Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
17 avril 2021 6 17 /04 /avril /2021 22:55
France, démocratie défaillante, de François Garçon

Les Gilets jaunes ont été le révélateur de la coupure entre les citoyens et l'élite administrative, à laquelle est reprochée le déluge de mesures vexatoires prises en méconnaissance complète du terrain.

 

Cette élite, que François Garçon qualifie de scolaire se recrute essentiellement en France dans trois grandes écoles: l'ENA, Polytechnique et HEC. Hors des diplômes délivrés par ces établissements, il n'y a effectivement point de salut.

 

Pour y être admis, il faut devenir une bête à concours et en réussir un, ce qui veut dire qu'il faut bachoter dans une prépa et connaître les codes sans lesquels il est quasiment impossible d'être en conformité avec ce que la caste attend.

 

Dans ces écoles que le reste du monde n'envie pas à la France et qu'il ne copie d'ailleurs curieusement pas, on n'étudie pas pour apprendre mais pour décrocher une décoration, qui permet au titulaire de faire partie des meilleurs, à vie:

 

En France, l'éprouvante épreuve initiatique à vingt ans, non seulement forme mal mais, parce qu'elle accorde une rente, incline à la paresse.

 

L'arrogance consubstantielle de ces meilleurs va de pair avec les résultats médiocres qu'ils obtiennent quand des moyens illimités sont mis à leur disposition à la tête de grandes entreprises ou de l'État. L'auteur en donne moult exemples.

 

C'est pourquoi il les tient en piètre estime: La caste française parle beaucoup, et jamais ne paraît douter. Elle sait tout, car on lui a appris à mémoriser. À mémoriser et à classer, mais pas forcément à beaucoup réfléchir par elle-même.

 

Cette caste se croit supérieure: l'élite scolaire française ne saurait puiser ailleurs que dans ses propres cerveaux. Pas question pour elle de s'inspirer de ce qui se passe dans les pays voisins. Ce serait à eux de suivre leur originalité baroque.

 

 

S'INSPIRER DE LA SUISSE

 

Pour ne pas être coupée des citoyens, cette élite - elle ne le fera cependant pas - devrait s'inspirer de la Suisse, où la démocratie n'est pas défaillante mais est, au contraire, un facteur aussi bien de cohésion sociale que de stabilité politique.

 

En Suisse, démocratie représentative et démocratie directe ne s'excluent pas mais s'épaulent, la seconde confortant la première. Sans doute est-ce parce que les citoyens suisses ont une longue et régulière pratique des droits référendaires.

 

L'auteur détaille les trois modalités de ces droits que les citoyens suisses exercent aux niveaux communal, cantonal et fédéral et qui correspondent à une subsidiarité ascendante, bottom up, tandis que la gouvernance française est top down:

 

Les majorités de droits référendaires ne sont pas tyranniques car elles sont diverses, imprévisibles et se décomposent dans la minute qui suit le résultat du vote.

 

La décentralisation suisse ne nuit pas à l'unité du pays et se traduit par une bénéfique concurrence intercantonale: que vaut l'unité d'un pays si celle-ci ne tient qu'à ses gendarmes et à l'usage massif d'une manne publique non financée?

 

La démocratie représentative l'est vraiment en Suisse parce que les élections se font à la proportionnelle et que tous les citoyens sont effectivement représentés. Mais les élus, du fait des droits référendaires, se gardent de légiférer à tout va.

 

De toute façon il faut des années pour élaborer une loi qui doit être adoptée dans les mêmes termes par les deux assemblées, le Conseil national, qui représente la population, et le Conseil des États, qui représente les cantons et demi-cantons.

 

Le dernier mot revient toujours aux citoyens qui disposent des droits référendaires. Pour autant la démocratie directe ne fragilise pas les élus: elle les remet simplement dans les clous, quand une majorité d'électeurs l'estime nécessaire.

 

Une autre caractéristique de la démocratie en Suisse est que les sept membres du Conseil fédéral sont élus par le Parlement mais ne sont pas révocables par lui. Et, inversement, les assemblées ne sont pas révocables par le Conseil fédéral.

 

D'un côté, la France dysfonctionne avec son économie administrée, avec sa gestion centralisée, avec les rentes qu'elle verse à ses hauts fonctionnaires, avec son élite scolaire hors sol, confortée par les médias. De l'autre, la Suisse performe.

 

 

CONCLUSION 

 

Pour changer durablement et dans la bonne direction, la démocratie française doit [...] s'inspirer de ce qui se fait à ses portes: La Suisse, avec ses droits référendaires, sa subsidiarité en acte, ses citoyens vigilants et son obsession du compromis, n'est sans doute pas la pire des muses.

 

Francis Richard

 

France, démocratie défaillante, François Garçon, 416 pages, L'Artilleur

 

Un livre précédent:

Le modèle suisse, Perrin (2010)

Partager cet article
Repost0
13 février 2021 6 13 /02 /février /2021 20:15
La France peut-elle tenir encore longtemps ?, d'Agnès Verdier-Molinié

La France peut-elle tenir encore longtemps? La réponse est non. Quel est le problème? L'endettement public. Rien de nouveau.

 

En 2005 déjà, le rapport Pébereau sur la dette publique avait tiré la sonnette d'alarme: elle n'était pourtant que de 1067 milliards d'euros à fin 2004... sans compter les engagements hors bilan:

 

En 1978, la dette représentait moins de 10% du PIB, en 2002 moins 50%, en 2007, 64,5% du PIB avant de s'envoler progressivement pour atteindre 98,1% en 2019 et finalement 120% en 2020.

 

Et encore l'endettement public ainsi calculé n'est que la pointe de l'iceberg. Ce qu'on voit, ce sont les 2800 milliards d'euros de dette à fin 2020. Ce qu'on ne voit pas, ce sont les plus de 4000 milliards d'engagements hors bilan...

 

 

 

NE PAS REMBOURSER LA DETTE

 

D'aucuns proposent de ne pas rembourser la dette et même de dépenser plus en augmentant les recettes: en rétablissant l'Impôt de solidarité sur la fortune et en taxant les plus aisés, c'est-à-dire les riches. 

 

Ils ne voient pas que, sans les investisseurs, il n'y aurait plus de versement des retraites, plus de financement des salaires des agents publics, plus de versement des prestations sociales, etc.

 

Ils ne voient pas que la crise qui en résulterait ne serait pas uniquement économique mais financière et qu'il faudrait renflouer le secteur bancaire qui détient une part importante de cette dette.

 

 

LE PRIX À PAYER

 

Agnès Verdier-Molinié donne brièvement trois exemples pour montrer que ce n'est pas une option.

 

En Grèce, le défaut a été évité, mais cela a tout de même coûté très cher et continue de coûter très cher à la population:

 

Le parti grec Syriza voulait annuler la dette grecque, ils ont vite compris que ce n'était pas crédible [...]. Les banques ont accepté des échanges de dettes, l'Europe a permis d'augmenter la durée de remboursement et de faire baisser les taux mais il n'y a eu aucune annulation de la dette qui aurait voulu dire défaut de la Grèce et catastrophe pour tous. La Grèce a ensuite mis 7 ans pour pouvoir à nouveau emprunter sur les marchés.

 

Elle cite un article du Point du 2 avril 2020, où Jean-Claude Trichet, ancien président de la BCE, dit que les mesures suggérées par certains pour résoudre le problème des dettes publiques - une inflation élevée ou le dépôt de bilan des États - seraient catastrophiques:

 

J'ai vu, en tant que président du Club de Paris, combien cette dernière solution [le dépôt de bilan des États] était traumatisante en Amérique latine.

 

Elle rappelle enfin qu'en 1797 les républicains, après le coup d'État du 18 fructidor, avaient pris le pouvoir et fait voter une loi annulant les deux tiers de la dette publique:

 

Il faudra attendre presque vingt ans, sous la Restauration, pour de nouveau lever un grand emprunt.

 

 

REMBOURSER LA DETTE EN L'AUGMENTANT

 

Depuis 45 ans, l'État est déficitaire et n'a emprunté que pour combler ses déficits de fonctionnement et pour rembourser les emprunts précédents venus à échéance. Cela ne peut continuer indéfiniment.

 

Pourtant, comme si la croissance pouvait se décréter, l'idée chimérique de certains est de faire de la dette en plus pour générer de la croissance et arriver à payer la dette. C'est pour concrétiser une telle idée que Christine Lagarde a été nommée à la tête de la BCE...

 

L'UE s'est mise à emprunter en son nom propre en misant sur le fait que les pays frugaux paieraient pour les pays dépensiers. Mais cette fuite en avant n'est pas durable, car, un jour, les frugaux ne voudront plus payer et tout le monde paiera, d'une manière ou d'une autre:

 

Il va vite s'avérer irréaliste de vouloir tout concilier: taux d'intérêt à zéro, inflation à 2%, un euro pas trop fort par rapport au dollar, une Europe qui s'endette sans créer de nouveaux impôts.

 

 

UN ENFER FISCAL

 

En France, on sait ce qu'il faut faire pour créer de nouveaux impôts, furtivement ou pas. On pourra, par exemple, augmenter la CSG (Contribution sociale généralisée) des retraités moyens et aisés de 8,3 à 9,2% ou, une fois de plus, faire payer les riches1.

 

En France, on est riche (sic) quand on fait partie du premier décile, c'est-à-dire à partir d'un revenu fiscal mensuel de 4600 euros ou, selon l'Observatoire des inégalités, à partir de 3470 euros par mois2...

