique, d'individualisme, de consumérisme sont des gros mots pour lui. Il les qualifie d'ailleurs de "mythes de la modernité".

 

Tout ce qu'il propose de concret, c'est la création d'une Autorité Politique Mondiale, qui serait le comble du mondialisme, pour protéger l'environnement et réguler les flux migratoires et... l'acceptation d'"une certaine décroissance dans quelques parties du monde, mettant à disposition des ressources pour une saine croissance en d'autres parties", incompatible pourtant avec son refus d'accuser l'augmentation de la population d'être responsable de la pauvreté.

 

Pape François est évidemment beaucoup plus crédible, et convaincant, quand, dans cette encyclique incohérente, il revient à ses domaines de compétence. Il demande ainsi de ne pas diviniser la Terre. Il souligne la prééminence de la personne humaine sur les autres êtres vivants, ce qui ne signifie pas qu'elle ne doive pas s'en préoccuper.

 

Pape François défend la famille: "Contre ce qu’on appelle la culture de la mort, la famille constitue le lieu de la culture de la vie." Et met chacun devant ses responsabilités. Pour Pape François, "on ne peut pas envisager une relation avec l’environnement isolée de la relation avec les autres personnes et avec Dieu" et "puisque tout est lié, la défense de la nature n’est pas compatible non plus avec la justification de l’avortement". 

 

Le catholique que je suis ne peut qu'être reconnaissant qu'à propos du bénédicité, Pape François propose "aux croyants de renouer avec cette belle habitude et de la vivre en profondeur": "Ce moment de la bénédiction, bien qu'il soit très bref, nous rappelle notre dépendance de Dieu pour la vie, il fortifie notre sentiment de gratitude pour les dons de la création, reconnaît ceux qui par leur travail fournissent ces biens et renforce la solidarité avec ceux qui sont le plus dans le besoin."

 

Pape François fait allusion, je pense, au bénédicité classique:

 

Bénissez nous Seigneur,
Bénissez ce repas,
Ceux qui l’ont préparé
Et procurez du pain à ceux qui n’en ont pas
Ainsi soit-il

 

A ce bénédicité, je préfère, toutefois, celui que je chantais jadis, avant les repas d'étapes, sur les routes de Paris à Chartres, quand j'y pèlerinais, à pied, à la suite de Charles Péguy:

 

Bénis le labeur des paysans de France
Maître des moissons
Fais que leurs efforts assurent à tous nos frères, le pain quotidien,
Et s’il vient un jour à manquer en France
Souviens toi de ce jour où pour une foule immense, Tu le multiplias.

 

Francis Richard

 

Publication commune avec lesobservateurs.ch

 

Loué sois-tu !, Pape François, 144 pages, Pierre Téqui éditeur

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19 octobre 2014 7 19 /10 /octobre /2014 17:45
"Et elle s'est emparée du Royaume" de Nadia Piccard

Le 19 octobre 2014 est dans l'Eglise catholique le dimanche de la Mission universelle. L'évangile du jour est celui du dialogue entre le Christ et les Pharisiens qui lui demandent s'il est permis de payer l'impôt à l'empereur:

 

""Montrez-moi la monnaie de l'impôt."

Ils lui présentèrent une pièce d'argent. Il leur dit:

"Cette effigie et cette légende, de qui sont-elles?"

"De l'empereur César", répondirent-ils.

Alors il leur dit:

"Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.""

 

Cette répartie subtile du Christ, déjouant le piège tendu par ses interlocuteurs hypocrites, fonde, avec cette autre phrase, prononcée par le Christ à l'adresse de Pilate: "Mon Royaume n'est pas de ce monde.", la disjonction chrétienne du politique et du religieux, pour reprendre l'expression lumineuse qu'emploie Jean-Louis Harouel dans son livre Le vrai génie du christianisme, lequel commente:

 

"En plaçant Dieu et César sur deux plans distincts, en situant leurs royaumes respectifs à des niveaux tellement différents, Jésus a posé les bases de leur existence séparée et non nécessairement conflictuelle. Il a marqué à la fois leur différenciation et leur possible coexistence. Du fait que le royaume de Dieu n'est pas de ce monde, il n'y a pas de concurrence terrestre de Dieu et César. Dès lors, payer l'impôt exigé ne devait pas poser de problème."

 

Jean-Louis Harouel ajoute:

 

"Là est vraiment la source de la distinction entre le politique et le religieux, de la sécularisation de l'intelligence et de la vie au sein de la société, de la libération de la pensée et de la vie sociale par rapport au religieux."

 

Rien de tel dans l'islam.

 

Jean-Louis Harouel cite Rémi Brague:

 

"Pour l'islam, la séparation du politique et du religieux n'a pas le droit d'exister. Elle est même choquante, car elle passe pour un abandon de l'humain au pouvoir du mal, ou une relégation de Dieu hors de ce qui lui appartient. La cité idéale doit être ici-bas. En principe, elle y est même déjà: c'est la cité musulmane."

(La loi de Dieu, 416 pages, Gallimard, 2005)

 

Ayant lu au petit jour le récit de la conversion, de l'islam au Christ, de Nadia Piccard, j'ai tout naturellement pensé à ces passages du livre de Jean-Louis Harouel pendant l'office du jour.

 

Car, dans Et elle s'est emparée du Royaume, tout juste réédité ce mois-ci par Pierre Téqui Editeur, l'auteur raconte que c'est l'absence de libertés individuelles en islam, où spirituel et temporel sont intriqués, qui l'a conduite peu à peu à vouloir s'en affranchir.

 

Nadia est née en Algérie, à la wilaya de Tipaza, juste avant l'indépendance de l'Algérie. Son père décide de partir, sans un sou en poche, pour la métropole, elle ne sait pas pourquoi:

 

"Il voulait sans doute réussir puis revenir, fortune faite. Il ne comprenait pas vraiment la situation politique. Les Français et les Algériens avaient jusque là travaillé ensemble, sans trop de problèmes..."

 

Si son père ne s'occupe pas d'elle - elle n'est qu'une fille - mais de ses frères, sa mère prend soin d'elle, surtout lors des grandes fêtes.

