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5 avril 2021 1 05 /04 /avril /2021 22:55
Pour en finir avec la liberté, de Jean-Luc Jeener

Au départ, avec mon éditeur, le projet était d'écrire un livre sur les méfaits du principe de précaution; mais l'actualité de la crise sanitaire de ce printemps 2020 nous a rattrapés. J'ai bien senti alors qu'il y avait une autre urgence, celle d'écrire sur la liberté bafouée.

 

Ainsi commence Pour en finir avec la liberté le livre intentionnellement polémique de Jean-Luc Jeener. Certes il l'est, polémique, mais il est surtout un cri, celui d'un homme de conviction, qui ne comprend pas:

 

Comment un peuple peut-il supporter que tous les jours, en continu, sur les chaînes de télévision, à la radio, dans les journaux, sans quasiment qu'on entende une voix discordante, on vous inflige le nombre de morts, on inocule la peur, on dénonce les inconscients, on interviewe gravement spécialistes1 sur spécialistes, médecins sur médecins...

 

 

UNE PROPAGANDE DIGNE D'UN ÉTAT TOTALITAIRE

 

Il ajoute: C'est ce qu'on appelle de la propagande et c'est digne d'un État totalitaire. Une telle propagande sert à justifier qu'à cause de conjectures, l'on ait sacrifié nos libertés les plus légitimes sur l'autel de la santé:

 

En l'occurrence, l'alliance médecins-médias-politiques a été exemplaire...

 

Confinement ou couvre-feu, le résultat est le même: on a mis tout un pays sous cloche, ce qui est le rêve de tous les dictateurs. Et on l'a fait au nom du bien, ce qui est la quintessence de l'intelligence politique:

 

L'État, sans vergogne, au nom de notre bien-être s'est mêlé de notre vie privée.

 

 

LE PRINCIPE DE PRÉCAUTION

 

Et l'État a appliqué à la lettre le principe qui figure à l'article 5 de la Constitution, voulu par Jacques Chirac:

 

Le principe de précaution qui est devenu la panacée de nos gouvernements est une atteinte à nos libertés: liberté de créer, liberté d'entreprendre, liberté d'originalité et de différence, liberté de prendre des risques... Avec le coronavirus, on a vu dramatiquement les conséquences d'une telle politique appliquée à tout un pays: parce qu'on a peur de la mort, on arrête tout et on ne fait plus rien.

 

 

POINT DE LIBERTÉ, D'ÉGALITÉ, DE FRATERNITÉ

 

Voici dès lors ce qu'est devenue la devise de la République française:

 

- Liberté: En étant de plus en plus réduites, les libertés finissent par affecter l'idée même de liberté, ce concept qui n'est pas seulement une représentation intellectuelle mais une donnée de nature métaphysique.

 

- Égalité: Sous cloche, on dit: On veut bien être enfermés mais qu'on le soit tous!, ce qui exprime plutôt l'égalitarisme et conduit à dénoncer les déviants, à mettre la loi civile avant la loi morale, et c'est grave.

 

- Fraternité: Le masque c'est le signe visible de l'anti-fraternité, car cela veut dire: méfiez-vous de l'autre, votre frère, c'est lui le danger, lui qui peut apporter la maladie et la mort...

 

 

CONCLUSION

 

Parce qu'on voulait à tout prix combattre la mort, on a déclenché des morts encore plus terrifiantes. Parce qu'on est obsédé par le matériel, on a annihilé le spirituel, parce qu'on a paniqué devant la maladie, on a interdit l'affection, l'amour, la fraternité, parce qu'on a voulu sauver les corps, on a blessé les âmes... C'est impardonnable.

 

Francis Richard

 

1 - Or un spécialiste risque de ne voir le problème que par le petit bout de la lorgnette...

 

Pour en finir avec la liberté, Jean-Luc Jeener, 192 pages, Atlande

 

Livres précédents:

 

Pour en finir avec les intermittents du spectacle (2012)

Pour en finir avec les comédiens (2020)

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2 avril 2021 5 02 /04 /avril /2021 12:10
Décidément, ILS n'ont toujours rien compris!, du Professeur Christian Perronne

Un an après, le moment est venu de comprendre ce qui s'est passé depuis l'émergence de ce virus et de la crise qu'il a contribué à déclencher...

 

La crise a été mal gérée en France, dit le Professeur. Pour avoir dit le premier cette vérité et avoir dit notamment, sur BFM le 15 juin 2020, que 20 à 25000 personnes ne seraient pas mortes de la Covid-19 si elles avaient été traitées, il a été exécuté, comme dans la chanson de Guy Béart.

 

 

EXÉCUTÉ

 

Il a été démis de ses fonctions:

- de président du Conseil scientifique de la Fédération de la maladie de Lyme,

- de vice-président de cette fédération qu'il a lui-même créée.

 

Son titre de chef de service des maladies infectieuses et tropicales à l'hôpital Raymond Poincaré de Garches lui a été retiré.

 

Le 10 décembre 2020, l'Ordre des médecins a porté plainte contre lui et contre six autres médecins pour propos controversés. Il s'agit en plus de lui interdire d'exercer.

 

 

SON CV

 

Pourtant le Professeur n'est pas n'importe qui. Il a été:

- pendant quinze ans conseil en santé publique au Ministère de la Santé

- expert pour les agences françaises et européennes du médicament et à l'OMS

- président de la commission spécialisée maladies transmissibles du Haut Conseil de la santé publique

- professeur de maladies infectieuses et tropicales à l'université de Versailles-Saint-Quentin en Yvelines

- pendant vingt-sept ans chef de service maladies infectieuses de l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches.

 

 

IL N'EST PAS SEUL À DIRE LA VÉRITÉ

 

A-t-il été et est-il le seul à dire que la crise a été et est mal gérée? Que nenni. Aussi bien en France qu'à l'étranger.

 

Pour ne parler que de la France, il cite entre autres:

- la Coordination Santé Libre,

- le collectif Réinfo Covid,

- le collectif Soignants pour une politique juste et proportionnée.

 

Ces différents collectifs représentent ensemble plusieurs dizaines de milliers de médecins, de soignants, de chercheurs et de citoyens. Rien que ça.

 

 

LA VÉRITÉ SUR LES VACCINS

 

Les vaccins à ARN messager tels que ceux de Pfizer ou de Moderna ne sont pas des vaccins mais de la thérapie génique : on vous injecte des acides (nucléiques) qui provoqueront la fabrication d'éléments du virus par vos propres cellules.

 

Or il n'est pas sûr que celui de Pfizer empêche la contamination, la réinfection ou la contagion: on ne sait pas précisément à quoi il sert. Quant à celui de Moderna, selon le propre aveu du labo, c'est un operating system...

 

Le principe d'un vaccin est le suivant: on vous injecte le virus désactivé et ça vous soigne.  Seulement si l'on prend le cas d'AstraZeneca, sa mise au point a été laborieuse, mais comme la France en a commandé 28 millions de doses, on ne va pas gâcher! 

 

Le point commun de ces labos est qu'ils ont tous été condamnés par le passé à de fortes amendes pour, par exemple, promotion illégale ou pratiques abusives, et que les contrats actuels passés avec eux leur assurent l'impunité en cas de problèmes...

 

 

LA VÉRITÉ SUR LES TRAITEMENTS

 

En France, l'État a choisi les vaccins pour soigner, alors qu'il y a incertitude sur leurs effets. En revanche il interdit de parler des traitements qui marchent contre la Covid-19.

