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19 juin 2008 4 19 /06 /juin /2008 04:35
Le 24 février dernier le peuple genevois a adopté un objet interdisant de fumer dans les lieux publics. Le score était sans appel puisque 79,2 % des votants l'ont approuvé. Score digne de la défunte Union soviétique.

Sans tarder le Conseil d'Etat genevois adoptait le 3 mars le règlement d'exécution relatif à cette interdiction de fumer. Devant un tel score, évidemment, il y avait urgence à décider qu'il serait applicable... le 1er juillet, juste après l'Euro 2008.

Le motif invoqué pour interdire de fumer dans les lieux publics était la santé tout aussi publique. Il était donc logique que, parmi les rares exceptions à cette interdiction il y ait les "chambres individuelles des hôpitaux, cliniques et autres lieux de soins"...

Ceux qui sont privés de liberté auront au moins une liberté que ceux du dehors n'auront pas. Il sera permis de fumer dans les "cellules des lieux de détention et d'internement". La direction générale de la santé publique, chargée de réprimer les contrevenants, n'étendra donc pas ses contrôles dans les prisons. Leurs clients n'auraient de toute façon pas été solvables, sinon corvéables à merci.

Car les contrevenants seront passibles d'une amende de 100 à 1000 francs et "l'exploitant ou le responsable d'un lieu qui ne fait pas respecter (l'interdiction) s'expose à une amende de 100 à 10000 francs". Ainsi en a décidé le gouvernement genevois. Le fumeur, comme l'automobiliste, peut bien cracher au bassinet des caisses publiques, dont, il est vrai, on ne connaît pas le fond.

Aussitôt les dissidents de Genève, en réponse à cette mesure liberticide, ont créé un site éponyme (ici), Internet étant encore, jusqu'à Dieu sait quand, un havre de liberté. Le 17 juin, sous leur label, ils se sont constitués en asssociation "pour défendre notamment "le respect des libertés" parmi lesquelles le droit de fumer sans gêner ou nuire à autrui".

Sont membres du Comité des "Dissidents de Genève" 15 personnalités genevoises dont un certain nombre d'avocats qui sont bien dans leur rôle de défense des libertés, ce que n'ont pas compris, ou voulu comprendre, un certain ordre d'avocats français que j'évoquais ici l'autre jour (Un conseil de l'ordre d'avocats se déshonore)  .

Les "Dissidents de Genève", avant même de fonder leur association, avaient lancé "une pétition adressée au Conseil d'Etat demandant des "aménagements et exceptions" à l'interdiction de fumer dans les lieux publics à compter du 1er juillet". Cette pétition a déjà recueilli 3400 signatures parmi lesquelles celles de Me Marc Bonnant et Dominique Warluzel, ténors du barreau de Genève.

Je profite de l'occasion pour souligner que la notion de lieux publics me semble bien confuse dans les esprits. En effet par lieux publics on entend aussi bien des lieux réellement publics que des lieux privés. Un bistrot, un restaurant, une boîte de nuit sont ainsi des lieux privés. Certes ils sont fréquentés par du public, ils n'en demeurent pas moins des lieux privés.

Personne n'oblige personne à aller dans un bistrot, un restaurant, une boîte de nuit, enfumés ou non. Personne n'oblige personne à aller travailler dans un de ces établissements, enfumé ou non. C'est d'autant plus vrai que le chômage culmine vertigineusement en Suisse à un peu plus de 2 %, même si Genève  oppose son exception culturelle à cette moyenne helvétique.

A mon sens l'interdiction de fumer dans des lieux privés, fréquentés par du public, viole le droit des propriétaires de ces lieux d'édicter leurs propres règles de bonne conduite que doivent respecter ceux qui les fréquentent. Au train où vont les choses il sera bientôt interdit de fumer dans la rue, lieu réellement public, pour lutter contre ...les gaz à effet de serre.

Francis Richard

PS

Je ne prêche pas pour mon poumon. Je suis non fumeur et pas autrement fier de l'être. Mais je suis choqué devant les atteintes faites aux libertés individuelles. Qu'elles soient consenties et approuvées par une majorité populaire n'y change rien.

