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5 mars 2022 6 05 /03 /mars /2022 23:30
De l'esprit de conquête, de Benjamin Constant

Les Écrits politiques de Benjamin Constant, publiés en 1997 par Gallimard, comprennent plusieurs textes, dont De l'esprit de conquête.

 

La troisième édition de ce texte date de 1814. Elle comportait un deuxième texte, De l'usurpation. Ces deux textes visaient Buonaparte.

 

Pour l'écrivain franco-suisse, qui défendait le principe de la liberté en tout, il s'agissait de dénoncer ces deux fléaux, incarnés par un même tyran.

 

En raison des circonstances, le premier texte apparaît d'une brûlante actualité, puisqu'il traite du sujet de la guerre qui n'est pas toujours un mal.

 

La guerre, chez les nations modernes, n'est plus dans leur caractère. La gloire militaire n'est plus un but. L'époque est celle du commerce:

 

La guerre et le commerce ne sont que deux moyens différents d'arriver au même but: celui de posséder ce que l'on désire.

 

Or le commerce a cet avantage que le but peut être atteint sans coup férir, en plaçant même l'intérêt des sociétés en dehors de leur territoire:

 

La guerre a [...] perdu son charme [avec la nouvelle manière de combattre], comme son utilité. L'homme n'est plus entraîné à s'y livrer, ni par intérêt, ni par passion.

 

L'homme qui se livrerait à la guerre par intérêt, et non pas pour une cause, se séparerait par un abîme moral, du reste de l'espèce humaine

 

Contrairement à celui qui combat pour sa patrie et aspire au repos, à la liberté, à la gloire, il serait sans avenir et l'instrument d'un tyran insatiable.

 

Dans un système de conquête, la société se scinde en deux, entre les guerriers et la classe désarmée, qui leur apparaît comme un ignoble vulgaire:

 

Seul ce gouvernement [conquérant] est coupable, et nos armées ont seules tout le mérite du mal qu'elles ne font pas.

 

Pour les occuper et les tenir tranquilles, le souverain ne peut jamais redevenir pacifique: le système guerrier [...] contient le germe des guerres futures.

 

Le gouvernement doit alors corrompre la nation en lui parlant indépendance, honneur, arrondissement des frontières, intérêts commerciaux, prévoyance:

 

Les mensonges de l'autorité ne sont pas seulement funestes quand ils égarent et trompent les peuples: ils ne le sont pas moins quand ils ne les trompent pas.

 

Si les mensonges ne suffisent pas, le système a recours à la contrainte, sous forme d'espionnage et de délation, d'abandon des vertus inculquées:

 

C'est ce qu'on appelle raviver l'esprit public...

 

Avec la conscription, tout le monde est touché, le fils du commerçant, de l'artiste, du magistrat, le jeune homme qui se consacre aux études etc.:

 

La jeunesse se dira que, puisque l'autorité lui dispute le temps nécessaire à son perfectionnement intellectuel, il est inutile de lutter contre la force. Ainsi la nation tombera dans une dégradation morale, et dans une ignorance toujours croissante.

 

Les guerres ne profitent qu'à l'autorité et à ses créatures. Les peuples le savent bien: Une barrière morale s'élève entre le pouvoir agité et la foule immobile.

 

Les conquérants antiques se contentaient de l'obéissance des peuples et les laissaient vivre comme devant. De nos jours, ils veulent qu'ils leur soient uniformes:

 

La variété, c'est de l'organisation; l'uniformité, c'est du mécanisme. La variété, c'est la vie; l'uniformité, c'est la mort.

 

Aucun peuple ne peut indéfiniment en tenir d'autres en sujétion; tôt ou tard, ils l'auront en horreur. Son chef est le vrai coupable des excès qu'il commet:

 

C'est ce chef qui l'égare, ou, plus souvent encore, qui le domine sans l'égarer.

 

Les conquêtes sont à bannir de la terre, à flétrir d'une éternelle réprobation, car incompatibles avec les relations entre nations commerçantes, industrieuses, civilisées:

 

Une guerre inutile est donc aujourd'hui le plus grand attentat qu'un gouvernement puisse commettre.

 

Francis Richard

 

De l'esprit de conquête, Benjamin Constant, 62 pages, Gallimard

 

Autre écrit politique figurant dans ce volume de 880 pages:

 

De la liberté des anciens comparée à celle des modernes, 32 pages

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28 janvier 2022 5 28 /01 /janvier /2022 23:55
Retour vers La Révolte d'Atlas, de Virginie Anselot

Ce livre n'a pas vocation à devenir un texte fondateur, un grand classique, un manifeste, un manuel, une étude, un précis ou tout autre chose un ouvrage de référence.

Il est un bol d'air frais. Qui fait du bien. Pour vivre libre.

 

Ainsi parle François-René Rideau dans sa préface.

 

Dans la mythologie grecque, Atlas, l'un des Titans, qui ont été défaits lors d'une guerre par les dieux de l'Olympe, est condamné par Zeus à porter le monde sur ses épaules.

 

Dans Atlas Shrugged, sa célèbre dystopie, Ayn Rand imagine que des entrepreneurs, des géants dans leur domaine, font grève et se retirent du monde étatiste pour vivre libres.

 

Aujourd'hui des esprits libres remettent en cause l'actuelle société de servitude imposée par les tas. Virginie Anselot en fait le portrait et des noms apparaissent sous sa plume:

 

- Jean-David Nau

- Stéphane Geyres

- Daivy Merlijs

- Alain Genestine

- Jean-Louis Caccomo

 

(d'autres noms sont évoqués plus loin, tels Paul-Eric Blanrue, Marc-Henri Grunert ou Hippolyte Neuville)

 

Leur but à tous est de former des sociétés libres, sans état, des libéralies. La philosophie au fondement de ces sociétés est exprimée dans un manifeste en quatorze points:

 

- Primauté de l'individu

- Droit naturel

- Liberté

- Responsabilité

- Propriété

- Principe de libre consentement

- Principe de non-agression

- Principe de tolérance

- Principe de réalité

- Principe de négociation

- L'action et la production

- L'échange libre

- Le marché libre

- Le droit applicable

 

qui sont développés dans le livre (et qui sont énoncés par Stéphane Geyres).

 

La Libéralie existe, virtuellement. Les rencontres s'y font dans la Taverne libertarienne. Des enseignements y sont prodigués, des lectures proposées, telle La liberté par le marché.

 

Mais il arrive un temps où les idées et les pensées doivent conduire à entreprendre, pas à négocier avec l'ennemi impitoyable, ni à fuir ses propres responsabilités dans laquelle chacun participe:

 

Chacun de nous est un transmetteur, un échangeur de bien. Le mal n'est pas nécessaire, il n'y a aucune raison de lui obéir.

 

Concrètement, il faut faire sécession au sens étymologique de retrait. Comment? Non pas en attaquant l'état, mais en se servant de son péché mignon, la paperasserie.

 

Il faut abreuver les hommes de l'état de plaintes, faire en sorte qu'ils s'enlisent dans leur bureaucratie, dans leurs paperasseries, pour qu'ils explosent par où ils pèchent. 

 

Alors ils ne verront pas que vous êtes en train de faire sécession, de vous en dégager, dans l'esprit puis dans les faits, de vous organiser pour vivre librement et civilement sans eux.

 

Francis Richard

 

PS

 

Le livre comporte nombre de QR codes. Ils n'ont rien à voir avec ceux que l'état émet pour mieux vous contrôler et vous réprimer. Ils sont au contraire des portes d'entrées vers des lectures, des livres audio, des vidéos, des bandes sons pour solliciter vos sens au fil de votre lecture. Certains codes conduisent vers une boîte aux lettres dédiée à la continuité de ce livre...

 

Retour vers La Révolte d'Atlas, Virginie Anselot, 184 pages, Amazon.fr

 

Livres précédents chez Amazon:

 

Les réprimés, 184 pages (2020)

Les réprimés II, 116 pages (2020)

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24 novembre 2021 3 24 /11 /novembre /2021 23:55
Les défis de l'après-Covid, Collectif sous la direction de Nicolas Jutzet et Victoria Curzon Price

Ce recueil de contributions n'a pas l'ambition d'être un manuel de la gestion parfaite d'une crise. Mais il souhaite apporter un éclairage nouveau sur les mois que nous venons de vivre et les temps à venir. Les analyses des prochaines pages ont pour trait commun de se fonder sur des faits et de faire confiance davantage aux individus qu'aux gouvernements au moment de gérer les conséquences de la crise. En espérant que cet ouvrage puisse contribuer à la discussion et faire du "monde d'après", un monde de libertés!

 

Dans leur introduction, Victoria Curzon Price et Nicolas Jutzet, respectivement présidente du comité de l'Institut Libéral et responsable de projet à cette fondation reconnue d'utilité publique1, concluent en ces termes, qui justifient le sous-titre de l'ouvrage: Déconfiner la liberté.

 

 

COMPRENDRE LA CRISE

 

Stephen Davies définit ce qu'est une pandémie, situe celle de la Covid-19 dans l'histoire des pandémies et constate que pour les infections virales, l'infectiosité et la gravité sont inversement proportionnelles:

 

Si un agent pathogène vous rend tellement malade que vous risquez de mourir rapidement ou d'être incapable de vous déplacer, vous n'aurez pas beaucoup d'occasions d'infecter d'autres personnes et la maladie ne se propagera pas autant.

 

L'épidémie de Covid-19 s'est répandue plus rapidement que les précédentes en raison d'un niveau d'intégration économique plus élevé, d'un plus grand nombre de personnes actives en dehors du foyer, d'un vieillissement de la population et de voyages plus nombreux.