 

Le Professeur Perronne revient sur l'hydroxychloroquine (Plaquenil) qui fait partie de ces traitements qui marchent et dont de nombreuses études confirment maintenant qu'elle est efficace quand elle est administrée à un stade précoce.

 

Seulement le gouvernement s'est basé sur l'étude bidon parue dans le Lancet pour l'interdire: Le ministre de la santé est-il revenu sur sa décision d'interdiction de l'hydroxychloroquine? Jamais. A-t-il seulement reconnu s'être précipité sur des études ayant fait scandale? Non plus. Il a persisté et signé.

 

Le Professeur revient également sur l'azithromycine, qui, associée à l'hydroxychloroquine, donne d'excellents résultats sur les personnes âgées. Utilisée seule depuis l'interdiction de cette dernière, elle est prescrite en masse, avec succès.

 

De nombreux médecins, dont le Professeur, ont demandé à pouvoir prescrire l'Ivermectine, qui, selon de multiples études, guérit de la Covid. En vain: Il se trouve juste que la boîte d'Ivermectine coûte 8,57 euros; celle de Plaquenil, 4,17 euros et celle d'azithromycine, 9,44 euros. Le Remdesivir en revanche, c'est 1970 euros le traitement. Et justement...

 

Le Professeur parle de traitements dont on ne nous a jamais parlé: l'Artemisia et la Nigelle; et de choses qu'on ne nous a jamais dites, à savoir qu'il vaut mieux prévenir que guérir et donc que pour faire face à un virus il faut renforcer les défenses immunitaires. C'est possible avec la vitamine D, la vitamine C, le zinc et le magnésium.

 

 

LA VÉRITÉ SUR LES TESTS, LES CONTAMINATIONS, LES CONFINEMENTS...

 

Pour avoir les résultats des tests PCR on fait ce qu'on appelle des cycles: En temps normal, pour trouver la présence d'un virus chez un patient on fait entre 35 et 40 cycles. Mais, pour le coronavirus, on en réalise entre 40 et 45. Ce qui permet de trouver du coronavirus quelque part...

 

Les personnes testées positives ne sont pas forcément contagieuses, comme le montre une étude de l'université de Harvard selon laquelle 90% d'entre elles ne seraient quasiment pas porteuses du virus.

 

L'OMS a dit deux fois [...] (en avril 2020 et dernièrement) ne pas préconiser le confinement comme mesure principale de lutte contre l'épidémie. Pourtant le gouvernement français continue, alors que les confinements répétés mènent les économies à la mort, ou en tout cas en réanimation.

 

 

LA VÉRITÉ SUR LE SYSTÈME DE SANTÉ

 

Qui décide en matière de santé publique? Ce sont, au sommet, le Président de la République, le Premier ministre, le Ministre de la Santé.

 

Qui les conseillent? Douze administrations et services:

- la Direction générale de la santé, DGS

- la Direction générale de l'offre de soins, DGOS

- la Direction générale la cohésion sociale, DGCS

- la Direction de la sécurité sociale, DSS

- la Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés, CNAMTS

- les Agences régionales de santé (au nombre de 18), ARS

- l'agence Santé publique France

- l'Agence nationale de sécurité du médicament, ANSM

- la Haute autorité de santé publique

- le Haut conseil de la santé publique, HCSP

- l'Académie nationale de médecine

- le Comité consultatif national d'éthique

 

Comme si cela ne suffisait pas, Emmanuel Macron en a créé dix autres:

- le Conseil scientifique

- le Comité analyse, recherche et expertise, CARE

- le Comité vaccin Covid-19

- le Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale

- le Comité de contrôle et de liaison Covid-19, CCL-COVID

- le Comité vaccinal des citoyens (35 tirés au sort)

- la Task Force vaccins

- le Conseil de défense

- la Cellule interministérielle de gestion de la crise Covid

- le Comité technique des vaccinations de la Haute autorité de santé

 

Enfin il y a une conseillère mandatée pour gérer la communication de crise.

 

Tout ça, et la paperasse qui va avec (et sans doute à cause de ça), pour ne rien comprendre à la crise...

 

 

ILS ONT COMPRIS

 

Le Professeur, dans son introduction, écrit: Taïwan comptabilise 9 morts du coronavirus mi-février 2021. La Nouvelle-Zélande, 25 à la même date. En Islande, à la même période, 29 morts. En Finlande, 710; et en Norvège, 592.

 

Y a-t-il des similitudes entre ces pays très différents les uns des autres? La réponse est oui. Ils ont comme similitudes:

- de n'avoir jamais confiné leur pays en leur entier

- d'avoir testé en masse,

- d'avoir très vite isolé les patients infectés,

- d'avoir beaucoup communiqué,

- de ne pas avoir installé de climat angoissant, et d'avoir fait appel à la responsabilité de chacun,

- d'être tous dirigés par des femmes...

 

 

ILS N'ONT TOUJOURS RIEN COMPRIS

 

Le Professeur rappelle tous les ratages du gouvernement, les mensonges sur l'hôpital et le nombre de lits de réa, sur les masques, sur les tests, sur les contaminations, sur les confinements, sur les chiffres des morts, sur les modélisations.

 

Les résultats sont là: calamiteux. Pourquoi? Parce qu'on gouverne par la peur, avec les chiffres, les mots, les images. Et ce sont les libertés qui reculent devant l'extension des pouvoirs.

 

On dicte aux gens comment ils doivent vivre, ce qu'ils doivent acheter et où, comment ils doivent se distraire, comment ils doivent faire l'amour (au Canada), ce qui est essentiel pour eux et ce qui ne l'est pas.

 

On les infantilise, on les punit quand ils ne sont pas sages, on les félicite quand ils le sont, on les culpabilise et on les empêche de se révolter, on crée des tyrans et on réveille des petits chefs. Tout cela a un nom que le Professeur ne prononce pas mais qu'il faut bien appeler totalitarisme mou.

 

On ne délibère plus au Parlement, on fait taire les opposants politiques, on disqualifie les voix divergentes, on les censure, on les punit. Tout cela a un nom que le Professeur ne prononce pas non plus mais qu'il faut bien appeler dictature.

 

Alors l'avenir est sombre, que ce soit sur les plans médical, psychologique, social, économique et, même, écologique. Alors, en voyant ce désastre présent et annoncé, le Professeur a un rire nerveux, le rire de celui qui ironise pour ne pas se mettre en colère.

 

 

RETROUVER LA LIBERTÉ

 

Dans son introduction, ce qui pourrait servir de conclusion, il fait l'éloge de la liberté qui aurait permis et permettrait d'élaborer une politique sanitaire digne de ce nom:

 

Il est urgent de retrouver ce qui est censé être l'une de nos spécificités: la liberté de débattre, la liberté d'expression, la liberté de ne pas se faire insulter parce qu'on est favorable - ou opposé - à tel ou tel traitement. Bref, la liberté que la France a si longtemps porté en étendard dans le monde. 

 

Francis Richard

 

Décidément, ILS n'ont toujours rien compris, Professeur Christian Perronne, 288 pages, Albin Michel

 

Livre précédent:

 

Y a-t-il une erreur qu'ILS n'ont pas commise? (2020)

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26 février 2021 5 26 /02 /février /2021 23:55
De la démocratie en Pandémie, de Barbara Stiegler

Dans ce tract, qui fait quelques dizaines de pages, Barbara Stiegler commence par dire avec Richard Horton, le directeur de The Lancet, que la Covid-19 n'est pas une pandémie mais une syndémie, un néologisme qui signifie:

 

Une maladie causée par les inégalités sociales et par la crise écologique entendue au sens large.