 

A cinq ans, Nadia a un premier contact avec la religion catholique en la personne d'un vieux monsieur, qui les appelle, elle et son frère Youssef, à écouter le chant mélodieux des oiseaux. Le monsieur aux oiseaux est le curé d'une église qui se trouve sur le chemin de leur école:

 

"Il ne nous a jamais proposé d'entrer dans son église. Mes parents avaient leur foi musulmane, et chacun avait son Dieu."

 

Après avoir déménagé, les parents de Nadia sont aidés par des catholiques. Ils s'occupent de leurs papiers - Dieu sait que la France est bureaucratique! -, mais cela ne signifie pas qu'ils veuillent leur ressembler:

 

"Fidèles à la religion musulmane, mon père ne voulait faire aucun écart dans sa pratique. Ma mère aussi était une gardienne farouche de notre religion."

 

Après un nouveau déménagement dans une HLM, où se côtoient des Italiens, des pieds-noirs, des juifs, la vie est difficile pour Nadia:

 

"J'étais encore jeune, l'intégration n'allait pas de soi. Surtout avec ma couleur de peau et mon prénom arabe..."

 

Pendant les vacances la famille retourne en Algérie où se trouvent les frères et soeurs de son père. Nadia a peur qu'un jour ses parents la laissent là-bas. C'est ce qui la détermine, à dix-sept ans, à acquérir la nationalité française, mais, encore mineure, il lui faut l'autorisation parentale. Elle attend donc un an:

 

"Par bonheur, je pus intercepter la convocation au commissariat pour retirer ma carte d'identité au nez et à la barbe de mes parents. C'est sans le moindre regret que je restituai ma carte de séjour algérienne. J'étais heureuse, fière de ma nouvelle nationalité. Enfin, j'étais française et libre!"

 

Toujours à dix-sept ans, elle trouve un emploi en alternance comme apprentie de commerce dans un magasin de vêtements et, au mois d'août, pendant ses vacances, elle garde les enfants d'une famille aristocratique, catholique pratiquante, dans le Dauphiné, pour échapper un peu à la coupe familiale. Son père ne peut s'empêcher de la mettre en garde:

 

""Ces gens-là mangent du porc!" Et d'ajouter: "S'ils te parlent de leur Dieu, tu leur diras: Nous avons Allah le Tout-Puissant."."

 

Nadia passe ainsi plusieurs étés dans cette famille. C'est un bouleversement pour elle, qui n'a jusqu'alors fréquenté que des musulmans, que de se trouver "projetée chez des Français chrétiens de bonne famille":

 

"Encore musulmane, je n'avais pas la même vision des choses: le langage de l'amour, le respect des choix de l'autre, tout cela n'existait pas dans ma famille. Chez moi, j'entendais: "Fais attention avec les Français." Je ne savais pas trop pourquoi il fallait faire attention à eux, mais j'étais musulmane, je devais donc obéir."

 

Nadia a vingt ans et passe un dernier été avec cette famille, cette fois sur l'île de Ré. Elle est très appréciée et on lui propose de poursuivre ses études en région parisienne et de s'occuper des enfants après ses cours:

 

"J'étais intéressée vraiment. Mais quitter ma famille, partir ailleurs, loin des miens, m'angoissait un peu. Je n'avais jamais quitté ma famille pendant si longtemps. Je demandai un délai de réfexion, puis refusai."

 

Nadia souhaite échapper au carcan musulman. En cachette de ses parents, elle prie donc Dieu de rencontrer un Français, "un mari compréhensif", pour en sortir. Et elle rencontre Michel, "un gentil garçon, blond aux yeux bleus", qui a quelques années de plus qu'elle...

 

Surprise un jour en la compagnie de Michel, par un de ses frères et un de ses oncles, elle est insultée au retour chez ses parents et reçoit même des coups... Ses parents s'activent pour lui trouver un "cousin" comme mari, mais elle s'échappe de chez eux auparavant, pour ne plus jamais revenir:

 

"J'avais peur de la réaction des miens, mais ma décision était irrévocable. Je voulais gagner ma liberté. Par tous les moyens."

 

A partir de ce moment-là Nadia va être harcelée par ses parents, ses oncles, ses frères. Malgré toutes les intimidations, elle et Michel, dont la famille l'a bien reçue, décident de se marier:

 

"En projetant de me marier avec un non-musulman, un chrétien en plus, je faisais plus qu'enfreindre un tabou, je m'apprêtais à commettre un crime!"

 

Pourtant, après qu'ils sont mariés, pour que Nadia ne rompe pas avec sa famille, Michel se prépare à se convertir à l'islam, non par conviction, mais par amour pour elle...

 

Comme la conversion tarde, on emploie les grands moyens pour que Nadia quitte ce "fils de porc": le poison, les sortilèges, le marabout... Elle tombe malade. Son calvaire dure trois ans, jusqu'à ses vingt-cinq ans.

 

Un beau jour, Michel, Nadia et leurs deux enfants, pour échapper à ces persécutions, finissent par quitter Grenoble et s'installent dans le Var, à La Londe-les-Maures...

 

Quelque temps plus tard, invitée par une amie à Grenoble, Nadia a une première expérience dans une église - pénétrer dans une église est l'offense suprême de la part d'une musulmane -, lors de la fête de Saint Thérèse de Lisieux, la Sainte Patronne des Missions:

 

"Cette première expérience dans une église m'avait beaucoup touchée, et je n'avais plus qu'une idée: découvrir l'église de mon nouveau village. Je ne le savais pas, mais j'allais faire une vraie rencontre. Une rencontre qui allait bouleverser ma vie."

 

Cette rencontre, c'est celle de Dieu vivant dans l'Eucharistie, à laquelle elle communie, sans être baptisée, dans cette église où un prêtre célèbre la messe en présence de deux personnes âgées et où elle transgresse donc gravement la loi islamique:

 

"Une voix douce me disait: "Mon enfant, je t'aime d'un amour unique et infini. Ma passion et ma mort peuvent en témoigner..." Un dialogue extraordinaire s'engagea avec le Christ pendant mon action de grâces: "Seigneur, pourquoi n'y a-t-il personne dans cette église pour te recevoir? - Ils se sont tous endormis..." J'étais très émue et restais à l'écoute par cette proximité et par toute cette tendresse que le Christ me donnait..."