 

Faute de l'avoir détectée très tôt et pour protéger des systèmes de santé manquant structurellement de résilience et de réactivité, les États auraient confiné afin d'empêcher la propagation du virus, avec pour conséquence un impact massif sur le PIB.

 

Vincent Geloso et Ilia Murtazashvili disent que, si peu d'économistes contestent le fait que les gouvernements doivent jouer un rôle dans la gestion des pandémies, la question institutionnelle la plus importante est de savoir si les gouvernements sont capables de gérer les pandémies.

 

Ils constatent que les démocraties économiquement libres sont moins à même d'appliquer les solutions idéales proposées par les experts en santé publique que les régimes illibéraux, mais que leur capacité à gérer les conséquences d'une crise est meilleure:

 

Notamment, car elles permettent de limiter l'expansion de l'État.

 

Philipp Bagus, José Antonio Peña Ramos et Antonio Sánchez-Bayón analysent comment l'État moderne influence le développement et le phénomène de l'hystérie de masse, en soutenant que l'État exacerbe ce phénomène avec des conséquences néfastes pour la santé publique.

 

Dans le cas de la Covid-19, il semble que de nombreuses personnes aient cru à l'existence d'un virus bien plus mortel que le SARS-CoV-2 ne l'est en réalité (taux de survie proche de 100% pour les personnes âgées de moins de 50 ans, de 99,5% pour les 50 à 69 ans et de 94,6% pour les plus de 70 ans). La probabilité de mourir d'autres maladies, pourtant moins contagieuses, étant plus grande.

 

Ils comparent ce qui se passe dans un État minimal (qui a, en théorie, pour seule tâche l'application des droits de propriété privée) et dans un État providence.

 

Dans un État minimal, il y a toujours au moins un petit groupe de personnes qui donnent l'exemple de ne pas succomber à l'hystérie et de continuer à vivre normalement. Si la menace est imaginaire ou exagérée, elles deviennent des modèles à suivre et l'hystérie collective est limitée.

 

Dans un État providence, si un groupe bien organisé, atteint d'hystérie collective, est à sa tête ou parvient à contrôler son appareil, il peut imposer des mesures au reste de la population, lui infligeant un préjudice presque sans limite. Ce d'autant plus qu'il peut interdire les activités qui réduisent la peur et l'anxiété, comme le sport, les loisirs et la vie sociale.

 

Dans le cas d'un État providence, la centralisation empêche de faire des comparaisons avec des solutions alternatives au confinement, par exemple (dont l'utilité est sujette à caution), ce d'autant plus que la pression du groupe peut modifier et déformer les jugements... et que les médias sont incités à présenter le péril sous un jour inquiétant...

 

 

LA CRISE ET SES CONSÉQUENCES DIRECTES

 

Ferghane Azihari , qui a écrit Les écologistes contre la modernité, montre que le rousseauisme de ces derniers peut être sanitaire, c'est-à-dire opposer la santé aux progrès de la science:

 

Le préjugé qui voudrait que la civilisation dégrade la condition physique de l'homme se heurte [...] à une multitude de données accessibles à tous. L'être humain n'a jamais été en aussi bonne santé qu'aujourd'hui. Le passage d'1 milliard d'être humains en 1800 à 7,7 milliards d'individus aujourd'hui ne s'explique pas par la libération de nos pulsions reproductives. Cette évolution est le signe de la défaite que nous infligeons à la mort prématurée depuis deux siècles.

 

Même s'il faut tempérer ses propos au sujet des vaccins à ARN messager, il n'en demeure pas moins que l'ouverture du commerce et de la concurrence internationale ont favorisé la recherche dans ce domaine et que les pays sous-développés n'en bénéficient pas. Aussi est-il condescendant de destiner ces derniers à demeurer dans la mendicité perpétuelle en préconisant d'être solidaires avec eux...

 

Michael Esfeld parle de société ouverte, expression employée par Karl Popper et qui se caractérise par le fait qu'elle reconnaît chaque être humain comme une personne: la personne a une dignité inaliénable:

 

Selon Popper, les ennemis intellectuels de la société ouverte sont ceux qui prétendent posséder la connaissance d'un bien commun.

 

Les ennemis actuels de la société ouverte opèrent avec la peur délibérément alimentée de menaces qui mettraient notre existence en danger. Ces menaces sont sous-tendues par des faits, tels que la propagation du coronavirus ou le changement climatique.

 

Ce sont des opportunités pour rendre absolues certaines valeurs telles que la protection de la santé et la protection du climat et rendre relatives la dignité de la personne, qui consiste en sa liberté de pensée et d'action, et les droits fondamentaux.

 

Ces ennemis, où l'on retrouve scientifiques, politiciens et dirigeants d'entreprise, prétendent savoir comment gérer la vie sociale, familiale et individuelle afin de préserver ces valeurs absolues. Or les faits démontrent le contraire:

 

De nombreuses études menées dans plusieurs pays confirment désormais que les inconvénients sanitaires, sociaux et économiques des mesures dites de protection contre le coronavirus dépasseront de loin leurs avantages.

 

L'immixtion de l'État dans la vie de chacun serait justifiée par la protection contre les externalités négatives, sauf que leur définition est arbitraire et qu'elles peuvent s'étendre à toutes les actions humaines sous la suspicion générale de nuire à autrui.

 

Richard Ebeling s'inquiète de la place prise par l'État dans la vie de chacun à la faveur de la crise dite sanitaire: ce qui sera probablement l'un des héritages persistants de la crise du coronavirus sera la présomption que les gouvernements doivent non seulement prendre des initiatives, avec tout le pouvoir et les contrôles qui les accompagnent, pour faire face à une nouvelle pandémie et la combattre, mais qu'il est du devoir de chaque citoyen, dans de telles situations, de faire ce que les autorités politiques élues ou les fonctionnaires en charge du dossier leur disent de faire.

 

À ce virage vers un système de surveillance et de contrôle, il oppose la conception libérale classique de l'objectif et de la fonction du gouvernement qui est de protéger la vie individuelle, la liberté et les biens honnêtement acquis des citoyens:

 

Cela inclut une application impartiale et égale de la loi. Tout ce qui va au-delà de ces devoirs et responsabilités implique nécessairement un empiétement du pouvoir politique sur les actions et décisions de l'individu libre.

 

Qu'aurait-il fallu faire? Laisser les gens libres de faire leurs propres choix et de permettre au marché libre de jouer son rôle, en répondant aux demandes urgentes du moment pour sauver des vies, fournir des biens et des services indispensables et trouver des moyens rentables de maintenir ces biens et ces services. Afin de préserver au mieux notre niveau de vie.

 

 

LES DÉFIS DE L'APRÈS-COVID-19

 

Jean-Marc Daniel montre que l'argent magique n'existe pas et que l'explosion de la dette publique devrait être considérée comme un sujet majeur de préoccupation envisagé avec sérieux et gravité.

 

Il rappelle que la dette publique est la somme des déficits accumulés, c'est-à-dire des dépenses non financées par l'impôt.

 

N'en déplaise à ceux qui pensent que l'on est riche parce que l'on dépense, que la richesse d'un pays dépend de la quantité de monnaie qui y circule, il faudra bien amorcer la phase du désendettement:

 

Dans le contexte d'une fiscalité que l'on peut qualifier de confiscatoire dans de nombreux pays, notamment en Europe, ce désendettement ne peut se construire que sur une baisse drastique des dépenses publiques.

 

Pascal Salin justement dit que pour un véritable libéral, l'impôt est a priori suspect: En effet comme son nom l'indique, l'impôt est imposé. Il constitue un prélèvement sur la propriété des contribuables rendu possible par l'exercice de la contrainte et non par le consentement explicite du propriétaire légitime.

 

L'impôt ne sert-il pas à financer des biens publics qui contribuent au bien-être de tous? Que nenni: C'est parce que l'État existe que certains biens sont produits par des procédures publiques au lieu de l'être par des procédures privées et volontaires.

 

Pour répondre à ceux qui ne seraient pas sensibles à de tels arguments, mais plutôt à des arguments utilitaristes, il montre que la fiscalité est destructrice parce qu'elle discrimine la productivité, l'échange et le travail qualifié:

 

La situation fiscale actuelle pousse [...] à l'émigration des plus productifs et des plus innovateurs et elle freine l'immigration des plus productifs, ce qui réduit d'autant les possibilités de croissance et la création d'emplois rentables.

 

Seule la concurrence fiscale ou des règles constitutionnelles, et certainement pas l'harmonisation, sont susceptible de contraindre les autorités publiques à améliorer le système fiscal:

 

Les hommes politiques - qui décident des taux d'impôts - ne recherchent pas nécessairement de "bons impôts". Ce qu'ils recherchent plutôt, c'est le moyen d'extraire la plus grande quantité possible de ressources des contribuables, à un coût aussi peu visible que possible.

 

Beat Kappeler donne des exemples suisses où l'absence de règles étatiques permet au pays de tourner. Cela ne veut pas dire qu'il n'y ait pas de règles de procédure mais celles-ci ne fournissent qu'un cadre. Ainsi:

 

- la loi relative aux élections parlementaires permet aux électeurs de cumuler ou de tracer des candidats ou encore d'inscrire sur les listes des candidats de différents partis: ce qui enlève du pouvoir aux partis;

 

- les licenciements ne sont pas interdits mais la protection est minimum (ils sont juste soumis à des délais qui dépendent de la durée de l'emploi): le marché du travail suisse est en situation de plein emploi;

 

- le financement des partis politiques est assuré sans l'intervention de l'État.