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commentaires

jaw 23/07/2008 00:17

L'Association Les Dissidents de Genève(DDG) poursuit les buts suivants (extraits des statuts):

a) D’une façon générale, défendre le principe fondamental du respect et des libertés vis-à-vis des restrictions et limitations dont celles-ci font l’objet de façon de plus en plus marquée, notamment envers les fumeurs.
b) Prévenir, dénoncer et combattre le harcèlement des citoyens et des habitants aux prises avec des abus technocratiques imposés par des administrations ou des autorités investies de la puissance publique.
c) Etablir un système de veille sur les « technologies émergentes » dites NBIC (nano-technologies, biotechnologie, technologies de l’information, sciences cognitives, biométrie, etc.), en dénoncer publiquement et combattre le
caractère abusivement intrusif dans la sphère privée des individus chaque fois que nécessaire.
d) Maintenir et promouvoir les droits de mobilité et de stationnement des habitants et citoyens sur le domaine public pour leurs activités professionnelles, économiques, culturelles, sportives, sociales, familiales et
de loisirs ; lutter de la façon qu’il conviendra pour que Genève soit une ville
propre, libre et accueillante.

(J.-A. Widmer,président des DDG)

hulkvert 02/07/2008 11:57

"C'est malheureusement devenu la norme de se comporter comme des goujats."

Absolument ! Et le fumeur, par sa propension à asperger son entourage et à son incapacité à réaliser qu'il n'est pas seul, fait partie des pires caricatures.

"dépendance comparable à celle des drogues"

Désolé, je ne vois pas où est la confusion, psychotrope ou pas.

"vous êtes bien naïf quand vous prétendez que ceux que vous appelez les toxicomanes, à l'exception bien sûr des fumeurs contre lesquels vous concentrez votre bile, font ça dans leur coin, à l'abri du regard des enfants..."

Peut être, suis-je trop naïf, j'ai eu de la chance jusqu'à présent, et ma fille aussi.

"la défense des libertés individuelles"

A la bonne heure, une magnifique cause. Dans ce cas, que faites vous de la liberté de ceux qui aspirent (!) à respirer un peu d'air en mangeant ? Ou en travaillant...
Où étiez-vous (ainsi que les dissidents) dans les années 70, lorsque les hommes libres ont dû boucler leur ceinture dans LEUR propriété privée automobile et mettre un casque sur LEUR moto. En quoi cela dérangeait ou mettait en danger le public, pourquoi les géniaux dissidents n'ont pas réagi et pourquoi ne réagissent-ils toujours pas aujourd'hui sur un point qui laisse pantois sur l'atteinte incroyable à une liberté individuelle. Un exemple...

Francis Richard 02/07/2008 14:37


Si vous ne voyez pas de différence entre une drogue et le tabac ou l'alcool, alors je ne peux rien pour vous.

A propos de libertés individuelles je suis pour que le propriétaire de lieux privés ait la possibilité de décider s'il accepte ou non des fumeurs chez lui et pour que le client ne soit pas obligé
d'aller manu militari dans un établissement qui ne lui convient pas: s'il a envie d'aller dans un établissement non fumeur grand bien lui fasse, mais qu'il n'empêche pas ceux qui le
souhaitent d'aller dans un établissement fumeur ...Je suis également pour la liberté des contrats...

Quant à l'obligation du port de la ceinture dans les automobiles ou du casque sur les motos, je me trouvais en France quand elle est entrée en vigueur là-bas et je faisais partie des gens
qui ont tenté de s'y opposer. Mais en France on ne tient que rarement compte de l'opinion des citoyens, encore moins quand ils sont minoritaires, comme vous devez le savoir...

Je ne peux pas répondre pour les dissidents de Genève mais il ne tient qu'à vous de leur demander. Leur site est accessible à partir de mon article et vous pourrez y laisser les commentaires que
vous voudrez. Ils se feront un plaisir de vous répondre. 


hulkvert 01/07/2008 12:23

"Un fumeur n'égale pas non plus un toxicomane"

C'est une blague ou vous le croyez vraiment ?

