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25 septembre 2019 3 25 /09 /septembre /2019 22:00
10e Week-End de la Liberté du Cercle Frédéric Bastiat, à Saint-Paul-lès-Dax 2/3

Du 20 septembre 2019 à midi jusqu'au 22 septembre 2019 à midi a eu lieu, à Saint-Paul-lès-Dax, dans les Landes, le 10e Week-End de la Liberté, organisé par le Cercle Frédéric Bastiat, en collaboration avec l'École de la Liberté et avec le concours de:

 

- l'ALEPS

- Contrepoints

- l'Institut Coppet

- l'IREF

- SFL

 

Le thème de ce Week-End était:

 

En finir avec l'inflation réglementaire et législative: revenir au Droit de propriété.

Carlo Lottieri

Carlo Lottieri

Vendredi 20 septembre 2019, 21h00

 

Dîner débat avec Carlo Lottieri, professeur de philosophie du droit et de sciences sociales, sur Du contrat au statut. La crise de la société libérale et le préjugé du pouvoir économique.

 

Henry Summer Maine décrit dans Ancient Law le passage d'une société figée, de privilèges, à une société ouverte, de libre contrat. Autrement dit c'est le passage du statut au contrat. Herbert Spencer, lui, décrit le passage d'une société militaire à une société commerciale.

 

Maine comme Spencer sont des hommes du XIXe siècle. Au XXe siècle il est significatif que paraisse en 1974 un livre sur La mort du contrat. Alors que le libéralisme se fonde sur le droit de propriété et le contrat, on assiste à la montée de la culture étatiste de droite comme de gauche.

 

La faillite du libéralisme s'explique par le rationalisme et le constructivisme qui mènent à une société désordonnée. Avec la culture étatiste, on considère que c'est mieux d'avoir des plans, des politiciens, des bureaucrates. 

 

Ludwig von Mises démontre pourtant  l'impossibilité du calcul économique en régime socialiste et Friedrich Hayek que les décisions les meilleures sont décentralisées.

 

Le mécanisme de la production de bien-être est détruit quand il n'y a plus d'échanges, avantageux pour les deux parties. Or, pour un polytechnicien ou un énarque, il est impossible de comprendre l'ordre spontané qui en résulte.

 

Le pouvoir est initialement pensé en tant que violence ou menace de violence, en tant que pouvoir politique. L'idée est d'étendre cette idée de pouvoir à deux autres, au pouvoir culturel, idéologique, et au pouvoir économique.

 

Cette idée de pouvoir économique se trouve dans l'œuvre de Karl Marx pour lequel la classe bourgeoise exploite la classe ouvrière et pour lequel le contrat est un moyen de défendre l'exploitation: la liberté serait purement formelle. 

 

Cette idée est aujourd'hui acceptée par tout le monde. Elle conduit à faire des lois pour protéger la partie faible, pour limiter le contrat, pour contrôler la propriété qui générerait la domination sur les autres selon Marx.

 

Marx ignore, ou veut ignorer, que les propriétés préexistent aux lois: Ce n'est pas parce qu'il y a des lois qu'il y a des propriétés, mais parce qu'il y a des propriétés qu'il y a des lois, disait son contemporain Frédéric Bastiat dans Propriété et loi.

 

L'exemple d'Amazon et de Google est éloquent: l'un et l'autre proposent, ils n'imposent pas. C'est l'Etat qui a le monopole de la violence: les lois sont des offres qu'on ne refuse pas, comme celle que fait Marlon Brando dans Le Parrain.

 

On est dans une société de marché, mais une société mixte, où il s'agit d'obtenir un pouvoir et où la tentation est d'utiliser les règles de l'Etat pour se protéger. Dans ces conditions, effectivement, la richesse se transforme en pouvoir.

 

C'est le compromis du libéralisme (admis par des modérés tels que Benjamin Constant ou Alexis de Tocqueville) avec l'Etat souverain, qu'il soit minimal ou limité, qui est à l'origine de la faillite du libéralisme: il est irraisonnable, et naïf, de vouloir minimiser l'Etat. Pour ce faire, constitutionaliser l'Etat est une illusion:

 

La Constitution est une ceinture de chasteté dont les politiciens ont la clé. 

