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18 septembre 2020 5 18 /09 /septembre /2020 18:50
Les entreprises licencieront: quelle surprise !

La santé n'a pas de prix. Le gouvernement mobilisera tous les moyens financiers nécessaires pour porter assistance, pour prendre en charge les malades, pour sauver des vies. Quoi qu'il en coûte.

 

C'est ce que déclare le Président de la République, Emmanuel Macron, dans un discours solennel le 12 mars 2020. Ce Quoi qu'il en coûte restera dans les mémoires, parce qu'aujourd'hui est venu le moment de payer l'addition.

 

 

LA DÉCROISSANCE

 

En décidant le confinement, mesure moyenâgeuse, les hommes de l'État, et le Président de la République à leur tête, étaient donc bien conscients qu'ils allaient provoquer une crise économique et sociale sans précédent.

 

L'arrêt de l'activité ne peut jamais être sans conséquences. Si les prévisions sont toujours sujettes à caution, les résultats, fussent-ils estimés, sont moins contestables. À cet égard, le PIB peut être un indicateur, certes imparfait.

 

Que dit l'INSEE dans sa note de conjoncture du 8 septembre 2020? Il estime le recul du PIB à 5,9% au premier trimestre et à 13,8% au deuxième trimestre, soit un recul de 19% par rapport au quatrième trimestre de 2019.

 

 

LA DIMINUTION DE L'EMPLOI

 

Au cours du premier semestre, le nombre d'emplois salariés a, selon l'INSEE, diminué de 715 000. L'organisme étatique concède que cela aurait pu être pire si le dispositif d'activité partielle n'avait pas été mis en place, masquant la réalité.

 

Si, dans un premier temps, il est possible que ce dispositif, ait permis de différer la diminution de l'emploi provoquée par le confinement, il ne l'évitera pas indéfiniment et, pour survivre, aides salariales ou pas, les entreprises licencieront.

 

Elles commencent déjà à licencier, parce que les aides salariales sont une chose, le carnet de commandes des clients en est une autre et que ce qui a été perdu reste perdu: quand l'activité s'arrête, d'autres coûts continuent de peser.

 

 

LES ENTREPRISES N'ONT PAS BESOIN D'AIDES

 

Pour fonctionner, les entreprises n'ont pas besoin d'aides, via un dispositif d'activité partielle ou un plan de relance (qui se fait toujours en privilégiant les uns au détriment des autres); elles doivent être libres et non pas empêchées d'agir.

 

Après avoir réduit les entreprises à quia avec le confinement, les hommes de l'État prétendent maintenant savoir mieux qu'elles ce qu'il faut faire: à coup d'une centaine de milliards ils vont les aider à être écologiques, compétitives et solidaires.

 

Il aurait mieux valu ne pas confiner, comme d'autres pays en ont donné l'exemple, et, depuis longtemps, réduire à rien ou peu de choses les dépenses publiques et les impôts et taxes. Mais ce serait reconnaître leur inutilité et leur nuisance.

 

 

LE MOT DE LA FIN

 

Les hommes politiques ne connaissent rien au monde des entreprises. Ils ignorent qu'elles naissent, vivent et meurent. Ils voudraient même que tous leurs sites soient immortels grâce à leurs aides généreuses, avec l'argent des autres, bien entendu.

 

L'un d'entre eux, le ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a tenu verbatim sur RTL, le jeudi 17 septembre 2020, au sujet du fabricant de pneumatiques de Béthune qui fermera son usine en 2021, ce propos révélateur:

 

Bridgestone a bénéficié un peu du chômage partiel, l'entreprise n'a sollicité aucune autre aide de l'État [quelle horreur!], ce qui prouve qu'elle n'avait pas de projet alternatif pour ce site. 

 

Francis Richard

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4 août 2020 2 04 /08 /août /2020 22:15
Disparition furtive des espèces en France ?

Non, il ne s'agit pas de la disparition furtive des espèces animales, mais des espèces qui permettent de faire des paiements.

 

Dans un rapport sur L'accès du public aux espèces - Actualisation de l'état des lieux à fin 2019, daté de juillet de cette année, la Banque de France constate:

 

A la fin 2019, la France métropolitaine compte 50 316 distributeurs de billets en activité, contre 52 451 un an auparavant, soit une baisse de 4,1%.

 

En principe, il n'y a pas de quoi s'alarmer, ne serait-ce que parce que ce n'est pas un phénomène propre à la France.

 

D'ailleurs la Banque de France se veut rassurante:

 

Cette actualisation confirme le maintien d'une très bonne accessibilité aux espèces sur le territoire, par le biais du réseau d'automates et des points de distribution d'espèces privatifs (relais commerçants et assimilés, ouverts aux clients d'un seul réseau).

 

En effet, si le nombre de distributeurs de billets a diminué, le maillage du territoire resterait globalement inchangé:

 

Près de 99% de la population métropolitaine réside soit dans une commune équipée d'au moins un automate, soit dans une commune située à moins de quinze minutes en voiture de la commune équipée la plus proche.

 

Certes, mais les banques françaises encouragent de plus en plus leurs clients à prendre leur carte (bancaire et payante) et à effectuer leurs paiements avec ou sans contact, surtout depuis la crise sanitaire de la Covid-19.

 

Ce n'est cependant pas le vandalisme dont sont l'objet les distributeurs de billets qui motivent les banques pour en diminuer le nombre:

 

Selon les déclarations des groupes bancaires, [seuls] 79 DAB ont été complètement détruits ou arrachés et 243 très fortement dégradés.

 

C'est bien la diminution des retraits d'espèces qui permet aux banques persuasives de réduire progressivement le nombre de leurs distributeurs de billets, ce qui ne peut que réjouir l'État.

 

Car l'État, en France tout particulièrement, n'aime pas les paiements en espèces pour la simple raison qu'ils échappent à son contrôle, alors que, comme le rappelle Banque Info:

 

L’administration fiscale a un droit général de communication dans la comptabilité des banques.


Le droit de communication permet aux inspecteurs du fisc de consulter dans la banque tous les comptes (relevés de comptes, bordereaux de remise de chèques ou d’effets, copies de chèques) d’un contribuable et des membres de sa famille sur une durée de six ans. Ils peuvent en prendre photocopie.

 

Les prétextes invoqués pour cette inquisition, qui s'opère sans que ledit contribuable soit obligatoirement averti, sont la lutte contre la fraude, le blanchiment d'argent ou le grand banditisme. En réalité, c'est une atteinte impure et simple à la sphère privée.

 

Pour réduire les paiements en espèces, l'État les a d'ailleurs réglementés par le passé. Exemples:

- le paiement en espèces d'un particulier à un professionnel ou entre professionnels n'est autorisé que jusqu'à 1 000 €;

- le paiement d'un salaire ne peut être effectué en espèces que jusqu'à 1 500 €;

- pour un paiement en espèces entre particuliers, un écrit est nécessaire au-delà de 1 500 €.

 

Mais, évidemment, c'est beaucoup mieux si, de lui-même, le particulier ou le professionnel renonce aux espèces. Ainsi, même s'il n'a rien à se reprocher, l'administration fiscale, avec son droit de communication, pourra-t-elle lui demander de se justifier, quel que soit le montant en question, et de se souvenir de toutes les dépenses qu'il a faites ou des sommes qu'il a reçues pendant six ans.