 

Après cette déclaration liminaire, on peut s'attendre au pire avec ce texte, fruit d'une longue conversation entre cette professeure de philosophie politique et des collègues, chercheurs, enseignants, étudiants, soignants, citoyens, proches et amis.

 

Ce document revisite les neuf derniers mois de l'année 2020. L'auteure y cherche à comprendre l'origine de ce qu'on a appelé la pandémie et parcourt les trois étapes de la politique sanitaire menée en France pendant tout ce temps.

 

 

DES CAUSES ENVIRONNEMENTALES

 

Pour elle, l'épidémie ne serait pas un simple aléa naturel . Elle aurait des causes environnementales... Le péché originel des gouvernants serait de l'avoir dissimulé... La suite permet de bien comprendre tout ce qu'elle veut dire par là.

 

Avec Horton, elle dit que la réponse à cette syndémie ne se trouve en réalité ni dans le laisser-faire meurtrier ni dans les stratégies radicales d'enfermement: une myriade de mesures d'une tout autre nature auraient pu s'imposer.

 

Ce qu'elle voit, c'est d'une part un développement économique aberrant et d'autre part un sous-développement de presque tous les systèmes sanitaires où un arsenal biotechnologique coûteux aurait été privilégié à leur détriment:

 

Empêcher les stocks et réguler les flux...

 

 

ET L'ÉTAT OBÈSE ?

 

Ce qu'elle ne voit pas et ne dit pas, c'est que la France est en tête en Europe pour les dépenses de santé, notamment publiques (80% du total en 2019), et qu'elle dispose pourtant de bien moins de lits d'hôpitaux que les autres grands pays.

 

L'État obèse ne serait-il pas le problème? Mais elle ne (se) pose pas la question en ces termes. Pourtant la France est championne toutes catégories des prélèvements obligatoires et c'est la raison de son faible développement économique.

 

Or, quand le développement économique d'un pays est faible, la pauvreté s'accroît de même que les inégalités, ne serait-ce que parce l'État se présente comme le redistributeur des richesses en spoliant les uns au bénéfice de ses clients...

 

 

LE CONTINENT MENTAL

 

S'il n'y a pas de pandémie, au sens d'un mal qui frapperait tout le monde partout et n'importe quand, elle l'emploie, avec une majuscule, pour désigner le continent mental qui, parti de Chine communiste, s'impose désormais en Occident.

 

Ce continent mental a sa novlangue: confinement, reconfinement, déconfinement, traçage, application, cas contacts, clusters, quarantaine, attestation de déplacement dérogatoire, distanciation sociale, relâchement, gestes barrière etc.

 

Les gouvernants - qu'elle qualifie de néolibéraux alors qu'ils sont de purs étatistes - savent mieux que les gouvernés, ces inaptes, ce qui est bon ou mauvais pour eux, ce qui est l'essentiel ou l'inessentiel, et culpabilisent ces indisciplinés.

 

 

LE NUDGING VERSUS LA DÉMOCRATIE...

 

Ce qu'elle reproche aux gouvernants, c'est de recourir au nudging, c'est-à-dire à la manipulation du savoir pour fabriquer le consentement, à la modification des comportements par la modulation des environnements via leur novlangue.

 

Les gouvernants ont profité d'effets d'aubaine pour porter atteinte aux libertés publiques (pas seulement, mais aussi à nombre de libertés individuelles) dans les domaines qu'elle connaît, ceux de la santé, de l'éducation et de la recherche.

 

Alors elle enjoint tous ces acteurs à s'unir, avec quelques autres, pour constituer des réseaux de résistance capables de réinventer la mobilisation, la grève et le sabotage, en même temps que le forum, l'amphithéâtre et l'agora...

 

Francis Richard

 

De la démocratie en Pandémie, Barbara Stiegler, 64 pages, Gallimard

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18 février 2021 4 18 /02 /février /2021 23:55
Emmanuel Macron en donneur de leçons sur la vaccination en Afrique

Alors que sa politique sanitaire s'est révélée particulièrement calamiteuse depuis un an, le président socialiste Emmanuel Macron donne sans vergogne des leçons à des homologues africains sur la vaccination.

 

Il ne faudra pas oublier que le président socialiste a considéré qu'il revenait à l'État de lutter contre l'épidémie. Or les hommes de l'État, qu'ils soient fonctionnaires ou politiciens, sont tout sauf des entrepreneurs.

 

 

L'ÉTAT CRÉE DES PÉNURIES

 

Aussi ne savent-ils faire qu'une chose en voulant tout diriger dans un domaine, c'est d'y créer des pénuries: ce furent celle des masques, puis celle des lits de réanimation, enfin celle des tests; maintenant c'est celle des vaccins.

 

Cette politique, centralisée au niveau du pays, avec pour conséquence ces pénuries, n'a pas fait réfléchir le président socialiste: il est de ceux qui ont chargé l'UE d'être la centrale d'achats des vaccins et de négocier leurs prix.

 

Or tout le monde sait que, quand on achète quoi que ce soit à prix sacrifié, on n'en a que pour son argent, c'est-à-dire que, même si la qualité du produit reste la même, le service laisse alors à désirer. Car tout a un coût.

 

 

LES RÉALITÉS DU TERRAIN

 

La notion de coût est quelque chose que le président quoi qu'il en coûte (l'expression est révélatrice) a du mal à se représenter. À sa décharge ce ne sont pas choses que l'on apprend à l'ENA, où l'on est loin des réalités du terrain. 

 

Le terrain est abstrait pour lui. Aussi ne s'est-il pas montré plus perspicace que la plupart de ses homologues occidentaux en choisissant la destruction massive de l'économie, de la société et de la santé1 en confinant peu ou prou.

 

Alors que dans d'autres pays, au moins, un traitement précoce des patients était laissé à l'initiative des médecins, en France, l'État Macron supprimait la liberté de prescrire: en connaîtra-t-on jamais l'invisible coût humain?

 

 

HORS DES VACCINS POINT DE SALUT

 

Le choix du président est, depuis le début, de lâcher la proie des remèdes pour l'ombre des vaccins. Persévérant dans l'erreur, il croit que, si tout le globe n'est pas vacciné, le virus continuera de tourner et de faire des variants.

 

Le 17 février 2021, il s'est entretenu avec ses homologues d'Égypte, du Sénégal, d'Afrique du Sud, de la République démocratique du Congo et des Comores. Il a jugé inexplicable et intolérable l'inégalité d'accès de leurs pays aux vaccins.

 

Mais l'accès aux vaccins - dont l'efficacité reste hélas sujette à caution - est une chose, arriver à vacciner en est une autre. Les grands pays de l'UE, France y compris, ont réussi à ce jour à vacciner entre 3 et 4% de leur population...

 

Si on veut à tout prix être vacciné, tous comptes faits, il vaut mieux, en Europe, ne pas être ressortissant de l'UE. En Suisse, 6,3% ont été vaccinés et au Royaume-Uni, 23,37%, du moins selon les chiffres de The Coronavirus App.

 

 

LA MORTALITÉ COVID PLUS FAIBLE EN AFRIQUE QU'EN FRANCE

 

Pour ce qui est de l'Afrique, il y a peu de données de vaccination, mais, si l'on va sur le site de l'OMS, on remarque que le nombre de morts pour 1000 habitants, à ce jour, y est beaucoup plus faible que celui de la France qui est de 1,2529.

 

Prenons les pays représentés lors de la visioconférence du 17 février 2021:

- Égypte: 0,0976

- Sénégal: 0,0480

- République d'Afrique du Sud: 0,8217

- République démocratique du Congo: 0,0066

- Comores: 0,1596

 

Bon sang, mais c'est bien sûr!, comme dirait le commissaire Antoine Bourrel dans la série télévisée Les cinq dernières minutes, un des pays les plus touchés au monde par le paludisme est la République démocratique du Congo2...