 

Après cette rencontre, Nadia a été baptisée (sous le prénom de Thérèse), ainsi que ses trois enfants. Elle s'est mariée à l'église (il n'était plus question que son mari se convertisse à l'islam). Elle a reçu le sacrement de confirmation:

 

"Dès lors je me suis donnée à fond, avec joie et fierté, dans la catéchèse, aussi bien dans les collèges privés que dans les paroisses, ou pour des enfants scolarisés dans le public, et cela depuis une bonne quinzaine d'années maintenant."

 

En 2007, Nadia est retournée en Algérie, lors d'un voyage pour une ordination, après dix-sept ans d'absence et de silence:

 

"Il y a longtemps, j'avais quitté l'Algérie musulmane. Et j'y retournais chrétienne.

Une Algérienne s'était emparée du Royaume... Ce fut l'immense bonheur, au plus profond de mon coeur, que je ressentis alors. Savoir la présence de Jésus-Christ vivant, en pleine terre d'islam."

 

Francis Richard

 

Et elle s'est emparée du Royaume, Nadia Piccard, 160 pages, Pierre Téqui Editeur

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8 mai 2014 4 08 /05 /mai /2014 22:45
"Jean Huss précurseur de Luther (1370-1415)" d'Aimé Richardt

Il y a bientôt six siècles, le 6 juillet 1415, Jean Huss finissait sur le bûcher pour hérésie.

 

Dans sa préface, Mgr Paul-Marie Guillaume, évêque émérite de Saint-Dié, écrit:

 

"Nous ne devons pas juger les événements douloureux de cette époque tourmentée à l'aune de notre culture moderne."

 

Il n'empêche que si nous ne devons pas juger cette époque tourmentée à l'aune de notre culture moderne, il faut se réjouir de l'heureux chemin parcouru par la justice religieuse en six siècles, même si elle reste imparfaite, comme toute institution humaine.

 

Mgr Guillaume parle à raison d'époque tourmentée.

 

Le contexte est celui du Grand Schisme d'Occident (1378-1417), qui voit l'élection, en 1378, de deux papes rivaux, soutenus par des Etats rivaux, l'un à Rome, l'autre en Avignon, puis l'élection d'un troisième lors du concile de Pise, en 1409, au cours duquel celui résidant à Rome est déposé.

 

Le contexte est celui de l'apparition de réformateurs, Jean Wiclif en Angleterre, puis Milic de Kromeris, Mathias de Janov et Thomas de Stiné en Bohême. Ces réformateurs reprochent à l'Eglise le contraste entre ce qu'elle est et ce qu'elle devrait être; ils prônent l'abandon des biens matériels par l'Eglise; ils demandent de revenir aux Saintes Ecritures.

 

Aimé Richardt préfère parler de réformistes à propos de Milic, de Mathias et de Thomas, plutôt que de réformateurs, parce qu'ils ne mettent pas en cause, comme Wiclif, l'autorité du pape.

 

Jean Huss, prêtre tchèque, est dans la lignée de ces trois réformistes tchèques et subit l'influence de Wiclif, sans qu'il ne soit possible pour autant de confondre ses positions avec les siennes.

 

Si, jusqu'en 1410, la théologie de Jean Huss est de la plus haute catholicité, il ne se prive pas de dénoncer la luxure, la cupidité et l'orgueil du clergé de son temps. Lequel n'apprécie pas et va chercher et obtenir sa perte.

 

Après avoir été excommunié pour ne pas s'être présenté devant le pape Jean XXIII à Bologne, Jean Huss s'en prend à la croisade que ce dernier lance contre Ladislas de Hongrie, protégé de son rival de Rome, Grégoire XII, et attaque les indulgences papales qui y sont annexées.

 

S'il est accusé faussement sur sa doctrine eucharistique, Jean Huss est accusé justement d'être un fauteur de troubles. Convoqué à Rome en 1412, il ne se présente pas davantage que la première fois et se voit infliger l'excommunication majeure.

 

Jean Huss, confiant dans les sauf-conduits délivrés par l'empereur Sigismond, se rend à Constance, en novembre 1414, pour se justifier devant le Concile, réuni dans cette ville pour recoller les morceaux de l'Eglise déchirée. En fait, au bout d'un peu plus de trois semaines, il est arrêté, et l'empereur ne pourra rien contre cette arrestation.

 

Au cours des interrogatoires, à la surprise de ses interrogateurs, Jean Huss se démarque d'un grand nombre des positions radicales de Wiclif, alors qu'"on leur avait garanti que la doctrine de Huss et celle de Wiclif n'étaient qu'une seule et même chose".

 

Dans le même temps, le pape Jean XXIII est acculé à la démission par le Concile en raison de ses moeurs et habitudes indignes d'un pape: il est simoniaque, scandaleux et perturbateur de la foi...

 

Les Pères conciliaires condamnent les oeuvres de Wiclif. Ce faisant, ils condamnent Jean Huss avant même que n'ait lieu son procès. Qui est une véritable parodie de justice puisqu'il se déroule en son absence jusqu'à l'intervention de l'empereur Sigismond... et puisque ses juges ont naguère baisé les pieds de Jean XXIII en l'appelant saint père...

 

Jean Huss se défend alors pied à pied. Ce qui n'empêche pas la condamnation au feu de ses écrits, sa dégradation (réduction à l'état laïc) et son abandon au bras séculier, c'est-à-dire sa condamnation au bûcher:

 

"Alors qu'on le conduit au supplice, il répète qu'il meurt pour des erreurs qu'on lui a faussement attribués."

 

Ce qui est vrai...

 

Mais il est vrai aussi qu'il a été condamné pour d'autres erreurs, bien réelles celles-là, telles que la croyance en la prédestination et en la prééminence de l'Ecriture sur la Tradition des Pères et des Conciles, et la négation du mérite des oeuvres...