 

La France est un enfer fiscal. Il existe en effet 483 impôts, taxes et cotisations. Si les articles du Code Général des Impôts n'ont pas été augmentés en nombre, ils se sont boursouflés de l'intérieur...

 

Ce qu'on voit, ce sont les prétendus cadeaux aux entreprises - CICE (crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi) ou Pacte de responsabilité. Ce qu'on ne voit pas, ce sont les hausses:

- d'impôts sur la main d'oeuvre, sur les outils de production;

- de cotisations sociales.

 

Ainsi la France est le pays qui, avec la Grèce, possède dans la zone euro la fiscalité la plus lourde sur les entreprises par rapport à sa valeur ajoutée.

 

 

LE COÛT DE PRODUCTION DES SERVICES PUBLICS

 

Si encore l'État rendait des services à la hauteur de ses ponctions. Mais le coût de production de ses services est de 27% du PIB en 2018, soit 3,6% de plus que la moyenne des 21 pays européens, soit 84 milliards d'euros.

 

Ce surcoût correspond... à son déficit habituel. Il est dû entre autres à la superposition des niveaux de décision, si bien qu'il s'avère être un système à la fois ruineux et ingouvernable, qui, de plus, remplit mal ses missions régaliennes.

 

Ce surcoût pèse, via la fiscalité, sur les entreprises. Avant la crise induite par la (folle) politique sanitaire, la dette des entreprises françaises s'élevait déjà à 2000 milliards, deux fois plus élevée en proportion que celle de leurs homologues allemandes:

 

La dette vient en grande partie du fait que nos entreprises sont plus imposées, cela pèse aussi sur l'investissement et donc sur l'emploi.

 

 

LES REMÈDES

 

Agnès Verdier-Molinié propose des remèdes à l'endettement public qui ne sont pas dans l'air du temps mais qui sont inévitables. Ce sont tous des remèdes de libération, faute de quoi, et à ce rythme, la France ne tiendra plus longtemps:

 

- Baisser les impôts: ceux des Français (pour faire revenir les riches qui sont partis), ceux des entreprises, ceux sur le patrimoine (exonérer de droits de succession les entreprises et augmenter l'abattement sur les donations);

 

- Baisser les dépenses publiques: reculer l'âge de la retraite, réduire le nombre d'agents dans la fonction publique, rationaliser les prestations sociales, réduire le train de vie de l'État;

 

- Libérer le travail: faciliter les accords d'entreprises, diminuer les contraintes qui pèsent sur les entreprises (pour sauver ce qui reste de l'industrie et, pourquoi pas, réindustrialiser), supprimer le statut public des agents de l'État;

 

- Décentraliser les décisions (c'est-à-dire le contraire de décentrer) et déléguer au privé.

 

 

CONCLUSION

 

Bref, cela revient à suivre les bons exemples des pays frugaux (Danemark, Suède et Pays-Bas) qui se portent mieux que la France (moins de dépenses publiques, moins de chômage et une richesse par habitant supérieure):

 

Si nous voulons rester libres, ne pas voir débarquer le FMI, il va falloir faire preuve de bon sens et appliquer les réformes qui marchent chez les autres et on verra à quel point la France peut réussir.

 

 

Francis Richard

 

1- Voir mon article sur la taxe Jean Valjean

2 - Deux fois le revenu médian.

 

Publication commune avec lesobservateurs.ch

 

La France peut-elle tenir encore longtemps?, Agnès Verdier-Molinié, 256 pages, Albin Michel

 

Livres précédents chez le même éditeur:

 

En marche vers l'immobilisme (2018)

Ce que doit faire le (prochain) président (2017)

On va dans le mur (2015)

60 milliards d'économie ! (2013)

Partager cet article
Repost0
26 février 2020 3 26 /02 /février /2020 19:15
Reload ! - Comment l'Amérique invente le siècle, de Drieu Godefridi

En Europe, dans les médias et dans la classe politique, il est de bon ton de vouer aux gémonies Donald Trump, depuis qu'il a fait acte de candidature à la présidence américaine en 2016 et de dire de lui pis que pendre, à défaut de pouvoir le faire.

 

Drieu Godefridi se dit cartésien. Il analyse donc le phénomène Trump rationnellement, sereinement, sans céder à l'émotion, et conclut que, dans ce phénomène, fond et forme, résultats et style, statistiques et vitupérations ne sont pas [...] dissociables.

 

Ce sont les clés qui permettent de comprendre que, contrairement à ce qui est dit et pensé en Occident, Trump est d'une grande cohérence dans sa manière de présider aux destinées de son pays et de prendre ses décisions, y compris en matière d'immigration:

 

S'il n'y a pas de frontières, il n'y a pas de pays.

 

Déréguler

 

Trump est d'abord un businessman: Le "businessman" envisage la réglementation avant tout comme un coût et une contrainte. Si Trump ne porte pas l'Union européenne dans son coeur, il est vraisemblable que ce soit en raison de sa folie régulatoire.

 

Les premières décisions de Trump sont d'ailleurs de déréguler (un mot que la gauche a rendu odieux):

 

- par l'abrogation du Clean Power Act: L'énergie, avant d'être un projet éthique (conception européenne), est aussi vitale à l'économie, en vérité la vie, que l'eau et l'oxygène; ainsi son objectif pour l'Amérique est-il non seulement de parvenir à l'indépendance énergétique mais, qui plus est, à la domination énergétique;

 

- par l'abrogation du principe de neutralité du net: Il en donne l'exemple, car, comme il n'est pas du genre à ne pas rendre coup pour coup et que les médias traditionnels lui en assènent tous les jours, il les court-circuite avec ses tweets, où il commet globalement peu d'erreurs et qui surprennent ces médias, aveuglés par le mépris en lequel ils le tiennent;

 

- par la sortie de l'Accord de Paris: il refuse le coût astronomique pour le contribuable d'une transition énergétique basée sur la réduction immédiate en Occident des émissions de CO2, c'est-à-dire par le renoncement au nucléaire et aux énergies fossiles, et sur le financement par le même Occident du renoncement futur à ces sources d'énergies par le reste du monde;

 

- par des réductions massives d'impôts: Les Américains ont de la dette (Obama n'a pas seulement doublé la dette publique américaine, il est à l'origine d'une explosion normative sans précédent) et des impôts faibles; les Européens ont de la dette et les impôts les plus élevés  du monde.

 

Un tempérament combatif

 

Trump, qui est un fervent défenseur de la concurrence pour faire de l'argent, s'est attaqué vigoureusement au crony-capitalism, qui en fait en obtenant des faveurs de la part de l'État et qui, en retour, finance le parti étatiste qui les lui accorde, à savoir le Parti Démocrate.

 

Trump s'est attaqué à la communauté du renseignement, le Deep State (qui a succombé aux "fake news" de la presse traditionnelle et qui l'avait perçu comme une menace, alors que Clinton garantissait la continuité, notamment budgétaire), et à ses agissements criminels.

 

Ce tempérament combatif est conforme à sa technique, éprouvante, de gestion des ressources humaines: il s'entoure de gens de qualité sans chercher à prévenir les conflits et de carrières exceptionnelles, fussent-elles en désaccord radical avec lui sur des sujets importants.

 

Ce tempérament combatif est conforme au businessman qu'il est resté dans l'âme quand il s'agit de relations internationales, en marquant le monde de son empreinte coût-bénéfice; car c'est elle qui explique son appétit de retrait raisonné des bourbiers afghan et syrien.

 

Ce tempérament combatif est conforme au président qui se fait respecter par les alliés des États-Unis au Moyen-Orient en s'y montrant brutal, peu diplomatique, grossier, c'est-à-dire, par exemple en osant parler d'islam radical en Arabie Saoudite.

 

Comme disait Reagan:

We maintain the peace through our strength; weakness only invites aggression.

Nous maintenons la paix par notre force; la faiblesse incite à l'agression.

(Discours du 23 mars 1983)

 

Conclusion

 

L'Amérique de Trump tourne le dos à celle d'Obama. C'est une Amérique libérale-conservatrice - ou constitutionnaliste - dont la conception du monde, de 1776 à nos jours, situe le centre de gravité de l'existence non pas dans le politique, mais dans la société civile.

 

Cette renaissance de l'Amérique est due à un homme qui se caractérise par trois régularités de fonctionnement, discernables au terme de son mandat de président:

- Management non pas en dépit de mais par le conflit.

- Capacité à trancher et à s'en tenir à des décisions ancrées dans des principes et rivées à des objectifs.

- Recherche de l'angle neuf, minoritaire et comme en friche.

 

Les résultats sont là: l'Amérique renaît, dans le sens donc où elle se régénère, conquérante, dominante et fidèle à ses valeurs fondatrices. En somme, elle invente le siècle.

 

Drieu Godefridi est moins optimiste pour ce qui concerne notre continent, du moins pendant un temps:  Entre 2020 et 2075, l'Europe, au moins occidentale, déclinera fortement, en valeur relative sinon absolue. Les premiers "black-out" seront, à cet égard, riches d'enseignement...

 

Francis Richard

 

Reload ! - Comment l'Amérique invente le siècle, Drieu Godefridi, 152 pages, Texquis

 

Livres précédents:

La loi du genre, 92 pages, Les Belles Lettres (2015)

La passion de l'égalité, 150 pages, Texquis (2018)

L'écologisme, nouveau totalitarisme ?, 180 pages, Texquis (2019)

Partager cet article
Repost0
20 mai 2019 1 20 /05 /mai /2019 15:15
Le grand manipulateur, de Marc Endeweld

Le grand manipulateur, c'est lui, Emmanuel Macron. Dans son livre, Marc Endeweld confirme ce que l'observateur lambda sait sur Macron depuis quelque deux ans et demi.