 

Et vous savez quoi? En Afrique, l'hydroxychloroquine est, depuis des décennies, un remède courant contre le paludisme endémique, justement... Comme diraient cette fois Les Inconnus, mais, cela ne nous regarde pas!

 

Francis Richard

 

1 - La santé - c'est évident, mais pas pour les hommes de l'État - ne se résume pas aux mesures sanitaires...

2 - Autre pays très touché par le paludisme, le Nigeria a un nombre de morts Covid pour mille habitants de 0,0084...

 

Annexe

Pays Population en
millions
Morts COVID
(OMS 18.02.2021)
Morts par
millier d'habitants
France 66 82 692 1,2529
Égypte 104 10 150 0,0976
Sénégal 16 769 0,0480
République démocratique
du Congo
105 694 0,0066
République d'Afrique
du Sud
59 48 478 0,8217
Comores 0,846 135 0,1596
Nigeria 214 1 787 0,0084
       
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30 décembre 2020 3 30 /12 /décembre /2020 20:25
Les Réprimés II, de Virginie Anselot

Dans le premier volume des Réprimés, Virginie Anselot annonçait son envoi, le 4 mai 2020, d'une protestation à la Cour de Justice de la République sous la forme d'une plainte en justice (qui figurait en annexe du livre) contre les ministres responsables de crimes et délits commis lors de leur gestion de la crise de Covid-19.

 

Dans ce deuxième volume, les Réprimés II, qui, comme le premier, est conçu pour ne pas oublier la répression que l'État exerce en France sur la population, elle indique que sa plainte a été considérée comme irrecevable par cette institution étatique. Cela ne l'a pas surprise parce qu'elle ne se faisait aucune sorte d'illusion particulière:

 

À ma connaissance, la CJR a réceptionné plus de 90 plaintes concernant l'église de la sainte trouille. La mienne fut noyée par la commission farfadet de la cour avec pas moins de 33 autres, sans parler de celles jetées dans les oubliettes.

 

Sa démarche n'a pourtant pas été inutile, puisqu'elle lui a donné l'occasion de se renseigner sur cette institution qui occupe la totalité d'un hôtel particulier rue de Constantine, dans le VIIème arrondissement parisien (800 mètres carrés, loyer annuel de 450.000 € inclus dans un budget de 871.000 €, six personnes).

 

Les plaintes ont en fait été traitées par 8 personnes qui ont mis 2 mois pour prendre une décision à l'arrache et 3 semaines de plus pour l'écrire collectivement et non individuellement. À quoi sert la CJR? À rien, puisqu'elle a été incapable de rendre une décision étayée par des arguments objectifs:

 

Le but de l'opération magistrale de l'état de droit, n'étant pas d'assurer un quelconque droit naturel et légitime à quiconque, il en résulte que tout ce beau monde, politiciens, magistrats, juristes et avocats, gravite autour de l'état qui légifère sans cesse pour sa propre cause. Et donc la leur, indirectement.

 

Sans désemparer, Virginie Anselot a continué l'exercice auprès la justice européenne. Elle a donc adressé le 4 novembre 2020 une requête auprès de la CEDH (Commission européenne des droits de l'homme). Elle ne se faisait pas davantage d'illusion sur cette institution.

 

Elle n'a pas été déçue. Elle a juste été surprise par la rapidité de la réponse. En effet cette institution continentale qui ne vaut guère mieux que l'institution nationale lui a répondu en date du 6 novembre 2020 et le courrier, reproduit dans le livre, a été déposé par le facteur dans sa boîte aux lettres le 13 novembre 2020:

 

Le courrier semble être un courrier type, qui laisse à penser que la CEDH n'a pas pris la peine de lire la requête, ni de s'y pencher sérieusement, ayant déjà prévu qu'elle n'entendrait aucune plainte de ce type.

 

Cette fois, pour ceux qui se feraient encore des illusions sur la justice étatique, la démonstration est faite que les institutions étatiques, françaises ou pas, se fichent totalement de nos droits et du plus fondamental, de notre liberté. Le plus beau est que la missive est signée par le Chef de la section de filtrage...

 

En dépit de ce constat affligeant, elle encourage ses lecteurs à faire de même qu'elle (en annexe le mode d'emploi est indiqué), pour qu'ils montrent à leur tour aux autres comment sont maltraités leur droit et leur vie, et à encourager ces autres à le faire aussi:

 

Cela devrait leur donner envie de ne plus voter et de ne plus croire aux inepties des états.

Cessez de verser le moindre crédit aux états:

- Apprenez à vivre sans les faux services de l'état qui nous trompe, qui nous ruine, qui nous asservit.

- Organisez votre sécession.

 

Francis Richard

 

Les Réprimés II, Virginie Anselot, 116 pages, Amazon

 

Volume précédent:

Les Réprimés, Virginie Anselot, 184 pages, Amazon

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18 décembre 2020 5 18 /12 /décembre /2020 23:55
Covid, confinement et liberté, une conférence de Patrick de Casanove

Ce soir, entre 18h30 et 19h30, Patrick de Casanove a fait une conférence sur le thème: Covid, confinement et liberté. Cette conférence était organisée par le Cercle Frédéric Bastiat dont il est le président.

 

(C'était une conférence virtuelle puisque, désormais, la société française est tellement malade qu'il lui faut éviter toute convivialité qui pourrait la guérir...)

 

Patrick de Casanove est aujourd'hui médecin en Ehpad, l'acronyme, typiquement technocratique, pour établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes...

 

Avant d'en venir au vif du sujet, il rappelle que Frédéric Bastiat fonde sa pensée libérale sur les droits naturels. Dans La loi, il en dénombre trois à partir desquels tout le reste découle: Personnalité, Propriété, Liberté.

 

Ce sont des droits naturels parce qu'ils sont inhérents à la nature de l'homme. Bastiat précise que ces trois choses sont antérieures et supérieures à toute législation humaine. Aussi l'État ne peut-il avoir d'autre rôle que de les protéger.

 

 

COVID

 

Au sujet de la Covid-19, qui est le nom donné à la maladie, il faut distinguer trois choses:

- l'infection qui est causée par le virus SARS-CoV-2;

- l'épidémie qui est l'apparition et la propagation de cette maladie due à cette infection;

- la crise sanitaire qui est liée au traitement politique de l'épidémie.

 

Tout le monde peut être touché par la Covid-19, mais c'est une maladie qui est peu mortelle (environ 0,05%), peu létale (environ 0,5%)1. Ce sont les personnes atteintes de comorbidité qui, dans la quasi totalité des cas, décèdent, à l'âge moyen de 84 ans, parmi lesquelles il y a davantage d'hommes que de femmes: en conséquence la Covid-19 ampute peu l'espérance de vie.

 

Au lieu que de laisser la liberté aux médecins de prescrire et de prendre en charge précocement les malades, l'État la leur a confisquée. Or l'exemple de Macron montre qu'il est possible d'être contaminé indépendamment des gestes barrière et du confinement qui sont les seuls remèdes proposés et imposés par l'État.

 

(on a appris à cette occasion que les repas limités à six convives ne sont bons que pour les vilains sujets: faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais...)