 

Francis Richard

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17 juillet 2020 5 17 /07 /juillet /2020 22:40
Le nouveau chemin d'Emmanuel Macron n'a pas convaincu les Français

Lors de son entretien télévisé avec Léa Salamé et Gilles Bouleau, le 14 juillet 2020, le président Emmanuel Macron a employé un grand nombre de fois le mot chemin.

 

Ainsi, s'il a changé de Premier ministre, est-ce pour que soit tracé un nouveau chemin pour la France, avec la capacité de choisir sa vie. Ce que démentent ses propos.

 

En effet, à coup de centaines de milliards d'euros, l'État est intervenu, intervient, interviendra dans la vie des gens sous forme de nouvelles dépenses publiques.

 

En réécoutant cet entretien, force est de constater qu'à aucun moment, il n'est indiqué comment toute cette manne étatique sera financée, sinon, sans doute, par la dette.

 

La dette publique est un mot magique pour masquer ce que veut dire le quoi qu'il en coûte présidentiel: on voit bien qu'elle augmentera, on ne voit pas qui paiera.

 

Il n'est pas sûr que les Français réalisent que ça veut dire que sera prolongée la crise économique, conséquence d'une crise sanitaire mal gérée, quoi qu'en dise le président. 

 

En tout cas, le 16 juillet 2020, pour Le Figaro, France info et Dentsu-Consulting, Odoxa a publié un sondage d'où il ressort que cet entretien n'a pas convaincu 54% de Français.

 

Trois éléments expliqueraient cette défiance des Français à l'égard de leur président auto-satisfait qui se targue d'une transparence quotidienne pendant l'épidémie de Covid-19: 

- 62% des Français ne l'ont pas trouvé rassurant;

- 63% pensent qu'il n'a pas dit la vérité;

- 57% ne croient pas à son changement de méthode, c'est-à-dire à son nouveau chemin.

 

Une majorité de Français sent peut-être confusément que toutes ses belles promesses dispendieuses n'engagent pas le responsable au premier chef de l'arrêt de l'économie.

 

Une majorité de Français sait qu'il leur a souvent menti, et plus particulièrement pendant la crise de la Covid-19, et qu'il n'y a donc pas de raison que, maintenant, il leur dise la vérité.

 

Une majorité de Français se rend compte que le changement de Premier ministre est cousu de fil blanc et que rien ne changera vraiment ou, même, que les choses peuvent empirer.

 

Il ne leur reste plus qu'un pas à faire pour comprendre que l'État est le problème et non pas la solution, qu'ils doivent compter sur eux-mêmes et non pas sur la providence étatique.

 

Francis Richard 

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2 juillet 2020 4 02 /07 /juillet /2020 22:30
Masques en stock

Les hommes de l'État ont montré leur imprévoyance et leur impéritie lors de la crise sanitaire que la France vient de traverser confinée. Ces prétentieux restent convaincus qu'ils sont les mieux à même de savoir ce qu'il faudra faire à l'avenir.

 

L'exemple des masques est à cet égard emblématique. En 2013, ces omniscients de l'État décident qu'il n'est pas nécessaire de renouveler le stock étatique constitué pour faire face aux précédentes épidémies (grippe H1N1, SRAS ou Ebola).

 

Quand la Covid-19 commence à se répandre en France, le 19 février 2020, ils envoient même en Chine, par solidarité, nombre de masques détenus en stock à destination des structures hospitalières de Wuhan et de la province de Hubei.

 

Leur thèse sera que les masques ne servent à rien si on n'est pas malade et que les Français sont tellement bêtes qu'ils ne sauront pas les mettre correctement, dixit, le 20 mars 2020, une experte en la matière, la porte-parole du gouvernement.

 

Il faut donc réserver les masques aux seuls soignants, dixit, le 17 mars 2020, Olivier Véran, qui a succédé à Agnès Buzyn le 16 février 2020. Sauf que lesdits soignants n'en verront pas la couleur au plus fort de l'épidémie de Covid-19.

 

Maintenant, dans une dépêche de l'AFP, le même Olivier Véran déclare qu'il faut décentraliser les stocks de masques et que les entreprises doivent détenir désormais dix semaines de stocks, pour faire face à un éventuel rebond de l'épidémie:

 

On a vu que, quand on a un seul stock centralisé dans un grand entrepôt, on peut en perdre le fil – ça n’arrivera plus –, ça n’est pas les meilleures conditions de stockage possibles et la logistique pour les répartir sur le territoire prend trop de temps. Donc être capable de décentraliser, de déconcentrer les stockages de matériel de protection au sein des territoires, au sein des entreprises, des hôpitaux, des cabinets médicaux, c’est important.  

 

Début avril, l'État avait retenu une commande et réquisitionné une autre que la présidente d'une région avait passées pour des Ehpad, des personnels d'aide à domicile de personnes âgées et des structures d'accueil de personnes handicapées...

 

L'État, qui a donc mal géré son stock de masques, veut donner une leçon de gestion aux entreprises avec cette consigne de dix semaines de stocks, alors qu'elles se débrouillent très bien sans lui quand il s'agit de gérer leurs (autres) stocks...

 

L'État, représenté par Olivier Véran, se propose même de les accompagner dans le financement de ces stocks: seules elles n'en seraient évidemment pas capables... En fait tous ces gens ne savent pas comment fonctionnent les entreprises.

 

Il faut dire que ces hors-sol, tous autant qu'ils sont, n'ont jamais travaillé en entreprises, sinon ils comprendraient que tout ce qu'elles demandent c'est de pouvoir s'organiser comme elles veulent, dans l'intérêt bien compris de leurs acteurs.

 

Une décentralisation ne peut réussir que si les décisions sont prises au plus proche de leurs conséquences. Les règles imposées d'en haut et de loin sont arbitraires et se traduisent toujours par un déni de réalité et un manque de réactivité.

 

Francis Richard

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16 juin 2020 2 16 /06 /juin /2020 18:15
Décentralisation: le fait du Prince Emmanuel Macron?

Dans son Adresse aux Français du 14 juin 2020, le Président de la République Emmanuel Macron a fait une légère entorse au centralisme démocratique de la France jacobine en déclarant pour faire plaisir aux territoires

 

Tout ne peut pas être décidé si souvent à Paris.

 

En même temps, il a dit vouloir en premier lieu reconstruire une économie forte, écologique, souveraine et solidaire et en second lieu unir autour de la République afin d'assurer l'indépendance de la France pour vivre mieux.

 

 

Le fait du Prince

 

Il ne faut pas rêver. Il ne s'agit donc pas, pour le moment, ni dans son esprit ni dans ses dires, de véritablement décentraliser les prises de décisions:

 

Face à l'épidémie, les citoyens, les entreprises, les syndicats, les associations, les collectivités locales, les agents de l'État dans les territoires ont su faire preuve d'ingéniosité, d'efficacité, de solidarité.

 

Il s'agit plutôt, sans dire comment, de récompenser d'aucuns d'avoir pallier quelque peu l'impéritie et l'imprévoyance de l'État-providence:

 

Faisons-leur davantage confiance. Libérons la créativité et l'énergie du terrain.