 

Il ne sait peut-être pas que le soi-disant Jupiter avait préparé son coup à l'avance, depuis le temps, en 2012, où il était jeune secrétaire général adjoint de François Hollande.

 

Que fait-on quand on n'a jamais été élu et qu'on n'a pas de parti à sa dévotion? On tisse des réseaux et on ratisse large, mettant en pratique son expression favorite, en même temps.

 

Car, ce qui frappe dans la cartographie que dresse le journaliste d'investigation, c'est que les réseaux secrets de Macron sont transversaux: ils vont de gauche à droite et inversement.

 

Ces réseaux sont en même temps jeunes et vieux, comme le sont eux-mêmes le président et la vice-présidente, qui, aussi ambitieux l'un que l'autre, se partagent les carnets d'adresses.

 

Si l'auteur avait mis un index, il occuperait de nombreuses pages de l'ouvrage tant les noms y affluent et proviennent de partout: quand on est amoureux du pouvoir, on ne compte pas.

 

Même si les comptes de campagne du candidat ont été validés, cela ne veut pas dire qu'il n'existe pas de zones d'ombre. Le vilain journaliste prend un malin plaisir à les éclairer...

 

A force de ratisser large, Macron ne peut évidemment pas rendre la monnaie à tous ceux qui ont donné. Il est difficile de dire combien de marcheurs, il laisse sur le bas-côté de la route:

 

Il séduit, utilise, et jette. Sans états d'âme.

 

Endeweld n'a donc guère une haute opinion de son protagoniste: Macron exige toujours des autres une "sincérité" qu'il n'a pas, puisque sa seule boussole est celle du rapport de force.

 

Quelles sont les convictions de Macron? L'auteur s'y perd. Il aurait tendance à dire que c'est un néolibéral, mais en même temps Macron multiplie les lois liberticides et les postures bonapartistes...

 

Qu'entend l'auteur par néolibéralisme? Il en donne cette définition qui montre ou son ignorance de ce qu'est le libéralisme, ou le formatage par l'éducation nationale française qu'il a subi: 

 

Cet économicisme qui veut réduire l'État à ses fonctions régaliennes, et qui vise à faire la part belle aux multinationales.

 

Or l'État Macron n'assume même pas bien les fonctions régaliennes, et, s'il fait la part belle aux multinationales, il n'est en tout cas pas libéral: cela illustre ce qu'est le capitalisme de connivence.

 

Vous avez dit "connivence"? Tout le livre confirme que ce mot lui va bien au teint... 

 

Francis Richard

 

Le grand manipulateur, Marc Endeweld, 360 pages, Stock

Partager cet article
Repost0
6 octobre 2018 6 06 /10 /octobre /2018 16:20
En marche vers l'immobilisme, d'Agnès Verdier-Molinié

Près d'un an et demi s'est passé depuis l'élection d'Emmanuel Macron et peu de choses ont changé, si l'on excepte la com.

 

Certes plein de réformes ont été lancées, mais pour quels résultats? Les optimistes diront que c'est mieux que rien et que cela aurait pu être pire...

 

Dans En marche vers l'immobilisme, Agnès Verdier-Molinié dit en quelque sorte: Tout ça pour ça? Ou: On en prend d'autres et on continue.

 

Le lecteur comprend qu'elle ait été déçue, que ses espérances aient été trahies et que son constat soit amer.

 

Elle dit donc merci (ironiquement) aux responsables de l'immobilisme, aux rentiers de la République fromagère.

 

Elle dit merci à l'administration:

- le prélèvement à la source se révèle déjà un choc de complexité et se résume à cette alternative mirobolante pour le contribuable: dévoiler [ses] revenus ou payer plus cher

- la non-transparence publique est toujours ce qu'elle était: le public, par exemple, cache des emprunts en milliards d'euros que le citoyen ne saurait voir, qu'il s'agisse de la Ville de Paris ou de la SNCF

- les prélèvements obligatoires ne baissent pas: un impôt (ou une taxe) qui baisse peut en cacher un ou une autre qui monte (il y a d'une part baisse des cotisations sociales et d'autre part hausse de la CSG; et la suppression de la taxe d'habitation sera inévitablement compensée...)

- Pôle Emploi coûte et ne sert à rien

- le nouvel ennemi de classe est le détenteur d'immobilier: pourtant, quand le bâtiment ne va pas, rien ne va...

- l'insécurité est toujours ce qu'elle était, par enlisement et aveuglement

 

Elle dit merci aux grands corps de l'État:

- le Président en est issu et s'entoure de ses semblables...

- ils sont les grands bénéficiaires du système et de ses prébendes, qu'il s'agisse des administrateurs des finances publiques, des administrateurs des douanes ou des parlementaires

- ils dissimulent les chiffres de l'exil fiscal qui ne diminue pas par la grâce des impôts confiscatoires et du repoussoir qu'est l'impôt sur la fortune immobilière

- l'ENA ne sera pas réformée et le recrutement des hauts fonctionnaires non plus

- le nombre de fonctionnaires ne baisse pas significativement et les dépenses publiques pas du tout

- les fonctionnaires de l'Assemblée nationale ne sont pas moins bien lotis que les hauts fonctionnaires et tiennent tout autant à leur fromage

 

Elle dit merci aux bloqueurs:

- les syndicats de l'éducation nationale: malheur aux dissidents...

- les agents de la fonction publique: pas touche à leurs avantages et à leur temps de travail...

- les syndicats de la SNCF: pas touche à leurs avantages, à leur régime de retraite, etc.

- les syndicats (plus forts dans le public que dans le privé): les ordonnances se caractérisent par beaucoup de reculades et peu d'avancées... et le Code du Travail ne fait que gonfler

- les mêmes: grâce à eux, la réforme du régime des retraites n'est pas pour demain

 

Alors, ce n'est pas le tout de constater l'immobilisme, l'auteure fait des propositions:

 

Le gouvernement et l'administration doivent garder en mémoire les 8 objectifs suivants: fiscalité à 40% du PIB [45% actuellement]; des dépenses publiques à 50% du PIB [57% actuellement]; un coût de fonctionnement des administrations à 25% du PIB; une masse salariale à 11%; 6% de chômage; 74% de taux d'emploi; 10 000 communes et interco; 115 000 élus max; la retraite à 67 ans...

 

Ce n'est même pas ambitieux:

Des objectifs qui nous permettraient simplement de revenir au niveau de la moyenne européenne...

 

Et cela ne réduirait évidemment pas la dette publique qui tangente les 100% du PIB...

 

La France ne devrait-elle pas viser plus haut, viser l'excellence?

 

La Suisse, qui n'est pas un paradis, ni fiscal, ni d'aucune sorte, mais qui est une sociale-démocratie tempérée, aligne des résultats à faire pâlir ces immobilistes français qui profitent du maintien du statu quo:

- recettes et dépenses publiques de l'ordre de 32% du PIB (les excédents l'emportent depuis des années sur les déficits)

- dette publique (confédération, cantons, communes) inférieure à 30%

- taux de chômage à 3%

 

Francis Richard

 

En marche vers l'immobilisme, Agnès Verdier-Molinié, 288 pages, Albin Michel

 

Livres précédents chez le même éditeur:

Ce que doit faire le (prochain) président (2017)

On va dans le mur (2015)

60 milliards d'économie ! (2013)

Partager cet article
Repost0
17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 17:00
Au premier tour de la présidentielle, libéral, je voterai François Fillon: pour le projet et pour l'homme

Quand sur onze candidats à l'élection présidentielle, il y a onze étatistes, quelqu'un qui se dit libéral peut-il voter pour l'un d'entre eux? Je me dis libéral - peut-être ai-je tort - et je vais voter pour l'un d'eux, du moins au premier tour. Après on verra...

 

D'abord pourquoi voter? Le vote en France n'est pas obligatoire, Dieu merci. Je suis donc libre de voter ou pas. Et je vote. J'ai d'ailleurs toujours voté. Pour les idées les moins éloignées possible. Contre celles que j'abomine le plus. Cela me fait du bien...

 

Voter signifie-t-il reconnaître implicitement le système démocratique, c'est-à-dire la dictature du nombre? Pour ma part je ne le reconnais pas pour autant, mais je fais avec, tout en étant conscient, voix perdue parmi bien d'autres, que c'est assez vain. 

 

(Quand je paie des impôts auxquels je n'ai pas consenti, je ne reconnais pas davantage ce système démocratique qui me vole et me dépouille)

 

Voter est-ce se salir les mains? Comme je ne suis pas un pur (je n'aime d'ailleurs pas les soi-disant purs), cela ne me gêne pas plus que cela. Ingénieur-mécanicien j'ai appris à mettre les mains dans le cambouis, quitte à me les laver après... 

 

Si la participation est basse, la légitimité des élus est-elle sujette à caution? Peut-être, mais ils ont la loi pour eux... En Suisse, où je vote également, la participation est loin d'être toujours élevée et les résultats ne sont jamais remis en cause...

 

Je vote donc parce que c'est simplement une faculté qui m'est donnée, et je l'utilise sans trop d'illusions: pour changer le système, la bataille des idées me semble plus importante et je m'y emploie autant que je peux, mais, en attendant, je vote.

Au premier tour de la présidentielle, libéral, je voterai François Fillon: pour le projet et pour l'homme

Ce coup-là je voterai François Fillon.