 

Ce sont ces erreurs, pour un catholique, qui permettent de dire que Jean Huss est un précurseur de Martin Luther, qui ne cachait pas son admiration pour le religieux tchèque:

 

"Si un tel homme doit être considéré comme hérétique, alors personne ne peut être tenu pour un véritable chrétien."   

 

Mgr Guillaume dit encore dans la préface de ce livre:

 

"Aujourd'hui Jean Huss ne connaîtrait sans doute pas le même sort tragique. Sa personnalité spirituelle ne comportait pas que des défauts."

 

Jean Huss ne connaîtrait effectivement pas le même sort tragique, et c'est heureux. Cela montre l'heureuse évolution de l'Eglise et de la justice humaine dans nos pays aux racines chrétiennes.

 

Le mérite du livre d'Aimé Richardt, qui explique sans se permettre de juger, est de montrer que Jean Huss, au-delà de sa violence verbale, qui entraîna souvent la violence physique de ses partisans, avait une personnalité spirituelle comportant de réelles qualités, comme l'attestent ses dernières paroles sur le bûcher:

 

"Dieu m'est témoin que... mon intention première dans ma prédication et tous mes actes était d'arracher les hommes au péché. Je suis prêt à mourir avec joie dans la vérité de l'Evangile que j'ai écrite, enseignée et prêchée d'après la tradition des Saints Docteurs."

 

Francis Richard

 

Jean Huss précurseur de Luther (1370-1415), Aimé Richardt, 220 pages, François-Xavier de Guibert

 

Autres livres d'Aimé Richardt chez le même éditeur:

 

La vérité sur l'affaire Galilée

Calvin

Saint François de Sales et la Contre-Réforme

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20 avril 2014 7 20 /04 /avril /2014 23:40
"Les sept pas vers la grâce" de Simone Weil

Il y a quelque vingt ans, Alice Nicolle a soutenu à l’Université Paris VII une thèse de doctorat sur L’expérience mystique de Simone Weil, sous la direction de Julia Kristeva.

 

Aujourd’hui elle publie aux éditions Docteur angélique le texte de Simone Weil qu’elle a composé alors à partir d'extraits de livres de la philosophe, texte placé en annexe à sa thèse.

 

Ce livre, en deux volumes, en version bilingue français-anglais, édité sous le titre Les sept pas vers la grâce, comprend en effet trois étapes et sept pas. Trois comme la Trinité divine, sept comme les dons du Saint Esprit.

 

Les étapes? La purification, la négation de l'ego, la mise à mort de l'âme charnelle par le malheur.

 

Les pas? L'attention, le vide, le désir, qui constituent la première étape; le consentement, le détachement, l'effacement, qui constituent la deuxième; le septième pas se confondant avec la troisième étape.

 

En remettant mille fois l'ouvrage sur le métier, Alice Nicolle a élaboré les étapes de ce parcours spirituel, implicite dans l'oeuvre de Simone Weil, en mettant à côté les unes des autres, comme dans un puzzle, toutes ses idées sur le sujet, éparpillées dans ses différents écrits. Et il faut dire que le résultat est lumineux.

 

Pour un chrétien lambda la compréhension de ce parcours spirituel est accessible, pour peu qu'il y prête suffisamment attention. Sa mise en pratique est tout autre chose et il pourra se dire, en regardant ce qu'il a accompli jusque-là dans sa vie, qu'il n'a peut être même pas fait le premier pas, encore moins franchi la première étape vers la grâce, c'est-à-dire vers la sainteté.

 

Contentons-nous donc de donner un aperçu de l'oeuvre en nous limitant à la première étape, c'est-à-dire aux trois premiers pas.

 

"Les sept pas vers la grâce" de Simone Weil

L'attention, dont parle Simone Weil et qui est le premier pas, ne relève pas de la volonté, mais du désir. Elle est liée "plus exactement au consentement". Elle n'est possible qu'à la condition que le regard soit dirigé vers Dieu, ce qui est presque impossible:

 

"Il est infiniment difficile de renoncer même à un petit plaisir, de s'exposer même à une très légère douleur, seulement pour Dieu; pour le vrai Dieu, celui qui est dans les cieux et non pas ailleurs. Car quand on le fait, ce n'est pas à la souffrance qu'on va, c'est à la mort. Une mort plus radicale que la mort charnelle et qui fait pareillement horreur à la nature. La mort de ce qui dit "je"."

 

Aller à cette mort de ce qui en nous dit "je"? C'est "tuer l'imagination combleuse de vide", expression de Simone Weil, par laquelle elle exprime que notre âme tend à combler le vide créé par les faiblesses et les limites de notre être charnel, et par notre néant.

 

Seulement "seul le vide attire la grâce"...

 

Comment parvenir au vide? Nous ne pouvons pas nous empêcher de désirer, alors il faut que notre désir passe tout entier dans la demande parfaite de "ce qui est, ce qui est réellement, infailliblement, éternellement, d'une manière tout à fait indépendante de notre demande". Autrement dit le désir doit s'orienter vers le bien absolu et renoncer aux faux biens, objets de notre convoitise.

 

La première étape sera franchie de cette manière, car "la purification est la séparation du bien et de la convoitise."

 

Les deux autres étapes pourront dès lors être poursuivies, l'une après l'autre...

 

En conclusion de son résumé des étapes de la progression spirituelle, qui se trouve à la fin du second volume, Alice Nicolle écrit:

 

"A travers la méditation de l'oeuvre de Simone Weil on découvre que la mystique, loin d'être un objet presque exclusif d'étude, est une orientation de l'âme qui la conduit progressivement à s'élever irrésistiblement au-dessus de son être charnel.

 

Cette orientation de l'âme amène alors à un état de conscience autre. Et la vie humaine n'a peut-être été donnée à l'homme que pour arriver à cette conscience.

 

Beaucoup sont appelés... mais ils n'écoutent pas: ils n'entendent que les bruits du monde...!"

