Partager l'article ! La FINMA a violé le droit suisse en livrant 250 clients de l'UBS: Il y a presqu'un an, ce qui me semble un siècle, la FINMA, l'Autorité fédérale ...
Il y a presqu'un an, ce qui me semble un siècle, la FINMA, l'Autorité fédérale de surveillance des marchés
financiers (ici), à qui le Conseil fédéral avait refilé
la patate chaude, décidait d'autoriser l'UBS à livrer les noms de 250 clients américains sous la pression amicale de la justice des
Etats-Unis, au mépris de la loi suisse, pour éviter à l'UBS de fermer boutique sur le sol américain. Ce qui aurait signifié pour elle la faillite."B-1092/2009
Arrêt final du Tribunal administratif fédéral en la cause Clients américains de l'UBS
contre UBS/FINMA
La Cour II du Tribunal administratif fédéral a, par arrêt du 5 janvier 2010, jugé que la décision de la FINMA du 18 février 2009 ordonnant la transmission de données bancaires de clients de l'UBS aux autorités des États-Unis d'Amérique violait le
droit.
La Cour a constaté que les art. 25 et 26 de la loi sur les banques ne constituaient pas une base légale suffisante pour la transmission de données bancaires relatives à des clients aux autorités étrangères. Si ces dispositions habilitent la FINMA à prendre
des mesures protectrices en cas de risque d'insolvabilité d'une
banque, elles ne l'autorisent pas pour autant, eu égard au
texte et à la systématique de la loi, à transmettre
directement des données bancaires concernant des clients.
Le droit de nécessité constitutionnel ne peut pas non plus être valablement invoqué pour justifier la décision de la FINMA. Le Conseil fédéral est seul habilité, avec le Parlement, à en faire usage. En l'espèce, il n'a pas jugé devoir le faire. Même s'il
a effectivement chargé la FINMA de prendre toutes les mesures
nécessaires en vue d'éviter une procédure pénale de la part des
autorités américaines contre UBS, il ne s'est toutefois pas
prononcé sur le moyen à mettre en oeuvre pour y parvenir. Or, une autorité comme la FINMA ne peut décider de faire usage du droit de nécessité à la place du Conseil fédéral. Aussi, même si la FINMA se trouvait dans une situation critique en raison de la menace d'une procédure pénale contre l'UBS de la part
des autorités américaines, elle n'était pas autorisée, d'elle
même, à statuer sur la transmission des données bancaires
concernant des clients en dehors de la procédure ordinaire
d'entraide administrative internationale."
"Droit d'exception, le droit de nécessité est lié à l'octroi des pleins pouvoirs, comme ce fut le cas lors des deux guerres mondiales, où ils furent accordés au Conseil fédéral. En cas de troubles (guerre, catastrophes), un droit de nécessité, préalablement préparé, peut être appliqué très rapidement. Ce droit, qui ne figure pas en tant que tel dans la Constitution mais peut s'appuyer sur les articles 52, 173 et 185 de celle-ci (1999), existe aussi dans les cantons; c'est ainsi que des "compétences dérogeant à la Constitution" sont prévues dans la Constitution jurassienne (1977), dans celle de la Thurgovie (1987) sous le titre de Notstand et celle de Glaris (1988) sous celui de Notrecht."
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