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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 23:30
L'islamo-business, vivier du terrorisme, de Jean-Paul Gourévitch

L'islamo-business, qui finance l'islamisme et lui fournit des combattants, prospère grâce à l'expansion de l'économie informelle et à l'incapacité des États à le combattre, à le contrôler ou à le gérer.

 

L'islamo-business, tel que l'entend Jean-Paul Gourévitch, est le moteur de l'islamisme radical. Dans ce livre, qui se veut document, il présente les éléments du dossier.

 

Il commence par un peu de sémantique et définit les mots islam, islamisme et terrorisme: Le passage de l'islamisme au terrorisme se fait au moyen de trois notions passerelles: la charia, le jihad et le salafisme. Il en ressort que les acceptions de ces termes sont très variables suivant les points de vue aussi bien des musulmans que de ceux qui ne le sont pas... D'où l'importance de nuancer...

 

Toutefois les musulmans, quels qu'ils soient, partagent les même cinq piliers:

- la chahada (profession de foi)

- la prière rituelle cinq fois par jour

- le ramadan et son jeûne pendant un mois

- le pèlerinage à la Mecque

- l'aumône rituelle (la zakat)

 

La présence musulmane dans le monde - un tiers des musulmans vit dans des pays non musulmans - se distribue en quatre cercles concentriques, du plus large au plus étroit:

- la communauté musulmane

- les musulmans actifs et pratiquants

- les adhérents à l'islamisme radical

- les candidats potentiels à l'action terroriste.

 

Quelques chiffres: il y aurait 1,6 milliard de musulmans dans le monde, entre 25 et 44 millions en Europe (fourchette large) et environ 8,5 millions en France.

 

En France, sur ces 8,5 millions, il y aurait 3,4 millions de pratiquants, 100'000 musulmans très favorables à Daesh et 10'000 candidats potentiels à l'action terroriste...

 

Jean-Paul Gourévitch donne des éléments sur les plans politique, économique, social, idéologique, géopolitique, spirituel et sociétal pour expliquer l'apparition de la revendication de la violence nécessaire à la réislamisation du monde musulman, la désignation d'ennemis renforçant cette revendication: 

- l'Occident, qui diaboliserait l'islam

- les chrétiens, qui sont de plus en plus persécutés en pays musulmans

- les juifs, qui sont assimilés à la politique d'Israël: de l'antisionisme à l'antisémitisme, la frontière est facilement franchie

- les musulmans hérétiques

- les mécréants.

 

La stratégie islamiste diffère suivant le poids des musulmans dans un pays:

- en situation très minoritaire, la position est défensive

- en situation minoritaire forte, la position est de faire valoir leur représentativité et elle est également contre-offensive

- en situation majoritaire, la position est de réduire l'influence des communautés les plus importantes par des exactions ou de solidariser l'ensemble des musulmans autour des revendications les plus radicales.

 

Jean-Paul Gourévitch passe en revue la galaxie de l'islamo-business, c'est-à-dire:

- son importance dans différents pays du monde: en Extrême-Orient, au Moyen-Orient, au Proche-Orient, dans la corne de l'Afrique, en Afrique sub-saharienne, au Maghreb, en Tchéchénie, dans les Balkans, en Turquie

- les mouvements qui en sont les constellations principales originelles: les Frères Musulmans et Al-Qaïda

- l'État islamique, Daesh, qui dispose actuellement d'un territoire, d'une administration, d'un financement (banques, pétrole, gaz naturel, trafics d'armes, d'oeuvres d'art etc., taxes, zakat, jizya - la taxe sur les dhimmis -, donateurs du Golfe...), d'une stratégie: terroriser les ennemis, intérieurs et extérieurs...

 

D'une manière plus générale, Jean-Paul Gourévitch consacre tout un chapitre au financement de l'islamo-business. Au capitalisme musulman des banques, qui contournent l'interdit de l'usure, s'ajoutent le financement des terroristes par l'Arabie Saoudite ou le Qatar, le financement par les cotisations et les dons, et, surtout, le financement caché de l'économie informelle, qui représenterait plus de 1'000 milliards de dollars par an...

 

Un autre chapitre est consacré à la puissance de l'islamo-business: comment il recrute et forme ses combattants dans les cités, les mosquées, les prisons. Son portrait du combattant (exemples de Khaled Kelkal, Mohammed Merah et d'Amedy Coulibaly à l'appui) est corroboré par celui du terroriste, Anis Amri, qui a, semble-t-il, commis l'attentat sur un marché de Noël à Berlin le 19 décembre dernier.

 

Le parcours type du combattant est en effet le suivant:

- Petite transgression (fraude dans les transports, par exemple)

- Délinquance de proximité (enrichissement personnel)

- Arrestation ou interpellation (sentiment d'être une victime, d'être rejeté)

- Prison (où un intercesseur lui apprend que la religion musulmane peut le réhabiliter)

- Endoctrinement

- Engagement

- Passage à l'acte

- Passage de la posture du héros à la stature du martyr.

 

Comment combattre l'islamo-business? Par la répression? Elle a des limites et s'est avérée en grande partie inefficace, comme les attentats des dernières années l'ont prouvé: en fin de volume, l'auteur recense sur quatre pages et demie tous les attentats islamistes commis en France et en Belgique entre 2012 et 2016...

 

En fait le plus grand ennemi de l'islamisme pourrait bien être l'islam lui-même. Car il existe nombre de fractures entre islam et islamisme:

- Le combat contre l'intégrisme par l'éducation, particulièrement celle des filles, est le premier qui doit être mené par les musulmans de France, qui dans leur majorité ont adhéré à l'école républicaine

- La majorité des musulmans veulent vivre pacifiquement

- L'adhésion aux valeurs réputées universelles, telles que le droit, la liberté de pensée et de critique, l'aspiration au progrès, la démocratie, l'égalité des chances, est la voie que doivent suivre les jeunes musulmans, attirés par la modernité, pour en prendre le train

- La condition féminine reste une ligne de partage entre islam moderne et islamisme rétrograde.

 

Évidemment l'islamisme radical recherche au contraire la fracture. Et certains de ceux qui s'y opposent le plus, que l'on peut réellement qualifier d'islamophobes, lui emboitent le pas, à la différence fondamentale que, dans leur quasi-totalité, ils ne recourent pas aux violences physiques...

 

En conclusion Jean-Paul Gourévitch imagine les possibles scénarios du futur avec leurs différentes variantes:

- scénarios d'affrontement

- scénarios de vivre-ensemble

- scénarios de la frontière

- scénarios de la crise

- scénarios du déclin.

 

Il se garde bien de prophétiser sur les écritures nouvelles encloses dans les schistes à venir, selon l'expression de Saint-John Perse. Dans ce livre, il a seulement voulu dresser le procès-verbal de l'islamisme, en convoquant, à charge et à décharge, les textes, les chiffres et les intercesseurs.

 

Une telle analyse de la situation ne peut que nourrir la réflexion pour contrecarrer le développement de l'islamo-business, ce concept qui désigne d'une part les modalités formelles et informelles du financement de l'islamisme, de l'autre la transformation par étapes successives d'un petit délinquant en kamikaze.

 

Francis Richard

 

L'islamo-business, vivier du terrorisme, Jean-Paul Gourévitch, 216 pages Pierre Guillaume de Roux

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  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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