 

Mais la Suisse n'échappe pas pour autant à la sur-réglementation qui sévit en Occident depuis le début des années 2000 et dont la conséquence est la stagnation de la productivité, ce qui coûte deux fois, puisqu'il faut payer les tâches accrues de l'État et de tous ceux qui veulent travailler:

 

Ainsi, lors de la crise du Covid, on a d'abord imposé un certain nombre d'interdictions de travailler et, en même temps, on a entrepris une stimulation de l'économie financée par la dette - ce qui nous a coûté une somme conséquente. 

 

Francis Richard

 

1 - Nos activités se fondent sur l'expérience de la Suisse et sa culture de paix, d'ouverture et de diversité.

 

Les défis de l'après-covid, Collectif sous la direction de Nicolas Jutzet et Victoria Curzon Price, Éditions Institut Libéral

 

Publication commune avec lesobservateurs.ch

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4 mai 2021 2 04 /05 /mai /2021 22:55
L'appel de la tribu, de Mario Vargas Llosa

L'appel de la tribu? C'est la nostalgie du monde traditionnel - la tribu -, quand l'homme était encore une part inséparable de la collectivité, subordonné au sorcier ou au cacique tout-puissant.

 

Mario Vargas Llosa en parle d'autant plus aisément qu'il a lui-même répondu à cet appel dans sa jeunesse. Il ne lui est devenu sourd que progressivement, notamment grâce à un certain nombre d'auteurs.

 

Grand lecteur, il rend hommage dans ce livre à sept d'entre eux, d'authentiques libéraux. Car le libéralisme est ce qui l'a défendu le mieux, et d'autres avec lui, contre l'inextinguible "appel de la tribu".

 

Entre ces auteurs, qu'il a lus et relus, il y a plus souvent de divergences que de coïncidences. Mais, c'est justement ce qui a emporté sa conviction: le libéralisme n'est en effet pas dogmatique.

 

Le libéralisme n'a pas réponse à tout, précise-t-il. C'est justement ce qui lui convient. Chacun de ces auteurs, à sa façon, lui a apporté des réponses à ses interrogations ou confirmé ses expériences.

 

Extraits:

 

- Adam Smith (1723-1790): 

Le marché libre présuppose l'existence de la propriété privée, l'égalité des citoyens devant la loi, le rejet des privilèges et la division du travail. Personne avant Adam Smith n'avait expliqué avec autant de précision et de lucidité ce système autosuffisant qui fait progresser les nations et pour lequel la liberté est essentielle, ni exposé de manière si éloquente que la liberté économique nourrit et dynamise toutes les autres.

 

- José Ortega y Gasset (1883-1955):

Cette obsession acharnée à se faire comprendre de tous ses lecteurs est une des leçons les plus précieuses qu'il nous ait léguées, une marque de sa vocation démocratique et libérale, d'une importance lumineuse en ces temps où, de plus en plus, dans les différentes branches de la culture, s'imposent sur le langage commun les jargons spécialisés et hermétiques à l'ombre desquels, le plus souvent, se cachent non pas la complexité et la profondeur scientifique, mais la prestidigitation verbale et la supercherie.

 

- Friedrich Agust von Hayek (1899-1992):

Personne, pas même von Mises, n'a mieux résumé que Hayek les bénéfices de tous ordres qu'apporta à l'être humain ce système d'échanges [le marché] que personne n'inventa, qui naquit et se perfectionna en fonction du hasard et, surtout, de l'irruption de la liberté, cet accident dans l'histoire humaine.

 

- Sir Karl Popper (1902-1994):

Pour Karl Popper, on ne découvre pas la vérité, elle se découvre progressivement et c'est un processus sans fin. [...] Que la vérité ait, ou puisse avoir, une existence relative ne signifie pas que la vérité soit relative.

 

- Raymond Aron (1905-1983):

Tout en se méfiant constamment des grands enthousiasmes politiques, le spectateur engagé que fut, selon sa propre définition, Raymond Aron, crut tout de même au progrès. Pour lui, bien qu'il ne se fît pas beaucoup d'illusions sur ce point, le progrès était représenté par la société industrielle moderne qui avait changé complètement la structure économique et sociale étudiée par Marx et qui lui servit de base pour développer ses théories, par exemple sur la condition ouvrière, que la modernité avait rendues obsolètes.

 

- Sir Isaiah Berlin (1909-1997):

Qu'il y ait des vérités contradictoires, que les idéaux humains puissent s'opposer, cela ne signifie pas pour Isaiah Berlin qu'il faille désespérer et nous déclarer impuissants. Cela signifie que nous devons avoir conscience de l'importance de la liberté de choisir. [...] S'il y a des vérités à récuser et des fins à refuser, nous devons accepter la possibilité de l'erreur dans nos vues et être tolérants envers celle des autres.

 

- Jean-François Revel (1924-2006):

Alors que ce sont les actions humaines qui communiquent leur vérité aux idées, rien n'est plus absurde que de croire que la vérité part des idées, car le résultat est un divorce entre les unes et les autres [...].

Les faits intéressaient plus Revel que les théories et il n'eut jamais la moindre retenue pour les réfuter si elles n'étaient pas confirmées par les faits.

 

En consacrant ce livre à ces sept auteurs, dont les extraits ci-dessus ne donnent que des aperçus, Mario Vargas Llosa a voulu montrer, grâce à de tels représentants, ce que le libéralisme, tant dénigré, a apporté:

 

La doctrine libérale a revêtu dès ses origines les formes les plus avancées de la culture démocratique et c'est elle qui, dans les sociétés libres, a fait le plus progresser les droits de l'homme, la liberté d'expression, les droits des minorités sexuelles, religieuses et politiques, la défense de l'environnement et la participation du citoyen lambda à la vie publique.

 

Francis Richard

 

L'appel de la tribu, Mario Vargas Llosa, 336 pages, Gallimard (traduit de l'espagnol par Albert Bensoussan et Daniel Lefort)

 

Livre précédent:

 

Aux cinq rues, Lima (2017)

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13 décembre 2020 7 13 /12 /décembre /2020 23:55
Exception française, de Jean-Philippe Feldman

Dans son introduction Jean-Philippe Feldman dit ce qui, selon lui, caractérise un libéral:

 

- il pose l'individu comme premier, [ce qui] ne veut pas dire pour autant que l'homme ne soit pas un animal social;

 

- l'individu est propriétaire de soi, [...] de son travail et de ses oeuvres;

 

- l'État est limité et fort: il est fort parce que limité: il se borne à garantir la liberté;

 

(le problème est qu'aucun État ne s'est jamais vraiment borné à garantir la liberté...)

 

- le libéralisme est libre-échangiste.

 

Ce qui fait l'Exception française sur la longue durée, de l'Ancien Régime à Emmanuel Macron inclus, est que l'État français n'a jamais été libéral (État libéral: n'est-ce pas un oxymore?) et que les Français n'ont jamais connu le libéralisme tel que défini ci-dessus.

 

 

L'ÉTAT CENTRALISÉ

 

Il y a une continuité entre l'Ancien Régime, la Révolution et la France actuelle: l'État y est centralisé. Il l'a toujours été, avec juste une différence de degré.

 

Cette centralisation n'a fait que croître et embellir avec les siècles. C'est factuel: elle était en effet moindre sous l'Ancien Régime que par la suite.

 

Un des facteurs aggravants aura été que l'État s'est d'autant plus centralisé qu'il a fait la guerre, ce qui nécessite toujours de lourds prélèvements fiscaux.

 

 

L'ÉTAT INTERVENTIONNISTE

 

L'auteur donne de multiples exemples d'interventions de l'État en France tout au long de son histoire et, comme il les donne dans l'ordre chronologique, son livre peut être considéré comme un usuel fort utile.

 

Ces interventions se font dans tous les domaines sous forme de réglementations (par exemple des prix et des quantités), d'entraves à la libre circulation des biens et des personnes, à l'intérieur du pays comme à l'extérieur, de prolifération de lois identifiées abusivement au droit.

 

Bien sûr les moyens financiers d'intervention ne sont pas les mêmes hier qu'aujourd'hui, ce qui peut tromper l'oeil et lui faire voir, par exemple, que l'État aurait été gendarme au XIXe siècle ou que la France aurait été libérale en 1900.

 

Mais il n'en est rien. Ce qui précède paraît toujours libéral en comparaison de ce qui est ou sera. Pour détromper l'oeil, il faut considérer la liste impressionnante de l'interventionnisme à l'une ou l'autre des époques susdites, et cela donne le tournis. 

 

 

L'ÉTAT PROTECTIONNISTE

 

Pendant des siècles, des prohibitions et/ou des taxes s'appliquent à l'entrée comme à la sortie du pays. L'idée que les importations sont mauvaises et les exportations bonnes n'a pas toujours été de mise: mêmes les exportations pouvaient être considérées comme mauvaises...

 

Il est intéressant de noter au passage que si le suffrage censitaire a favorisé le protectionnisme c'est-à-dire les producteurs au détriment des consommateurs, le suffrage universel, lui, aura favorisé l'interventionnisme...

 

D'aucuns pensent, par exemple, que le protectionnisme fut moindre sous l'Empire libéral: cela ne résiste pas à l'épreuve des faits. L'auteur démontre même que le protectionnisme fut plus modéré qu'on ne le pense souvent dans les premières décennies de la IIIe République...

 

 

L'ÉTAT DÉPENSIER ET OPPRESSEUR

 

Aujourd'hui où les dépenses publiques explosent, où les déficits sont récurrents depuis des décennies, où la dette devient abyssale, il faudrait se souvenir que ce fut, entre autres raisons, celles pour lesquelles la monarchie s'est effondrée...

