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5 novembre 2013 2 05 /11 /novembre /2013 00:15

Paul MEURISSEMon père avait raison. Ce sont ces quatre mots qui me viennent à l'esprit quand je pense à mon père mort il y a tout juste trente ans, le 5 novembre 1983.

 

Mon père avait raison de m'envoyer avec ma mère au Pays-Basque, trois semaines après ma naissance dans le plat pays qui est le mien et celui de Jacques Brel. Il m'a sauvé la vie.

 

Mon père avait raison de rire en lisant un de mes premiers poèmes, écrit à douze ans et intitulé Le soir. Il m'a permis de comprendre que je serai toujours un piètre poète, incapable d'émouvoir.

 

Mon père avait raison de me faire quitter à quatorze ans  Notre-Dame de Boulogne pour terminer mes études secondaires au Lycée Henri IV. Il m'a permis de côtoyer l'élite et de subir l'intolérance réservée aux talas par les autres... Ce qui m'a donné de la graine.

 

Mon père avait raison en 1968 de m'expédier hors de France, où je m'opposais à tout le monde, et de me permettre de poursuivre des études supérieures à l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne. Il m'a ainsi permis d'acquérir de la rigueur intellectuelle et, longtemps après, de devenir suisse.

 

Mon père avait raison de m'apprendre la vie professionnelle à ses côtés et de me confronter à la réalité du monde. Il m'a ainsi permis de ne pas être utopiste.

 

Mon père avait raison de me donner le goût des belles lettres et du théâtre. Il m'a ainsi permis de continuer à avoir envie de vivre les quelques temps qui me restent.

 

Mon père avait raison de me faire apprécier les bonnes choses. Il m'a ainsi permis de les distinguer des autres.

 

Mais mon père n'avait pas raison au sens que Sacha Guitry donne à sa pièce. Il ne m'a pas appris la futilité. Elle fait heureusement partie de ma nature et... il m'en aura plutôt écarté pendant longtemps.

 

Habitant à côté, rue de Tocqueville, j'ai eu le privilège de voir cette pièce au Théâtre Hébertot, cinq ans avant la mort de mon père.  

 

Paul Meurisse, qui devait mourir sur scène, peu de temps après, en jouant cette pièce, y tenait le rôle de Bellanger père puis de Bellanger fils. Il était à quelques années près contemporain de mon père. Il lui ressemblait un peu et, surtout, son timbre de voix était similaire.

 

Charles Bellanger, fils d'Adolphe Bellanger, se rend compte que son père avait raison et que la futilité est encore ce qu'il y a de plus précieux quand on est au soir de sa vie:

 

"Par raison, par devoir, je n'ai pas utilisé tout ce qu'il y avait en moi... de jeunesse..."

 

Il compte bien dès lors se rattraper. C'est ce que je m'efforce de faire maintenant à mon tour...

 

Francis Richard

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Published by Francis Richard - dans Souvenirs
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commentaires

Berthelage-H 14/11/2013 13:31


Bonjour. C'est au pays basque ou aux Pays-bas ? Ce n'est pas pareil. Moi je préfère le surf sur la côte basque. Salut! Béatrice B-H

Francis Richard 14/11/2013 14:05



C'est au Pays Basque



René Gillot 06/11/2013 09:30


C'est un bel hommage à ton Père ! qui, comme ta Mère m'a laissé un grand souvenir.

Francis Richard 06/11/2013 10:17



Merci René !



MARTIN DESMARETZ de MAILLEBOIS 05/11/2013 09:25


EXCELLENT ! Sauf que le mien a eu tort sur à peu près tout...Sauf dans l'erreur.


J'ai toujours bien aimé Paul PEURISSE... malgré son gaullisme sentimental. J'adore revoir ses "Monocles", de véritables chef-d'oeuvres d'un humour foncièrement français encore en vigueur dans les
années 50, que je ne retrouve plus que dans les films dits de cinémathèque. Les meilleurs, où je retrouve MA France... Avant le remplacement de population par d'autres qui n'aiment pas la France
car elles l'ignorent complètement. Raison pour laquelle certainement elles ont été invitées à arriver en grand nombre.

Ben Palmer 05/11/2013 09:18


Joli homage ! Je peux en dire autant de mon père (et de ma mère, bien sûr).

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  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), je travaille dans les ressources humaines et m'intéresse aux arts et lettres.
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