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4 juillet 2026 6 04 /07 /juillet /2026 17:00
Lave mes cendres, de Velia Ferracini

Lorsque Martha  a avalé quatre pilules qui lui ont ôté la vie, elle a tout déchiré. Son mari. Son enfant. Qu'elle a laissés avec une dernière question déposée sur une lettre qui leur fut dédiée:

"La nature m'a-t-elle programmée sur un unique mode, celui de la tristesse?"

 

Martha, enseignante, et son mari, écrivain, avaient pourtant tout pour être heureux. Certes ils avaient été confrontés à un problème de fécondité, mais un programme médical rigoureux avait fini par porter ses fruits.

 

Au cinquième mois de grossesse, qui se passait bien, ils avaient appris que le bébé serait de sexe féminin et elle avait tout fait pour accueillir comme elle le devait, leur adorable fillette, leur princesse. Mais, un jour: 

 

Sa petite fille, devenue adolescente, lui annonçait qu'elle était un garçon. Idée monstrueuse qu'elle ne pouvait accepter.

 

Le lecteur, quel que soit ce qu'il pense sur la transition, ne peut que compatir à la douleur de cette mère, qui, après tant d'efforts et de sacrifices pour le devenir, a eu le sentiment d'avoir échoué et s'est sentie a-mère.

 

En avalant ses pilules, Martha a donc déchiré ses survivants: son mari, dont la plume s'est asséchée, son enfant, qui n'a pas réalisé que l'annonce à sa mère de son désaccord avec son corps pouvait lui être aussi fatale.

 

En Islande où se trouve la maison d'enfance de Martha qu'elle a héritée de son grand-père, au même moment, une jeune fille est confrontée à l'univers familial masculin, où la place de la femme ne se discute surtout pas.

 

Cette jeune fille est vouée, par son père, à se marier ou à exercer un métier féminin, tel que couturière ou cuisinière, alors que, depuis qu'elle sait lire et écrire, grâce à son grand-père, elle a un besoin vital d'écrire.

 

Or le mari de Martha et leur enfant se rendent justement en Islande pour résider un temps dans la maison maternelle, lorsque, à leur arrivée, se produit l'éruption imprévue de l'Eyjafjöll, le vingt mars deux mille dix...

 

Le hasard existe-t-il? En tout cas, dans le roman de Velia Ferracini, il fait bien les choses. En effet les deux jeunes gens se rencontrent dans la campagne proche de leurs demeures respectives, et, très vite, s'apprécient.

 

Cette rencontre sera le tournant de l'histoire. Elle ne laissera pas les protagonistes indemnes, non plus que le lecteur, pour qui les problèmes de genre, ou d'écriture soi-disant inclusive, sont ô combien étrangers.

 

Car il existe, quelles que soient les circonstances, des fibres, paternelle, filiale, et amicale, susceptibles de renouer les liens déchirés par les problèmes que se créent les êtres humains, se croyant plus forts que la nature...   

 

Francis Richard

 

Lave mes cendres, Velia Ferracini, 270 pages, Éditions Encre Fraîche

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  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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