 

En bon Prince, il veut accorder à ces individualités et à ces collectivités quelques libertés et responsabilités:

 

C'est pourquoi je veux ouvrir pour notre pays une page nouvelle donnant des libertés et des responsabilités inédites à ceux qui agissent au plus près de nos vies, libertés et responsabilités pour nos hôpitaux, nos universités, nos entrepreneurs, nos maires et beaucoup d'autres acteurs essentiels.

 

Bref, ce seront au moins des miettes, ce qui ne mange pas de pain.

 

 

Conformité au principe de subsidiarité européen

 

La décentralisation des décisions telle que la comprend Emmanuel Macron est conforme au principe de subsidiarité inscrit dans le Traité sur l'Union européenne et à celui de la Doctrine sociale de l'Église. Car il s'agit d'une subsidiarité verticale descendante, voire condescendante. 

 

Dans sa fiche technique consacrée au Principe de subsidiarité, le Parlement européen donne cette définition:

 

La signification et la finalité générales du principe de subsidiarité résident dans l'octroi d'un certain degré d'indépendance à une autorité subordonnée vis-à-vis d'une autorité de niveau supérieur, notamment d'une autorité locale envers le pouvoir central. Il y va donc du partage des compétences entre les divers échelons du pouvoir, principe qui constitue le fondement institutionnel des États à structure fédérale.

 

 

Le fédéralisme suisse

 

En Suisse, le principe de subsidiarité, même s'il est malheureusement moins respecté de nos jours qu'en 1848 (en raison de transferts de compétences indus), est celui d'une subsidiarité ascendante, consentie de bas en haut.

 

C'est pourquoi le terme juste pour définir ce principe est celui de fédéralisme suisse. Le site www.ch.ch/, qui est une offre de la Confédération, des cantons et des communes, ne parle donc pas de la même chose que l'Union européenne.

 

Après avoir dit que les différentes compétences sont réparties entre Confédération, cantons et communes conformément au principe de subsidiarité, le site précise ce qu'il faut entendre par là:

 

La Confédération n'assume que les tâches qui excèdent les possibilités des cantons ou qui nécessitent une réglementation uniforme par la Confédération. Selon ce principe [c'est moi qui souligne], la responsabilité d'une action publique, lorsqu'elle est nécessaire, doit être allouée à la plus petite entité capable de résoudre le problème d'elle-même. Si un canton n'est pas en mesure de s'acquitter de la tâche qui lui a été confiée, l'entité supérieure, c'est-à-dire la Confédération, devrait l'aider.

 

 

Une telle décentralisation est-elle probable en France ?

 

Le doute est permis qu'une telle décentralisation des compétences soit possible en France. Cela correspond à un changement des mentalités qui est à l'opposé de ce que pense Emmanuel Macron lui-même.

 

En effet Emmanuel Macron se réjouit encore au début de son Adresse aux Français de tout ce qui a été fait, pendant la crise sanitaire, grâce à la force de notre État et de notre modèle social qui, pourtant, s'est traduit, se traduit et se traduira par un accroissement phénoménal de la dette publique.

 

Là encore c'est l'État-providence qui, par sa voix d'en-haut, décide, quoi qu'il en coûte, de ce qui est bon pour les Français d'en-bas et de ce que seront les reconstructions économique, écologique, sociale et solidaire, bénéficiant de la manne étatique.

 

De plus, Emmanuel Macron disait, il y a un peu plus d'un an, véritable déni de réalité, que le modèle suisse n'était pas un exemple à suivre. Il faut dire qu'il est difficile d'admettre pour un énarque, formaté par et pour l'État, qu'il faut ramener le pouvoir de base à l'individu.

 

Soyons toutefois optimistes. Seuls les imbéciles ne changent pas d'avis et, après tout, fût-il uniquement mental, c'est le premier pas qui coûte...

 

Francis Richard

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13 juin 2020 6 13 /06 /juin /2020 22:30
Sire, Jean Raspail n'est plus...

Sire, Jean Raspail n'est plus.

 

Aujourd'hui il a rendu son âme à Dieu dans l'hôpital parisien Henry Dunant, le fondateur de la Croix-Rouge, aux couleurs inverses du drapeau suisse.

 

C'est un grand écrivain français qui disparaît. C'est ce que je veux retenir de lui, n'en déplaise aux folliculaires qui ne pensent qu'à s'en prendre à l'homme, post mortem.

 

En 2015, la maison d'édition Robert Laffont a publié dans sa collection Bouquins un recueil de six volumes de son oeuvre romanesque, dont un inédit, La Miséricorde, qui est volontairement inachevé.

 

Dans sa préface à cette édition, Sylvain Tesson écrit:

 

Raspail s'est étourdi de voyages avant d'écrire son premier roman. Il a regardé les nuages transhumer au-dessus des forêts, les steppes australes, les chenaux et les océans blêmes.

 

C'est l'explorateur, tel que je l'ai connu, d'abord en allant à ses conférences de Connaissance du Monde, à la Salle Pleyel à Paris, puis en lisant ses récits qui m'ont invité au voyage.

 

Sylvain Tesson ajoute, ce qui vaut aussi bien pour ses récits d'aventures que pour ses romans, qui, les uns comme les autres, m'ont durablement impressionné:

 

Devant l'effroyable désagrégation de toute chose sous la roue de l'Histoire, Jean Raspail, au contraire, a inventé un comportement autrement plus original que la nostalgie: il a choisi de veiller sur les ruines.

 

M'a également impressionné son engagement comme président du Comité national pour la Commémoration de la mort de Louis XVI, guillotiné place de la Révolution (l'actuelle place de la Concorde) le 21 janvier 1793, date qui marque un tournant des Lumières vers les Ténèbres.

 

Aussi, ayant lu son roman Sire qui obtint en 1992 le Grand Prix du roman de la Ville de Paris et le Prix Alfred de Vigny, m'en suis-je inspiré pour composer un poème éponyme, que je lui ai dédié.

 

Ce poème est imprégné de son style qui, comme le dit Sylvain Tesson, n'est pas l'art d'enfiler de belles phrases en chapelet, mais la capacité à architecturer un univers propre, un climat, et à les déployer, jusqu'à l'obsession, de livre en livre.

 

Jean Raspail, à qui je l'ai fait parvenir à l'époque, m'a dit un jour avoir inséré ce poème dans son propre exemplaire de Sire. En le reproduisant ci-après, c'est ma modeste façon de lui rendre hommage.

 

Francis Richard

 

Sire


Vos enfants orphelins sont frappés d'hébétude.
Ils sont désemparés, en profond désarroi,
Depuis que par révolte ils se trouvent sans roi.
De ne penser qu'à eux ils ont pris l'habitude,


Ce qui mène tout droit aux pires servitudes.
Ils sont bien peu nombreux ceux qui, à votre endroit,
Éprouvent l'affection, toute mêlée d'effroi,
Que devrait vous valoir votre noble attitude.


Ils vous imaginent montant à l'échafaud,
Sans que nul ne puisse vous surprendre en défaut
De céder à la peur ou d'apparaître indigne


Du tragique destin, qui vous tint embrassé,
Et, pour notre malheur, fut un jour tout tracé,
Comme un sillon sanglant, sur notre sol insigne.

