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19 août 2017 6 19 /08 /août /2017 16:00
Le cri du diable, de Damien Murith

Avec ce roman s'achève le Cycle des maudits de Damien Murith. Il convient de parler de triptyque plutôt que de trilogie, puisque chaque volet est comme une peinture de moeurs sans merci, complètement indépendante des deux autres.

 

La malédiction est la touche de blanc commune. Dans cette nouvelle évocation du tragique de la destinée humaine, comme dans les deux autres, elle est celle qui reste quand se sont évanouies les teintes dominantes de noir et de gris.

 

Aux hommes venus voir Antoine, Camille défend l'entrée de la ferme: Il ne vaut mieux pas, ça peut être contagieux. En tout cas la douleur fait se tordre son corps, il ne meurt pas, il crève, sous la peau devenue blanche le sang se terre...

 

Dans sa détresse Camille crache Le cri du diable contre le crucifix de la chambre: Sale Dieu ! Restée devant la tombe après que tous s'en soient allés, elle se reprend: ses mains sont jointes sur sa poitrine; à Dieu elle demande pardon.

 

Un malheur n'arrive jamais seul. Quelque temps plus tard, Camille appelle à l'aide: le veau est mal engagé ! L'homme vient, délivre la vache, puis s'approche de Camille: il voit le haut de son corsage défait [...], des idées lui montent dans la tête...

 

Camille s'est défendue:

L'homme est couché dans la paille, les yeux ouverts, et la gorge en sang.

La fourche tremble dans la main de Camille.

 

Camille s'enfuit pour échapper aux hommes qui la poursuivent. Ils perdent sa trace dans la forêt. La nuit tombe, invente des ombres étranges. Le lendemain, elle est loin, elle part en train pour la ville monstre: Camille comme un spectre s'y fond.

 

Mais il est plus facile d'échapper aux hommes qu'au diable quand il prend les traits de la jalousie, qui s'empare impitoyablement de soi et fait perdre l'esprit. Alors le cri du diable, et conséquences, ne peut qu'être à nouveau craché, fatalement.

 

La malédiction de la mort serait insupportable s'il n'y avait la poésie pour la sublimer. Comment, ainsi, ne pas fondre à la vision nocturne de Camille, enroulant ses bras autour d'un corps raide et froid et bougeant lentement ses lèvres mouillées:

 

La nuit à présent est blanche de murmures, de phrases tendres dont les bouts se nouent en gerbes de larmes. 

 

Francis Richard

 

Le cri du diable, Damien Murith, 120 pages L'Âge d'Homme

 

Les deux autres volets du Cycle des maudits:

Les mille veuves, 104 pages (2015)

La lune assassinée, 112 pages (2013)

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Published by Francis Richard - dans Lectures d'aujourd'hui
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DF 19/08/2017 21:10

Une de mes prochaines lectures. Mais j'ai tenu à lire "La Lune assassinée" d'abord, afin de commencer par le début... Il me manque "Les mille veuves", pour l'instant.

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  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), je travaille dans les ressources humaines et m'intéresse aux arts et lettres.
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