Il ne reste de bien étayé que la présence de Sarrasins dans le val d'Entremont entre 931 et 972, débouchant sur la capture de l'abbé Mayeul sur le pont d'Orsières.
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Le dernier des Sarrasins met en scène des personnages historiques, légendaires ou fictifs pour dresser un tableau de cette période dans le Valais du Xe siècle.
Dans son avant-propos, Olivier May situe son roman historique dans ce contexte. De fait, cette histoire médiévale se passe en 972, donc à la fin de la présence avérée des Sarrasins dans cette partie du Valais. Les Sarrasins contrôlent à l'époque le Mont-Joux, c'est-à-dire le col du Grand-Saint-Bernard, qui dépend du fief de Leides, c'est-à-dire Liddes, lequel est tenu par Hakkam Abu Amir, vassal du comte Guillaume de Provence.
L'abbé Mayeul de Cluny se rend avec sa nièce Adélaïde d'Ivrée et le baron Gibelin de Grimaldi, qui doit devenir son époux, à la tour de Leides où les attend Hakkam pour les héberger avant qu'ils ne repartent pour Agaune, c'est-à-dire Saint-Maurice, où le Pape bénira l'hyménée des deux jeunes gens. Mais, décidément, les communautés sarrasine et chrétienne ne se tolèrent guère et l'abbé doit réfréner les ardeurs de la sienne.
De même Hakkam doit-il modérer les ardeurs des siens, à commencer par celles de son fils Sadr, qui, avant le festin de la tour de Leides a eu, de loin, maille à partir avec Adélaïde. Lors d'une chasse aux bouquetins, lui et sa troupe de chasseurs se sont vu ravir sous leurs yeux leurs proies par une archère aux cheveux roux, qui n'était autre que la promise de Gibelin, et ses hommes, à la faveur d'une solution de continuité du terrain...
Les affrontements entre chrétiens et Sarrasins, et entre coreligionnaires, ne cessent pas un instant tout au long du récit. Il n'y a pas d'un côté des bons et de l'autre des méchants. De même les uns et les autres peuvent-ils changer, pour le pire, ou pour le meilleur. Aussi ce que disait l'auteur dans son avant-propos, prend-il in fine tout son sens pour le lecteur, qui ne peut qu'apprécier la justesse humaine de cette épopée valaisanne:
Comme un prélude aux croisades, deux religions, deux systèmes de pensées s'affrontent dans un combat sans merci. Parmi eux, j'ai choisi de placer l'histoire de deux jeunes gens que tout oppose, pris dans les passions et les contradictions de leur époque.
Leur histoire n'est donc pas, comme d'aucuns le diront un peu vite, une greffe purement romanesque. C'est au contraire une évidence, comme il y en eut dans toutes les époques où les communautés humaines se déchiraient, mais où certains de leurs membres se rapprochèrent, fût-ce en mettant leur vie en jeu. Et c'est cette évidence qui nous permet de remonter à la surface quand nous croyons avoir atteint le fond de l'abîme...
Francis Richard
Le dernier Sarrasin, Olivier May, 204 pages, Favre
Livre précédemment chroniqué d'Olivier May aux Éditions Encre Fraîche:
Djihad Jane (2016)
Livre précédemment chroniqué de Philippe Favre et Olivier May aux éditions Favre:
La princesse celte (2024)

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