 

 

CONFINEMENT

 

Le 16 mars 2020, Macron a déclaré la guerre au virus couronné, mais, au lieu de demander aux Français de le combattre, il leur a dit: planquez-vous, restez chez vous. Ses mots d'ordre se traduisaient par:

- confiner tout le monde sans séparer les personnes saines des personnes malades;

- instiller la peur avec ce vocabulaire guerrier, tout en interdisant de prendre les armes pour se défendre;

- vivre dans un monde stérile, désinfecté, bref inhumain.

 

Macron avait parlé. Il n'était pas question de discuter la pertinence du confinement. Pourquoi? Parce qu'il n'y avait pas d'autre choix, disait-il, ce qui était faux. Car si les médecins, qui sont les couteaux suisses de la médecine, avaient été libres de traiter les malades, de les prendre en charge précocement, la surcharge des hôpitaux et des lits de réanimation aurait pu en grande partie être évitée.

 

Par ailleurs, il est difficile de dénombrer les décès dus au confinement, de même que les dégâts psychologiques chez tous ceux - la liste est longue - qui ont dû cesser leur activité ou l'exercer dans de mauvaises conditions. Car le confinement n'apporte même pas la sécurité.

 

Le confinement n'est pas un traitement médical, mais un traitement politique, pour pallier notamment les insuffisances d'un système de santé incapable d'encaisser le choc après que l'État, centralisé à l'extrême, l'a fragilisé et a supprimé nombre de lits d'hôpitaux.

 

Le confinement est une contrainte de plus de l'État. En privant de plus en plus les Français de libertés, l'État instaure un système totalitaire. Or, quand les libertés ne sont pas respectées, il y a davantage de dégâts...

 

 

LIBERTÉ

 

Au lieu de confiner, il aurait fallu:

- préserver l'activité économique;

- laisser aux médecins leur liberté de prendre en charge et de soigner à un stade précoce (contrairement à ce qui se dit: on sait le faire; c'est une connaissance d'expérience);

- rendre chacun responsable de se rendre au travail, d'aller au restaurant, de se distraire, etc. en prenant des précautions: quand on explique clairement aux gens ce qu'ils doivent faire (c'est le rôle des médecins), on n'a pas besoin d'amendes pour qu'ils le fassent.

 

La crise sanitaire n'aurait pas dû se produire. Ce n'était pas à l'État de s'occuper de l'épidémie, car il n'a fait que:

- gouverner par la peur;

- infantiliser les gens;

- détruire les libertés, ce qui rend et rendra les gens incapables de faire face à toute nouvelle épidémie.

 

Les libéraux ne cherchent pas à prendre le pouvoir, mais à le rendre aux gens, ce qui n'intéresse évidemment pas les hommes de l'État...

 

Francis Richard

 

1 - C'est pourquoi le vaccin, en l'occurrence, est un leurre...

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16 novembre 2020 1 16 /11 /novembre /2020 23:55
Et si Didier Raoult avait raison ?, de Guy Courtois

Guy Courtois est consultant en stratégie. Il a mené cette enquête comme l'aurait fait un directeur de projet à la tête d'une équipe de 40 personnes, dont 9 ont souhaité conserver l'anonymat pour des raisons évidentes d'appartenance au milieu médical.

 

Ce livre présente la situation de la pandémie à la date du 1er juillet 2020 (la première édition date du 16 juillet 2020). Il s'agit de comprendre pourquoi ce que Guy Courtois appelle la méthode Raoult n'a pas été appliquée et quelles en sont les conséquences. 

 

Pour l'auteur il était inimaginable à ce moment-là de penser qu'un deuxième confinement aurait lieu quatre mois plus tard, que le professeur Didier Raoult serait traduit devant le Conseil de l'Ordre des Médecins et que l'État français persévérerait dans l'erreur.

 

 

LA MÉTHODE RAOULT

 

La méthode Raoult ne vient pas directement de Didier Raoult. L'équipe a décidé de la nommer ainsi après analyse des différentes préconisations et interviews qu'il a accordées. Il ne faut donc pas la confondre avec le protocole de traitement Raoult basé sur une bithérapie.

 

Cette méthode, employée par nombre d'infectiologues dans le monde, repose sur quatre éléments:

 

- Protéger: il faut porter le masque quand on est malade ou que la distanciation physique ne peut être respectée (le cas des soignants), se laver régulièrement les mains à l'alcool etc.

 

(par principe de précaution l'auteur est favorable au port du masque généralisé...)

 

- Tester: il faut procéder à un dépistage massif

 

- Isoler les malades: il faut le faire pour éviter la contamination des autres

 

- Traiter: il faut soigner les malades et laisser aux médecins la liberté de prescrire et aux patients de choisir le traitement après avoir été informés.

 

Cette méthode claire, nette et précise, est la stratégie qu'il aurait certainement fallu adopter pour que l'épidémie ne se répande pas dans la plupart des pays dits avancés, qui n'en sont pas sortis à ce jour avec de lourdes conséquences passées, présentes et à venir.

 

 

LE PROTOCOLE DE TRAITEMENT RAOULT

 

Le protocole de traitement Raoult repose sur une combinaison d'un antibiotique (qui peut avoir des propriétés antivirales), l'azithromycine, et d'un dérivé de la chloroquine (qui a des propriétés antivirales), l'hydroxychloroquine, en début de phase infectieuse.

 

La dose de cette dernière dans le protocole est de 600mg par jour, avec administration de potassium (le virus couronné en fait baisser le taux) et réalisation d'électrocardiogrammes. Ce médicament utilisé depuis 1934 pour lutter contre la malaria n'est pas dangereux.

 

Ce protocole à bas prix, dont la balance bénéfices/risques est positive, s'est révélé efficace à Marseille et ailleurs. Des études l'ont désavoué,  mais elles étaient biaisées (elles ne correspondaient pas au protocole) ou étaient falsifiées comme celle du Lancet publiée le 23 mai 2020.

 

 

POURQUOI LA MÉTHODE RAOULT N'A-T-ELLE PAS ÉTÉ APPLIQUÉE ?

 

Si elle avait été appliquée, cette méthode aurait évité à la France d'être confinée une première fois et, maintenant, une deuxième. Mais elle ne l'a pas été en France comme dans d'autres pays pour sept raisons que Guy Courtois et son équipe ont identifiées:

 

- La personnalité de Didier Raoult, bien qu'il soit une sommité dans son domaine de compétence

 

- L'impréparation des États: pas de masques, pas de tests etc.

 

- Le lobbying des laboratoires pharmaceutiques (notamment de Gilead avec son Remdesivir, coûteux et aux effets secondaires nocifs) auprès de l'OMS, des autorités sanitaires, des médecins, des influenceurs, c'est-à-dire tous ceux qui, ayant de tels conflits d'intérêts, se sont opposés au protocole Raoult et ne voient de salut que dans d'hypothétiques vaccins... 

 

- Les faiblesses de l'OMS qui, pendant la crise, a changé plusieurs fois d'avis sur l'hydroxychloroquine

 

- La politisation du débat avec les soutiens de Donald Trump et de Jair Bolsonaro, qui ont servi de repoussoirs

 

- La polémique sans fin des essais et des études

 

- La faiblesse des médias qui n'ont pas joué leur rôle de contre-pouvoirs.

 

 

LES CONSÉQUENCES

 

La peur devant cette maladie inconnue s'est emparée des populations du monde entier, alimentée par les discours graves des dirigeants politiques et par le traitement médiatique de la pandémie. Les théories complotistes et les fausses nouvelles en ont été favorisées.

 

Le confinement des populations dans un grand nombre de pays a été présenté comme indispensable et comme le seul choix possible, plutôt que de ne rien faire comme la Suède, qui a eu une mortalité plus élevée que la France mais moins que l'Italie ou l'Espagne.

