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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 23:25

Christa MarkwalderAvec une alliance du centre et de la gauche, malheureusement, le pire n'est pas seulement à craindre, il est quasi certain. En effet le Parlement suisse est en bonne voie depuis hier d'octroyer généreusement 18 milliards de francs de ligne de crédit au FMI, soit la bagatelle de 2'400 francs, par habitant de la Suisse, en comprenant tout le monde, hommes, femmes et enfants. C'est beau, c'est grand, c'est généreux la Suisse...avec l'argent des citoyens.

  

Le 6 mai 2009, le Conseil fédéral adresse un message au Parlement ici, dans lequel il propose d'adopter "un projet d'arrêté fédéral concernant une contribution extraordinaire, limitée dans le temps, destinée à augmenter les ressources du Fonds Monétaire International, dans le cadre de l'aide monétaire internationale". Il s'agit d'une tranche de 12,5 milliards de francs, prise sur les réserves de la BNS [Banque nationale suisse], avec la garantie du Conseil fédéral. Le Conseil des Etats n'hésite pas. Le 27 mai 2009, il approuve ce projet d'arrêté fédéral par 28 voix contre 4 et 5 abstentions ici.

 

Le 8 septembre 2010, le Conseil fédéral adresse un nouveau message au Parlement ici, dans lequel, cette fois, il propose de ratifier les Nouveaux Accords d'Emprunts, NAE, du FMI qui porteront la participation de la BNS de 1,5 milliard de DTS, soit 2,4 milliards de francs, à 10,9 milliards de DTS [voir mon article La dernière motion d'Oskar Freysinger: sortir la Suisse du FMI ], soit 18 milliards de francs. Le Conseil des Etats n'hésite pas davantage et approuve ces NAE lors de sa séance du 13 décembre 2010, par 30 voix et 3 abstentions ici.

 

Pendant ce temps-là, le Conseil national suspend son approbation de la première partie depuis 18 mois, ce qui conditionne l'approbation de la seconde. Est-ce pour le bon motif, c'est-à-dire pour la bonne gestion des deniers publics ? Pas du tout. Cette suspension est due à la gauche qui entend lier ces nouveaux crédits à accorder au FMI avec l'aide publique au développement. Elle ne donnera pas son accord autrement. Et comme l'UDC s'oppose à cette augmentation... 

 

En 2009, la Suisse a consacré 0,47% de son Revenu national brut au développement, alors que le taux moyen des pays de l'OCDE est de 0,48% ici. En 2010 ce taux a diminué et devrait être de l'ordre de 0,426%. Sous l'aimable pression de la gauche le Conseil fédéral pense ici qu'il serait raisonnable d'atteindre linéairement l'objectif de 0,5% en 2015. Le Conseil des Etats approuve finalement un objectif de 0,45% pour 2015 lors de sa séance du 9 décembre 2010, par 27 voix contre 9 et 3 abstentions ici.

 

Au Conseil national, comme dit plus haut, les positions sont claires : l'UDC souhaite que le taux de l'aide publique au développement soit diminué, tandis que la gauche souhaite qu'il soit augmenté. Ces positions contraires ont le mérite de créer une majorité de blocage. Or la Commission de politique extérieure, CPE, du Conseil national vient de débloquer la situation. En effet, avant-hier, elle a accepté par 14 voix contre 9 les NAE, qui se traduiront par une ligne de crédit de la BNS au FMI de 18 milliards de francs ici.

 

En effet ces 18 milliards correspondent au deuxième volet, celui des NAE. Quid des 12,5 milliards votés par le Conseil des Etats en mai 2009, qui correspondent à "une contribution extraordinaire limitée dans le temps" ? Un cadeau de 18 milliards peut en cacher un autre. Pour ajouter à la confusion, l'UDC parle, elle, de 16,5 milliards de francs d'augmentation des "nouvelles garanties de crédit" de la BNS ici. Or 18 milliards moins les 2,4 milliards initiaux donnent 15,6 milliards...Petite inversion des deux derniers chiffres ?

 

Toujours est-il que le centre a plié devant la gauche au sein de la CPE et qu'il a approuvé, présidente en tête, la radicale-libérale Christa Markwalder [dont la photo ci-dessus provient d'ici], une augmentation de l'aide publique au développement pour faire passer les 18 milliards de crédit au FMI, auquel il tient tant. C'était bien la peine de faire de la résistance pendant 18 mois !

 

Certes c'est toujours 18 mois de gagnés avant de passer à la caisse. Car il ne faut se faire aucune illusion : il y a peu de chances que la Suisse revoit ses deniers, convertis en DTS, soit en monnaie de singe, s'ils sont utilisés...Heureusement que la Commission propose et que le Conseil national dispose. A suivre donc...lors de la session de printemps.