 

C'est bien beau, mais comment ne pas entendre les bruits du monde? Peut-être en ne brûlant pas les étapes. Ainsi le chrétien lambda commencera-t-il par le commencement et se convaincra-t-il qu'il faut attendre - ce qui ne veut pas dire être inactif - parce que "les véritables biens ne peuvent être cherchés mais doivent être attendus".

 

Qu'est-ce attendre, sinon avoir la pensée "prête à recevoir dans sa vérité nue l'objet qui va y pénétrer", ce qui suppose d'avoir le regard dirigé vers Dieu.

 

Ce faisant, le chrétien lambda aura fait le premier pas...celui qui coûte.

 

Francis Richard

 

Les sept pas vers la grâce, Simone Weil, tome 1 (142 pages) et tome 2 (116 pages), Editions Docteur angélique

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25 décembre 2013 3 25 /12 /décembre /2013 11:30

Lumière de la foi PAPE FRANCOISIl y a quelque six mois, Pape François mettait la dernière main à la première lettre encyclique de son pontificat, Lumen fidei, signée Franciscus, qui est aussi mon prénom en latin. C'était le 29 juin 2013 donc, en la solennité des saints apôtres Pierre et Paul.

 

Pendant l'Année de la foi, commencée à l'occasion du 50e anniversaire du Concile Vatican II, le pape Benoît XVI avait pratiquement achevé une première rédaction de cette lettre encyclique sur la foi. Son successeur sur le trône de Pierre l'a été également pour cet écrit:

 

"Je lui en suis profondément reconnaissant et, dans la fraternité du Christ, j'assume son précieux travail, ajoutant au texte quelques contributions ultérieures."

 

Benoît XVI, qui est un grand esprit, aura donc été à la source d'écrits fondamentaux de trois pontifes: Jean-Paul II, lui-même et, maintenant, son successeur. Et Pape François, ayant vraisemblablement ce constat à l'esprit, ajoute:

 

"Le Successeur de Pierre, hier, aujourd'hui et demain, est en effet toujours appelé à "confirmer les frères" dans cet incommensurable trésor de la foi que Dieu donne comme lumière sur la route de chaque homme."

 

Ce texte lumineux est tellement dense qu'il est impossible d'en faire une recension. Il faut le lire. Les croyants y trouveront un appronfondissement; ceux qui recherchent Dieu des pistes pour le trouver; les non-croyants matière à réflexion, en connaissance de cause, au lieu de trouver la source de leurs dénigrements dans leurs seuls fantasmes.

 

A sa parution, le 5 juillet 2013, j'ai fait l'acquisition de ce texte, mais, cédant à la tentation de remettre au lendemain ce que je pouvais faire le jour même, il a fallu, pour le mauvais larron que je suis, l'occasion de la veille de Noël pour le lire et regretter de ne pas l'avoir lu plus tôt. Cela m'aurait évité bien des désordres personnels...

 

A défaut de recension, je me contenterai de quelques citations que j'ai relevées pour mon profit spirituel et qu'il me semble intéressant de partager en ce jour de Noël.

 

Francis Richard

 

Voilà le paradoxe: en se tournant continuellement vers le Seigneur, l'homme trouve une route stable qui le libère du mouvement de dispersion auquel les idoles le soumettent.

 

Celui [...] qui veut être source de sa propre justice, la voit vite se tarir et découvre qu'il ne peut même pas se maintenir dans la fidélité à la loi.

 

Les chrétiens sont "un" [...], sans perdre leur individualité, et, dans le service des autres, chacun rejoint le plus profond de son être.

 

La foi, sans la vérité, ne sauve pas, ne rend pas sûrs nos pas. Elle reste un beau conte, la projection de nos désirs de bonheur, quelque chose qui nous satisfait seulement dans la mesure où nous voulons nous leurrer.

 

La grande vérité, la vérité qui explique l'ensemble de la vie personnelle et sociale, est regardée avec suspicion. N'a-t-elle pas été peut-être - on se le demande - la vérité voulue par les grands totalitarismes du siècle dernier, une vérité qui imposait sa conception globale pour écraser l'histoire concrète de chacun?

 

Sans vérité, l'amour ne peut pas offrir de lien solide, il ne réussit pas à porter le "moi" au-delà de son isolement, ni à le libérer de l'instant éphémère pour édifier la vie et porter du fruit [...]. Sans amour, la vérité se refroidit, devient impersonnelle et opprime la vie concrète de la personne.

 

Le croyant n'est pas arrogant; au contraire, la vérité le rend humble, sachant que ce n'est pas lui qui la possède, mais que c'est elle qui l'embrasse et le possède. Loin de le raidir, la sécurité de la foi le met en route, et rend possible le témoignage et le dialogue avec tous.

 

Il est impossible de croire seul. La foi n'est pas seulement une option individuelle que le croyant prendrait dans son intériorité, elle n'est pas une relation isolée  entre le "moi" du fidèle et le "Toi" divin, entre le sujet autonome et Dieu. Par nature, elle s'ouvre au "nous", elle intervient toujours dans la communion de l'Eglise.

 

La foi n'éloigne pas du monde et ne reste pas étrangère à l'engagement concret de nos contemporains. Sans un amour digne de confiance, rien ne pourrait tenir les hommes vraiment entre eux.

 

La foi affirme aussi la possibilité du pardon, qui bien des fois nécessite du temps, des efforts, de la patience et de l'engagement; le pardon est possible si on découvre que le bien est toujours plus originaire et plus fort que le mal, que la parole par laquelle Dieu soutient notre vie est plus profonde que toutes nos négations.