 

Pour le projet

 

Tout imparfait qu'il est, le projet de François Fillon est le seul à rompre quelque peu avec le système étatiste, en tout cas davantage que le projet d'Emmanuel Macron, qui est tout en demi-mesures, en demi-teintes, qui est ni de droite ni de gauche, ni pour ni contre, bien au contraire...

 

Il est le seul, par exemple (et c'est déjà de bon augure):

- à réduire significativement les dépenses publiques (pour lesquelles la France est championne toutes catégories): comme elles sont supérieures aux recettes, elles sont financées ou par toujours plus d'impôts, ou par la dette, ou par la création monétaire, autant de prédations...

- à supprimer l'impôt sur la fortune (qui ne rapporte rien et nuit beaucoup à l'investissement),

- à supprimer la durée légale des 35 heures (qui est une des causes structurelles du chômage): le chômage est au plus bas dans les pays où on travaille le plus...

 

Les autres projets qui ont quelque chance d'aboutir - ceux de Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon ou Benoît Hamon - rivalisent d'étatisme à tel point qu'ils parlent d'un temps que les gens ne veulent pas connaître où l'État était ouvertement totalitaire et socialiste et décidait sans vergogne - et non pas furtivement comme aujourd'hui - du sort de chacun...

 

L'Institut Montaigne, loin d'être libéral, a publié un tableau (ci-dessus), qui montre à l'envi, même s'il est biaisé, que le projet de François Fillon est le seul à engager le processus de libération de l'économie, c'est-à-dire à diminuer le périmètre de l'État, priorité des priorités aujourd'hui, après quarante ans d'État devenu de plus en plus providentiel, c'est-à-dire ruineux pour tous.

 

Pour l'homme

 

Rarement, de mémoire d'homme, un homme n'a été cloué au pilori par les médias comme l'a été François Fillon pendant près de trois mois. A travers sa personne il était en fait surtout question de discréditer le projet, qui avait le tort immense de s'attaquer, encore modestement à mes yeux, au mal français et de remettre en cause des sinécures et des prébendes.

 

De moins en moins de Français ne sont dupes de la machination politico-médiatico-judiciaire qui a été ourdie contre lui. Car il n'était pas, loin s'en faut, celui qui avait profité le plus d'un système qu'il voulait réformer. Mais ces attaques ont au moins réussi à convaincre les plus sensibles aux rumeurs que, comme il en avait profité, il était bien mal placé pour le réformer.

 

Ces attaques étaient d'une telle bassesse qu'elles m'ont rappelé celles qui ont conduit au suicide de Roger Salengro, avant la Seconde Guerre mondiale, et à celui de Pierre Bérégovoy, sous la présidence de François Mitterrand, lequel devait déclarer lors de ses obsèques: Toutes les explications du monde ne justifieront pas qu'on ait pu livrer aux chiens l'honneur d'un homme et finalement sa vie.

 

Dans La grande fiction - l'État, cet imposteur, Hans-Hermann Hoppe écrit cette phrase pleine de bon sens, que je dédie aux naïfs et aux faux-culs: La sélection des dirigeants de l’État via des élections démocratiques fait qu’il est pratiquement impossible pour une personne honnête ou inoffensive d’atteindre les sommets du pouvoir…

 

Même s'il est regrettable que le président de la République française soit élu au suffrage universel, c'est ainsi. Cela suppose que la personne qui sera élue - ce qui n'a pas été le cas de François Hollande - soit capable, dans tous les sens du terme, de mettre en oeuvre le projet pour lequel elle aura été choisie.

 

Par sa résilience François Fillon a montré qu'il était capable de tenir tête à la meute de chiens lancée contre lui et qu'il aurait le courage de mener à bien des réformes qui vont à l'encontre de bien des conservatismes. S'il est élu, il est aussi le seul qui me semble pouvoir obtenir à l'Assemblée nationale une majorité pour soutenir son projet.

 

Encore une fois, le projet de François Fillon n'est pas celui qui peut mener à une société libre telle que je l'appelle de mes voeux, mais je suis persuadé qu'il peut enclencher un cercle vertueux en redonnant aux Français le goût de la liberté. Peut-être qu'alors Jean-Baptiste Say, Anne Robert Jacques Turgot ou Frédéric Bastiat n'auront pas prophétisé en vain dans leur pays...

 

Francis Richard

 

Articles précédents:

 

Bienvenue place Beauvau (27 mars 2017)

Rassemblez-vous derrière François Fillon pour faire gagner la France ! (5 mars 2017)

A qui profite l'assassinat politique de François Fillon ? A Emmanuel Macron (1ermars 2017)

Le crime était presque parfait ... pour éliminer Fillon (26 février 2017)

Courage Fillon ! (6 février 2017)

Partager cet article
Repost0
27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 22:15
Bienvenue place Beauvau, d'Olivia Recasens, Didier Hassoux et Christophe Labbé

Jadis, jusqu'au XIXe siècle, l'expression cabinet noir désignait l'organisme d'un État, détenteur du monopole des postes, qui ne respectait pas le secret des correspondances. Ce viol de la sphère privée lui permettait d'avoir connaissance de données sensibles sur les personnes et de s'en servir éventuellement pour leur nuire.

 

Ce n'est pas dans cette stricte acception que les auteurs de Bienvenue place Beauvau emploient cette expression dans leur livre, où ils reprochent à longueur de pages à François Hollande de n'avoir rien changé à la police héritée de Nicolas Sarkozy. Il aurait même fait pire en constituant une structure clandestine, version moderne du cabinet noir d'antan.

 

Les auteurs précisent à propos de celui-ci: Il n'est pas possible d'en apporter la preuve formelle. Comme il n'est pas possible de prouver le contraire! Mais l'addition d'indices troubles et de témoignages étonnants interroge. Plusieurs observateurs bien placés dans l'appareil policier nous ont ainsi décrit par le menu l'existence d'une structure clandestine, aux ramifications complexes [...]. (page 24)

 

Ce qui caractérise cette structure clandestine, c'est sa capacité à orchestrer des affaires judiciaires pour éliminer des adversaires ou, au contraire, les épargner, à charge de revanche.

 

Quelles sont les ramifications de cette structure?

 

- Tracfin, le service de renseignement financier de Bercy, dont le patron assiste chaque semaine à une réunion à l'Elysée organisée par le coordinateur du renseignement, en compagnie des six autres directeurs des services secrets: Afin d'allumer la mèche d'une affaire politico-financière, il suffit que Tracfin pêche au bon endroit, remonte dans ses filets une infraction, et la transmette officiellement à la justice. (page 24)

 

- la DACG, la Direction des affaires criminelles et des grâces, dont le patron peut suivre en temps réel l'avancement de tous les dossiers politico-financiers. (page 26)

 

- des magistrats à qui le Château donne des consignes oralement sur des dossiers politiquement sensibles: Ils sont moins de cinq, dont on retrouve le nom dans tous les dossiers qui concernent Sarkozy. Des habitués de la méthode des poupées russes. (page 26)

 

- ces magistrats qui additionnent les affaires sur le clan Sarkozy sont eux-mêmes alimentés et épaulés par une poignée d'officiers de police judiciaire, la plupart en poste à l'Office central de lutte contre la corruption, les infractions financières et fiscales [...]. (page 27)

 

Le patron de Bercy est Michel Sapin, un ami de quarante ans de François Hollande; le coordinateur du renseignement est Yann Jounod, préfet socialiste; le patron de la DACG, Robert Gelli, a partagé la même chambrée que François Hollande et Michel Sapin lors de leur service militaire. (page 25).

 

Ajoutons que la méthode des poupées russes, évoquée ci-dessus, consiste à saisir lors d'une perquisition des documents qui n'ont rien à voir avec celle-ci et de les utiliser pour ouvrir de nouveaux dossiers judiciaires, susceptibles de nécessiter d'autres perquisitions etc.

 

Parmi les moins de cinq juges d'instruction nommés pour instruire les dossiers politiquement sensibles figure un certain Serge Tournaire: Ce juge d'instruction est apprécié à l'Élysée pour son opiniâtreté dans les affaires mettant en cause Sarkozy. (page 41)

 

Les auteurs remarquent que, comme par hasard, ceux qui pourraient rivaliser avec François Hollande, ont maille à partir avec la justice: Derrière ces ennuis à répétition qui ciblent les principaux rivaux du Président sortant, difficile de ne pas voir la patte de Hollande. (page 54)

 

Difficile à les lire, même s'ils s'en défendent, de ne pas voir non plus dans le chantier Fillon (un chantier est une machination dans le jargon barbouze) la même patte de Hollande, d'autant que, par le plus grand des hasards, un des trois juges nommés par le Parquet national financier pour mener à bien ce chantier est un certain Serge Tournaire...

 

Dans le livre d'Olivia Recasens, Didier Hassoux et Philippe Labbé (la première et le dernier étaient journalistes au Point; le deuxième et le troisième le sont aujourd'hui au Canard) il y a bien d'autres révélations inavouables sur la police, éclipsées maintenant par celle de l'existence improuvable du cabinet noir, dont se sert Hollande pour éliminer ses adversaires.

 

C'est dommage. Car elles sont les symptômes d'une police complètement inadaptée à la situation actuelle et la démonstration que Hollande n'aura rien fait pendant cinq ans pour y remédier, préférant se livrer à ses petits jeux de redoutable tacticien, qui a su tout au long de sa carrière avoir un ou plusieurs coups d'avance sur ses adversaires...(page 54)

 

Francis Richard

 

Bienvenue place Beauvau, Olivia Recasens, Didier Hassoux et Christophe Labbé, 264 pages Robert Laffont

Partager cet article
Repost0
5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 23:40
Rassemblez-vous derrière François Fillon pour faire gagner la France !