 

La conséquence de ce compromis est le retour à une société corporatiste, à une société  de statut. En étant trop modéré dans la défense de la liberté, on se montre incapable de défendre le droit naturel. Murray Rothbard parle de capitalisme corrompu.

 

L'inégalité ne pose pas de problème tant que le comportement est correct. Elle peut en poser quand il y a des passe-droits, quand il n'y a pas de rule of law, c'est-à-dire d'Etat de droit, applicable à tous, sans exception. 

 

Comment donc en sortir? En retrouvant les principes, c'est-à-dire en rejetant l'idée de Machiavel qu'il y ait une morale pour les hommes politiques et une autre pour les autres: on accepte d'être volé par l'Etat et on n'accepte pas que les autres vous volent.

 

Un des moyens, maintenant, de limiter le pouvoir que l'Etat oppose aux droits individuels est de recréer des rapports sociaux, de créer une société alternative au pouvoir, car il n'y a pas de liberté, pas de droit sans ligues, associations, mutualités.

 

La démocratie renforce l'Etat. En effet si l'ordre vient de la totalité, on doit y obéir, en principe. Un autre moyen est donc d'adopter une attitude plus souple vis-à-vis des règles de l'Etat: l'économie souterraine en est un exemple.

 

La liberté suppose des combattants, des sacrifices. Comme le dit Carlo Lottieri, le risque de la liberté est de la perdre.

Nathalie MP

Nathalie MP

Samedi 21 septembre 2019, 9h00

 

Conférence de Nathalie MP, ancienne élève de l'ESSEC et chef d'entreprise, sur Propriété et responsabilité: des solutions pour la France.

 

Pourquoi parler de solutions pour la France?

 

- Parce que la France est à la fois championne du monde des prélèvements obligatoires et des dépenses publiques (c'est une curiosité mondiale, sinon une monstruosité…).

- Parce que l'inflation réglementaire est un sport national: le poids du Code du travail est passé de 500g en 1978 à 1450g en 2010.

- Parce que la fonction publique est sacrée: les effectifs de la fonction publique sont de 5700000 au 31/12/2017 et leur baisse de 120000 en 5 ans a été abandonnée (ils ne baisseront que de 1600 en 2018 et de 4164 en 2019).

- Parce que son ministre de l'économie, Bruno Lemaire, déclare sans vergogne que le capitalisme est dans une impasse: il a conduit à la destruction des ressources naturelles, à la croissance des inégalités et à la montée des régimes autoritaires.

 

Quand on dresse le bilan de la France, le résultat est mirifique:

 

- Croissance faible

- Dette à 100% du PIB

- Chômage élevé

- Régalien (sécurité et justice) négligé

- Enseignement médiocre

- Accès aux soins de plus en plus difficile

Etc.

 

Cet échec sur toute la ligne est dû:

 

- A l'irresponsabilité intrinsèque d'un service public obèse

- A la présomption de vouloir tout planifier alors que la multitude des facteurs économiques et humains ne peut être appréhendée

- A l'inefficacité de dépenser l'argent des autres pour les autres. 

 

Nathalie MP donne deux exemples de gabegie d'entreprises publiques: 

 

- La Manufacture de Sèvres dont le budget de 7 millions d'euros est subventionné à hauteur de 4,4 millions

- Le Mobilier national où 40000 œuvres sur 290000 ne sont pas inventoriées (perdues ou volées?) et où le personnel travaille officiellement 30h par semaine, entre 120 et 170 jours par an, et fait de la perruque, c'est-à-dire des travaux pour son propre compte. 

 

Les écologistes radicaux et les collapsologues vont plus loin que Bruno Lemaire. Selon eux, le capitalisme est responsable du désastre écologique et du réchauffement climatique: c'est lui qui, dans sa course effrénée au profit, [épuiserait] les ressources naturelles et [détruirait] l'environnement depuis l'invention de la machine à vapeur en 1769.

 

Depuis cette date, 1769, nous serions donc entrés dans l'ère du capitalocène, l'ère géologique de l'impact du capitalisme sur la Terre...  