 

********

 

Par le vaste monde, violentée la nature,
Par tous ses ennemis, le pays infesté,
Le profane acclamé, le sacré détesté,
Les âmes affamées, privées de nourriture,


Elle est en deux siècles consommée la rupture.
La décadence est là, c'est un fait attesté,
Et le sacrifice de votre Majesté
Ne fut que le prélude à la grande imposture.


Voyez dans quel état sont hélas vos sujets.
Plutôt que des pousses on dirait des rejets.
Priez donc le Seigneur d'avoir miséricorde


Pour les Français d'en-bas subissant la discorde,
Qui gardent au fond d'eux un coeur fleurdelisé
Et souffrent sans un mot d'être autant méprisés.

 

********

 

Ils ne commettent pas que des péchés véniels
Ceux qui, pour la Raison, nous font battre la fête
Elle tourne toujours à des dîners de têtes,
A des festins de morts accommodés de fiel.


Ô fils de Saint Louis, qui montâtes au Ciel,
Intercédez pour nous, pour notre reconquête.
Que s'éloigne le temps des cinglantes défaites.
Que vienne la victoire avec son goût de miel.


Qu'il soit mis une fin à nos incertitudes.
Que s'achève l'ère de la décrépitude.
En combattant ainsi pour le Trône et l'Autel,


Pour qu'à notre Patrie soit donnée renaissance,
Nous renouons avec la véritable essence,
Qui par descendance nous rend comme immortels.

 

Composé à Chatou, le 10 janvier 1993, Fête de la Sainte Famille

 

Livres de Jean Raspail chroniqués sur ce blog:

 

Le Camp des Saints, Robert Laffont (2011)

Les veuves de Santiago, Via Romana (2011)

La miséricorde, Robert Laffont - Bouquins (2015), Équateurs (2019)

Terres saintes et profanes Via Romana (2017)

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5 juin 2020 5 05 /06 /juin /2020 17:00
Une taxe "Jean Valjean" serait un oxymore pour Victor Hugo

Tout commence par une tribune de Vincent Lindon publiée sur Mediapart le 6 mai 2020.

 

L'acteur précise d'emblée: Spécialiste en rien, intéressé par tout, il m'a paru pourtant utile de contribuer en faisant entendre une voix simplement citoyenne.

 

Cet aveu d'incompétence ne peut que rendre enclin à l'indulgence pour les propos liberticides qu'il tient par la suite.

 

 

Pourquoi la seule solution du confinement ?

 

Il se pose la question suivante dans cette tribune: comment ce pays si riche, la France, sixième économie du monde, a-t-il pu désosser ses hôpitaux jusqu'à devoir, pour éviter l'engorgement des services de réanimation, se résigner à se voir acculer à cette seule solution, utile certes, mais moyenâgeuse, le confinement?

 

C'est une bonne question, encore qu'il faille nuancer pour ce qui concerne l'expression sixième économie du monde.

 

En effet, si l'on accepte le classement établi en 2018, par le Fonds monétaire international, la France se situe au dixième rang mondial pour son PIB et au vingt-troisième pour son PIB par habitant.

 

Le fait est que la France n'a cessé de régresser économiquement parlant après des décennies d'État-providence.

 

Avant de donner la réponse à sa question, Vincent Lindon la commente en ces termes:

 

Nous qui, au début des années 2000 encore, pouvions nous enorgueillir d'avoir le meilleur système de santé du monde.

 

Il ne se demande pas pourquoi, dans ce cas-là, aucun pays au monde n'a cherché à imiter ce mirifique modèle. La réponse est dans la question.

 

Vincent Lindon, avec sa voix simplement citoyenne, connaît cependant la réponse à la question de savoir comment ce pays si riche a pu en arriver là:

 

La folle idée [s'est imposée] que la santé devait être rentable, puisque tout désormais devait être marchandise, jusqu'à la vie des hommes.

 

 

Une réponse catéchétique

 

C'est une réponse catéchétique. Car, en réalité, la réponse est tout autre. Peut-être ne l'a-t-il pas même soupçonnée parce que les avis autorisés qu'il a consultés ne la lui ont pas soufflée.

 

Au lieu d'affirmer que la France est la sixième économie du monde, ce qui est inexact, il aurait dû noter qu'en France  la part des dépenses publiques en matière de dépenses de santé est la plus élevée au monde (80%).

 

Et la réponse lui serait venue tout de suite pour expliquer qu'il ait fallu confiner comme au Moyen-Âge, faute de masques, de tests et d'appareils respiratoires:

 

La France en est arrivée là parce que son système de santé, en grande partie étatique est mal géré et que l'État décide de tout en matière de santé, veut tout contrôler, joue même volontiers au médecin en prescrivant, à la place des praticiens, les bons traitements aux patients, et en proscrivant ceux qu'il considère comme mauvais.

 

Cette mauvaise gestion de la crise sanitaire n'est donc pas due comme il le croit à un ultralibéralisme fantasmé (la France occupe la première place pour les dépenses publiques et les prélèvements obligatoires en pourcentages du PIB) mais à un socialisme réel qui a pris le masque de l'État-providence.

 

Cette impéritie et cette imprévoyance de l'État français, qui lui sont consubstantielles, aura, et a déjà, pour conséquence une crise économique bien plus sévère que n'aura été la crise sanitaire.

 

 

Que faire?

 

Là encore cette voix simplement citoyenne a la réponse:

 

L'État ne pouvant pas tout [sic], il me paraît impératif d'innover. Comment? En demandant aux plus grosses fortunes une solidarité envers les plus démunis. Cette idée juste et légitime, pourrait prendre la forme d'une contribution exceptionnelle, baptisée "Jean Valjean", conçue comme une forme d'assistance à personnes en danger, financée par les patrimoines français de plus de 10 millions d'euros, sans acrobaties [sic], à travers une taxe progressive de 1% à 5%, avec une franchise pour les 10 premiers millions d'euros.

 

Vincent Lindon oublie de dire que l'État n'est rien sans les 360 taxes, qu'Agnès Verdier-Molinié avait listées en 2015, et sans les taxes supplémentaires qu'il a inventées depuis.

 

A une époque, quand on voulait enterrer un problème, on créait une commission, un Comité Théodule comme disait le général de Gaulle. Aujourd'hui pour pérenniser l'État, le faire croître et embellir, on crée une taxe. 

 

 

Rien de nouveau

 

Aussi, quand Vincent Lindon dit que l'État ne peut pas tout, veut-il certainement dire que sans une énième taxe , il n'aurait toujours pas assez de prélèvements à opérer pour exercer davantage son pouvoir de nuisance.

 

De fait, cet impôt ne serait pas nouveau. Ce ne serait qu'une nouvelle mouture de l'Impôt de solidarité sur la fortune, cette vieille taxe qui n'a été qu'abrogée partiellement et qui n'incitait pas, voire dissuadait, de créer des richesses en France:

 

Ce sont dans les vieilles taxes qu'on fait le meilleur rendement fiscal, grâce à la progressivité chère à Karl Marx.

 

 

Un oxymore

 

Peut-être que Vincent Lindon est plus apte à apprendre un texte qu'à le comprendre, parce que Jean Valjean n'est pas du tout le personnage qu'il croit.