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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 16:00
Vincent-Peillon.jpgDans ma paroisse de Chatou, un des vicaires, ce matin, a lu, lors de son sermon, un passage d'un texte écrit par un ministre actuel du gouvernement, sans le nommer. Sans doute par charité chrétienne, ou plus vraisemblablement parce qu'une église n'est pas le lieu pour citer le nom d'un tel dévoyé.
Ce texte est, en tout cas, emblématique de ceux qui dirigent aujourd'hui la France, fille aînée de l'Eglise.
En effet il s'agit ni plus ni moins, dans l'esprit de ceux qui nous gouvernent, que de singer la religion chrétienne, qui, dans le prolongement de l'ancien testament, est à la base de la civilisation judéo-chrétienne et de ses valeurs de liberté, et de la remplacer par une religion nouvelle, laïque et obligatoire.
Voici ce texte: 
"La révolution française est l’irruption dans le temps de quelque chose qui n’appartient pas au temps, c’est un commencement absolu, c’est la présence et l’incarnation d’un sens, d’une régénération et d’une expiation du peuple français. 1789, l’année sans pareille, est celle de l’engendrement par un brusque saut de l’histoire d’un homme nouveau. La révolution est un événement méta-historique, c’est-à-dire un événement religieux. La révolution implique l’oubli total de ce qui précède la révolution. Et donc l’école a un rôle fondamental, puisque l’école doit dépouiller l’enfant de toutes ses attaches pré-républicaines pour l’élever jusqu’à devenir citoyen. Et c’est bien une nouvelle naissance, une transsubstantiation qui opère dans l’école et par l’école, cette nouvelle église avec son nouveau clergé, sa nouvelle liturgie, ses nouvelles tables de la loi."
Avant 1789, le commencement absolu, il n'existe donc rien - ou, du moins, faut-il tout oublier de ce qui précède - pour ce ministre laïcard, qui emploie les termes mêmes de la religion chrétienne pour les dévoyer:
- incarnation ... d'un sens
- engendrement d'un homme nouveau
- transsubstantiation qui opère dans l'école et par l'école
- nouvelle église
- nouveau clergé
- nouvelle liturgie
- nouvelles tables de la loi.
Le ministre de ce nouveau culte assigne un rôle privilégié à l'école pour "dépouiller l'enfant de toutes ses attaches pré-républicaines pour l'élever jusqu'à devenir citoyen", autrement dit pour en faire un bon petit esclave, sans racines, docile et malléable à merci.
Comme je suis moins charitable que le vicaire de Chatou, je vais vous livrer le nom de l'auteur, si vous n'avez pas reconnu sa bobine, parce qu'apès tout, il faut rendre à César ce qui est à César, comme le Christ lui-même l'enseigne dans l'évangile. 
Ce texte est de Vincent Peillon, ministre de l'Education Nationale français, depuis un an et trois jours. Il est extrait de son livre paru il y a cinq ans au Seuil, sous le titre La Révolution française n'est pas terminée .
Vincent Peillon ne fait pas tache dans un gouvernement qui s'est assignée pour tâche de détruire la famille, qui fut, ce n'est pas un hasard, le dernier rempart de la liberté quand s'instauraient des régimes totalitaires inspirés de la Révolution française modèle 93 (neuf trois), tels que le nazisme ou le communisme.
Francis Richard
La photo qui illustre cet article provient d'ici.
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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 22:30

Le-pape-Francois.jpgPour le catholique que je suis, l'Eglise ne meurt jamais.

 

Certes l'Eglise est composée d'hommes, mais elle est une institution divine. Au moment de quitter ses apôtres le Christ leur dit:

 

"Toute puissance m'a été donnée dans le ciel et sur la terre. Allez donc, enseignez toutes les nations les baptisant au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit; leur apprenant à garder tout ce que je vous ai commandé: et voici que je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la consommation des siècles."

 

A la tête des apôtres le Christ plaça Simon.

 

Inspiré de l'Esprit-Saint, Simon venait de dire à Jésus qu'il était "le Christ, le Fils du Dieu vivant":

 

"Tu es heureux, Simon, fils de Jean, car ni la chair ni le sang ne t'ont révélé ceci, mais mon Père qui est dans les cieux. Aussi moi je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle. Et je te donnerai les clefs du royaume des cieux; et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié aussi dans les cieux; et tout ce que tu délieras sur la terre sera aussi délié dans les cieux."

 

Le Christ a donc confié à l’Eglise seule le soin de transmettre son enseignement. Or que l’Eglise m’enseigne-t-elle ? Que je dois me perfectionner, c’est-à-dire devenir parfait comme le Christ est parfait. Comment ? Par l’imitation du Christ, avec l’aide de sa Grâce que je peux obtenir par la prière et les sacrements qu’il a institués. Pourquoi ? Parce que, ce faisant, j’atteindrai à la vraie Vie, qu’est la vie éternelle.

 

Ce n'est pas gagné. Parce, si l'esprit est encore prompt, la chair est toujours faible...


Et, à la tête de l'Eglise, le Christ a placé Pierre qui aura maintenant eu 265 successeurs, en comptant le pape François, qui porte le prénom de mon saint patron, François d'Assise.

En qualité de chrétien, qui plus est de catholique, je m’intéresse aux fins dernières. Le Christ est pour moi le Chemin, la Vérité et la Vie. Autrement dit, je crois qu’Il est la nature humaine dans sa perfection, c’est-à-dire la véritable nature humaine, l’homme achevé, l’Homme Nouveau de l’évangile, et en même temps le vrai Dieu.

 

Mais je ne peux pas me perfectionner, c’est-à-dire me transformer, si je suis passif. Il faut que j’y consente, et, pour cela, que je pense et agisse, ce qui ne peut se faire qu’en exerçant mon libre arbitre. Mon consentement vient de ma raison, mais pas de ma seule raison.

 

Je peux très bien choisir de faire le mal plutôt que le bien. Le péché originel m’en donne la faculté, mais je dois m’efforcer de sortir de cet état initial. Je suis responsable devant Dieu de mes efforts pour en sortir.

 

De formation scientifique, plus j’avance en âge, plus je sais que l’expérience  scientifique est insuffisante à rendre compte de la réalité et qu’il est possible de raisonner sur tous les objets de la connaissance, contrairement à ce que pensent les scientistes. Pour moi Foi et Raison ne s’opposent pas.

 

Plus j’avance en âge, plus je découvre que du Décalogue, base du droit naturel voulu par Dieu, ne peuvent découler que des définitions objectives du bien et du mal, parce que je prends la logique au sérieux.