Lettre ouverte aux hommes et femmes politiques de la droite et du centre

 

Aujourd'hui plusieurs dizaines de milliers de personnes se sont rassemblés sur la place du Trocadéro pour soutenir François Fillon, le candidat sorti largement vainqueur de votre primaire, à la grande surprise, et au grand regret, de certains d'entre vous.

 

Ils l'ont fait en dépit de tout ce que les médias, la gauche, et certains d'entre vous, ont dit pour les en dissuader. Et, s'ils l'ont fait, c'est parce qu'ils ne sont pas dupes de la manipulation politico-médiatico-juridique qui a été montée contre lui.

 

Beaucoup, dont je suis, ont voté au premier et au deuxième tour de votre primaire pour le projet qu'il porte et non pas pour la personne. Aucun des autres candidats ne serait d'ailleurs crédible pour le porter maintenant parce qu'ils l'ont tous combattu, le trouvant trop radical (sic).

 

Même si François Fillon a eu la sagesse de ne pas mettre aujourd'hui de l'huile sur le feu, tout le monde sait, ou devrait savoir, vous y compris, à qui profite l'assassinat politique, perpétré contre lui. Vous ne devez pas tomber dans le piège grossier qui vous divise.

 

Jusqu'à présent cet assassinat a échoué: François Fillon s'est montré plus résilient que prévu. Sinon le crime aurait été parfait. Pour le moment il ne l'est que presque. Il ne peut l'être complètement que si vous ne vous rassemblez pas derrière lui.

 

Le gros argument que d'aucuns d'entre vous utilisent pour ne pas le faire est de dire que François Fillon serait parjure s'il maintenait sa candidature au cas où il serait mis en examen. Or, pour le moment, ce n'est encore qu'une hypothèse: il n'est pas mis en examen.

 

Depuis qu'il a promis qu'il se retirerait dans cette éventualité, deux éléments ont changé la donne:

 

- quand il a pris cet engagement, comme il est foncièrement honnête, il pensait à une mise en examen pour motif grave: il ne pouvait pas imaginer qu'on puisse lui reprocher une pratique, certes immorale, mais légale et largement répandue parmi ses pairs, dont certains d'entre vous qui lui jettent la pierre...

 

- le moment où l'info est sortie et le calendrier judiciaire qui s'est ensuivi rendent plus que probable qu'il s'agit bien d'une manoeuvre de basse politique, d'autant que l'enquête préliminaire a été engagée par une instance d'exception (nommée par le ministère de la justice de Hollande), juridiquement incompétente en la matière.

 

C'est pourquoi il n'est pas possible aujourd'hui de dire que François Fillon ne tient pas sa parole comme les médias, la gauche, certains d'entre vous et une grande partie de l'opinion désinformée le répètent à satiété.

 

Il n'y a pour vous qu'une alternative:

 

- ou vous vous rassemblez tous derrière François Fillon et il peut encore gagner son billet pour le deuxième tour de la présidentielle, c'est-à-dire être à même d'initier le redressement du pays et faire gagner la France

 

- ou vous le laissez aller à la bataille avec des troupes amoindries et, dans ce cas-là, ceux d'entre vous qui auront déserté porteront une lourde responsabilité en cas d'échec, qui leur sera inévitablement imputé.

 

Réfléchissez vite et bien: le rassemblement, c'est maintenant!

 

Francis Richard

Partager cet article
Repost0
1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 22:50
A qui profite l'assassinat politique de François Fillon? A Emmanuel Macron

A 12h30 aujourd'hui, François Fillon s'est adressé aux Français. Il ne s'est adressé ni aux media dont une large partie est de toute façon de parti pris contre lui, ni à la gauche qui veut sa peau. Il a eu raison. Ce n'est pas la presse qui, heureusement, décidera de leur sort - elle est complètement décrédibilisée à leurs yeux et ce n'est pas ce qu'elle dit depuis cette intervention qui la rendra plus crédible - et ce n'est pas non plus à la gauche au triste bilan de continuer à les piller.

 

François Fillon est respectueux des institutions et c'est pourquoi il se rendra à la convocation des juges le 15 mars 2017, au risque d'être mis en examen. Quand, le 29 août 2016, François Fillon répond à Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV qu'il ne sera pas candidat s'il est mis en examen, il ne peut imaginer un seul instant qu'une véritable machination sera ourdie contre lui et que ce que pratiquent plus d'un quart des parlementaires français pourra un jour être retenu contre lui.

 

François Fillon ne désespère pas de la justice même si, comme il l'a dit aujourd'hui, ce que nous venons de voir n'est pas de nature à nous rassurer. Pour le coup François Fillon est bien aimable avec ceux qui se font l'instrument de son assassinat politique. Car le calendrier de l'acharnement politico-juridico-médiatique mené contre lui montre à l'évidence que s'il n'avait pas été candidat à la présidence de la République, rien ne lui aurait jamais été reproché et que ce qui lui arrive n'a rien à voir avec la justice, mais tout avec la basse politique:

 

25 janvier 2017: publication de l'article du Canard Enchaîné contre lui et, le jour même, le Parquet national financier (pourtant incompétent s'agissant d'un parlementaire) ordonne une enquête préliminaire.

 

- 16 février 2017: publication d'un communiqué du PNF, dans lequel est précisé qu'il n'y aura pas de classement sans suite.

 

- 24 février 2017: ouverture par le PNF d'une information et nomination de trois juges d'instruction.

 

- 1er mars 2017: réception de sa convocation par les juges en vue de sa mise en examen.

 

- 15 mars 2017: jour de sa convocation, soit deux jours avant la date limite de dépôt des parrainages pour être candidat à la présidentielle.

 

Être candidat à la présidence de la République a fait de François Fillon une cible. Tous les coups sont dès lors devenus permis contre lui. La fin justifiant les moyens, il fallait l'assassiner et ne surtout pas lui permettre de parler de son programme de redressement du pays. Pour le faire taire, il fallait ne plus parler que de ce qu'on a appelé ses affaires, gonflées de toutes pièces, et faire de lui un justiciable qui ne serait pas traité comme les autres en accélérant les procédures de manière totalement inhabituelle.

 

S'il y a assassinat, qu'il soit politique ou non, il est nécessaire de réunir trois éléments pour découvrir l'assassin ou son commanditaire: le mobile, les moyens, l'opportunité.

 

- A qui profite le crime? A Emmanuel Macron, l'héritier et continuateur de François Hollande: si François Fillon n'est pas candidat, il a de grandes chances de l'emporter sur Marine Le Pen.

 

- Qui dispose des moyens? L'Élysée, avec qui Macron communique et qui est en liaison avec le Canard Enchaîné et le Parquet national financier...

 

- Quelle est l'opportunité? La défaite annoncée de Manuel Valls au deuxième tour de la primaire de la gauche (qui a lieu le 29 janvier 2017...).

 

Dans ces conditions, François Fillon n'a pas d'autre choix que de laisser les Français seuls juges, puisque les dés sont pipés: ses arguments de fait, ses arguments de droit, sa présomption d'innocence sont complètement ignorés.

 

Dans ces conditions, les propos tenus par François Hollande et par Emmanuel Macron aujourd'hui ne manquent pas de saveur:

 

- François Hollande s'est élevé contre toute mise en cause des magistrats (indirectement nommés par lui...)

 

- Emmanuel Macron: ne donnons pas au vote démocratique le rôle de l'absolution, ce n'est pas le sien (il n'a jamais été élu...)

 

Comme François Fillon et son électorat, contre toute attente, résistent, l'estocade finale sera certainement donnée avec sa mise en examen... Mais il n'est pas sûr que cela soit suffisant pour le mettre hors d'état de nuire face à un Emmanuel Macron, qui se révèle bien falot et dont le programme est dans la lignée du hollandisme qui a échoué et ruiné les Français.

 

Au-delà de la personne de François Fillon - la France est plus grande que nous -, il y a son projet, qui, tout imparfait et insuffisant qu'il est, est un tout premier pas vers la libération du pays et son redressement. L'histoire ne repasse pas les plats: sinon il sera trop tard pour éviter la faillite.

 

Aujourd'hui encore son intervention, après celle du 6 février 2017,  prouve que François Fillon a du courage à revendre. Or il lui faudra beaucoup de courage pour mettre son projet en oeuvre, pourtant minimal. Même si c'est regrettable, les institutions françaises sont ainsi faites que l'élection présidentielle est une échéance majeure dans la politique française. Il faut que celui qui sera élu le 7 mai 2017 ait la carrure de la fonction. François Fillon l'a.

 

Francis Richard

Partager cet article
Repost0
26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 23:55
Le crime était presque parfait... pour éliminer Fillon

Le crime était presque parfait est le titre français d'un célèbre film du regretté Alfred Hitchcock. Le titre anglais - Dial M for murder - me plaît davantage, parce qu'il est plus vintage... Mais il n'y a plus, hélas, de cadrans sur les appareils téléphoniques...

 

Quoi qu'il en soit le titre français est parfaitement adapté au scénario que le pouvoir a imaginé pour éliminer Fillon. Ce scénario n'est pas celui qui était prévu à l'origine. Ce qui confirme que l'imagination n'est au pouvoir des gens qui gouvernent la France que pour éliminer leurs concurrents et non pour assurer la sécurité de leurs concitoyens et de leurs biens.

 

Le but de l'actuel scénario reste toutefois le même: maintenir en place le maximum de gens parmi ceux qui sont confortablement installés dans le système depuis cinq ans, et qui font de l'argent public leur ordinaire, à défaut d'être capables de générer de l'argent privé, qu'il leur est évidemment plus facile de voler aux autres.