 

Le voleur Jean Valjean a commencé à se rédimer après qu'il a rencontré Mgr Bienvenu, l'évêque de Digne. Repenti, comme la pécheresse de l'évangile, il est devenu Monsieur Madeleine, un industriel bâtissant honnêtement une vraie fortune.

 

Si, quand Jean Valjean sort de chez lui les poches pleines, il rentre les poches vides, c'est qu'il a donné aux pauvres, non pas sous la contrainte d'une taxe, mais délibérément. C'est pourquoi une telle taxe serait un oxymore pour Victor Hugo, attaché à la liberté, qui implique la propriété.

 

On sait que ce qui est exceptionnel en France devient souvent habituel. Il en a été ainsi pour la vignette automobile pendant plus de cinquante ans. Mais Vincent Lindon, cette voix simplement citoyenne, est généreux avec l'argent des autres:

 

A période exceptionnelle, contribution exceptionnelle. Même si j'applaudirais évidemment tout amendement visant à pérenniser cet effort de réduction des inégalités. Après tout, une fois peut devenir coutume.

 

 

Faire payer les riches

 

Combien rapporterait cette taxe, qui n'est qu'une façon comme une autre de faire payer les riches, autrement dit de satisfaire l'envie qui sommeille insidieusement chez bien des êtres humains?

 

D'après les économistes [sic] que j'ai pris soin de consulter, cette contribution devrait représenter environ 36 à 37 milliards d'euros, qui seront distribués aux quelque 21,4 millions de foyers trop pauvres pour être assujettis à l'impôt sur le revenu.

 

Les économistes, qu'il a pris soin de consulter, confondant fortunes et liquidités, ne se soucient évidemment pas des conséquences qu'un tel prélèvement confiscatoire, aurait sur l'économie. Peu leur chaut.

 

Pour s'en faire une idée, il suffit de rappeler que l'Impôt de solidarité sur la fortune a confisqué 4,3 milliards d'euros en 2017 et l'Impôt sur la fortune immobilière 1 milliard d'euros en 2018.

 

 

L'extension du domaine de l'enfer fiscal

 

Vincent Lindon ne cache pas que tous les moyens sont bons, même légaux, pour obtenir l'effort qu'il demande aux plus riches:

 

Même si je ne doute pas un instant que les plus riches de nos concitoyens se réjouiront de l'occasion offerte de montrer leur patriotisme et leur générosité, il me paraît prudent que les législateurs mettent en place des sanctions suffisamment dissuasives pour décourager les improbables mauvaises volontés. Je pense ici, surtout, à nos compatriotes domiciliés fiscalement à l'étranger, évidemment conviés à manifester leur solidarité.

 

En quelque sorte, Vincent Lindon veut l'extension du domaine de l'enfer fiscal...

 

 

La voix des députés collectivistes purs et durs

 

Jusqu'au 25 mai 2020, sa tribune n'a qu'un écho médiatique. Mais, ce jour-là, vingt-cinq députés communistes, insoumis, socialistes et apparentés, Libertés et Territoires,  reprennent à leur compte cette innovation de la voix simplement citoyenne et enregistrent une proposition de résolution à l'Assemblée nationale.

 

Cette proposition de résolution reprend les termes mêmes de la tribune, et est donc cosignée par  Sébastien Jumel, Clémentine Autain, Alain Bruneel, Pierre Dharréville, Jeanine Dubié, Jean-Paul Dufrègne, Frédérique Dumas, Caroline Fiat, Christian Hutin, Régis Juanico, Manuéla Kéclard-Mondésir, Bastien Lachaud, Jean-Paul Lecoq, Jean-Luc Mélenchon, Jean-Pierre Nilor, Danièle Obono, Stéphane Peu, Dominique Potier, Loïc Prud'homme, Muriel Ressiguier, Jean-Hugues Ratenon, Fabien Roussel, Sabine Rubin, François Ruffin, Hubert Wulfranc.

 

Dans cette proposition, il est dit notamment:

 

Les nouveaux jours heureux doivent débuter par une réduction drastique des inégalités. La France ne doit pas voir réapparaître « Les Misérables ».

 

Si, par extraordinaire, une telle proposition était adoptée, les inégalités seraient peut-être réduites, mais la misère certainement pas, bien au contraire:

 

Quand les riches maigrissent, les pauvres meurent, dit un proverbe chinois.

 

Francis Richard

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14 mai 2020 4 14 /05 /mai /2020 17:15
L'État-providence ne produit que des formulaires, des taxes et des amendes

Les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît. Qui ne connaît cette réplique de Lino Ventura dans Les Tontons flingueurs de Georges Lautner?

 

De même on peut dire: Les étatistes providentiels ça ose tous les formulaires, c'est même à ça qu'on les reconnaît.

 

Une autre réplique de Lino précède celle sur les cons: Il y en a qui gaspillent, il y en a d'autres qui collectent.

 

De même on peut dire: Il y a des étatistes providentiels qui gaspillent, il y en a d'autres qui collectent ... des taxes et des amendes.

 

L'exemple de la France, championne toutes catégories des prélèvements obligatoires et des dépenses publiques, est éloquent.

 

 

Les attestations de déplacement dérogatoire

 

Au début de la période de con-finement, les habitants de ce beau pays, s'ils voulaient faire un pas hors de chez eux devait s'auto-délivrer une attestation.

 

Comme ça ne suffisait peut-être pas à la collecte d'amendes ou à la brimade des habitants, une deuxième version restreignait encore leur liberté de circuler: une heure, un kilomètre pour ceux qui avaient osé remplir la case activité sportive.

 

Les amendes ont alors pu con-tinuer à pleuvoir et le résultat officiel est là: 1,1 million de procès-verbaux (sur 20,7 millions de con-trôles) ont été dressés pendant la période du con-finement, une sacrée collecte et une sacrée mise au pas des Français.

 

Et je ne parle pas des attestations de déplacement dérogatoire international, beaucoup plus restrictives.

 

 

Des attestations chassent les autres

 

Vous avez aimé les deux premières attestations de déplacement dérogatoire pondues pour le con-finement, vous aimerez celles pondues pour décon-finer.

 

Maintenant il s'agit de ne pas se déplacer sans une autre attestation si vous voulez aller au-delà d'un rayon de 100 km à vol d'oiseau autour de votre domicile. Il paraît que c'est facile à calculer, mais, même si vous êtes à l'intérieur du cercle, vous avez intérêt à vous munir d'un justificatif de domicile. 

 

Pour les attestations pendant le con-finement, il était déjà nécessaire d'avoir chez soi un ordi et une imprimante ou avec soi un smartphone, maintenant c'est encore plus vrai, car il faut utiliser un lien tel que celui-ci: https://carte-sortie-confinement.fr/index.p pour connaître votre rayon...

 

Si vous devez prendre les transports publics en région parisienne, vous devez avoir aux heures de pointe une attestation de votre employeur, même si vous êtes votre propre employeur...

 

Pourquoi faire simple, quand on peut faire compliqué...

 

 

La France atteinte de cerfaïte aiguë

 

Si vous n'êtes pas Français, vous n'avez pas le bonheur de connaître ce qui se cache derrière l'acronyme Cerfa: Centre d’enregistrement et de révision des formulaires administratifs. C'est ce centre qui pond tous les formulaires administratifs français, et ils sont très nombreux.