 

Plus j’avance en âge, plus l’observation de la Création, dans laquelle me guide mon saint patron, me prouve l’existence de Dieu et plus je suis convaincu que l’intervention divine en moi, à laquelle je donne mon consentement, me permet d’agir, de penser et d’exercer mon libre arbitre.

 

En exerçant mon libre arbitre je suis créateur à mon tour, même si c’est de manière secondaire. Par créateur j’entends que j’ai la faculté d’accroître ma liberté personnelle, sachant que Dieu, le Créateur, avec un grand C, est Liberté, avec un grand L.

 

En tant que libéral je m’intéresse aux fins terrestres. Mais je n’en oublie pas pour autant les fondements philosophiques qui font de moi un chrétien.

 

Ainsi, à ce titre, je défends avant tout la personne. De même que le salut est personnel, l’action humaine est individuelle. Tout doit être ordonné par rapport à la personne, parce que l’esprit humain est le siège de toutes valeurs. Du fait de l’existence de Dieu, qui est autre, la personne est singulière et ne peut être confondue dans un tout quel qu’il soit. 

 

Pour pouvoir créer quoi que ce soit la personne doit être libre, c’est-à-dire qu’elle doit avoir le choix et, donc, pouvoir exercer son libre arbitre. Le libre arbitre s’exerce au travers de la propriété naturelle: j’ai le droit de faire ce que je veux avec ce que j’ai.

 

Il va de soi que ce que j’ai n’a pas été volé à autrui, sans quoi ma propriété ne serait pas légitime et, partant, je ne pourrais pas en faire ce que je veux. Corollaire : je ne peux faire ce que je veux avec le bien d’autrui que si celui-ci m’a donné son consentement.

 

Cette définition objective de la propriété naturelle découle du droit naturel. Elle repose sur quatre commandements de Dieu:

 

tu ne voleras pas

tu ne convoiteras pas le bien d’autrui

tu ne mentiras pas

tu ne tueras pas

 

De même je suis libre de disposer de ce que j’ai parce que je suis la cause de l’existence de ce que j’ai. En effet seul l’esprit humain produit et est à l’origine de changements réels. C’est même la base de la légitimation de la propriété. Sans l’existence de Dieu, comme je l’ai dit plus haut, qui permet de singulariser la personne et donc le fruit de sa pensée et de son action qu’est la production, il est impossible de légitimer la propriété naturelle.

 

La capacité créatrice de la personne, don de Dieu, qui a créé l’homme à son image, m’empêche de rabaisser la nature humaine, et, au contraire, m’oblige à  respecter ce qui en fait la dignité, cette ressemblance justement et le fait qu’elle a été voulue et créée par Dieu.

 

Cette capacité créatrice me rappelle que l’homme coopère à la poursuite de la Création qui n’a pas été achevée une fois pour toutes après le sixième jour: que signifieraient sinon les interventions divines postérieures telles que la Révélation ou les miracles? Si le progrès n’est pas impossible, il n’est pas non plus automatique.

 

Enfin, je trouve normal que la personne subisse ici-bas les conséquences de son action. La liberté va de pair avec la responsabilité.

 

Libéral parce que chrétien, je défends la personne objective contre les touts subjectifs, le libre arbitre et le consentement contre la contrainte, le droit de propriété naturelle contre l’arbitraire étatique, la responsabilité personnelle contre l’irresponsabilité anonyme.

 

Pour d'aucuns, ces temps, l'Eglise est trop visible. Ils préféreraient qu'Elle se fasse toute petite, la plus petite possible, qu'Elle se fasse, pourquoi pas, invisible, voire qu'Elle soit réduite au silence comme au bon vieux temps du petit père Combe ou de l'Union soviétique triomphante.

 

Comme me l'a appris feue ma sainte mère, quand elle se trouvait face à des anti-cléricaux forcenés, qui offensaient ses oreilles, je leur dis, avec toute la charité dont je suis capable, que je prie pour eux parce qu'ils ne savent pas ce qu'ils font...

 

Francis Richard

 

PS

 

Ce 13 mars 2013 restera important pour ma petite personne, et cela pour trois raisons:

 

- l'Eglise se sera donnée un nouveau pape;

- ce nouveau pape aura choisi de porter le même prénom que moi;

- quelques heures auparavant, à Lausanne, je serai devenu citoyen suisse et j'aurai promis "d'être fidèle à la Constitution fédérale et à la Constitution du Canton de Vaud, de maintenir et de défendre en toute occasion et de tout mon pouvoir les droits, les libertés et l'indépendance de ma nouvelle patrie, de procurer et d'avancer son honneur et profit, comme aussi d'éviter tout ce qui pourrait lui porter perte ou dommage".

 

Bref cela aura été une journée où auront scintillé les trois étiquettes que je me suis collées sur ce blog, de catholique, de national et de libéral.

 

Le 19 mars prochain, jour de la saint Joseph, patron de l'Eglise et de tous les pères, le pape François dira sa messe inaugurale, le jour de mes 62 ans, si Dieu me fait la grâce de me prêter vie jusque là...

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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 19:05

L'enfance de Jésus RATZINGERQu'est-ce que Noël? A cette question il n'est pas de meilleure réponse, et de plus opportune, que le dernier livre de Joseph Ratzinger, qui, davantage qu'à son enfance prise dans son ensemble, est surtout consacré à la naissance de Jésus.

 

Dans son avant-propos, le pape Benoît XVI dit d'emblée qu'"il ne s'agit pas d'un troisième volume, mais d'une porte d'entrée à [ses] deux précédents ouvrages consacrés à la figure et au message de Jésus de Nazareth".

 

Avec ce livre l'auteur tente humblement d'interpréter, en s'inspirant de travaux d'exégètes, ce que les évangélistes, plus précisément Mathieu et Luc, ont voulu dire à leur époque, mais aussi ce que cela peut signifier pour le lecteur d'aujourd'hui.

 

Ce texte, paru initialement en allemand, a pour principale vertu de mettre à la portée d'un vaste public le fruit de réfexions personnelles, mûries au fil du temps, qui demanderaient autrement des années d'études à celui qui s'y lancerait.