 

Un flash-back s'impose. Nous sommes en octobre 2016. La cible est alors Nicolas Sarkozy. Il faut l'éliminer pour permettre à Alain Juppé de gagner la primaire de la droite et du centre: on ressort donc, opportunément, quelques affaires du placard où elles attendaient bien au chaud l'occasion du larron.

 

Pourquoi soutenir Juppé? Parce que le fait qu'il ait été condamné par la justice pourra être exhumé le moment voulu afin de fragiliser sa candidature. Aussi éliminer Sarkozy est-ce faire d'une pierre deux coups, ou, en termes de billard, gagner par la bande... en n'ayant plus en lice qu'un candidat de la droite et du centre... vulnérable.

 

Les sondages d'octobre et de novembre 2016 rendent ce scénario plausible: Juppé devance Sarkozy et, même si l'on observe une remontée de Fillon dans la semaine qui précède le premier tour de la primaire, ce dernier occupe toujours la troisième place du tiercé. Personne ne s'en méfie, même à l'Élysée.

 

Patatras! Certes Sarkozy est éliminé, mais, ce qui n'était pas prévu, c'est que Fillon arrive en tête devant Juppé. Alors les attaques fusent contre le programme de cet outsider: son  programme est brutal, radical, etc. Bref le pouvoir et les médias font tout pour faire gagner Juppé, le candidat idéal pour leurs desseins.

 

Seulement le peuple de droite et du centre vote mal et Fillon l'emporte largement devant Juppé, le chouchou malheureux de la gauche et des médias. Décembre 2016, le tir de barrage contre Fillon se fait plus nourri et François Bayrou, déjà, hurle avec les chiens: le programme de Fillon est une horreur; il est récessif.

 

Ce tir de barrage est en partie efficace, d'autant que Fillon n'est pas très clair en matière de politique de santé. Les sondages qui le plaçaient encore largement en première place en décembre devant Le Pen et Macron, le placent désormais entre les deux en janvier. Mais il reste encore qualifié pour le second tour des présidentielles.

 

Dans la primaire de la gauche, après que Hollande a déclaré forfait, le cheval sur lequel mise le pouvoir est Manuel Valls: il est le seul à pouvoir reprendre des voix à Macron, tout en récupérant une partie des voix des frondeurs, qui seraient rendus craintifs devant l'adversité que représenterait la perspective d'un duel Fillon-Le Pen.

 

Là encore le scénario n'est pas celui prévu: Benoît Hamon devance Manuel Valls au premier tour de la primaire de la gauche et, aussitôt, bénéficie du soutien d'Arnaud Montebourg. Il est temps de changer de fusil d'épaule et de favoriser Macron. Avant même que le second tour de la primaire de la gauche n'ait lieu le Canard Enchaîné lance sa bombe contre Fillon.

 

En réalité cette bombe n'est qu'un pétard mouillé. Le palmipède détient l'info depuis trois semaines. Il n'attend que le moment opportun pour la lancer en prenant bien soin, dans sa présentation, de grossir le trait pour scandaliser le pékin: totaliser quinze ans de rémunération brute plutôt que d'afficher un salaire net mensuel, c'est vicieux, mais payant...

 

Le Parquet national financier, PNF, organisation d'exception créée en 2013, ouvre aussitôt une enquête: quelle diligence! Son patron est le Procureur Général de Paris, en l'occurrence Catherine Champrenault, nommée par le pouvoir, en 2015, c'est-à-dire par une certaine Christiane Taubira... C'est en somme le bras soi-disant judiciaire du pouvoir exécutif.

 

Le problème est que le PNF n'est juridiquement pas compétent en la matière; les meilleurs juristes vous le diront. Mais, comme il ne s'agit pas de justice, mais de manoeuvre purement politique, cela n'a aucune importance... La publication de l'info Fillon par le Canard n'était pas non plus du journalisme d'investigation mais de la délation au service du pouvoir...

 

Le crime était presque parfait... pour éliminer Fillon. Il aurait fonctionné si Fillon n'avait pas été aussi résilient et si ses électeurs s'étaient laissé intimider par ces manoeuvres de basse politique: ils ont compris que, comme dans Les animaux malades de la peste, ils avaient été invités à crier haro sur le seul Fillon, pour oublier le bilan désastreux du quinquennat.

 

Certes, dans les sondages, Macron est passé pendant un moment devant Fillon pour occuper la deuxième place derrière Le Pen. Aujourd'hui Macron (dont la vacuité se révèle de plus en plus) et Fillon sont au coude à coude dans les sondages, en dépit des piqûres de rappel du PNF: pas de classement sans suite le 16 février, ouverture d'une information le 24.

 

Pourquoi le pouvoir ne peut-il plus rien faire contre Fillon? Parce que les citoyens comprennent peu à peu qu'il est suspect de ne s'attaquer qu'au seul Fillon sous prétexte qu'il est candidat à la présidentielle. Cela contredit l'affirmation selon laquelle personne n'est au-dessus des lois: les parlementaires qui sont dans le même cas que lui le seraient-ils, eux, au-dessus des lois?

 

Cela dit, il y a encore du travail pour faire éclater la vérité sur la manipulation de l'opinion. A plusieurs reprises, ce week-end, à Paris, j'ai entendu dire dans le métro, dans le RER, au café, des gens qui, parlant de Fillon, répétaient comme des perroquets qu'il était empêtré dans les affaires. Je ne sais qui a lancé cette expression, pur produit de désinformation, mais elle fait florès...

 

Joseph Goebbels, ministre de la propagande nazi, disait, en 1940: Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose...

 

Francis Richard

 

PS

 

Dans mon article Courage Fillon! du 6 février, j'ai dit tout ce qui me sépare du projet Fillon, mais je reste persuadé que ce projet est un tout premier pas vers la libération du pays, qui sans cela n'évitera pas la faillite.

Partager cet article
Repost0
15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 22:45
Échec de l'État, de Jean-Philippe Delsol et Nicolas Lecaussin

Échec de l'État n'est pas un livre-programme. C'est un livre de propositions pour remédier à l'échec de l'État français. Cet échec résulte du fait que l'État s'est approprié des libertés qu'il aurait dû au contraire garantir aux citoyens et qu'il doit maintenant leur restituer. C'est à la fois une question de principe et d'efficacité.

 

Une question de principe:

 

Sans responsabilité, il n'y a pas d'humanité parce que c'est la responsabilité qui est un caractère fondamental du genre humain, qui le distingue des animaux et des créatures inertes en l'insérant dans une histoire dont il n'est pas qu'un jouet, en lui donnant à penser son avenir et à raisonner sur celui de toute communauté dans laquelle il vit. Cette responsabilité ne peut s'exercer que si l'homme qui la supporte dispose bien entendu de la liberté de faire ses choix.

 

Une question d'efficacité:

 

La liberté retrouvée alors démultipliera ses fruits. Elle permettra plus de choses que ce que nous pouvons imaginer, comme elle l'a fait depuis la machine à vapeur et le métier à tisser dans le grand progrès des sciences et des arts qui nous permettent de vivre mieux et plus longtemps.

 

Les pistes que donnent les auteurs avec ces propositions s'articulent autour de quatre thèmes:

 

- L'assurance, plutôt que l'assistance

- La libération de la fiscalité

- La libération de l'éducation

- L'État garant de la stabilité et subsidiaire.

 

L'assurance vaut mieux que l'assistance

 

Le modèle social français, que tout le monde envie mais que personne ne copie, est désastreux: il est compliqué, fort coûteux, largement déficitaire. La protection sociale d'aujourd'hui en France, financée par la dette, se fait aux dépens des générations futures.

 

Or il existe une solution pour réduire les charges sociales: c'est d'ouvrir ce système défaillant à la concurrence, en laissant toutefois à la charge de la collectivité certaines dépenses telles que les handicaps congénitaux ou liés à des catastrophes, les aides aux familles ou aux plus démunis, sous la forme d'une allocation unique, mais pas universelle, variable suivant la situation, et qui remplacerait avantageusement les nombreuses allocations sociales actuelles.

 

Ouvrir à la concurrence, c'est permettre à ceux qui le souhaitent de souscrire librement leurs assurances sociales auprès d'une compagnie ou mutuelle de leur choix comme ils le font en matière d'assurance automobile, pour les risques maladie, maternité, vieillesse, en interdisant aux assureurs la sélection des risques. Cela suppose de verser aux salariés leur salaire complet, c'est-à-dire leur salaire net augmenté des charges sociales actuelles pour qu'ils aient les moyens de souscrire aux assurances de leur choix.

 

Le système de retraite par répartition est condamné en raison du vieillissement de la population. C'est bien pourquoi les pays de l'OCDE ont évolué vers la capitalisation, qui, contrairement aux idées reçues, comme le montrent les auteurs, est moins risquée que la répartition et présente l'avantage de participer au financement de l'économie. Curieusement, en France, des fonds de pension existent surtout pour les élus locaux, les fonctionnaires et les sénateurs, dont les cotisations sont déductibles de leur revenu imposable...

 

Les auteurs proposent de sauver l'assurance-chômage en l'ouvrant également à la concurrence (resteraient adhérents à l'assurance publique ceux qui le souhaiteraient). Les prestations comprendraient une allocation forfaitaire minimum et des assurances complémentaires, dans des conditions librement débattues en termes de durée d'indemnisation, de franchise, de montant de l'allocation et de cotisation.