 

Il y a ainsi:

- 704 formulaires et services en ligne pour les particuliers (c.f. le lien https://www.service-public.fr/particuliers/);

- 269 pour les entreprises (c.f. le lien https://www.service-public.fr/professionnels/);

- et 45 pour les associations (c.f. le lien https://www.service-public.fr/associations/).

 

Ce centre a, entre autres, pour mission les simplifications administratives...

 

 

Quoi qu'il en coûte?

 

Toute cette bureaucratie a un coût et de passer des versions papier aux versions numériques n'y change rien.

 

Mais qu'importe, puisque finalement l'État paiera... Sauf que l'État n'existerait pas s'il n'y avait pas de contribuables, qui, en principe, sont censés consentir aux impôts et taxes, pour colmater cette gabegie parmi tant d'autres.

 

Que fait l'État quand il n'a plus un sou? Il n'a que trois remèdes à disposition pour son impécuniosité:

- emprunter;

- augmenter les impôts et taxes;

- faire de la fausse monnaie.

 

Or la crise du Covid-19, qui a démontré l'inertie de l'État-providence, due à l'impéritie et à l'imprévoyance inévitables de ceux qui le dirigent, va se traduire par une crise économique bien plus sévère que cette crise sanitaire: elle provoquera encore plus de ruines et de misères.

 

Les trois remèdes, même conjugués, ne suffiront pas: l'État-providence est foutu...

 

Francis Richard

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28 avril 2020 2 28 /04 /avril /2020 19:45
Haro sur les riches en général et sur Bill Gates en particulier

Quoi qu'il fasse, un riche a toujours tort. S'il est grippe-sou, il ne mérite vraiment pas d'être devenu riche. S'il est philanthrope, il veut se donner bonne conscience ou bénéficier d'avantages fiscaux, ou probablement les deux.

 

Depuis La Bruyère, on sait que le riche, qu'il dépeint sous les traits du caricatural Giton, a tous les défauts, même physiques, et que le pauvre, qui a les traits du caricatural Phédon, est, surtout, digne d'une... gratifiante pitié.

 

Vouloir être riche, c'est mal. D'ailleurs, n'est-ce pas suspect de l'être devenu un jour ? Dès lors, ce que l'on fait de son argent ne peut qu'être également suspect, tandis qu'être pauvre ne peut jamais faire de vous un mauvais...

 

 

Devenir riche, voire ultra-riche

 

Bill Gates, le cofondateur de Microsoft, serait en 2019, d'après Forbes, le détenteur de la deuxième fortune du monde, juste derrière Jeff Bezos, le fondateur d'Amazon, ce qui fait donc d'eux deux des méchants, des suspects.

 

Or ni l'un ni l'autre ne sont devenus riches sans avoir pris de gros risques, sans avoir surmonté des obstacles, sans avoir tiré leçons d'échecs essuyés, sans avoir pressenti ce qui permettrait à leurs entreprises respectives de réussir.

 

 

Un discours prémonitoire

 

C'est cette sagesse, nourrie d'intuition et d'expérience, qui a permis, il y a cinq ans, à Bill Gates de faire un discours prémonitoire, lors d'une conférence Ted, après que le virus Ebola a fait des ravages sur le continent africain:

 

Si quelque chose tue plus de dix millions de personnes dans les prochaines décennies, ce sera probablement un virus hautement contagieux plutôt qu'une guerre.

 

Aujourd'hui on tire argument de ce discours sensé pour, sur les réseaux sociaux, crier haro sur Bill Gates. D'aucuns l'accusent - et cela fait un buzz planétaire - d'avoir provoqué la crise sanitaire et de vouloir en tirer un profit personnel.

 

 

On peut ne pas aimer les positions de Bill Gates

 

On peut ne pas aimer les positions de Bill Gates en faveur d'un impôt plus progressif (mais pas trop) sur les gains en capital ou d'un impôt plus lourd sur les successions, ou sa position sur l'importance de l'OMS pour lutter contre la pandémie.

 

On peut tout cela. Cela relève de l'opinion. Mais on ne peut à partir de faits réels les travestir pour servir des causes pour le moins suspectes, où se retrouvent coalisés des complotistes, des anti-vaccins et des extrémistes de droite.

 

 

Des mensonges éhontés

 

Car, pour soutenir leur thèse, tous ces braves gens ne reculent pas devant la fabrication de mensonges éhontés :

 

- La Fondation Bill et Melinda Gates a bien financé l'Institut Pirbright, mais ce n'était pas pour déposer en 2015 un brevet à partir d'une étude sur les coronavirus qui affectent les êtres humains, tels que le Covid-19, mais sur ceux qui affectent les animaux;

 

- Bill Gates a bien dit à la mi-mars de cette année: A terme, nous aurons des certificats numériques pour savoir qui s'est remis de la maladie ou qui a été testé récemment ou, quand nous aurons un vaccin, qui l'a reçu; il ne s'agissait pas de tracer les gens mais de fournir un carnet de vaccination... intraçable;

 

- Le Centre John Hopkins, avec la Fondation Bill et Melinda Gates et le Forum économique mondial, a bien organisé à New-York en octobre 2019 l'étude d'un cas de propagation d'un coronavirus, pour imaginer les mesures qu'il conviendrait alors de prendre, mais ce n'était nullement une prédiction.

 

 

Conclusion

 

En fait, ce que ces braves gens atteints de paranoïa ne supportent pas, c'est qu'un milliardaire ne soit pas un affreux, qu'il puisse avoir à coeur, lui qui a réussi, de participer à la lutte urgente contre une pandémie en y consacrant de gros moyens comme il l'a fait précédemment pour éradiquer le VIH, le paludisme ou la polio.

 

En fait, ce que ces braves gens atteints de paranoïa souhaiteraient sans doute, c'est que de tels fondateurs d'entreprises à succès, plutôt que de pouvoir donner libre cours à leur générosité, soient mis davantage à contribution par l'État, qui se chargerait bien de l'utiliser à meilleur escient qu'eux, c'est-à-dire de le dilapider...

 

Francis Richard

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18 avril 2020 6 18 /04 /avril /2020 10:50
L'esprit de géométrie et l'esprit de finesse, de Blaise Pascal

La distinction que fait Blaise Pascal entre l'esprit de géométrie et l'esprit de finesse est d'une brûlante actualité:

 

- Les géomètres partent de principes palpables mais éloignés de l'usage commun.

 

- Les esprits fins partent de principes [qui] sont dans l'usage commun et devant les yeux de tout le monde.

 

Les géomètres et les esprits fins raisonnent tous deux à partir de principes. Et, en cela, ils ont tous deux l'esprit juste:

 

Les esprits faux ne sont jamais ni fins ni géomètres.

 

L'idéal est d'être à la fois géomètre et fin, mais c'est rare.

 

Les purs géomètres ne voient pas ce qui est devant eux. Ils raisonnent progressivement à partir de définitions puis de principes qu'ils connaissent et qui sont en petit nombre.

 

Les purs esprits fins au contraire sont accoutumés à juger d'une seule vue à partir de principes en grand nombre et à ne pas passer par des choses spéculatives et d'imagination.