 

Pour s'en sortir, hier comme aujourd'hui, quand s'endetter ne suffit plus, l'État a recours à l'impôt, ce qui est un vol, certes légal, mais un vol. Mais il y a une autre solution que pratiqua Colbert et qui est encore plus immorale: la banqueroute partielle... (aujourd'hui d'aucuns vont plus loin puisqu'ils parlent d'annulation pure et simple de la dette publique...).

 

L'auteur rappelle que la France s'est toujours distinguée par l'importance de sa fiscalité par rapport à ses homologues. Elle ne faillira certainement pas à l'avenir à cette réputation douteuse puisqu'elle s'enorgueillit aujourd'hui de traiter le social mieux que tous les autres...

 

 

LES LIBERTÉS

 

Quant aux libertés, l'héritage de l'Ancien Régime est lourd et pèse toujours:

 

- La France occupait la 22ème position sur 139 en 2015 dans l'International Property Rights Index, index international qui mesure le respect des droits de propriété;

 

- Elle occupait le 25ème rang pour les libertés personnelles et le 57ème pour les libertés économiques sur 160 en 2018 dans  l'Human Freedom Index, index international qui mesure les libertés humaines.

 

 

COMPARAISON AVEC LES ANGLO-SAXONS

 

Cette comparaison est très détaillée, et très nuancée, par suite impossible à résumer, d'autant que les idées libérales et leurs applications, aussi bien en Angleterre qu'aux États-Unis, ont varié au cours du temps.

 

Parmi les éléments de comparaison, à titre d'exemple, on peut retenir que, sous l'Ancien Régime, la noblesse anglaise ouvrait plus facilement ses rangs que son homologue française et qu'elle pouvait faire du commerce sans risquer de déroger comme en France.

 

Autre exemple, cette fois, relatif aux États-Unis: Tandis que les Français vénèrent l'État, les Américains voient dans leur Constitution une oeuvre sacrée. Ce qui explique aujourd'hui d'ailleurs les réactions de ceux qui n'admettent pas qu'elle soit violée effrontément...

 

 

CARACTÉRISTIQUES DE LA FRANCE

 

La France est un pays catholique, du moins l'était: Postuler l'incompatibilité radicale entre catholicisme et libéralisme serait d'autant plus déplacé que la plupart des libéraux français de la deuxième moitié du XXe siècle et du début du XXIe mêlent les deux qualités.

 

En France, l'envie est un vilain défaut, largement partagé, et l'argent y est tabou: Au mépris aristocratique du commerce se joint l'égalitarisme des sans-culottes.

 

En France, où le commerce n'est pas bien vu et où l'argent est tabou depuis des lustres, le peuple aime la fonction publique. C'est d'ailleurs un pays où plus de la moitié de la population active dépend d'une manière ou d'une autre de l'État.

 

En France, l'étatisme est dans les têtes (les intellectuels préfèrent un ordre construit à un ordre spontané) et il y est mis dès l'école, avant de l'être à l'université, parce qu'il n'y a pas de liberté d'enseignement, donc pas de marché libre des idées.

 

En France, règnent ainsi une culture dominante et un consensus idéologique mou, qui sont entretenus financièrement par l'État. L'État subventionne en effet largement la culture et les médias favorables à cette culture et à ce consensus idéologique, si bien que l'État apparaît comme providentiel, surtout pour ces bénéficiaires...

 

 

L'IMAGE DU LIBÉRALISME

 

Face à cela, le libéralisme souffre d'une image écornée parce qu'il s'oppose aux passe-droits, privilèges et autres rentes de situation. Or, en France, comme dit plus haut, plus de la moitié de la population active bénéficie de passe-droits, de privilèges et de rentes de situation de la part de l'État. 

 

Ce qui n'arrange rien, c'est que toutes les tentatives de réformisme dans le sens libéral ont échoué: quand, par extraordinaire, des libéraux ont détenu une parcelle de pouvoir, ils ont trahi leurs principes sous couvert de pragmatisme ou d'utilitarisme.

 

De plus, des hommes de l'État prétendus libéraux ont échoué justement parce qu'ils ne l'étaient pas, jetant à leur tour le discrédit sur le libéralisme.

 

Enfin, de nos jours, la source de génies français du libéralisme, tels que Benjamin Constant, Jean-Baptiste Say ou Frédéric Bastiat, semble tarie...

 

 

LA SOCIÉTÉ BLOQUÉE

 

Après avoir lu ce livre, il semble difficile d'être optimiste, surtout avec la crise économique et sociale qui a commencé et devrait s'amplifier. Car l'auteur ne cache pas que l'existence d'une telle crise provoque, à l'image d'une guerre, un dirigisme accru.

 

Parlant des Français, il dit qu'il est difficile de leur reprocher leur passivité: Enserrés par un État protecteur, doucement bercés par le culte de l'assistance, traités en mineurs par des dirigeants qui seuls savent ce qui est bon pour eux, ils sombrent en toute logique dans l'indolence et ils profitent des quelques privilèges qui leur ont été accordés ou qu'ils ont obtenus de haute lutte.

 

Pourtant il n'est pas résolument pessimiste: À maintes reprises, les Français ont paru exsangues et ils ont fini par se relever du fait de leur ingéniosité et de leurs richesses insoupçonnées.

 

Il espère bien que la société se débloquera. Cela ne pourra se faire qu'à la condition qu'ils empruntent la seule voie qu'ils n'ont jamais su choisir et que Frédéric Bastiat les invite à suivre depuis longtemps: 

 

Qu'on mette enfin à l'épreuve la liberté!

 

Francis Richard

 

Exception française, Jean-Philippe Feldman, 528 pages, Odile Jacob

 

Livre précédent:

La famine menace-t-elle l'humanité ?, Jean-Claude Lattès (2010)

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16 août 2020 7 16 /08 /août /2020 09:25
L'Anatomie de l'État, de Murray N. Rothbard

La Terre entière est occupée par des États, un peu plus de deux cents. Chaque individu qui naît, atterrit donc dans un État. Aussi ne se pose-t-il pas de questions à son sujet. Il devrait.

 

Dans L'Anatomie de l'État, Murray Rothbard répond aux questions qu'un individu ne se pose pas parce que l'État est une organisation qui lui semble aller de soi. Pourtant...

 

 

L'ÉTAT, CE N'EST PAS NOUS

 

L'État cherche à s'identifier à la société dont l'individu est membre. L'expression L'État, c'est nous est un tour de passe-passe pour lui faire assumer une responsabilité collective.

 

L'État, ce n'est pas nous, les individus, mais une organisation qui tente de conserver un monopole de l'usage de la force et de la violence sur une zone territoriale donnée.

 

De plus il s'agit de la seule organisation dans la société tirant ses revenus non pas de contributions volontaires ou de rémunérations pour services rendus, mais de la coercition.

 

 

L'ÉTAT PRÉDATEUR

 

Comment acquérir la richesse sinon par le processus de production et d'échange, ou par celui de la prédation. Or il ne peut exister de prédation sans production préalable.

 

L'État, c'est la systématisation du prédateur sur un territoire donné. Il ne produit rien, il soustrait et fournit un canal légal, ordonné et systématique à la prédation de la propriété privée:

 

Il rend certain, sûr et relativement "paisible" le mode de vie de la caste parasitaire de la société.

 

 

LA CASTE PARASITAIRE

 

Ces parasites doivent cependant, pour opérer leur prédation, obtenir l'acceptation active ou résignée de la majorité des citoyens et avancer des arguments qui les convainquent:

 

- ils sont des sages qui savent ce qui est bon pour les autres;

- ils se dévouent pour les autres et n'ont pas comme certains d'avidité égoïste;

- ils protègent les autres contre les criminels et les maraudeurs sporadiques;

- ils personnifient le patriotisme naturel;

- ils incarnent au besoin la tradition, toujours la légitimité.

 

Etc.

 

Bref, afin de conserver leur fromage et faire oublier leur prédation, ils font ce qu'il faut pour complaire à leur clientèle...

 

 

L'ÉTAT SANS LIMITES

 

Comme le plus grand danger pour l'État est la critique individuelle indépendante, ces parasites s'attaquent à toute voix isolée, jouent la collectivité contre l'individu et le culpabilisent.

 

Mais ils font mieux que cela. En principe, la Constitution - ici, américaine - fixe des limites à l'État, mais il peut les repousser autant qu'il le veut parce qu'il est juge et partie.

 

Qui juge de la constitutionnalité d'une extension de ses limites? L'État lui-même puisque c'est la Cour suprême qui en décide et qu'elle fait partie de l'administration fédérale...

 

 

L'ÉTAT EST ANTICAPITALISTE

 

Il est possible d'imaginer le contentement de Karl Marx puisque l'État est anticapitaliste. En effet ce prédateur vit nécessairement de la confiscation forcée du capital privé:

 

Son expansion implique nécessairement des incursions toujours plus nombreuses chez les individus et les entreprises privées.

 

Mais il n'est pas, conformément au credo marxiste, le "comité exécutif" de la classe dirigeante actuelle: il en incarne et constitue la source [...] et s'oppose en permanence au véritable capital privé.

 

 

LES CRAINTES DE L'ÉTAT 

 

L'État peut craindre de mourir s'il est conquis par un autre État ou renversé par ses sujets. Mais guerre ou révolution peuvent être des aubaines pour se renforcer ou éliminer des adversaires:

 

- Chaque guerre moderne a apporté aux peuples belligérants un héritage permanent de fardeaux étatiques accrus sur la société.

 

- Les crimes les plus graves selon le lexique de l'État sont presque invariablement non pas l'invasion de personnes ou de propriétés privées, mais des dangers pour sa propre satisfaction...