 

Rien de tel que de privatiser le logement social pour en augmenter l'offre et d'en baisser le prix, surtout si c'est accompagné d'une baisse de la fiscalité (il existe trente prélèvements directs ou indirects sur les biens immobiliers perçus par l'État) et d'un allègement des réglementations, ce qui favoriserait en outre l'acquisition de leur logement par ceux qui les occupent...

 

Une fiscalité libérée

 

Libérer la fiscalité, c'est démêler le maquis fiscal: il existe près de 500 régimes fiscaux dérogatoires et 75 niches fiscales (il y a aussi 132 niches sociales chiffrées et 57 non chiffrées...) et rendre la fiscalité la plus neutre possible. C'est pourquoi les auteurs proposent:

 

- de supprimer les niches et l'impôt progressif sur le revenu et d'adopter un impôt sur le revenu proportionnel, ou flat tax, à deux taux (2 et 15%): ce serait plus simple et plus égalitaire (il faut être bien informé pour profiter des niches...)

 

- d'adopter un taux unique de TVA (il y en a 9 actuellement...)

 

- d'aménager le taux de l'impôt société (dont la légitimité est contestable...) de manière la plus rationnelle et juste possible: l'idéal serait [...] que l'impôt sur le revenu soit fixé à un taux unique (cf. ci-dessus) et que l'impôt société soit fixé au même taux.

 

Il faut libérer l'éducation

 

La France ne manque pas de moyens en matière d'éducation, mais de résultats: Selon les résultats de l'étude PISA de 2012, la France se situe dans la moyenne, ou même au-dessous de la moyenne pour chaque catégorie (mathématiques, sciences et écrit), ce qui n'est pas terrible! Or, depuis, le système s'est dégradé: davantage d'élèves en difficulté, moins de chances de réussir pour les élèves issus de milieux défavorisés.

 

Ces mauvais résultats proviennent de son manque d'autonomie et du défaut de concurrence, autrement dit de l'étatisation de l'éducation: le mammouth est inefficace. Certes il existe des écoles libres, mais leurs effectifs sont bridés par l'État. La solution serait de permettre à ces écoles d'accueillir les élèves que les parents veulent y inscrire, de permettre l'ouverture d'écoles entièrement privées et de permettre aux élèves plus aptes à la pratique qu'à la théorie de bifurquer vers l'apprentissage.

 

Le moyen d'assurer le libre choix de l'établissement par les parents est de les faire bénéficier du bon scolaire, ce qui ne coûterait pas plus cher à la collectivité, ce qui, au contraire, permettrait de réduire les charges administratives et de se consacrer pleinement aux missions d'éducation. Le bon scolaire? Il représenterait le montant équivalent au coût moyen d'une classe concernée, que les parents pourraient remettre à l'école privée de leur choix.

 

Les auteurs proposent que l'université soit payante, comme aux États-Unis, où les universités privées sont les meilleures du monde dans tous les classements, ce qui n'est pas le cas des universités françaises: Le système d'université payante responsabilise les étudiants. Ils ne s'inscrivent pas en première année de quoi que ce soit parce qu'ils ne savent pas quoi faire, ou juste en attendant de trouver un job qu'ils ne cherchent guère, ou pour être assurés sociaux à prix modéré...

 

Un cadre institutionnel stable et subsidiaire

 

Sous prétexte d'harmoniser, l'Union européenne cherche plus que jamais à uniformiser, le contraire de la concurrence. Étymologiquement l'harmonisation n'est pas l'uniformisation, mais l'accord des différences: c'est justement ce qui caractérise la concurrence, du moins lorsqu'elle est respectueuse de certaines règles déontologiques.

 

Ce faisant l'Union européenne a abandonné son projet initial: créer une vaste zone de liberté pour permettre que l'échange permanent et libre des hommes, des biens et des services contribue à l'enrichissement de tous, que chacun puisse voter avec ses pieds en allant voir ailleurs si l'herbe y est plus verte, s'il n'est pas satisfait du ratio biens publics/fiscalité.

 

L'Union européenne a joué à l'épicier en voulant peser les échanges, standardiser les produits, imposer des normes à l'infini dans la mauvaise idée que le marché exige l'uniformité quand il suppose la diversité. Elle a voulu régenter la concurrence des entreprises quand celles-ci par définition ont besoin de liberté. Et dans le même temps elle travaille sans fin à empêcher la compétition fiscale entre les États qui est pourtant protectrice des contribuables comme la concurrence des entreprises l'est des consommateurs.

 

Les auteurs souhaitent donc qu'elle revienne à une Europe subsidiaire des nations, une Europe limitée et respectueuse des pays qui la composent, une Europe puissante à l'extérieur sans s'ingérer dans la vie des uns et des autres, une Europe fière de sa grandeur et de son histoire, forte de ses principes, de sa liberté, de sa capacité d'innover et capable de permettre à ceux qui y vivent de mieux grandir en êtres responsables d'eux-mêmes, peut-être alors qu'elle redeviendra le creuset de la paix et de la puissance, de la confiance et de la prospérité.

 

Ce qu'ils disent de l'Europe subsidiaire devrait s'appliquer au niveau de l'État: Au-delà de la représentation extérieure, de la sécurité et de la Justice, l'État a vocation aujourd'hui plus qu'hier à faire en sorte que chaque enfant reçoive l'enseignement le mieux adapté à ses capacités, que chacun vive décemment. Mais c'est aussi l'État subsidiaire; il ne doit pas obligatoirement tout faire, mais plutôt laisser faire ceux qui peuvent avant que d'intervenir s'il y a carence: en bas tout le possible, en haut tout le nécessaire.

 

Aujourd'hui c'est l'État qui tue la France et non pas, comme d'aucuns disent, le libéralisme ou la mondialisation: Pour lutter contre l'immigration, il faut en finir avec l'État-providence et l'assistanat; pour combattre le chômage, il faut plus de libertés économiques et moins de pression fiscale.

 

Les auteurs proposent en conséquence de défonctionnariser la classe politique, car, en France, la politique est devenue un emploi à vie pour ceux qui y accèdent. La carrière politique ressemble à la fonction publique. Comment faire? L'ouvrir au privé et à la société civile.

 

Conclusion

 

Le rôle de l'État doit être limité: L'État a moins vocation à faire le bien en lieu et place des hommes que de les empêcher à faire le mal. Mais il se conçoit en seule vue du bien des hommes. Il promeut la liberté, mais il ne peut et ne doit la défendre corps et biens, que pour ce qu'elle permet. Si à cet égard elle est la fin des États, elle n'est jamais pour les individus qu'un moyen, suprême certes, mais un moyen seulement au service de leurs fins.

 

Toutes ces propositions de réformes - elles n'ont rien de révolutionnaire - ont fait leurs preuves dans d'autres pays, et les auteurs en donnent de nombreux exemples, probants. Aucun des candidats à l'élection présidentielle ne les reprend pourtant à son compte, sans doute parce qu'elles heurteraient les préjugés de la majorité des électeurs, formatés pour la servitude volontaire par le monopole de l'éducation et par des médias uniformément corrects.

 

Ces propositions ont donc peu de chances de se réaliser un jour prochain. Mais, peut-être, quand la France aura atteint le fond, s'il n'est pas trop tard, seront-elles mises alors à l'ordre du jour et, mises en application, exauceront-elles le voeu de Jean-Philippe Delsol et de Nicolas Lecaussin:

 

Que l'État fasse son devoir de garantir la liberté et la liberté fera le reste dans une société de libre choix.

 

Francis Richard

 

Échec de l'État - Pour une société de libre choix, Jean-Philippe Delsol et Nicolas Lecaussin, 272 pages Éditions du Rocher

 

Livres précédents de Jean-Philippe Delsol:

Pourquoi je vais quitter la France Tatamis (2013)

L'injustice fiscale ou l'abus de bien commun Desclée de Brouwer (2016)

 

Livres précédents de Nicolas Lecaussin:

Au secours, ils veulent la peau du capitalisme! Editions First (2009)

L'obsession anti-libérale française Libréchange (2014)

 

Livre précédent de Jean-Philippe Delsol et Nicolas Lecaussin:

A quoi servent les riches JC Lattès (2012)

Partager cet article
Repost0
6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 20:55
Courage Fillon !

Lettre ouverte à François Fillon

 

Monsieur le candidat de la droite et du centre,

 

Lors de la primaire de la droite et du centre je me suis permis de m'inscrire et de voter pour vous aux deux tours.

 

Si j'ai voté à cette primaire de la droite et du centre, je dois vous l'avouer, ce n'est pas parce que je sais être de droite ou du centre, mais parce que je sais qu'au moins je ne suis pas de gauche, ce dont je me félicite quand je vois comment elle se comporte avec vous.

 

Depuis que je vote en France, je n'ai jamais voté pour un homme mais pour des idées, pour les idées les moins éloignées possible des miennes. Je n'ai donc pas voté pour vous en tant que personne, aux deux tours de cette primaire, mais pour des points essentiels du projet que vous défendez.

 

Ce projet pour la France ne me satisfait certes pas complètement, non pas parce que, contrairement à ceux qui le caricaturent, il serait radical, mais parce qu'il n'est qu'un tout premier pas vers une société vraiment libre que j'appelle de mes voeux.

 

Cependant il faut bien commencer par un bout et ne pas remettre toujours à demain de mettre l'ouvrage sur le métier sous prétexte qu'il ne comble pas tous ses voeux. Votre projet de redressement du pays, de rupture avec le désordre établi, comme vous dites, est en tout cas de bon augure si vous le menez à bien.