 

Ainsi montre-t-il, s'il en était besoin, qu'il n'y a pas, entre Ancien et Nouveau Testament, contradiction mais accomplissement:

 

"C'est seulement au moyen des nouveaux événements que les Paroles acquièrent leur sens plein et, inversement, les événements possèdent une signification permanente, parce qu'ils naissent de la Parole, qu'ils sont Parole accomplie."

 

Ainsi souligne-t-il, s'il en était besoin, que le royaume de Jésus, "roi des juifs", expression non hébraïque - "dans le milieu hébraïque on aurait dit "roi d'Israël"" - n'est pas de ce monde, tout en étant ouvert à tous les hommes:

 

"Ce règne différent n'est pas construit sur un pouvoir mondain, mais il se fonde uniquement sur la foi et sur l'amour."

 

Tous les textes relatifs à la naissance et aux premières années de Jésus sont ainsi reliés au passé, mis en valeur et en perspective. Et l'auteur a, de temps en temps, recours à l'étymologie pour les éclairer.

 

Quand l'ange annonce à Marie qu'elle sera la Mère de Dieu, il lui adresse la formule grecque chaïre qui signifie: "réjouis-toi !":

 

"Avec ce souhait de l'ange - pouvons-nous dire - commence, au sens propre, le Nouveau Testament."

 

Evangile ne signifie-t-il pas "bonne nouvelle"?

 

Joseph Ratzinger ajoute:

 

"En grec, les deux mots, joie et grâce (chara et charis), sont formés à partir de la même racine. Joie et grâce vont de pair."

 

Il revient sur l'expression "premier-né", qui a fait couler beaucoup d'encre malintentionnée:

 

"Le mot "premier-né" ne renvoie pas à une numération qui se poursuit, mais indique une qualité théologique exprimée dans les recueils de lois d'Israël les plus anciens."

 

Paul emploie d'ailleurs les expressions de "premier-né d'entre les morts" et de "premier-né d'entre les créatures" et Benoît XVI va dans ce sens paulinien quand il écrit:

 

"Dans la nouvelle naissance de la Résurrection, Jésus n'est plus seulement le premier selon la dignité, mais celui qui inaugure une nouvelle humanité."

 

Parce qu'il est non seulement Benoît XVI, mais d'abord Joseph Ratzinger, l'auteur se pose des questions, suggère, précise souvent qu'il s'agit d'une opinion personnelle. Qui n'engage que cet homme, dont la vie s'illustre par la recherche de la conciliation de la foi et de la raison.

 

A propos des anges qui chantent l'avènement du Sauveur:

 

"Gloire à Dieu au plus haut des cieux ..."

 

l'auteur rappelle que, pendant longtemps, la suite était traduite en ces termes:

 

"et sur la terre paix aux hommes de bonne volonté",

 

évoquant la liberté humaine, alors qu'actuellement la paix est souhaitée:

 

"aux hommes qu'il aime",

 

ce qui évoque plutôt la prédestination.

 

Joseph Ratzinger ne trouve pas justes ces deux traductions, qu'il considère comme extrêmes:

 

"Il me semble que la traduction littérale - "de la bienveillance" (ou de "sa bienveillance" respecte mieux ce mystère [de la condition humaine], sans le dissoudre dans un sens unilatéral."

 

Qui sont les hommes de la bienveillance? Les "personnes qui ont l'attitude du Fils - des personnes conformes au Christ".

 

Pour ceux qui l'ignorent, Joseph Ratzinger explique encore que le titre de Nazôréen, inscrit sur l'écriteau de la Croix, vient de nazir qui signifie "totalement consacré à Dieu" et de nezer, qui sgnifie "le rejeton", sous-entendu de la lignée de David et de Jessé.

 

De l'importance des mots...et, cependant, de la primauté de l'esprit sur la lettre.

 

Je terminerai par deux passages qui ont retenu mon attention.

 

Le premier a trait aux deux faits sur lesquels repose la foi chrétienne et "qui représentent un scandale pour l'esprit moderne", qui n'admet pas cette intrusion dans le monde matériel:

 

"La naissance par la Vierge et la résurrection du tombeau, dans lequel Jésus n'est pas resté et n'a pas subi de corruption."

 

Si Dieu fait ce que seul un dieu peut faire, où va-t-on?

 

Le deuxième a trait à la liberté des enfants de Dieu:

 

"En tant que Fils Jésus apporte une nouvelle liberté, cependant pas celle de celui qui est sans aucun lien, mais la liberté de Celui qui est totalement uni à la volonté du Père et qui aide les hommes à parvenir à la liberté de l'union intime avec Dieu."

 

Inutile de dire que le grand pécheur devant l'Eternel que je suis a besoin de beaucoup d'aide de sa part...

 

Francis Richard

 

L'enfance de Jésus, Joseph Ratzinger - Benoît XVI, 192 pages, Flammarion

 

Voir également mon article du 25 avril 2011 sur Jesus de Nazareth (deuxième partie) du même auteur, aux Editions du Rocher

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 12:15

Boulevard islamisme ValletteIl y a des moments comme cela. En huit jours l'islam et l'islamisme, sont entrés à deux reprises dans le domaine de mes réflexions.

 

Le samedi 6 octobre 2012, j'ai assisté à un dîner-débat à Dax sur le face à face islam-chrétienté.

 

Le compte-rendu n'était pas encore écrit et publié ici, que le responsable du site lesobservateurs.ch, Uli Windisch me demandait d'écrire un article sur le dernier livre de Mireille Vallette à paraître demain en Suisse.

 

Les propos de Claude Sicard, à Dax, n'étaient guère rassurants. Ceux de Mireille Vallette dans Boulevard de l'islamisme le sont encore moins. 

 

L'internaute en aura un avant-goût en lisant mon article paru hier sur lesobservateurs.ch. Le mieux serait, bien sûr, qu'il lise ce livre lui-même, pour son édification.

 

Francis Richard 

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  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), je travaille dans les ressources humaines et m'intéresse aux arts et lettres.
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