 

Les premiers conduisent donc des raisonnements purs avec leur esprit, tandis que les seconds conduisent des raisonnements pratiques avec leur flair.

 

Aujourd'hui, en matière médicale, il semble que les purs géomètres se trouvent dans le camp de la méthodologie pure et dure et les purs esprits fins dans celui de la pratique pure et dure.

 

Aujourd'hui, en matière médicale, il semble que les purs géomètres soient dans le camp des abstraits et des précautionneux et les purs esprits fins dans celui des concrets et des entreprenants.

 

Il semble qu'au-dessus de cette mêlée confuse de blouses blanches se dressent de rares esprits, également en blouses blanches, qui sont à la fois géomètres et fins et qui savent discerner le temps de la réflexion tranquille et pépère de celui de l'urgence impérative et cruciale.

 

L'histoire des sciences donne toujours raison à ces rares esprits qui, forts de leur savoir acquis par la méthode et l'expérience, sont les meilleurs pour le mettre en pratique le moment venu.

 

Francis Richard

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4 avril 2020 6 04 /04 /avril /2020 16:30
Le comble de l'État-providence? Le confinement à durée indéterminée

- Pourquoi les hommes de l'État d'un pays comme la France, où la part des dépenses publiques en matière de dépenses de santé est la plus élevée au monde (80%), en sont-ils arrivés à imposer le confinement à sa population pour une période indéterminée face à la pandémie?

 

- Parce que le système français de santé, en grande partie étatique donc, est mal géré et que l'État-providence, qui se prend pour un dieu, néanmoins minuscule et faillible, décide de tout en matière de santé, veut tout contrôler, joue même volontiers au médecin en prescrivant, à la place des praticiens, les bons traitements aux patients qui ne sont pour lui que des chiffres récités tous les soirs.

 

Il n'y aurait pas eu besoin de recourir à un long confinement à durée indéterminée, un CDI en quelque sorte, si l'État n'avait pas, par ses décisions ou ses non-décisions, volontaires ou pas, je ne sais, "organisé" la pénurie de moyens:  masques pour les soignants et la population, tests de dépistage, appareils respiratoires, lits d'hôpitaux.

 

(L'Allemagne, où le système de santé est en grande partie privé, grâce à Gerhard Schröder, résiste beaucoup mieux à la pandémie, ce qui n'est pas une surprise, et devrait donc pouvoir sortir plus rapidement du confinement)

 

La seule justification, invoquée aujourd'hui pour le confinement, est justement de pallier le manque de moyens en retardant la propagation de la pandémie dont les hommes de l'État, et leur aréopage, aux têtes bien pleines mais mal faites, sont responsables, sinon le système français de santé finirait par être asphyxié; mais ne l'est-il pas déjà?

 

L'esclavage proprement dit a bien heureusement été aboli en France en 1848, mais il a pris au cours des dernières décennies une forme plus insidieuse par la présence, dans tous les domaines, de l'État qui fait pourtant moins bien que ne le feraient les particuliers, mais dont les hommes savent les flatter en promettant aux uns de jouir du travail des autres.

 

Aujourd'hui, avec le confinement, toute la population est à la merci de l'État, dont les hommes croient être les seuls à savoir ce qui est bon pour elle. Le risque est que celle-ci s'en accommode comme elle s'est accommodée déjà de nombre d'atteintes aux libertés individuelles dans un passé récent.

 

Ce risque se traduirait par un nouvel accroissement du collectivisme en France, qui finirait de la ruiner définitivement et de rendre encore plus esclave sa population. Alors les hommes de l'État doivent reconnaître leurs torts et laisser aux initiatives privées le soin de remédier à son impéritie et à son manque de réactivité.

 

Il faut craindre toutefois que cela ne soit qu'un voeu pieux tant l'emprise de la bureaucratie sur la société, qui est emblématique de l'État-providence, y est prégnante: je n'en veux pour preuve que l'exemple de l'attestation de déplacement dérogatoire, sorte de nouvel ausweis auto-délivré, né dans le cerveau débile d'un technocrate...

 

Il faut le craindre d'autant plus que les hommes de l'État sont inventifs pour masquer leurs incompétences et pour trouver des solutions calamiteuses; il faut toujours avoir présent à l'esprit, aujourd'hui peut-être encore plus qu'hier, qu'à eux s'applique le principe des calamités énoncé par Michel de Poncins:      

 

Une calamité d'origine publique conduit toujours à une autre calamité publique pour soi-disant corriger la première.

 

Francis Richard

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28 mars 2020 6 28 /03 /mars /2020 18:20
Ce qu'enseigne l'histoire des maladies infectieuses

L'histoire des maladies infectieuses montre comment peu à peu les hommes ont trouvé des remèdes pour les traiter en refusant la pensée magico-religieuse, qui est un leurre et n'a évidemment aucun effet sur elles.

 

La quarantaine

 

Au moment de la Peste Noire (1347-1351), les remèdes, inspirés de croyances, affaiblissent les organismes plutôt qu'autre chose, d'autant que l'origine de cette peste principalement bubonique reste inconnue.

 

La mortalité est très élevée. Seuls 50 à 70% des populations de l'époque survivent. Plus tard, en 1377, à Raguse, à titre préventif, les premières quarantaines seront appliquées à ceux qui viennent de zones infestées.

 

Le médecin des papes, Guy de Chauliac, contracte la maladie en soignant des malades. Comme il pratique la chirurgie (auparavant l'apanage des barbiers), il en réchappe en incisant lui-même ses bubons...

 

Ce n'est que plus de cinq siècles plus tard, en 1894, que le bacille de la maladie, qui est transmise à l'homme par des puces de rongeurs, notamment les rats, est enfin découvert par le pasteurien Alexandre Yersin.

 

La peste, sous ses formes bubonique et pulmonaire, est aujourd'hui traitée par des antibiotiques, tels que la streptomycine, les tétracyclines et les fluoroquinolones, qui ne sont efficaces que si elles sont administrées à temps.

 

Les antibiotiques

 

En 1928, Alexandre Fleming constate, à la suite de la contamination fortuite d'une culture, que la levure connue sous le nom de penicillium notatum empêche la croissance de certains microbes virulents.

 

A partir de cette découverte, il faut attendre 1940 pour que Howard Florey et Ernst Boris Chain réussissent à isoler la substance responsable, la pénicilline, mais en toute petite quantité, pas plus de 100 mg.

 

C'est aux États-Unis que la production industrielle de pénicilline se développe dès 1942 à partir d'une autre levure, le penicillium chrysogenum, qui en produit deux cent fois plus que celle découverte par Fleming.

 

Selman Waksman isole l'actinomycine en 1940 et la streptomycine en 1943, qui est le premier antibiotique efficace contre le bacille responsable de la tuberculose, découvert par Robert Koch en 1882.

 

La tuberculose, transmise par voie aérienne, est l'une des premières causes de mortalité dans le monde. Les tuberculoses multirésistantes sont traitées par une association de plusieurs antibiotiques.  

 

Depuis 1945, nombre d'antibiotiques ont été découverts, produits industriellement et commercialisés, et permettent ainsi de lutter contre de telles maladies infectieuses multirésistantes aux antibiotiques usuels.   

