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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 23:25

Nicos-Anastasiades.jpgChypre est au bord du gouffre.

 

Les médias parlent surtout de son secteur bancaire et peu de la dette publique et des déficits budgétaires de ce petit pays de 800'000 habitants.

 

Pourtant, banques irresponsables et Etat ultra dépensier, même combat.

 

Il y aurait 68 milliards d'euros de dépôts bancaires à Chypre, soit environ quatre fois le PIB du pays, qui est de l'ordre de 17 milliards d'euros. Ce qui en soi n'est pas condamnable comme le laissent entendre les médias à l'unisson.

 

Seulement, cette manne a été prêtée pour partie à la Grèce - mauvais et irresponsable choix - et à des entreprises et des particuliers guère solvables - autre mauvais et irresponsable choix.

 

Rien qu'avec l'effacement d'une partie de la dette grecque décidée par l'Union européenne, par la Banque centrale européenne et par le FMI, les banques chypriotes ont essuyé une perte de 4,5 milliards d'euros. Pour qu'elles ne tombent pas en faillite, il faudrait les recapitaliser à hauteur de 10 milliards d'euros...

 

L'Etat chypriote n'est guère en meilleur état, sans jeu de mots, puisque la dette publique s'élève à 71,6% du PIB, soit à 12 milliards d'euros, et que le déficit budgétaire est de plus de 5% du PIB, soit de 0,9 milliard d'euros, soit encore de 10% des dépenses publiques, qui s'élèvent à 9 milliards d'euros (plus de la moitié du PIB). Des chiffres similaires à ceux de la France...

 

Les besoins immédiats de l'Etat chypriote, pour faire face à sa dette publique, seraient de 5 milliards d'euros et, pour faire face aux dépenses budgétaires urgentes, de 2 milliards d'euros...

 

Au total banques et Etat, comme on l'a vu, ont un besoin pressant de 17 milliards d'euros, soit le montant du PIB de Chypre ...

 

Alors, le gouvernement chypriote a accepté de se soumettre au diktat de l'Union européenne, de la Banque centrale européenne et du FMI. Cet accord sous la contrainte est particulièrement innovateur. Car, c'est bien connu, seuls les malfaiteurs savent se montrer inventifs en matière de vol...

 

Cette fois, pas question de toucher aux privilégiés de l'Etat (qui perçoivent des salaires deux fois plus élevés que dans le privé), ni, d'une manière générale, de réduire les dépenses publiques de ce petit Etat hypertrophié, qui, comme la grenouille de la fable, s'est voulu plus gros qu'un boeuf.

 

Cette fois l'impôt sur les sociétés devrait passer de 10 à 12,5% sur les bénéfices.

 

Mais, cette fois, surtout - c'est là la grande innovation -, les dépôts bancaires inférieurs à 100'000 euros seraient taxés au taux de 6.75% et ceux supérieurs à 100'000 euros au taux de 9,9%. En contrepartie les Union européenne, Banque centrale européenne et FMI, prêteraient généreusement les 10 milliards d'euros complémentaires à Chypre...

 

L'accord devrait, ou ne devrait pas, être ratifié demain par le parlement chypriote, qui pourrait bien réduire le premier taux et augmenter le second... pour mieux faire avaler la pilule aux victimes les plus modestes. Ce qui, alors, devrait susciter une plus grande colère de la part des déposants russes, en grand nombre et détenteurs de gros dépôts...

 

En tout cas, ce hold-up manifeste, opéré sur des dépôts bancaires - ce qui constitue une atteinte inédite aux droits de propriété (les déposants sont tout de même les créanciers des banques) -, pourrait bien inspirer les dirigeants français, qui n'en sont pas à un matraquage fiscal près, ni à un vol caractérisé près.

 

En effet les numéraires et dépôts bancaires représentaient en France 4'131 miliards d'euros en 2010, 1'159 milliards étant détenus par les ménages et seulement 103 milliards par les administrations publiques.

 

Cette même année 2010, la charge de la dette publique représentait 48 milliards d'euros et le déficit budgétaire le double, soit 96 milliards.

 

Ne serait-ce pas une bonne idée que de taxer l'épargne liquide des ménages et des entreprises français au modique taux de 5%, ce qui représenterait quelque 200 milliards d'euros de recettes? De quoi rendre le budget excédentaire, de quoi assurer la charge de la dette et même rembourser une partie de celle-ci...

 

Seulement bien mal acquis ne profite jamais. Et la fuite des capitaux de cet enfer fiscal, qu'est déjà devenue la France normale de François Hollande, n'en serait que plus ample et plus justifiée moralement. Ce dernier mauvais coup socialiste pourrait bien être le coup de grâce du régime ... Mais, succombera-t-il à cette tentation suicidaire?

 

Francis Richard

 

La photo du président chypriote Nicos Anastasiades qui illustre cet article provient d'ici.