 

 

C'ÉTAIT MIEUX AVANT...

 

La guerre n'est plus ce qu'elle était:

 

À l'ère moderne de la guerre totale, combinée à la technologie de destruction totale, l'idée même de limiter la guerre à l'appareil de l'État semble encore plus désuète et obsolète que la Constitution originale des États-Unis...

 

L'empiétement de l'État sur la société, qui avait diminué du XVIIe au XIXe siècle, s'est accru au XXe:

 

Durant ce siècle, la race humaine fait face, une fois encore, au règne virulent de l'État; l'État désormais armé du pouvoir créateur de l'homme, confisqué et perverti à ses propres fins.

 

 

LE PROBLÈME DE L'ÉTAT

 

Au cours des derniers siècles, toutes les tentatives pour tenir l'État sous contrôle ont échoué:

 

Le problème de l'État est évidemment loin d'être résolu. Peut-être de nouvelles voies doivent-elles être explorées, si l'on veut que la solution finale et réussie à la question étatique puisse être à jamais résolue.

 

Francis Richard

 

N.B.

 

Ce texte est extrait d'un livre de Murray N. Rothbard publié en 1974 et réédité en 2000, Egalitarianism as a Revolt Against Nature and Other Essays. Il correspond aux pages 55 à 88.

 

Publication commune avec lesobservateurs.ch

 

L'Anatomie de l'État, Murray N. Rothbard, 50 pages, Résurgence (traduit par Stéphane Geyres et Daivy Merlijs)

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9 août 2020 7 09 /08 /août /2020 19:30
Éclairs de liberté, de Stéphane Geyres

Éclairs de liberté est un recueil d'articles anciens mis à jour, parfois enrichis et souvent corrigés. Ce sont des éclairs, qui, comme de juste, éclairent et frappent. Car, dans ce recueil, Stéphane Geyres pousse jusqu'au bout la logique libérale.

 

Certes il se présente comme libertarien plutôt que libéral pour signifier qu'il est un libéral rigoriste, intransigeant, un libéral qui a mûri. Encore qu'il préférerait dire qu'il n'est ni l'un ni l'autre:

 

Je suis juste quelqu'un de normal qui fiche la paix aux autres. Et qui s'attend à ce que les autres fassent de même envers lui.

 

Les trois piliers

 

La logique libérale repose sur trois piliers seulement:

- Liberté individuelle

- Propriété individuelle

- Responsabilité individuelle

 

L'adjectif individuel est important, parce qu'il souligne que c'est l'individu qui compte: difficile de faire plus simple et de plus centré sur l'individu. Et rien de plus humaniste.

 

Stéphane Geyres précise ce que sont ces trois piliers:

 

- La liberté repose sur le principe de non agression et le droit naturel, qui revient au même.

 

- La propriété sert à prévenir les confits dus à la rareté des ressources. La propriété privée est donc le socle de la société libre. Elle est même le seul. Et cela suffit pour notre exercice. Première conséquence, il n'y a rien d'autre que de la propriété privée dans notre future société. Seconde conséquence, l'intégralité de notre planète serait découpée en espaces sous propriété privée.

 

- De la liberté de l'individu découle sa responsabilité, du droit découle le devoir. Chacun assume pleinement les conséquences de ses actes et en répond quand ces derniers ne respectent pas le droit naturel ou la propriété d'autrui. (Point 4 du Manifeste Libertarien)

 

Quoi qu'il en soit la logique libérale est imperturbable et permet à Stéphane Geyres de traiter de sujets tels que la justice sociale, le risque, la démocratie, le port d'arme, la fiscalité, la mondialisation, la corruption, la propriété intellectuelle, la technologie, les riches, l'écologie, l'environnement, le climat, l'utilitarisme, le déterminisme, les "droits" des animaux, etc.

 

Le libéral, adversaire de l'état

 

Logiquement le libéral ne peut tout simplement qu'être un adversaire de l'état. En effet l'état est un organe monopolistique qui impose à l'individu et se passe de son consentement.

 

( Stéphane Geyres écrit état avec une minuscule parce qu'étant le premier ennemi de la Liberté, il ne mérite pas l'honneur qui lui est ainsi fait. Personnellement je l'écris avec une majuscule non par usage, mais pour bien montrer qu'il s'agit d'un monstre, le Léviathan...)

 

Même les fonctions régaliennes que remplit (mal) l'état peuvent très bien être assumées autrement que par lui, mieux même puisqu'il est juge et partie. Dans une société libre, il est donc possible de se passer de lui.

 

La stratégie libérale

 

Comment parvenir à la société libre en France?

- La révolution? Trop de risques qu'elle soit sanglante.

- La démocratie? C'est une illusion.

- La sécession? C'est la stratégie que les grands penseurs libéraux, spécialement Hoppe pensent la plus adaptée à notre monde.

 

Stéphane Geyres y adhère et pense qu'en faisant connaître les idées libérales, les seules à la fois cohérentes, réalistes et humanistes, il sera possible - en quelques années, une génération plus probablement - de susciter une vague de sécessions spontanées un peu partout sur le territoire, que la France ne pourra pas toutes repousser du fait de sa déliquescence...

 

Francis Richard

 

Éclairs de liberté, Stéphane Geyres, 212 pages, Amazon

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13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 17:00
Deux morales, de Frédéric Bastiat

Le texte dont il s'agit, Deux morales, est le deuxième chapitre de la deuxième série des Sophismes Économiques, de Frédéric Bastiat, parue en 1848. Dans le premier chapitre de cette série, il étudie la Physiologie de la Spoliation et rappelle notamment que:

 

Il n'y a que deux moyens de se procurer les choses nécessaires à la conservation, à l'embellissement et au perfectionnement de la vie: la Production et la Spoliation.

 

Frédéric Bastiat appelle Spoliation la  force malfaisante qui s'exerce dans la Guerre, l'Esclavage, la Théocratie, le Monopole et dont l'agent le plus viral est l'État qui repousse sans cesse les limites de sa sphère de nuisance.

 

 

L'agent et le patient

 

Frédéric Bastiat cherche à identifier la force bienfaisante qui tendrait à surmonter progressivement la force malfaisante. Pour ce faire, il analyse comment celle-ci se propage, comment elle contamine la société: 

 

Tout acte malfaisant a nécessairement deux termes: le point d'où il émane et le point où il aboutit; l'homme qui exerce l'acte, et l'homme sur qui il est exercé; ou, comme dit l'école, l'agent et le patient.

 

Il ne voit que deux possibilités pour que l'acte malfaisant soit supprimé:

- l'abstention volontaire de l'être actif;

- la résistance de l'être passif.

 

Autrement dit il y voit la généalogie de deux morales qui concourent, loin de se contrarier:

- la morale religieuse ou philosophique;

- la morale économique ou défensive.

 

 

La morale religieuse ou philosophique

 

La morale religieuse ou philosophique s'adresse à l'homme en tant qu'agent, et parle à son coeur:

 

Corrige-toi; épure-toi; cesse de faire le mal; fais le bien, dompte tes passions; sacrifie tes intérêts; n'opprime pas ton prochain que ton devoir est d'aimer et soulager; sois juste d'abord et charitable ensuite.

 

Cette morale est individuelle, personnelle. L'agent peut, par exemple, se donner, pour s'y conformer, une règle de vie, telle que celle proposée par un moine bénédictin.

 

Cette morale, ajoute-t-il, sera éternellement la plus belle, la plus touchante, celle qui montrera la race humaine dans toute sa majesté; qui se prêtera le plus aux mouvements de l'éloquence et excitera le plus l'admiration et la sympathie des hommes.

 

 

La morale économique ou défensive

 

La morale économique ou défensive aspire au même résultat que la morale religieuse ou philosophique mais elle s'adresse à l'homme en tant que patient, et parle à son intelligence:

 

Elle lui montre les effets des actions humaines, et par cette simple exposition, elle le stimule à réagir contre celles qui le blessent, à honorer celles qui lui sont utiles. Elle s'efforce de répandre assez de bon sens, de lumière et de juste défiance dans la masse opprimée pour rendre l'oppression de plus en plus difficile et dangereuse.

 

Mais cette morale destinée à l'opprimé n'est pas sans effet sur l'oppresseur, même si elle ne s'adresse pas à lui directement. L'oppresseur n'opprimerait pas si des maux qu'il inflige il ne tirait de biens pour lui-même. Il faut qu'il prenne conscience que:

 

Le fait même d'opprimer entraîne une déperdition des forces, crée des dangers, provoque des représailles, exige de coûteuses précautions.

 

La morale économique ou défensive est donc plus facile à mettre en oeuvre et plus sûre que la morale religieuse ou philosophique parce qu'en dessillant les yeux des opprimés, en éclairant les dupes, elle trouble la sécurité des oppresseurs.

 

 

Corriger Tartuffe ou déniaiser Orgon

 

J.-B. Say a déjà fait observer que pour faire cesser le désordre introduit par l'hypocrisie dans une famille honorable, il y avait deux moyens: corriger Tartuffe ou déniaiser Orgon.

 

Molière, précise Frédéric Bastiat, ce grand peintre du coeur humain, paraît avoir constamment eu en vue le second procédé, comme le plus efficace.

 

L'histoire enseigne que ce sont les monopolés qui maintiennent les monopoles; qu'en matière d'élections, ce n'est pas parce qu'il y a des corrupteurs qu'il y a des corruptibles, c'est le contraire; et la preuve, c'est que les corruptibles payent tous les frais de la corruption.