 

Les vaccins

 

La variole est considérée comme éradiquée depuis 1980, grâce à la vaccination (le mot vient de vaccine). Celle-ci a pu être mise en oeuvre grâce à un médecin anglais, Edward Jenner, à la fin du XVIIIe siècle.

 

Jenner a constaté que les vachers qui ont subi les atteintes de la vaccine, la variole des bovidés, maladie bénigne pour les hommes, sont immunisés contre la variole des hommes, maladie grave pour eux.

 

Il préconise une vaccination généralisée par transmission du matériel infectieux de la vaccine à l'homme, alors que jusque-là elle était faite par variolisation, c'est-à-dire par contamination par une variole peu virulente.

 

La variole, apparue en Asie il y a 3000 ans, fut transmise en Europe, puis propagée par les colonisations. Jusque dans les années 1950, près de 50 millions de cas étaient enregistrés chaque année dans le monde.

 

La vaccination permet donc d'enrayer une maladie. Un autre exemple, celui de la poliomyélite, le prouve. Avant l'ère vaccinale, dans les années 1950, cette maladie touchait 600'000 enfants par an dans le monde.

 

Le lavage des mains

 

Au milieu du XIXe siècle, un médecin hongrois, Ignác Fülöp Semmelweis, travaille dans une clinique obstétricale de Vienne. Il constate que la fièvre puerpérale est plus fréquente dans une salle que dans une autre. 

 

Dans l'une, les accouchées sont examinées par les médecins et les étudiants et, dans l'autre, elles sont surveillées par une sage-femme. Il observe que les étudiants se rendent directement de la salle d'autopsie à la clinique.

 

Semmelveis acquiert la conviction que les étudiants communiquent ainsi du matériel pathogène. En les obligeant à se laver les mains dans une solution chlorée, il fait considérablement baisser la proportion de cas mortels.

 

Les idées de Semmelveis déplaisent à ses collègues qui obtiennent son congédiement. De retour à Budapest, il n'a guère plus de succès auprès du corps médical. Et il termine ses jours dans un asile d'aliénés...

 

Conclusion

 

Ces exemples montrent que les succès de la science médicale sont relativement récents et que rien n'est jamais définitif. Jean Starobinski en 1963 disait: Si la maladie est aussi vieille que la vie, la médecine est une science jeune. Ses propos restent d'actualité.

 

L'Histoire nous apprend qu'en matière de maladies infectieuses, le génie humain, personnifié souvent par des figures hors normes, se caractérise par:

- une observation intelligente des faits,

- une adaptation aux circonstances,

- une mise en oeuvre rapide des solutions quand elles émergent.

 

Bref, le principe de précaution, basé sur des risques hypothétiques, non confirmés, n'est pas de mise en la matière, non seulement quand il y a urgence, mais de manière générale, parce qu'il paralyse toutes initiatives qui pourraient être bénéfiques.

 

Francis Richard

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19 mars 2020 4 19 /03 /mars /2020 18:00
Soixante-neuf ans, neuf cents de moins que Mathusalem à l'heure de sa mort...

Soixante-neuf plus neuf cents: il me reste du temps à parcourir en ce monde si je veux égaler la durée de vie de Mathusalem. Autant dire tout de suite que c'est mal parti, même si, comme de juste, je ne sais ni le jour ni l'heure...

 

On dirait que j'ai eu une bien mauvaise idée de prendre ma retraite il y aura bientôt un an. Depuis ma santé n'a fait que se dégrader. Jusque-là, certes, je ne ménageais pas ma monture. Maintenant elle semble se venger.

 

A deux maux s'est ajouté un troisième plus sérieux, puisqu'au cours des trois dernières semaines, j'ai subi quatre examens pour en déterminer la gravité: une IRM, une vingtaine de biopsies, un scintigraphie osseuse et un scanner.

 

Le bon côté des choses est que j'ai appris quelque chose: je sais maintenant d'une manière bien concrète, pour ne pas dire charnelle, ce que ces mots abstraits veulent dire et je sais que leur réalité n'est pas des plus agréables.

 

Confinement oblige, je ne sors plus que pour faire des courses ou un peu d'exercice, ce qui se limite à la marche puisque les piscines sont fermées et que mon problème d'équilibre physique m'interdit de courir ou d'aller à vélo.

 

Saint Thomas d'Aquin disait: Timeo hominem unius libri (je crains l'homme d'un seul livre). Avec moi, il n'aurait pas de crainte à avoir. Je suis entouré de livres et ce ne sont pas des objets inanimés, ni de simple contemplation.

 

Ce que je ne fais jamais (je lis les livres d'une seule traite, quitte à perdre haleine), aujourd'hui je l'ai fait. J'ai en effet picoré des livres que j'aime et dont les couvertures m'attiraient. De ce butinage anarchique, j'ai fait mon miel.

 

Avoir vu et photographié l'oiseau ci-dessus m'a donné envie de relire Le chant du cygne d'Anton Tchekhov, où j'ai relevé ceci: Là où il y a de l'art, du talent, il n'y a ni vieillesse, ni solitude, et la mort elle-même n'est la mort qu'à moitié...

 

En ce temps où beaucoup d'hommes, au sens d'êtres humains, semblent saisis par l'hubris, une phrase tirée des Pensées de Blaise Pascal m'a paru être vraiment de circonstance: Les esprits faux ne sont jamais ni fins ni géomètres...

 

A mon âge, qui n'a plus rien de canonique, je sais que je ne sais rien et qu'il me reste tant à apprendre. Aussi, ce que se dit sagement Marc-Aurèle dans ses Pensées, me parle-t-il: Tant que tu vis, tant que cela t'est permis, améliore-toi.

 

Au moment où les libertés individuelles sont mises à mal, où on prend des mesures quoi qu'il en coûte et où on ose dire que l'État paiera, je me réconforte en lisant des chapitres des Harmonies économiques de Frédéric Bastiat:

 

Toucher à la liberté de l'homme, ce n'est pas seulement lui nuire, l'amoindrir, c'est changer sa nature;  c'est le rendre, dans la mesure où l'oppression s'exerce, imperfectible; c'est le dépouiller de sa ressemblance avec le Créateur; c'est ternir, sur sa noble figure, le souffle de vie qui y resplendit depuis l'origine.

 

En relisant les lignes ci-dessus, j'acquiesce à ce que dit Paul Valéry dans un de ses cahiers: Il suffit d'avoir écrit soi-même pour savoir à quel point ce que l'on écrit diffère de soi-même et combien ce qu'on n'écrit pas est plus important...

 

Il me paraît important d'ajouter toutefois qu'à mes yeux, l'amitié est ce qu'il y a de plus précieux. J'en ai eu la preuve récemment quand une personne m'a blessé verbalement et qu'une amie m'a réconforté en m'écrivant ces mots:

 

J'ai bien compris que tu es vraiment dans le don.

 

En tenant ce blog-notes, qui, à l'origine, était une manière de noter ce que ma mémoire défaillante oublierait, j'essaie depuis un certain temps déjà de partager avec ceux qui ont l'amitié, ou pas, de me lire, ce qui me semble digne d'attention.

 

Francis Richard

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Présentation

  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.

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