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Published by Francis Richard - dans International
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commentaires

MARTIN DESMARETZ de MAILLEBOIS 19/03/2013 09:18


Vous oubliez la raison de cette disproportion financière sur le PIB de ce très petit "pays". De plus, en matière de disproportion vous oubliez la référence au LUXEMBOURG, modèle en la matière car
il fut le lieu de résidence et d'échanges des "EURODOLLARS", dollars supposés US mais créés ex-nihilo par des banques résidentes en Europe. Cette disproportion expliqua en 1998 la satisfaction du
LUXEMBOURG aux exigences du Traité de Maastricht, seul Pays à les satisfaire en sus de la FINLANDE et de la France, seuls Pays a avoir alors carrément truqué leurs statistiques !


Dès lors pourquoi les statistiques chypriotes sont-elles truquées ou au moins disproportionnées voir les deux ?


D'abord parce que la politique lâche des Etats européens principaux, encore illustrée ces derniers jours par le dégel de la procédure d'adhésion de la Turquie à l'UE par Laurent FABIUS, consiste
à montrer une "CHYPRE DU SUD" resplendissante de prospérité face à une RTCN occupée militairement par la TURQUIE à la manière des efforts de BERLIN-OUEST pour attirer les Allemands de l'Est...
Tout fut bon ! Stratégie de lâches n'osant pas reconnaître l'Etat de guerre entre l'UE et la Turquie et tentant de récupérer l'unité de Chypre à peu de frais, enfin façon de parler...


Ensuite, les dépôts russes : dépôts venant du pétrole et du tourisme de la Mer Noire, aux mains de colons russes depuis la repopulation kémaliste de l'Ouest du Bosphore et environs par des russes
certifiés totalitaires et fascistes donc : soviétiques ! KEMAL leur offrit les maisons des massacrés. A CHYPRE, cette même Turquie républicaine dans la ligne de la Révolution française comme ses
consoeurs fascistes (URSS, Allemagne Nazie) s'est contenté cette fois d'expulser les propriétaires des maisons vers le Sud et de les colonisées avec des individus toujours certifiés conforme au
régime en vigueur.


Du coup, CHYPRE DU SUD est apparue comme un "paradis fiscal" accueillant, surtout au Pays antique de l'amour et de la douceur de vivre pour tout dire : aphrodisiaque... Les Russes déposants
richissimes de sommes souvent mafieuses, ont donc élevé la masse monétaire chypriote scripturale à un haut niveau mais qui ne sera jamais aussi élevé que le LUXEMBOURG ! La masse alors des
pétrodollars étant gigantesque !


L'Affaire chypriote est donc une affaire géopolitique avant tout, où la lâcheté française est particulièrement grave historiquement et actuellement. Du coup on voit ce Pays qui fut "GRAND"
accepter lâchement l'adhésion de la Turquie et donc l'argumentation du gouvernement turque selon laquelle en digérant la Turquie dans l'UE il n'y aurait plus d'Etat de guerre puisque tout Chypre
même partitionnée serait alors dans l'UE y compris la partie Nord... Ce faisant on officialiser la partition et l'occupration illégale des colons turques sans indemnités ni restitutions !


En ce qui concerne la taxation des dépôts, le cynisme gouvernemental européen consiste à dire : après tout, taxer le blanchiment de la mafia russe n'est pas immoral. Ce faisant il faudra que le
"parlement" fantoche de CHYPRE du SUD fasse la différence avec les dépôts des petits qui n'en peuvent mais...

Francis Richard 21/03/2013 20:38



Que le Luxembourg ou Chypre soient des paradis fiscaux ne me gênent pas du tout. Pour tout vous dire, tous les Etats du monde devraient à mon sens être des paradis fiscaux.


 


Mon article n'avait pas les prétentions géopolitiques de votre commentaire. Mon but était simplement de montrer que les mêmes causes produisent les mêmes effets, quel que soit l'endroit de la
planète.


 


Un Etat qui vit au-dessus de ses moyens, des banques irresponsables parce qu'elles savent qu'elles seront sauvées par l'Etat quoi qu'elles fassent, sont des caractéristiques que l'on retrouve à
Chypre et ailleurs et qui sont la marque de l'étatisme.


 


L'intervention de l'Union européenne est dans la lignée interventionniste de cette organisation supe-rétatiste dont les technocrates et politiciens croient savoir ce qu'il faut faire, mieux que
tout le monde, alors qu'ils sont déconnectés de la réalité économique et échouent toujours.



Achille Tendon 19/03/2013 00:59


Dans ces pays de l'huile d'olive...il y a aussi les moutons qui sont de deux genres différents: ceux à quatre pattes, bien connus des tricoteuses et les autres à deux pattes bien connus des
faiseurs de pauvres, style BCE, FMI et autres escrocs officiellement patentés !!!


Et pour se remémorer les grands enjeux, vous pouvez relire ce blog qui date bientôt d'une année et qui n'a pas pris un pli... de billet de banque, ici !


Tout en soulignant que la chasse au pot-gnon (nouvelle race d'animal convoité par les pouvoirs publics en déconfiture) est ouverte à longueur d'année !!!

Francis Richard 19/03/2013 07:02



Merci Achille, pour le commentaire et pour le lien !



Thierry Jallas 19/03/2013 00:02


Merci pour cet article fort intéressant et bon anniversaire, cher Francis !

Francis Richard 19/03/2013 07:00



Merci Thierry, pour le compliment et pour l'anniversaire !



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  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), je travaille dans les ressources humaines et m'intéresse aux arts et lettres.
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