 

Ceux qui commettent des abus n'y renoncent jamais volontairement, il faut donc plutôt qu'ils cèdent à la virile résistance de ceux qui en souffrent. Encore faut-il que ces derniers prennent bien conscience de la source des maux qui les atteignent.

 

C'est le rôle des économistes de prosaïquement déniaiser les Orgon, de déraciner les préjugés, d'exciter de justes et nécessaires défiances. C'est celui des religieux et des philosophes de poétiquement corriger les Tartuffe, d'ouvrir la source des vertus:

 

Que les deux morales, au lieu de s'entre-décrier travaillent de concert, attaquant le vice par les deux pôles.

 

 

Conclusion

 

La société doit peut-être passer par ce prosaïque état, où les hommes pratiqueront la vertu par calcul, pour de là s'élever à cette région plus poétique, où elle n'aura plus besoin de ce mobile...

 

Francis Richard

 

PS

 

Il semble que les volumes des Oeuvres Complètes de Frédéric Bastiat, éditées par l'Institut Charles Coquelin, ne soient plus disponibles.

 

On peut toutefois se procurer les Sophismes Économiques aux Belles Lettres ou les lire en ligne sur le site Bastiat.org.

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16 février 2020 7 16 /02 /février /2020 23:45
Responsabilité - Réactiver la responsabilité individuelle, d'Alain Laurent

Comme le dit Alain Laurent, jamais autant qu'aujourd'hui on n'a employé le mot de responsable alors que, dans la réalité, on n'a jamais été aussi irresponsable. Ce n'est un paradoxe qu'en apparence.

 

La raison de ce pseudo paradoxe réside en effet dans le sens que l'on donne au mot Responsabilité. De nos jours on récuse ainsi la responsabilité individuelle mais pas la responsabilité collective.

 

Or la responsabilité collective est justement une construction perverse de l'esprit. On ne peut être responsable qu'individuellement et ce n'est pas le fait de vivre en société qui y change quoi que ce soit.

 

Comme dit Jean-François Revel: La responsabilité collective est le degré le plus vil de la morale. Car, tous ensemble étant responsables, au bout du compte personne ne l'est, ce qui est bien commode.

 

Cette aberration vient de la mise en cause du libre arbitre par les adeptes de ce que l'auteur appelle d'une part le neuroscientisme (où d'aucuns confondent corrélation et causalité), de l'autre le sociologisme.

 

Les premiers invoquent un neurodéterminisme sans tenir compte du pouvoir rétroagissant de la prise de conscience par l'être humain, capable de s'y opposer et d'agir dans une direction non prédéterminée.

 

Les seconds invoquent un déterminisme social, sans tenir compte de l'accès d'individus, personnellement ou en coopérant avec d'autres, [...] à une certaine autonomie en exerçant un pouvoir sur soi.

 

Ces seconds, que caractérisent le causalisme social et l'idéologie de l'excuse, mettent en cause notamment le caractère "illimité" de la responsabilité individuelle dans un contexte supposément "néolibéral".

 

Or personne, fût-il un indécrottable "néolibéral" ou un invétéré partisan du libre arbitre, n'a jamais pu professer une thèse aussi absurde. Ce qui est vrai, c'est que la responsabilité de soi est illimitée:

 

Dans la responsabilité de soi s'exprime une revendication d'autonomie et d'indépendance individuelles, le fait de vouloir autant que possible ne pas dépendre de l'arbitraire de volontés extérieures à soi.

 

En fait la responsabilité individualisée est perçue comme une charge trop lourde à supporter à réduire au minimum ou à laquelle tout simplement renoncer. Et l'État-providence encourage cette perception.

 

Alors, pour aller contre, il faut rappeler l'étymologie du mot responsabilitése porter garant (sponseo: répondre des dettes commises par une autre personne), et être fier de se porter garant et d'"y arriver".

 

Comme l'écrivent Jean-Philippe Delsol et Nicolas Lecaussin dans Échec de l'État: Rendre à chacun la responsabilité de sa vie est non seulement souhaitable pour chacun, mais également nécessaire pour la société.

 

Alain Laurent commente:

 

Parce qu'on peut a priori y faire davantage confiance à des individus garants d'eux-mêmes, capables d'auto-discipline, aimant le gouvernement de soi et appréciant d'en être récompensés, qui font d'eux-mêmes ce qui convient, et assument volontiers les conséquences de leurs éventuelles inconséquences, une "société de responsabilité" est ipso facto une société de liberté qui peut amplement s'autoréguler.

 

Ce n'est pas gagné d'avance, selon l'auteur:

 

Pris en étau entre les déterminismes de l'inconscient neural et les automatismes de la métaconscience prescriptive et prédictive de l'IA [l'Intelligence "artificielle"], l'individu du futur sera de moins en moins en mesure de pouvoir gouverner lui-même sa propre vie.

 

Francis Richard

 

Responsabilité - Réactiver la responsabilité individuelle, Alain Laurent, 174 pages, Les Belles Lettres

 

Livre précédent:

En finir avec l'angélisme pénal (2013)

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3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 19:00
Le Monde selon Tocqueville, de Nicolas Baverez

Alexis de Tocqueville (1805-1859) a surtout écrit trois chefs-d'oeuvre:

- De la démocratie en Amérique: sur la montée de la société démocratique et ses contradictions

- Souvenirs: sur l'analyse à chaud de la chute de Louis-Philippe, des journées de juin 1848 puis de la mise à mort de la République par Louis Napoléon Bonaparte

- L'Ancien Régime et la Révolution: sur les origines de la Révolution française et les raisons de son destin violent, mêlant Terreur et guerres extérieures

 

Dans sa longue introduction, Nicolas Baverez présente ce mal connu et mal aimé des Français qui, a contrario, est lu, reconnu et admiré dans le monde anglo-saxon où il fait figure de classique.

 

S'il a été redécouvert par Raymond Aron et François Furet, Alexis de Tocqueville dérange toujours en France parce qu'il a cherché à penser le monde qui naissait, autour de la démocratie et de l'égalité de conditions, sans pour autant l'aimer ou le célébrer.

 

Après cette introduction où l'essentiel est dit sur cet aristocrate de coeur et démocrate de raison, Nicolas Baverez lui donne longuement la parole sur quelques grands thèmes et c'est nécessaire pour comprendre sa pensée complexe. Par exemple:

 

La passion de l'égalité, qui fonde la démocratie, peut se retourner contre la liberté pour frayer la voie au despotisme.

 

Ceux qui sont sensibles au style seront donc comblés par les larges extraits que reproduit l'auteur, où ils découvriront, ou redécouvriront, son écriture lumineuse.

Le Monde selon Tocqueville, de Nicolas Baverez

Il serait vain d'aborder tous les thèmes recensés par l'auteur dans les trois chefs-d'oeuvre, entre autres textes, évoqués ci-dessus (qui représentent pas moins de 1180 pages en petits caractères dans l'édition Bouquins de 1986...).

 

Quelques considérations de Tocqueville, ô combien actuelles, sur l'égalité, la liberté et la démocratie, c'est-à-dire la liberté politique, permettront d'avoir quelque appétence de lire ce livre:

 

L'inégalité permanente

 

La plupart des aristocraties sont mortes, non point parce qu'elles fondaient l'inégalité sur terre, mais parce qu'elles prétendaient la maintenir éternellement en faveur de certains individus et au détriment de certains autres. C'est une espèce d'inégalité plutôt que l'inégalité en général que haïssent les hommes.

 

La liberté individuelle

 

D'après la notion moderne, la notion démocratique, et j'ose le dire la notion juste de la liberté, chaque homme, étant présumé avoir reçu de la nature les lumières nécessaires pour se conduire, apporte en naissant un droit égal et imprescriptible à vivre indépendant de ses semblables, en tout ce qui n'a rapport qu'à lui-même, et à régler comme il l'entend sa propre destinée.

 

Le pouvoir démocratique

 

Je ne pense pas que la nature d'un pouvoir démocratique soit de manquer de force ou de ressources; je crois, au contraire, que c'est presque toujours l'abus de ses forces ou le mauvais emploi de ses ressources qui le font périr. L'anarchie naît presque toujours de sa tyrannie ou de son inhabileté, mais non pas de son impuissance.

 

Le nivellement par le bas

 

Il y a [...] une passion mâle et légitime qui excite les hommes à vouloir être tous forts et estimés. Cette passion tend à élever les petits au rang des grands; mais il se rencontre aussi dans le coeur humain un goût dépravé pour l'égalité, qui porte les faibles à vouloir attirer les forts à leur niveau, et qui réduit les hommes à préférer l'égalité dans la servitude à l'inégalité dans la liberté. 

 

La propriété acquise

 

Il n'y a pas de révolution qui ne menace plus ou moins la propriété acquise. La plupart de ceux qui habitent les pays démocratiques sont propriétaires; ils n'ont pas seulement des propriétés; ils vivent dans la condition où les hommes attachent à leur propriété le plus de prix.

 

Le pouvoir absolu d'une majorité

 

Si, à la place de toutes les puissances diverses qui gênaient ou retardaient outre mesure l'essor de la raison individuelle, les peuples démocratiques substituaient le pouvoir absolu d'une majorité, le mal n'aurait fait que changer de caractère. Les hommes n'auraient point trouvé le moyen de vivre indépendants; ils auraient seulement, chose difficile, une nouvelle physionomie de la servitude.

 

Le désir des Français de vivre de l'impôt

 

La vérité est, vérité déplorable, que le goût des fonctions publiques et le désir de vivre de l'impôt ne sont point chez nous une maladie particulière à un parti, c'est la grande et permanente infirmité de la nation elle-même; c'est le produit combiné de la constitution démocratique de notre société civile et de la centralisation excessive de notre gouvernement; c'est ce mal secret, qui a rongé tous les anciens pouvoirs et qui rongera de même tous les nouveaux.