 

Vous vous êtes donné trois priorités:

- la libération de l'économie

- la restauration de l'autorité de l'État pour protéger les Français

- l'affirmation de ce que vous appelez nos valeurs.

 

Une société libre passe effectivement par une libération de l'économie et près de la moitié des quinze mesures phares que vous préconisez sont consacrées à cette libération indispensable au redressement du pays.

 

Par restauration de l'autorité de l'État, vous entendez notamment celle de ses fonctions régaliennes. Je ne peux que regretter que l'État tel que vous le concevez ne se limite malheureusement pas aux dites fonctions.

 

Mais, comme dit plus haut, je ne veux pas bouder mon plaisir: votre projet est un bon préalable et je serais déjà bien heureux, si État il doit y avoir, que ces fonctions soient au moins assumées par lui, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

 

Du fait que vous êtes pour certaines interventions de l'État que je réprouve, nous n'avons pas tout à fait les mêmes valeurs, mais nous en avons suffisamment en commun, et c'est ce que je veux retenir dans l'immédiat.

 

Les miennes, principales, toutes liées entre elles, sont en effet:

- le respect des droits de propriété au sens large

- la liberté,

- la responsabilité,

- la sécurité des biens et des personnes.

 

Après avoir été déstabilisé par les attaques dont vous avez été l'objet ces derniers jours, vous vous êtes ressaisi et vous avez compris qu'au-delà de votre personne c'était bien ce projet de rupture qui vous les valait et qu'il dérangeait déjà trop.

 

Et, maintenant, après vous avoir entendu, ce n'est plus seulement votre projet que je soutiens, mais votre personne.

 

Votre projet bouscule les gens du système, remet en cause leurs sinécures et leurs prébendes: c'est pourquoi ils veulent avoir votre peau.

 

Vous avez montré ce soir, face à ces chiens qui aimeraient tant que vous renonciez, une résilience qui force mon admiration. Et rien ne peut justifier à mes yeux que votre honneur et celui de votre femme Pénélope aient pu leur être livrés.

 

Alors, je vous souhaite bon courage, Monsieur Fillon. Car soyez sûr que ces chiens ne vous lâcheront plus maintenant qu'ils ont trouvé vos os à ronger.

 

Ce soir, en tout cas, pour ma part, vous n'êtes plus simplement le candidat de la droite et du centre, mais celui de la France.

 

Je vous présente tous mes respects, Monsieur, et j'espère que, comme on dit, un François chassera l'autre, et ses héritiers...

 

Francis Richard

Partager cet article
Repost0
30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 23:20
Ce que doit faire le (prochain) président, d'Agnès Verdier-Molinié

Vous ne vous rendez pas compte, si on applique toutes vos réformes, la baisse des dépenses publiques, et surtout des dépenses sociales, ce sera la révolte en France.

 

C'est ce que dit un jour à l'auteur un maire d'une ville de banlieue, à la sortie d'une émission. A quoi Agnès Verdier-Molinié répondit:

 

Si on ne fait rien, ce sera pire.

 

Après avoir lu son livre, Ce que doit faire le (prochain) président, on a envie de lui dire:

 

C'est bien, mais on pourrait beaucoup mieux faire.

 

Seulement on ne pourra pas mieux faire et ce serait déjà bien étonnant que l'on puisse faire ce qu'elle dit, parce qu'il faudrait que les mentalités changent considérablement, ce qui n'est pas près d'arriver quand on entend dire un peu partout en France que le programme de François Fillon est ultra-libéral...

 

Le gâchis

 

Un mot peut définir la France d'aujourd'hui: le gâchis, omniprésent et permanent.

 

Quelques exemples:

 

- la gestion paritaire calamiteuse (et fromagère) des organismes sociaux

 

- le temps de travail insuffisant, voire fantôme, dans la fonction publique territoriale

 

- le choc de complexité du futur prélèvement à la source, cauchemar annoncé pour les entreprises

 

- le droit du travail kafkaïen qui est un véritable repoussoir à l'embauche

 

- l'État actionnaire qui - faites ce que je dis, mais pas ce que je fais - privilégie le rendement à court terme etc.

 

Contre le gâchis

 

Il faudrait, selon l'auteur:

 

- réorganiser l'État:

  • le recentrer sur ses fonctions régaliennes: police, justice, défense, diplomatie
  • élargir les compétences des treize régions à la formation et à l'emploi
  • supprimer les départements
  • réduire le nombre de communes
  • réduire le nombre d'élus, etc.

 

- baisser les dépenses publiques de 90 milliards en 5 ans, c'est-à-dire, par exemple:

  • rationaliser les achats de l'État
  • réduire les coûts des opérateurs de l'État
  • relever l'âge de la retraite
  • mettre en place un régime de retraite unique, etc.

 

- baisser conjointement les recettes publiques:

  • baisser les taxes sur la production des entreprises
  • baisser l'impôt sociétés
  • baisser les cotisations employeur

 

- mais augmenter la TVA d'un point pour amortir...

 

Les empêcheurs de réformer

 

Il faut les neutraliser parce qu'ils veulent:

 

- niveler par le bas en réduisant les inégalités

 

- partager le travail

 

- gérer le plus de choses possible par l'État (qui gère pourtant moins bien et de manière plus coûteuse que le privé)

 

- supprimer la fraude, fille du matraquage fiscal, pour supprimer le déficit...

 

Pour cela, il faut:

 

- supprimer l'ENA

 

- donner à Bercy l'objectif de réduire les dépenses et non pas de les augmenter

 

- en finir avec le paritarisme

 

- supprimer le monopole syndical

 

- couper les crédits aux syndicats

 

- réformer Bruxelles: plus de migrations entre Strasbourg et Bruxelles, plus de retraites avantageuses pour ses fonctionnaires, donner aux membres de l'Union de véritables objectifs à respecter, en % du PIB:

  • 3% de déficit
  • 60% d'endettement
  • 50% de dépenses publiques
  • 40% de prélèvements obligatoires

 

La mise en oeuvre

 

Agnès Verdier- Molinié a prévu:

 

- le recours à des ordonnances, dix au total:

  • gel des embauches dans la fonction publique: diminution de 440000 postes en cinq ans
  • fixation du temps de travail à 1750 heures temps plein dans le public et le privé
  • multiplication des types de contrat de travail
  • baisse des indemnités de chômage et cotisation des agents publics
  • âge de la retraite à 65 ans en 2028
  • autonomie des communes et des établissements scolaires
  • régionalisation de Pôle Emploi
  • extension de la laïcité du public au privé
  • suppression des 25% de logements sociaux dans les communes
  • hausse des seuils sociaux

 

- le recours à trois référendums:

  • sur le financement des syndicats
  • sur la fusion, le plafonnement et la fiscalisation des aides sous conditions de ressources
  • sur la réforme du statut de la fonction publique

 

- l'adoption de neuf lois:

  • une loi votée, deux supprimées
  • une loi de finances unique
  • la suppression d'une centaine de taxes et interdiction de taxes qui rapportent moins de 100 millions d'euros
  • la mise en place d'un frein à l'endettement
  • le contrat d'embauche dans la fonction publique devenant le principe et l'emploi statutaire l'exception
  • le renforcement du système pénitentiaire
  • le budget militaire à 2% du PIB
  • la liberté de choix de l'assurance maladie
  • la retraite par points, avec alignement des régimes et fusion des caisses

 

- la révision de la Constitution:

  • la suppression du poste de Premier ministre
  • la responsabilité des ministres de leur ministère
  • le pouvoir d'évaluation rendu au Parlement
  • la réduction du nombre d'élus
  • la mise en place du référendum d'initiative populaire

 

Agnès Verdier-Molinié donne le calendrier de toutes ces réformes du prochain quinquennat. Ce sont bien des réformes puisqu'elles ne remettent pas en cause le système, qui est celui d'une sociale-démocratie, dont l'État reste le principal acteur.

 

L'auteur s'est, semble-t-il, largement inspiré de la Suisse qui, parmi les sociales-démocraties, est l'une des plus libérales, mais reste cependant une sociale-démocratie, avec toutes les entraves aux libertés individuelles, notamment économiques, que cela suppose.

 

Cela étant dit, la France dont rêve l'auteur, après cinq ans de réformes, n'aurait que des résultats bien modestes en comparaison avec ceux de la Suisse, qui expliquent sa prospérité insolente, mais tout de même relative.

 

Le tableau ci-dessous l'explique très bien (les chiffres de la France proviennent de la Fondation iFRAP, dont l'auteur est la directrice, et ceux de la Suisse de l'Office fédéral de la statistique):

 

 FranceFranceSuisse
Année201620222015
Taux de chômage9.9%8.9%3.7%
Prélèvement45.8%44.1%27%
Dépenses publiques56.5%50.8%33.6%
Solde public-3.6%0.2%0.1%
Dette97.2%89.3%34%

 

Le prélèvement, les dépenses publiques, le solde public et la dette sont exprimés en % du PIB.

 

Comme on le voit, même avec l'arsenal de mesures (ordonnances, référendums, lois, révisions de la Constitution) que préconise Agnès Verdier-Molinié, en admettant qu'elles soient toutes mises en oeuvre, ce n'est pas demain que la France pourra rivaliser avec sa voisine suisse... qui pourrait nettement mieux faire si elle optait pour une économie vraiment libre...

 

Francis Richard

 

Ce que doit faire le (prochain) président, Agnès Verdier-Molinié, 304 pages Albin Michel

 

Livres précédents chez le même éditeur:

 

On va dans le mur (2015)

60 milliards d'économie ! (2013)

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
  • Contact

Profil

  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.

Références

Recherche

Pages

Liens