"Les fumeurs ne sont pas plus des toxicomanes que les buveurs de bière, de vin ou d'autres boissons alcoolisées."

Non, pas plus toxicomanes que les buveurs, les shnouffés et les shootés, mais n'en demeurent pas moins des toxicomanes quand même, que cela vous déplaise de le lire ou non.
Maintenant, quelle est la différence entre eux et les autres ? Les autres ne débordent pas alentour lors de la prise de leur dose, ils font ça dans leur coin à l'abri du regard des enfants, voilà.

"Bientôt vous ne les supporterez plus"

Bientôt, je ne crois pas, cela fait plus longtemps que ça que les gens se taisent, mais n'en pensent pas moins. La question est de savoir si les fumeurs ont fait tout ce qu'il fallait pour que cela ne se produise pas ? A chaque fois, avant d'allumer une clope, ont-ils demandé aux voisins de table, s'ils étaient d'accord, ont-ils fait attention de ne pas laisser leur volute de fumée se diriger vers eux, de regarder s'ils étaient en train de manger à ce moment-là ?
La réponse est manifestement NON ! Jusqu'à hier, les fumeurs s'en tapaient totalement, du reste du monde.

Francis Richard 01/07/2008 14:36



Je le repéte, ne vous en déplaise, un fumeur n'est pas un toxicomane. Un toxicomane est un consommateur de psychotropes, c'est-à-dire un consommateur de ce que l'on appelle drogues dans le
langage courant. C'est par un abus de langage que l'on qualifie de drogues le tabac ou l'alccol. On ne dira jamais assez ce que l'imprécision dans l'emploi des mots peut être néfaste à la
communication et à la réalité des choses. 

L'abus seul de l'alcool et du tabac peut conduire à une dépendance comparable à celle des drogues. D'où vraisemblablement la confusion de langage savamment entretenue par ceux qui veulent
défendre une thèse imprécise.

Le comportement impoli ou discourtois que vous décrivez n'est pas propre aux fumeurs. C'est malheureusement devenu la norme de se comporter comme des goujats. Et c'est le résultat d'un
manque d'éducation généralisé.

Enfin vous êtes bien naïf quand vous prétendez que ceux que vous appelez les toxicomanes, à l'exception bien sûr des fumeurs contre lesquels vous concentrez votre bile, font ça dans leur coin, à
l'abri du regard des enfants...

Mon propos n'était d'ailleurs pas la défense des fumeurs mais la défense des libertés individuelles qui semblent le cadet des soucis à notre époque et qui se réduisent à une peau de chagrin. Or
justement elles m'importent plus que tout. C'est pourquoi, bien que n'étant pas fumeur, je me bats pour elles et en particulier aujourd'hui pour la liberté de fumer dans ce que je ne considère
pas comme des lieux publics (c'est un autre abus de langage), mais des lieux privés fréquentés par du public.



Ben Palmer 29/06/2008 11:17

Les fumeurs ne sont pas plus des toxicomanes que les buveurs de bière, de vin ou d'autres boissons alcoolisées.

Qu'ils polluent dehors? Puisse qu'ils ne polluent pas CHEZ VOUS (à moins que vous soyez le propriétaire du bistrot), de quelle droit voulez vous les mettre dehors de chez quelqu'un d'autre?

Marcel schreiner 19/06/2008 17:36

les fumeur sont tes toxicomanes! q'ils polluent dehors!!!

Francis Richard 20/06/2008 14:04


Même si j'ai un sens aigu de la propriété, dans l'acception la plus large, les fumeurs ne m'appartiennent pas. Un fumeur n'égale pas non plus un toxicomane. Enfin c'est bien ce que je craignais,
les fumeurs sont considérés par des gens comme vous comme des pollueurs, Bientôt vous ne les supporterez plus, même dehors...


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  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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