 

Comme le dit Nicolas Baverez, s'il est un enseignement à tirer de la pensée de Tocqueville, c'est que la liberté n'est jamais donnée ou acquise, mais toujours à construire, a fortiori en France...

 

Francis Richard

 

Le Monde selon Tocqueville, Nicolas Baverez, 288 pages, Tallandier

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6 janvier 2020 1 06 /01 /janvier /2020 20:30
Éloge du libéralisme, de Joseph Macé-Scaron

L'émotion, l'immédiateté et l'apparence mènent le bal. Cette curieuse et furieuse trinité a accouché d'une religion monstrueuse avec son Église, son clergé, ses servants et ses inquisiteurs.

 

Bref l'obscurantisme est de retour et avec lui celui des Grandes Peurs:

 

L'essentiel est de créer la panique, de la propager, puis de condamner. L'étape du procès n'est même plus nécessaire. Il ne s'agit pas de relever le débat, mais d'élever l'estrade du bourreau...

 

Et la plus effroyable des menaces, c'est le libéralisme...

 

Le mot libéral

 

Mal nommer un objet est ajouter au malheur du monde, disait Brice Parain, repris par Albert Camus.

 

Le sens originel du mot libéral (qui convient à une personne libre), il est vrai, ne rend pas compte de ses multiples acceptions, parce qu'être libéral, c'est être pour la pluralité, la singularité, l'individu et, au final, la liberté, avec lesquels il convient désormais de découdre.

 

La seule certitude est en effet que personne en France ne s'affirme plus libéral et qu'il est de bon ton de communier dans sa détestation au point de l'adjectiver quand il faut l'employer:

 

On peut être ainsi ultralibéral, social-libéral, néo-libéral, libéral social, libéral libertaire, national libéral, libéral de gauche, libéral de droite...

 

Le mur de Berlin dans les têtes

 

Le mur de Berlin est peut-être tombé, mais il est encore bien dressé dans les têtes, il a même été fortifié puis surélevé par cette intoxication élémentaire que sont la crainte de la liberté, la peur panique du risque, la volonté d'abdiquer.

 

Il n'est pas étonnant dans ces conditions que le libéralisme soit considéré comme le responsable de tous les maux, des camps totalitaires, du dérèglement climatique, des famines, du retour des grandes épidémies sur la planète et de l'empoisonnement des sources...

 

Quand on croit que l'homme descend du songe, on oublie que la raison, la modération, le doute, propres au libéralisme, sont des outils forgés patiemment pendant les siècles précédents pour se libérer des pensées iniques mais aussi, surtout, pour comprendre ou anticiper les bouleversements à venir...

 

On ne peut être singulier qu'en étant pluriel

 

Il y a autant d'appartements dans la vaste demeure libérale qu'il y a de résidents. A cela une raison toute simple: le libéralisme repose sur la capacité des femmes et des hommes à s'adapter continuellement à des conditions changeantes et imprévisibles.

 

Il n'y a pas de doxa libérale: tous les chemins mènent au libéralisme à partir du moment où l'on est convaincu que la liberté est comme la vie elle-même, qu'elle refuse de se laisser enfermer...

 

Le libéralisme est bien français: il s'inscrit dans le cours le plus intérieur de l'histoire des idées politiques de notre pays avec Tocqueville et Raymond Aron, La Boétie et Jean-Baptiste Say, mais aussi avec Madame de Staël, François de la Mothe Le Vayer, Benjamin Constant et même Stendhal...

 

Les pensées iniques

 

Les pensées iniques, ce sont par exemple:

 

- le refus de l'existence même des inégalités et non pas de leur simple augmentation: aucune tête ne doit dépasser, ce qui justifierait l'emploi de la violence par les envieux;

 

- le refus de la contradiction: vouloir débattre serait blasphématoire, voire négationniste (Ce n'est pas le doute qui rend fou, ce sont les certitudes, disait Nietzsche);

 

- le refus de l'individualisme, qui est tout bonnement le prolongement de l'humanisme: actuellement un individu est obligé de plonger dans le grand bain tiède du collectif au risque d'être pris pour un monstre.

 

Raison et déraison

 

Il existe un pacte pluriséculaire entre la grandeur du libéralisme et la primauté de la raison. L'individu de raison est, en effet, né de la pensée libérale. Aussi les coups portés à notre individualité fragilisent d'autant plus le libéralisme qu'il n'est pas une doctrine, qu'il s'appuie sur le doute, le raisonnement, la logique et non juste l'acte de foi.

 

Le recours au raisonnement suppose pour l'éprouver et le fortifier de le confronter à d'autres raisonnements, mais, pour cela, il faut respecter l'Autre et ne pas en avoir le dégoût, il faut être dans la subtilité plutôt que dans le slogan ou le dénigrement:

 

Nous baignons dans les larmes tout en jetant la réputation d'une femme ou d'un homme aux chiens.

 

La déraison, ce sont tous les phénomènes de mode tels que l'écologisme devenu acte de foi que nul ne peut remettre en cause et qui ambitionne le retour au début du XIXe siècle, le véganisme de stricte obédience qui veut en finir avec l'exploitation des abeilles par l'homme...

 

La déraison, ce sont les religions contemporaines, exemptées de toute attaque, de toute critique puisque cette dernière est immédiatement présentée comme une preuve d'"irrespect" et de "discrimination". Une opinion politique, comme le libéralisme, se discute. Pas une opinion religieuse même si elle semble aberrante (il est tentant d'écrire: surtout si elle est aberrante...). 

 

Les marchandises frelatées

 

L'étiquette libérale sert, depuis trop longtemps, à masquer des marchandises frelatées telles que conservatismes périmés, situations monopolistiques avec addictifs inconnus, ou autres capitalismes sous OGM.

 

Où est le libéralisme par exemple dans la crise des subprimes qui est partie d'un mécanisme créé par le pouvoir politique pour échapper à la règle libérale selon laquelle on ne prête pas aux personnes insolvables?

 

Une bibliothèque ne suffirait pas à recenser les contre-vérités véhiculées par ceux qui estiment que la liberté est un boulet et qui se pelotonnent sous l'État comme s'il s'agissait d'une grosse couette meringuée.

 

Tenir bon

 

Il existe de réelles menaces: Ce qui s'approche de nous est la tyrannie au front bas, brute, totale, épaisse, sanglante. Elle a pour visage les monstres froids que sont le totalitarisme islamique et le totalitarisme chinois:

 

Ces menaces ont grandi mais, en plus, elles ont aboli les distances et s'invitent dans notre quotidien. L'ère des tyrannies commence au coin de la rue.

 

Alors il faut tenir bon selon l'injonction de l'économiste Etienne Mantoux, c'est-à-dire:

 

- réapprendre à penser par soi-même

 

- rallumer les Lumières

 

- adopter le principe du risque plutôt que le principe de précaution

 

- ne pas céder face aux obscurantistes

 

- accepter l'idée que la liberté est la fin politique la plus haute (Lord Acton)

 

Francis Richard

 

Éloge du libéralisme, Joseph Macé-Scaron, 128 pages, Éditions de l'Observatoire

 

Livre précédent:

Ticket d'entrée, Grasset (2011)

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1 janvier 2020 3 01 /01 /janvier /2020 20:00
Sans la liberté, de François Sureau

Sans la liberté il n'y a rien dans le monde.

Chateaubriand

 

Depuis vingt ans François Sureau constate que les Français s'habituent à ce que l'air de la liberté se raréfie et que l'édifice de l'État de droit conçu pour la garantir, par beau comme par mauvais temps, s'effrite de plus en plus.

 

Dans sa jeunesse, tout le monde s'accordait encore sur les grands principes - ceux de la Déclaration des droits - qui semblaient établis pour l'éternité, même si, exceptionnellement, des entailles y étaient pratiquées:

 

La règle paraissait être celle des jésuites: péchez, mais du moins ne corrompez pas les principes.

 

Les temps sont difficiles, dit-on, pour justifier les lézardes: Les temps sont toujours difficiles pour ceux qui n'aiment pas la liberté. Ce n'est pas une surprise de la part des gouvernants, c'en est une de la part des citoyens.

 

Est-ce au moins efficace? Même pas:

 

La demande de sécurité relève de l'évidence et n'est pas illégitime. C'est la réponse des États qui est surprenante, en ce qu'elle échoue toujours, la diminution des libertés n'entraînant aucun bénéfice en ce qui concerne la sûreté.

 

Qu'il s'agisse de la loi anticasseurs du 10 avril 2019, de la loi organisant la répression des fausses nouvelles en période électorale ou de la loi visant les discours de haine sur internet, le constat d'inversion des valeurs est le même:

 

Les libertés ne sont plus un droit mais une concession du pouvoir.

 

Est abandonnée cette idée simple que penser n'est pas agir, que dire n'est pas faire, qu'avant l'acte criminel il n'y a rien. Un contrôle social de plus en plus rigoureux, exercé conjointement par acteurs publics et privés, en résulte.

 

La liberté a un prix. Le refuser, c'est en faire peu de cas. L'accepter, c'est rester fidèle à cette idée que la contradiction, fille aînée de l'inquiétude ontologique, est le plus sûr aiguillon pour bâtir, siècle après siècle, une société meilleure.

 

Le citoyen seul a qualité pour juger de l'emploi qu'il fait de sa liberté. L'État n'a pas à s'arroger le rôle de tuteur de celui-ci, supposé défaillant dans son intelligence et donc dans ses choix. Aucune loi ne peut légitimement le lui conférer:

 

Cette société du paternalisme étatique a pour conséquence que la liberté d'autrui ne nous concerne plus.