 

Nathalie MP prend deux exemples, celui des rhinocéros et des abeilles, pour montrer que c'est grâce à la propriété privée, en Afrique du Sud, que l'espèce des premiers a été sauvée et que c'est grâce au marché de la pollinisation que l'espèce des secondes l'a été (elles étaient victimes non pas des pesticides mais d'un acarien...).

 

Aristote avait raison quand il disait:

 

Ce qui est commun à tous fait l'objet de moins de soins, car les hommes s'intéressent davantage à ce qui est à eux qu'à ce qu'ils possèdent en commun avec leurs semblables.

 

C'est pourquoi, au sujet des externalités (conséquences négatives d'une activité économique quand elle cause un dommage sans compensation, positives quand elle cause un bénéfice gratuit), Nathalie MP recommande, plutôt que de faire intervenir l'Etat, chaque fois que c'est possible, de les internaliser via l'acquisition de droits de propriété et de laisser les parties en cause s'entendre par contrats.

 

Elle conclut:

- Le fait que certains individus commettent des atteintes aux biens et aux personnes n'est pas une raison valable pour retirer à l'ensemble de la population la faculté de son libre jugement.

- Contre le socialisme qui encadre tout jusqu'à l'étouffement des responsabilités, des libertés et de la prospérité, il existe le libéralisme qui permet à chaque personne de mener sa propre recherche du bonheur, dans le cadre d'un Etat de droit qui assure le respect des biens et des personnes.

 

Nathalie MP tient Le blog de Nathalie MP.

Daniel Tourre

Daniel Tourre

Samedi 21 septembre 2019, 11h00

 

Conférence de Daniel Tourre, auteur de Pulp libéralisme, sur La liberté d'expression et la pente glissante de la régulation administrative.

 

La liberté d'expression est une liberté fondamentale, mais… 

 

Quels sont les arguments pour la liberté d'expression des idées?

 

- Elle fait partie du processus démocratique: même les discours antidémocrates devraient être admis par les démocrates.

- Elle permet la recherche de la vérité: ce qui est vrai aujourd'hui ne le sera peut-être pas demain; mais, même si le discours est faux, il ne faut pas le censurer.

- Elle permet le développement personnel.

 

Quels sont les arguments contre la liberté d'expression des idées?

 

- Le peuple peut être trompé par de fausses nouvelles: il y a contradiction puisque le peuple est doté de discernement quand il vote, mais ne le serait pas en matière de nouvelles.

- Si la vérité n'est pas objective, elle est prétexte pour les dominants à dominer les autres.

- La liberté d'expression peut susciter des émotions, heurter des sensibilités.

- Toute vérité est relative: il faut faire ses preuves, être relu, par exemple par ses pairs.

 

Ce sont les arguments contre la liberté d'expression des idées qui l'emportent depuis quelques décennies en France. Tous les deux ans, depuis 1972 (loi Pleven), la loi de 1881 est révisée et y sont ajoutées de nouvelles contraintes à l'exercice de la libre expression.

 

Plutôt que de faire un catalogue dans la loi de ce qui n'est pas dicible, ne serait-il pas plus juste de revenir au processus de justice pour apprécier au cas par cas si un dommage réel a résulté de ce que l'on a dit.

 

N'est-il pas souvent difficile de trancher dans ce domaine? Daniel Tourre donne les exemples de l'auteur dont un des lecteurs commet un crime après l'avoir lu ou de l'auteur qui explique par le menu comment fabriquer une bombe.

 

En tout cas, dans l'audiovisuel, il est maintenant souhaité qu'au processus de justice se substitue un processus de contrôle de contenus par des technocrates (voir la proposition d'Aurore Bergé). Quant au CSA, Conseil supérieur de l'Audiovisuel, il s'est déjà donné des objectifs culturels, sociaux et sociétaux… 

 

A méditer:

 

Les idées n'ont pas de droits, seuls les hommes en ont.

 

Daniel Tourre a un compte twitter Bastiat2022 très actif et est porte-parole du Collectif Antigone

 

Francis Richard

 

La partie 1/3 se trouve ici.

La partie 3/3 se trouve ici.

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  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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