 

(aujourd'hui il n'y a pas, comme dans d'autres pays européens de redémarrage de la mortalité en Suède...)

 

L'économie mondiale s'est effondrée. Les pays les plus touchés sont ceux où le confinement a été le plus sévère. Si des pays comme la France ont amorti l'impact par des mesures sociales, l'auteur est bien en peine d'expliquer comment elles seront financées.

 

(l'auteur parle du retour de l'État, mais il ne voit pas que l'État est le problème et non pas la solution: plus l'État veut réguler l'économie, plus il crée de pénuries...)

 

Ce sont les pays tels que Hong Kong, Singapour ou la Corée du Sud qui n'ont pas confiné mais ont appliqué la méthode Raoult qui ont la mortalité la plus faible à la date du 16 juillet 2020, de même que des pays africains où l'hydroxychloroquine est un médicament connu.

 

 

QUELS CHANGEMENTS ET SOLUTIONS POUR L'AVENIR ?

 

La plupart des changements et solutions suggérés correspondent à une vision du monde collectiviste. Exemples: réduction des inégalités ou du temps de travail, croissance et plan de relance verts, restauration de l'hôpital public, réforme de l'OMS, Europe de la santé.

 

Ce livre fait des voeux en contradiction avec le retour de l'État: impliquer la médecine libérale, décentraliser en donnant plus de pouvoir aux IHU ou aux ARS, favoriser les initiatives de terrain, bref tout ce qu'un État, jacobin ou pas, est par essence incapable de faire.

 

Par contre, faire connaître, à tous les niveaux de décisions, la méthode Raoult, qui est rationnelle, est souhaitable non seulement parce qu'elle est efficace, mais parce qu'elle fait appel à la responsabilité individuelle sans laquelle elle ne peut pas fonctionner.

 

De même est efficace et responsable l'approche clinicienne : elle se fonde sur l'expérience du terrain, la proximité avec les patients, l'auscultation précise et la découverte progressive de ce que peut être une maladie nouvelle. Cette approche s'oppose à celle des chercheurs méthodologistes.

 

Francis Richard

 

Et si Didier Raoult avait raison ?, Guy Courtois, 784 pages, Investigation Éditions

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23 août 2020 7 23 /08 /août /2020 22:55
Covid: Anatomie d'une crise sanitaire, de Jean-Dominique Michel

Un anthropologue médical [...] n'est [...] pas un chercheur en sciences fondamentales ni un médecin, mais quelqu'un dont le métier est d'analyser la recherche et la pratique médicale pour en percevoir bien sûr la validité, mais aussi l'idéologie, les présupposés, les systèmes de croyances explicite et implicite.

 

C'est en tant qu'anthropologue médical que Jean-Dominique Michel, qui tient un blog hébergé par la Tribune de Genève (Anthropo-logiques), publie Covid: Une anatomie de la crise sanitaire.

 

La crise sanitaire a été d'autant plus grande dans des pays comme la France, ou la Suisse (à un moindre degré), que les autorités se sont contentées de confiner plutôt que de dépister et de traiter.

 

 

DÉPISTER

 

Au moment où son livre est disponible en version numérique, le 21 mai 2020, alors que le dépistage n'a pas encore commencé à large échelle dans l'un et l'autre pays, ses propos sont prémonitoires:

 

C'est un classique en épidémiologie: si vous ne dépistez que les morts, vous parviendrez à 100% de taux de mortalité ! Si vous ne testez que les cas critiques, vous en aurez moins, mais toujours plus qu'en réalité. Si vous pratiquez des tests à large échelle, vous aurez beaucoup de cas, alors que si vous dépistez peu, leur nombre sera faible.

 

 

TRAITER

 

Quand Jean-Dominique Michel apprend les résultats obtenus avec leur protocole par le professeur Didier Raoult et ses huit cents collaborateurs, il écrit sur son blog que c'est une bonne nouvelle:

 

Au lieu de l'accueillir avec joie, les autorités et les scientifiques rivalisent de critiques. Ils concentrent leurs attaques sur le fait qu'on ne peut tirer de conclusions sur la base d'essais cliniques. [...] Une réplication par d'autres équipes est requise, sans même parler d'une étude randomisée en double aveugle, le top of the tops des méthodes de recherche.

 

 

CONFINER

 

En attendant les répliques, il faut confiner, quoi qu'il en coûte, sans se soucier des conséquences économiques et sociales. Or, il s'avère dès avril, d'après de premières études, que le confinement a un coût humain très élevé:

 

Ce confinement vendu comme un pis-aller en l'absence de ce qui était nécessaire (tests de dépistage, suivi des chaînes de contamination, masques) aura, si l'on en croit ces premières études, été lui aussi toxique !

 

 

DRAMATISER

 

Les autorités et les scientifiques, incompétents face à la crise sanitaire, dramatisent donc pour justifier le confinement. Sinon, il y aura de nombreux morts, disent-ils, pour preuve les modélisations:

 

Ces modèles reposent [...] sur une amplification à l'extrême des variables possibles selon le scénario du pire. Si le pire par définition n'est pas impossible, il est improbable, en proportion du degré d'exagération des hypothèses.

 

(C'est la même technique de dramatisation qui est maintenant utilisée pour imposer le port du masque en tous lieux et circonstances, alors que la mortalité et les hospitalisations sont au plus bas, mais que les conséquences économiques et sociales vont devenir plus visibles)

 

 

L'EBM

 

L'idéologie dominante en matière de recherche médicale est l'EBM, evidence-based medecine, la médecine fondée sur des faits, des preuves tangibles, respectant certaines méthodologies de recherche:

 

L'EBM a été développée pour les maladies complexes, chroniques, pour l'essentiel non infectieuses. Ses méthodologies visent donc à objectiver certains traitements ou interventions thérapeutiques à large échelle dans des situations où il est difficile d'en prouver l'efficacité - ce qui justifie le recours à des statistiques souvent pointues.

 

 

LES ESSAIS CLINIQUES

 

Dans le cas des maladies transmissibles, l'EBM peut venir en soutien et assurément apporter des informations pertinentes, mais non se substituer à la complexité de la clinique. L'épistémologie de recherche, fondée sur une démarche empirique, y est beaucoup plus simple:

 

Soit un remède est efficace, soit il ne l'est pas. S'il l'est ne serait-ce que sur trois puis trente premiers malades, alors il le sera (avec sans doute quelques exceptions statistiquement infimes) également sur les trois mille suivants.

 

 

LA MÉDECINE EST UNE PRAXIS

 

Jean-Dominique Michel rappelle qu'un être humain ne se résume pas à une simple liste de variables biologiques - et c'est pourtant la seule chose que certains médecins savent envisager aujourd'hui.

 

Il ajoute: Qu'une variable biologique puisse donner une information utile sur une situation clinique, bien sûr, mais la médecine, fondamentalement, est avant tout une praxis, soit à la fois un art et une science.

 

Il précise plus loin: La médecine n'est pas là pour faire de la théorie, ou de savantes gesticulations, elle est là pour appliquer les meilleurs traitements disponibles et obtenir des résultats, qu'on sache les expliquer ou pas.

 

 

L'HYDROXYCHLOROQUINE

 

Au sujet de l'hydroxychloroquine, il trouve indéfendable que les autorités et les scientifiques aient risqué de laisser mourir des malades pour ne pas prescrire une substance parce que l'on n'était pas "absolument" certain de son efficacité.

 

Quant aux puristes, qui ne jurent que par l'essai randomisé en double aveugle, ils auraient sans doute voulu qu'on mette de côté des patients sans les soigner pour évaluer les dommages éventuels et disposer de meilleures données...