 

Francis Richard

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commentaires

Ben Palmer 13/01/2011 13:47



A propos "Aide au développement", en voici quelques projets chers à notre Administration:


1) Le projet améliore la capacité de petits paysans marginalisés des hauts plateaux du nord de la RDP Lao à subvenir à leurs besoins en augmentant l’efficacité de la chaîne
de commercialisation. 5 mio



2) Mise en œuvre du Plan National de lutte contre la désertification : Amener les femmes et les hommes à maîtriser et mettre en œuvre la lutte contre l’ensablement et la valorisation des
palmeraies. 4,7 mio


3) [Inde] Réduire la consommation d’énergie dans les bâtiments et renforcer les compétences des professionnels de la construction. 4,7 mio


4) En luttant contre la violence domestique dans la province de Ninh Binh, le projet contribue à l’amélioration de l’égalité entre hommes et femmes. 0,7 mio


5) La DDC a lancé en 1993 en Inde un programme visant à améliorer les problèmes environnementaux globaux, en se concentrant plus particulièrement sur l’amélioration de l’efficience énergétique
des petites et moyennes industries. Dans le secteur de la fabrication de briques, le programme s’est employé à introduire en Inde la technologie chinoise des fours à briques équipés de cheminées
verticales de l'entreprise Vertical Shaft Brick Kiln(VSBK). 2,5 mio par an, sur 14 années (?)


6) Informer, éduquer, divertir et servir d’outil de dialogue pour la paix et l’équilibre des pouvoirs dans la société congolaise. 1 mio par an depuis 2002


Et encore plus de projets: http://www.ddc.admin.ch/fr/Accueil/Projets


Et encore: Chaque année, la Suisse investit environ 2,2 milliards de francs dans la lutte contre la pauvreté et la promotion économique de pays en développement et d’Europe de
l’Est.http://www.cooperacion-suiza.admin.ch/cuba/es/Pagina_Principal/COSUDE_FR


Si quelqu'un peut me trouver un seul rapport qui justifie ces dépenses avec des chiffres ou des résultats convaincants, faites-moi savoir ...



Francis Richard 13/01/2011 21:26



A l'impossible nul n'est tenu...



MARTIN DESMARETZ de MAILLEBOIS 13/01/2011 08:20



Il y a en France une Loi de 1980 sur les copropriétés et d'autres plus anciennes qui disposent que les votants NON à des décisions de dépenses ou de cessions de parts de copropriétés peuvent se
réunir en syndicat à part conservant leur copropriété ancienne. Ce genre de loi est profondément "démocratique" car elles préservent les doits des NONS. Pourquoi en parle-je ? Parce que dans une
véritable démocratie, ceux qui refusent les dépenses doivent être enregistrés et garder le droit de ne pas payer pour elles, en contrepartie ils ne peuvent pas bénéficier des retombées
éventuellement positives de ces dépenses ou cessions.


Si nous appliquions à toutes les dépenses votées par de soit-disant "majorités" cette démarche démocratique, vous pourriez refuser de payer les 2.400 CHF dont vous parlez... De même en France,
toutes les subventions refusées, les budgets et les comités théodules refusés etc... ne pourraient nous être réclamés avec armes si nécessaires dans nos proproprités réputées "inviolables et
sacrées" par la loi fondamentale du régime ! Cela s'appelle respecter la propriété et le droit des minorités pour de bon !... Je ne vois qu'un seul impôt non refusable : la nécessité minimale
opérationnelle de défense, de police générales et... d'administration des biens collectifs uniquement.



Francis Richard 13/01/2011 13:16



Bien d'accord sur la nécessité minimale opérationnelle. Pour le reste, c'est difficile à mettre en oeuvre, ce qui ne veut pas dire qu'il faut renoncer.



Achille Tendon 12/01/2011 23:38



Le parti socialiste joue depuis un certain temps déjà un petit jeu malsain : celui de faire des concessions subordonnées à des voeux d'un enfant gâté dans tous les sens du terme!


En d'autres mots, il ne fait plus de la politique, il fait joujou avec ses caprices en essayant de faire céder ses adversaires sur des points bien précis. D'où des alliances temporaires que l'on
pourrait qualifier de contre nature !


Il  est grand temps que ce parti aille respirer l'air revivifiant de nos campagnes et sorte définitivement du Collège du Conseil fédéral, histoire de se redéfinir comme un parti politique et
de ne plus ressembler à ce qu'il est devenu: un triste bouffon !


L'exemple cité dans l'article le montre bien : "Si vous votez pour le crédit au développement, nous votons pour le FMI". De caprice on peut aisément passer au chantage, non ?


Cela n'est plus de la politique, c'est de l'enfantillage !!!



Francis Richard 13/01/2011 07:25



Vous avez, ô combien, raison !



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  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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