 

L'idéal des libertés est remplacé par le culte des droits: Au tourniquet des droits, chacun attend son tour. Au lieu de garantir les droits naturels, l'État n'a désormais d'autre fonction que de garantir les désirs de chacun et de châtier l'autre.

 

Le résultat est mirifique:

 

Nous avons réussi le prodige d'asservir le citoyen en diminuant dans le même temps l'efficacité de l'État, sans améliorer pour autant la qualité de la représentation: c'est à la fois Kafka et Oblomov, le sapeur Camember et Courteline, les chambres au sens propre introuvables et le cabinet noir.

 

François Sureau ne désespère pas, à condition de comprendre que les inconvénients de la liberté, même chèrement payés, ne l'emporteront jamais sur ses avantages, puisque c'est elle et elle seule, qui soutient la vocation de l'homme.

 

A défaut, nous devrions préférer la simple licence, la pulvérisation de l'idée de liberté en cent images irréconciliables, sa diffusion en mille comportements opposés, plutôt que ce que l'ordre social nous promet: la dictature de l'opinion commune...

 

Francis Richard

 

Sans la liberté, François Sureau, 62 pages, Gallimard

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16 décembre 2019 1 16 /12 /décembre /2019 22:30
Le vrai libéralisme, de Pascal Salin

Pendant des décennies, inlassablement, Pascal Salin a écrit des articles, été interviewé pour dire ce qu'est le Vrai libéralisme et pour montrer que la droite et la gauche françaises sont unies dans l'erreur, comme l'indique le sous-titre.

 

Dans ce livre, l'auteur publie une somme de ces textes où le lecteur peut se convaincre, références de parution à l'appui, que le mal français n'est pas récent, qu'il perdure et qu'il perdurera tant que le bon diagnostic ne sera pas établi.

 

Les responsables en alternance de la situation catastrophique dans laquelle se trouve le pays, de droite comme de gauche - il n'y a entre elles qu'une différence de degré dans la capacité de nuisance - illustrent l'adage romain:

 

Errarre humanum est, perseverare diabolicum.

 

Le vrai libéralisme

 

Pour discréditer le libéralisme et lui attribuer tous les maux dont souffre le pays, il existe un consensus idéologique qui le caricature et en détourne les esprits, alors qu'il est le seul remède à ces maux, jamais appliqué.

 

Ce consensus est celui de la classe politique, de l'enseignement et des médias, dont l'inculture intellectuelle n'a d'égale que la présomption à détenir la vérité et à donner des leçons à ceux qui ne se soumettent pas à la doxa.

 

Être libéral, par exemple, ne veut pas dire, comme ils le prétendent, en bons héritiers de Marx qui voient partout des antagonismes, être pour les riches contre les pauvres, pour les entrepreneurs contre les salariés:

 

Être libéral, ce n'est pas soutenir l'entreprise ou privilégier une catégorie sociale particulière [...] mais défendre la liberté individuelle et le respect des droits.

 

La société libérale

 

Si le marché existe toujours, quelque imparfait qu'il soit, ce n'est pas par le recours au marché que se définit la société libérale, contrairement à ce qui se dit communément, mais par la trilogie liberté individuelle, propriété, responsabilité.

 

C'est pourquoi on peut dire qu'un libéral est fondamentalement individualiste et social. Car l'individualisme libéral consiste à respecter la liberté accordée à chacun de poursuivre ses propres objectifs, mais dans le respect des droits d'autrui:

 

Une société libérale n'est pas une société sans règles, mais une société dans laquelle on respecte les règles [éternelles] nécessaires à la défense des libertés individuelles.

 

Le mot respect est bien ce qui caractérise la société libérale: respectueux des êtres humains - de tous les êtres humains, riches ou pauvres, jeunes ou âgés, etc. - [les libéraux] respectent profondément la morale universelle mais aussi toutes les morales personnelles.

 

La morale universelle est celle qui consiste à respecter les droits légitimes des individus, c'est-à-dire leurs droits sur leur propre personne et les droits de propriété sur les biens qu'ils possèdent légitimement.

 

La morale personnelle est celle qui consiste par exemple pour chacun à choisir à l'égard de qui il veut être altruiste et comment il souhaite se comporter à l'égard d'autrui.

 

La société collectiviste

 

La collectivisation est la source de tous les maux dont souffre la société française. L'État y est de plus en plus le gestionnaire de la vie de tous: le sort des individus, quels qu'ils soient, dépend de moins en moins de leurs propres efforts et de plus en plus de ce que les luttes politiques leur permettent d'obtenir. 

 

Ainsi, via des monopoles, qui sont toujours sources de gaspillages, d'inefficacités et d'injustices, l'État gère-t-il l'enseignement, la santé, les transports; prétend-il réduire les inégalités par l'impôt; décide-t-il de la durée du travail et de l'âge de la retraite et réglemente-t-il à tout va etc.

 

Plutôt que de comprendre que l'économie est le résultat des processus de décisions librement mis en oeuvre par les êtres humains, les tenants de la collectivisation, qui s'inspirent largement de Keynes, raisonnent en termes de quantités globales et d'individus interchangeables.

 

L'économie est pour eux une mécanique où il suffirait d'actionner les bons leviers pour qu'elle fonctionne bien. Ils croient diminuer le chômage et produire de la croissance par la relance de la consommation globale, ce qui est une erreur intellectuelle majeure, dont les résultats calamiteux sont là.

 

Rien n'y fait, et pour cause, puisque l'économie-vaudou est une erreur idéologique et constructiviste fondamentale: ni la politique budgétaire, ni la politique monétaire, ni l'investissement public, ni les subventions, ni la fiscalité, ni la réglementation n'en peuvent mais.

 

Tout ce à quoi parviennent ces idéologues consensuels, en attentant aux droits légitimes des personnes, c'est à la destruction de la cohésion sociale, à l'émergence d'un individualisme anarchique et à la division en deux France:

 

Un nombre croissant de Français vivent du travail et des efforts d'un nombre décroissant d'autres personnes.

 

Défiscaliser, déréglementer, privatiser

 

Telles sont les trois maximes de l'État libéral.

 

Défiscaliser :

 

La seule relance possible de l'économie est de supprimer la progressivité de l'impôt sur les revenus, l'impôt sur la fortune (qu'elle soit immobilière ou plus large), les droits de succession, parce que la croissance résulte des efforts d'épargne et d'investissement privés (qui augmentent la productivité) et des incitations productives:

 

- il faut inciter à produire plus, à travailler plus, à innover, à épargner

 

- il ne faut pas confisquer une grande partie du rendement de l'effort [...] par l'impôt et les cotisations sociales

 

- il ne faut donc pas décourager ceux qui sont les plus productifs, les plus innovateurs, les plus courageux.

 

Parallèlement, il faut vigoureusement réduire les dépenses publiques.

 

Déréglementer :

 

Pour redonner l'initiative aux entreprises et permettre la concurrence, il faut vigoureusement déréglementer, parce qu'il n'y a pas meilleure régulation que celle qui est faite par des marchés libres: c'est un chantier énorme.

 

Pour revenir au plein-emploi, il faut libérer le marché du travail, ce qui consiste à remettre en cause:

 

- le salaire minimum, qui constitue une barrière à l'entrée sur le marché de l'emploi, en particulier pour les plus jeunes

 

- les règles visant les licenciements difficiles et coûteux, qui freinent en fait les embauches.

 

Et à rétablir la liberté contractuelle dans les relations de travail (comme dans celles du logement), notamment pour ce qui concerne la durée du travail.

 

En matière de retraites, il faut adopter un système par capitalisation, c'est-à-dire redonner aux Français cette liberté fondamentale qui consiste à faire eux-mêmes leur choix de vie (durée de leur vie active, âge de leur retraite).

 

Privatiser:

 

Il faut ouvrir à la concurrence et supprimer les monopoles publics tels que :

 

- la sécurité sociale : les Français ont le droit de décider du type d'assurance qu'ils préfèrent pour leurs dépenses de santé

 

- l'université : libérer le marché des idées

 

Etc.

 

Conclusion

 

S'il était appliqué, ce vaste programme, non exhaustif, dont Pascal Salin expose les grandes lignes depuis plus de quarante ans, serait la marque d'un vrai libéralisme.

 

Il va de soi qu'aucune d'entre ces mesures n'a jamais été adoptée (ou sinon partiellement, ou temporairement) par aucun des gouvernements qui se sont succédé pendant toute cette période. Celles qu'ils ont adoptées finalement ne ressemblent en rien à des mesures que d'aucuns, par ignorance ou par incompétence, qualifient de libérales

 

Les mesures libérales ci-dessus correspondent à une éthique, à une conception de l'homme et à une méthode d'analyse qui n'est pas de mise dans la France technocratique d'aujourd'hui:

 

On ne peut comprendre le fonctionnement d'une société qu'en ayant une vision réaliste de ce qu'est un être humain, de sa nature profonde, de son comportement.

 

Ce sont des mesures urgentes depuis des décennies... Pour qu'elles soient couronnées de succès, il faudrait qu'elles soient prises simultanément et rapidement...

 

Francis Richard

 

Le vrai libéralisme, Pascal Salin, 320 pages, Odile Jacob

 

Livres précédents:

Revenir au capitalisme pour éviter les crises, Odile Jacob (2010)

Libérons-nous, Les Belles Lettres (2014)

La tyrannie fiscale, Odile Jacob (2014)

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Présentation

  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.

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