 

 

LA CORRUPTION SYSTÉMIQUE

 

En matière médicale, selon l'auteur, il y a une corruption systémique qui se caractérise par le fait que nul en particulier n'est pourri: le système l'est dans son ensemble, qui contraint chaque acteur à s'y résoudre, mais sans avoir à y participer activement.

 

N'est-ce pas tout simplement parce que les systèmes de santé sont étatiques, ce qui favorise les petits arrangements entre pouvoirs publics, industrie pharmaceutique et tous ceux qui reçoivent des bénéfices de celle-ci ?

 

 

LE "SERVICE MARKETING" DES PHARMAS

 

Il n'est pas étonnant dans ces conditions qu'il soit difficile pour nombre de médecins d'accorder leur confiance aux études financées par les pharmas, auxquels appartiennent d'ailleurs les grandes revues "scientifiques" qui en constituent en quelque sorte le service marketing.

 

Aussi, même quand une revue, que je sache, ne leur appartient pas, telle que The Lancet, cela ne veut pas dire qu'elle est fiable. Surtout depuis l'étude-bidon que celle-ci a publiée contre l'hydroxychloroquine, le 22 mai 2020, soit le lendemain de la parution de la version numérique du livre de Jean-Dominique Michel...

 

Francis Richard

 

Covid: Anatomie d'une crise sanitaire, Jean-Dominique Michel, 224 pages, humenSciences

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12 juillet 2020 7 12 /07 /juillet /2020 22:55
Les Réprimés, de Virginie Anselot

C'est dans la continuité que en fRance nous n'avons pas de pétrole et maintenant pas de masque de protection, mais des conseillers scientistes zétatistes créationnistes fabuleux qui nous zont fourgué ce folklore spectaculaire, pour le plus grand bonheur insoutenable de ses zélecteurs confinés pendant la rafle du Corona.

 

Dans son journal pendant la répression, qui rappelle Mon journal pendant l'occupation de Jean Galtier-Boissière, Virginie Anselot donne le ton avec ce passage écrit le 16 mars 2020. Tout le long du confinement, c'est-à-dire de l'enfermement des Français chez eux et malgré eux jusqu'au 4 mai 2020, elle relève toutes les atteintes aux libertés individuelles commises par les tas.

 

Car l'État s'est révélé une fois de plus le problème et non pas la solution. Au fil des jours, pendant cet épisode viral, comme s'il n'y avait jamais eu d'épidémie auparavant, les hommes politiques, par leurs décisions incohérentes et leurs discours contradictoires, par la dilapidation de ce qu'ils ont ponctionné, ont empêché les soignants de détecter et traiter et tué plus que n'a fait le virus.

 

Aussi ce journal est-il le cri de colère que poussent Les Réprimés. Très tôt, comme l'écrit Virginie Anselot le 19 mars 2020, les soignants et les gens savent ce qu'ils ont à faire pour leur santé comme l'ont fait avant eux leurs semblables en Corée du Sud, à Taïwan ou à Singapour. Mais, en France, l'État leur envoie les flics, demain l'armée, pour contrôler leur ausweiss et les verbaliser.

 

Le 24 mars 2020, elle écrit à propos de la chloroquine (qu'une professeure, préférée des plateaux TV et des merdias, considère comme dangereuse, alors qu'elle est utilisée depuis plusieurs décennies avec succès):

 

En fait, ce n'est pas le sujet de savoir si oui ou non le traitement du Pr Raoult doit être pris ou non.

Le sujet, c'est que le gouvernement décide de tout et de n'importe quoi pour tout le monde et l'impose par la force.

Tandis que le professeur Raoult propose un traitement qu'il n'impose à personne.

 

A la date du 4 avril, l'organigramme fonctionnel du système français de santé est représenté. A le parcourir, il n'est pas étonnant qu'il ne puisse pas fonctionner. Mais, bien sûr, il est interdit de penser, de dire, et même de constater qu'à l'évidence ce système n'est pas le meilleur du monde et, le 6 avril, que le système de santé allemand, privé et concurrentiel, fait beaucoup mieux...

 

Virginie Anselot parle de rafle Covid-19 et de répression routinière. Ce n'est malheureusement pas exagéré. Le 15 avril, par exemple, elle note que 650 drones ont été commandés par l'État pour 4 millions d'euros, ce qui indique sa priorité de réprimer tous azimuts. Et, le 22 avril, elle note le nombre faramineux d'amendes qui ont été dressées, un million, en un mois de temps seulement:

 

Chaque jour ces verbalisations scandaleuses allongent la liste des victimes, comme cette infirmière du Jura revenant sans attestation d'une nuit blanche à l'hôpital, ou cette grand-mère guettant sous les fenêtres de son mari en EHPAD.

 

Le même 22 avril, c'est l'intrusion illégale de trois policiers dans une église où six personnes assistent à une messe; et la tentative d'assassinat d'Amazon par un syndicat avec la complicité du tribunal de Nanterre; le 26 avril, c'est la traque par les gendarmes, de randonneurs dans le Lubéron; le 27 avril, c'est 132€ d'amende pour celui qui lave sa voiture dans une station-service etc.

 

Virginie Anselot écrit: Qui ne dit mot consent. Je ne consens pas. le 22 avril 2020, elle crée le groupe Les Réprimés sur Facebook et, le 4 mai 2020, elle envoie une protestation à la Cour de Justice de la République sous la forme d'une plainte en justice (qui figure en annexe du livre) contre les ministres responsables de crimes et délits commis lors de leur gestion de la crise de Covid-19.

 

Dans sa préface, qui s'adresse aux falsificateurs au service de la répression: l'Église de la Trouille et son bras séculierPaul-Éric Blanrue souligne, que ce qu'on voit, c'est le confinement; ce qu'on ne voit pas, ce sont ses effets collatéraux, désastreux du point de vue économique et même du point de vue sanitaire puisque, par exemple, les services de cancérologie ont été interrompus...

 

Le confinement aurait sauvé des vies, prétend-on, ajoute le préfacier. Il s'inscrit en faux. D'aucuns avaient annoncé que sans confinement de masse, le coronavirus ferait entre 300.000 et 500.000 morts en France. Les mêmes prétendent que leurs prévisions ont été validées parce que le nombre réel de morts se trouve en dessous, après confinement, ce qui est un vieux truc de charlatan:

 

Il s'agit du même principe que celui de l'expert-faussaire annonçant une crise économique. Si elle a lieu, il sera qualifié de divin prophète; si elle n'a pas lieu, il prétendra que c'est grâce aux mesures prises par les hommes politiques ayant suivi ses judicieux conseils.

 

A la fin de son livre, Virginie Anselot cite ce passage de Lao Tseu, extrait de son Tao te king, en introduction à une pure fiction visionnaire:

 

Plus il y aura d'interdits, plus le peuple sera pauvre... Plus il y aura de lois et de règlements, plus il y aura de voleurs et de brigands... Voilà pourquoi le Sage dit: je ne prends aucune initiative et le peuple se transformera de lui-même... Je ne m'engage dans aucune activité et le peuple prospérera de lui-même...

 

Francis Richard

 

Les Réprimés, Virginie Anselot, 184 pages, Amazon (avec la participation de Stéphane Geyres)

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10 juillet 2020 5 10 /07 /juillet /2020 22:45
Ce virus qui rend fou, de Bernard-Henri Lévy

Ce qui m'a le plus sidéré, ce n'est pas la pandémie.

Car cette sorte de désastre a toujours existé.

[...]

Non, le plus saisissant c'est la façon très étrange dont on a, cette fois-ci, réagi.

Et c'est l'épidémie, non seulement de Covid, mais de peur qui s'est abattue sur le monde.

 

Cette épidémie s'est caractérisée par la montée inquiétante du pouvoir médical. Pourquoi inquiétante? Parce que la vérité scientifique n'est jamais qu'une erreur rectifiée, comme le disait Gaston Bachelard, que ceux qui savent ne sont pas d'accord entre eux et que le souci de l'hygiène, quand il devient hygiénisme, ne peut avoir que des effets pervers.

 

Cette épidémie s'est caractérisée par des considérations morales. Le virus possédait une vertu cachée, il était une punition pour la déraison du monde, il était un avertissement ou un ultimatum de la nature, il s'accompagnait d'une catastrophe sociale, saluée par les jvouslavaisbiendistes de la gauche de la gauche aussi bien que de la droite de la droite.

 

Cette épidémie s'est caractérisée par le confinement heureux des repentis du divertissement. Pour ces confits en confinement, il était en effet le moment ou jamais de faire le ménage en soi et de retrouver cette relation de soi à soi qui est, sic, la plus riche des relations humaines, tout cela était l'exact contraire de ce que le métier d'homme a d'honorable.

 

Cette épidémie s'est caractérisée par la réduction de la vie aux seuls corps à laquelle nous avons volontiers consenti, sous l'empire du pouvoir médical, ou du pouvoir tout court s'emparant du pouvoir médical, ou de notre propre assujettissement aux deux. Ce qui explique pourquoi les livres ne furent pas comptés au nombre des produits de première nécessité.

 

L'épidémie s'est caractérisée par le fait que rien ne se passait plus à part le coronavirus: Alors, évidemment, ce rien était un leurre. La planète avait continué, et continue, de tourner de plus belle. La Chine continue d'avancer ses pions. Le reste du monde, bénéficiaire de la mondialisation, se détourne d'un Occident qui s'est autoverrouillé et s'y résigne.

 

Car celui qui revient de ces régions du monde, où brillent les moissonneurs de la mort, que trouve-t-il en Occident? 

 

Un monde de maîtres-chiens, c'est-à-dire de maîtres qui sont des chiens et qui dressent comme des chiens une humanité qui n'a le droit que d'aboyer quand on lui rappelle qu'elle est faite d'hommes, de gémir quand elle attrape un virus et de japper quand Monsieur Corona, notre roi, vient lui donner sa leçon comme on donne une pâtée, au double sens de pitance et de raclée. 

 

Francis Richard

 

Ce virus qui rend fou, Bernard-Henri Lévy, 112 pages, Grasset

 

Livre précédent:

L'esprit du judaïsme (2016)

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6 juillet 2020 1 06 /07 /juillet /2020 22:55
Y a-t-il une erreur qu'ILS n'ont pas commise?, du Professeur Christian Perronne

J'aurais aimé ne pas écrire ce livre, sur la crise du coronavirus, responsable du Covid-19.

 

Oui, mais le Professeur Christian Perronne l'a écrit. Car il s'est senti moralement obligé de raconter la crise sanitaire telle que lui et les Français l'ont vécue, pour ne pas oublier, pour demander des explications et pour qu'un jour certains rendent des comptes.

 

En l'occurrence, raconter cette crise c'est en même temps dresser un réquisitoire contre le président et son gouvernement, dont la gestion a été scandaleuse à plusieurs points de vue, onze pour être exact, que le professeur passe en revue en autant de chapitres.

 

Le premier scandale est bien sûr celui de la gestion des masques par l'État qui en a organisé la pénurie et qui a, par son imprévoyance et son impéritie, non seulement exposé ses soldats, les soignants, mais toutes les professions à l'infection au coronavirus.

 

Le deuxième est celui des tests qui était également en nombre insuffisant et qui auraient pu être produits par d'autres laboratoires que ceux de biologie médicale: refus leur a été signifié parce que tout doit être parfaitement validé et certifié avant d'être utilisé...

 

Le troisième est celui du Conseil scientifique, dont l'auteur donne des exemples de la politique: "on ne sait pas", "on attend", "on réfléchit" ou "on va y réfléchir" et qui comprend, entre autres, une anthropologue, et un spécialiste de haut niveau en numérique...

 

Le quatrième est celui des conflits d'intérêts de membres du Conseil scientifique avec l'industrie pharmaceutique, dont l'influence financière touche de grands journaux médicaux internationaux, qui font la pluie et le beau temps dans le monde médical...

 

Le cinquième est celui du confinement décidé après qu'ont eu lieu de grands rassemblements (Salon de l'Agriculture, matchs de foot) et le premier tour des élections municipales; et qui n'aurait pas été généralisé si on avait eu des masques et dépisté en masse:

 

Dans les pays où on a testé en quantité, mais jamais confiné, sauf les malades, les porteurs sans symptômes du virus et les personnes fragiles, il y a eu très peu de victimes.

 

Le sixième est celui de l'hydroxychloroquine, interdite par décret, puis autorisée dans les cas graves (quand elle ne sert plus à rien), alors que beaucoup de pays s'ils ne la recommandent pas l'autorisent. Ce qui choque, c'est l'autorisation du Rivotril:

 

Le ressenti des médecins a été: on nous refuse le seul médicament qui marche peut-être, mais on nous autorise exceptionnellement l'euthanasie en Ehpad ou à domicile des malades atteints du Covid-19.

 

Le septième est que certains savaient qu'on allait devoir faire face à une épidémie, qu'on était en pénurie de masques, que les hôpitaux français n'étaient pas armés pour faire face à un afflux de patients. Ils savaient mais n'ont rien fait, rien dit et même menti.

 

Le huitième est celui de l'absence de pilote dans l'avion. D'où des questions: y a-t-il épidémie ou pas? peut-on se rassembler ou pas? y a-t-il école ou pas? côté hôpital, cela va-t-il ou pas? va-t-on bosser ou pas? nationalise-t-on ou pas? enterre-t-on ou pas? etc.

 

Le neuvième est l'affirmation de tout et de son contraire. Le Conseil scientifique, le Ministre de la Santé, la Porte-parole du Gouvernement, le Premier Ministre, le Directeur général de la Santé, le Président de la République sont atteints d'imprécision aiguë.

 

Le dixième est la destruction programmée de l'hôpital public. L'auteur en donne la raison: Tous les hôpitaux ont augmenté leur activité et la sécu a dit stop: on ne peut plus payer. Nous n'avons pas les moyens de financer cette augmentation; et prêche pour sa paroisse.

 

C'est en fait tout le modèle social français, que le monde entier envie mais qu'il n'adopte pas, qu'il faudrait revoir, à commencer par la sécurité sociale étatique. Mais ce n'est pas le propos du Professeur Perronne qui s'en prend aux cliniques privées et aux généralistes...

 

Il est plus convaincant quand il dit que dans l'art d'exercice de la médecine, l'éthique, la déontologie, est cruciale. L'État veut la démolir, or, en dernier ressort, c'est au malade de décider quel traitement il va prendre et le médecin doit être libre de prescription.

 

Le onzième est que les Français sont méchants d'accuser leur gentil gouvernement de ne pas avoir été assez réactif, de ne pas avoir assuré l'intendance pendant la crise. Ils devraient rester unis derrière lui tant que la guerre n'est pas gagnée et... ne pas lui faire de procès.

 

Francis Richard

 

Y a-t-il une erreur qu'ILS n'ont pas commise?, Professeur Christian Perronne, 216 pages, Albin Michel

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  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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